Le Centquatre-Paris (ou 104paris) est un établissement public de coopération culturelle parisien, ouvert depuis le sur le site de l'ancien Service municipal des pompes funèbres de la Ville de Paris, situé au 5 rue Curial (et historiquement et administrativement au 104 rue d'Aubervilliers, dont le lieu tire son nom) dans le de Paris.
Histoire du bâtiment En 1870, l'archevêché de Paris, responsable des inhumations pour la ville, installe un service de pompes funèbres sur le lieu-dit des Petits Noyers"Les Pompes funèbres de Paris", , L'Expansion, octobre 2008 .. Il commande la construction d'un nouveau bâtiment sur ce site, une parcelle de , le long des voies ferrées de la gare de Paris-Est, entre la rue des Vertus (actuelle rue d'Aubervilliers) et la rue Curial, à la place des anciens abattoirs de Villette-Popincourt.
En 1874, après deux ans de travaux, le nouveau bâtiment des pompes funèbres de Paris est inauguré au 104 de l’ancienne rue des Vertus (actuelle rue d'Aubervilliers). Il est l'œuvre des architectes Édouard Delebarre Debay et Godon, sous la direction de Victor Baltard, architecte de la ville de Paris. Ils ont conçu un bâtiment dans le style de l’architecture industrielle à l'époque, similaire à celui des grandes gares et des halls d'expositions universelles, en utilisant largement le verre, la brique ainsi que des structures de fonte et de fer. Le bâtiment occupe une superficie équivalente à celle de la place de la République, est composé de deux grandes halles dotées de verrières, de quais de déchargement, de cours anglaises, d'écuries et de caves, s'étendant sur plus de de long.
Le bâtiment comprend les façades et toitures donnant sur les rues d'Aubervilliers et Curial ainsi que les halles avec leurs cours. Il est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du . Il possède une forte charge symbolique. Sa théâtralité se manifeste par une alternance de petites cours et de longues halles suivant un axe visuel qui traversait autrefois la parcelle d’une extrémité à l’autre. Le caractère fermé des façades sur les rues Curial et d’Aubervilliers renforce l'impression, une fois à l’intérieur du lieu, que l'extérieur s’efface.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a décidé de protéger et de réhabiliter l’ensemble architectural du 104 rue d’Aubervilliers en l’inscrivant dans une démarche de renouvellement urbain tout en conservant sa dimension mémorielle. En leur laissant carte blanche, la municipalité a demandé à deux historiens de la Sorbonne d'écrire une histoire du site.
Activités successives Pompes funèbres Pendant plus de 120 ans, le bâtiment servit à l'activité des pompes funèbres de Paris. Plus de mille personnes y travaillaient, organisant 150 convois mortuaires quotidiens. La première halle, rue d'Aubervilliers, était destinée à la préparation des cercueils et à la réalisation des catafalques. La seconde halle, rue de Curial, abritait 80 corbillards et une centaine de chars au rez-de-chaussée, ainsi que 18 écuries en sous-sol pour 300 chevaux. On y trouvait également la réserve de cercueils, totalisant plus de 6000 unités, des greniers à fourrage et un réservoir de d'eau. vignette|Vue intérieure de la halle centrale, côté rue Curial
Les halles abritaient également une douzaine de magasins proposant toutes sortes d'ornements funéraires ainsi que des ateliers de menuiserie, de tapisserie, de peinture ou d'armoirie. Jusqu'au début des années 1980, les pompes funèbres installaient un catafalque à l'entrée des immeubles où venait de mourir une personne.
En 1905, après la séparation des Églises et de l'État, les pompes funèbres deviennent municipales.
Au cours du , le bâtiment atteint son activité maximale. 1400 personnes y travaillent, dont une quarantaine de femmes.
Après la Seconde Guerre mondiale, les pompes funèbres se motorisent. La halle Curial devient un immense garage, accueille 150 fourgonnettes et 92 berlines, toutes des corbillards, avec ses ateliers et ses mécaniciens.
Le bâtiment n'avait pas de morgue et ne servait pas à l'accueil des corps des défunts, à l'exception des périodes de guerre. En effet, pendant la Seconde Guerre mondiale, la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie, à la demande des pouvoirs publics, le bâtiment accueille les corps rapatriés pour être présentés aux familles.
En , les pompes funèbres ne firent pas grève mais fonctionnèrent en autogestion pendant un moisL'histoire du 104 rue d'Aubervillers, Le Cent Quatre.
Après la fin du monopole municipal en 1993, l'activité a décliné, et disparaît en 1997.
Le Centquatre-Paris, une reconversion artistique
En 2003, après avoir lancé une procédure de marchés de définition simultanés, mettant en concurrence trois agences d’architecture, la Ville de Paris confie la maîtrise d’œuvre des travaux de réhabilitation aux architectes Marc Iseppi et Jacques Pajot (Atelier Novembre). Leur proposition est jugée comme respectant le mieux l’authenticité du siteCENTQUATRE, CENTRE DE CRÉATION ARTISTIQUE, Atelier Novembre. Le projet est soutenu par Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la cultureLE CENTQUATRE, PASSAGE DES ARTS, liberation.fr, 11 octobre 2008.
Le Centquatre est inauguré le samedi .
Descriptif Sur de planchers, le Centquatre-Paris dispose de seize plateaux de fabrication artistique de tailles variables et d'équipements modulables. Chaque année, trente à trente-cinq projets artistiques sont accueillis pour des résidences temporaires, d'une durée de un à douze mois. Des espaces mutualisés (bureaux de production, vestiaires, stockage, salles de formation…) ainsi que des régies techniques complètent l’accompagnement de la création artistique.
Deux salles de diffusion de 200 et 400 places sont situées au cœur du bâtiment. Au sous-sol, les anciennes écuries ont été rénovées pour accueillir des manifestations telles que des salons, des expositions, des événements d’entreprise ou des défilés de mode.
thumb|upright|Journées portes ouvertes du chantier, le 29 décembre 2007.
Le Centquatre-Paris s’étend sur une parcelle de . Sa surface totale est de , comprenant de parkings et de traversée centrale, ce qui représente de surfaces exploitablesLe 104 Cent Quatre, ..
Statut et missions officiels actuels Statuts et administration Le Centquatre-Paris est statutairement un établissement public à caractère industriel et commercial de coopération culturellehttp://www.104.fr/module/pdf/statuts_epcc.pdf, connu également sous le nom de "Centquatre" ou "104". Les deux directeurs, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, ont été nommés en 2005 par le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Leur mandat arrivant à expiration au printemps 2010, une nouvelle direction est mise en place à la suite d'un appel d'offres public.
Du à , c'est José-Manuel Gonçalvès, ancien directeur de la Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée, qui est nommé directeur du Centquatre-ParisJ.M Gonçalves nommé directeur du 104 dépêche AFP du 9 juin 2010., renouvelé pour un total de cinq mandats successifs de trois ans.
Depuis , Valérie Senghor est à son tour nommée à la tête du Centquatre-Paris.
Missions Tous les arts pour chacun
Le projet consiste à inviter des artistes de toutes disciplines à produire des œuvres en ouvrant régulièrement au public les portes de leurs ateliers, afin de montrer le cheminement de l'art.
Un réseau national et international thumb|Journées portes ouvertes du chantier, le 29 décembre 2007. Le Centquatre-Paris s'inscrit dans un réseau de lieux d’art européens partageant les mêmes objectifs. Ces nouveaux sites d’art s’attachent à repenser la place de l’artiste dans la société, les conditions de production et les modes d’accès à l’artLes résidences artistiques en Europe, Paris: Cité de la musique, 2008, ..
Le Centquatre accueille régulièrement plusieurs manifestations artistiques, notamment : L'exposition Jeune création depuis 2009; Les diplômés avec félicitations du jury de l'École nationale supérieure des beaux-arts; Nuit blanche; Le Festival d'Automne; Des représentations du Théâtre de la Ville; La Cabeza, sculpture monumentale de Niki de Saint Phalle; L'exposition Circulations, le festival de la jeune photographie européenne; Le festival Impatience, le festival du théâtre émergent; depuis 2010, le festival puis la biennale internationale des Arts Numériques Némo
Le projet économique Un restaurant et un café contribuent à la convivialité de l'équipement, et des commerces de proximité s'installeront prochainement. Il est prévu que des entreprises utilisent le 104 pour y organiser des congrès, salons, événements, et y présenter de nouveaux produits.
Le projet social & action territoriale
Associé à la réhabilitation du quartier (notamment l'ouverture des Jardins d'Éole), l'implantation d'un équipement culturel au rayonnement international apporte une plus-value aux habitants du quartier, tout en visant à maintenir une mixité sociale.
Fonctionnement, budget et polémiques de la première direction Deux ans après son ouverture, en dépit d'une importante subvention de 8 millions d'euros par an, sur un budget total de 12 millions de la part de la Ville de Paris, le Centquatre n'a pas su trouver son publicAU CENTQUATRE PARISIEN, LES POLÉMIQUES FONT LE SPECTACLE, liberation.fr, 23 avril 2010La Gaîté-Lyrique, nouveau théâtre parisien des arts numériques, telerama.fr, 16 décembre 2010Un nouveau départ pour le Centquatre, 20minutes.fr, 9 juin 2010. Télérama dénonce une « vision naïve et coûteuse de la culture » et un « anti-musée » qui n'était « qu'une chimère »Centquatre et cent reproches, télérama.fr, 8 mai 2010.. Les Inrocks constatent l'échec de l'ambition initiale de désenclaver le quartier, notant le vide de l'établissement, « sans vraiment de public et sans lien avec le quartier »Aurore Lartigue, Le Centquatre à la recherche d’une nouvelle direction, lesinrocks.com, 11 mai 2010.
L'arrivée de José-Manuel Gonçalvès à la direction du Centquatre en semble avoir impulsé une nouvelle dynamique.
Notes et références
Voir aussi Liens externes
Le 104 sur le site de la mairie de Paris
Bibliographie
Catégorie:Centre d'art contemporain Catégorie:Monument historique inscrit en 1997 Catégorie:Monument historique dans le 19e arrondissement de Paris Catégorie:19e arrondissement de Paris Catégorie:Salle de théâtre à Paris Catégorie:Salle de concert à Paris Catégorie:Institution artistique Catégorie:Art contemporain en France