vignette|Dessin représentant un yéti. Un cryptide est un animal ou une plante. dont certaines personnes supposent l’existence, laquelle est étayée par des preuves autoscopiques (que tout le monde peut voir), testimoniales (fondées sur des témoignages) ou circonstancielles (des indices concomitants) insuffisantes pour être reconnue par la communauté scientifique, comme le Yéti, le Kraken ou le monstre du loch Ness.. L'étude de ces êtres cryptiques est appelée cryptozoologie pour les animaux, et cryptobotanique pour les plantes, et est considérée par la communauté scientifique comme relevant du domaine de la pseudoscience. En 1986, le cryptozoologue Bernard Heuvelmans, a suggéré qu'environ 140 cryptides pourraient être découverts.. Certains cryptozoologues ont suggéré qu'il pourrait y avoir jusqu'à 250 cryptides à découvrir.
Origine du terme Le mot « cryptide » est apparu pour la première fois en 1983. Il fut inventé par des cryptozoologues pour remplacer des termes comme « animaux inconnus », ou « monstres », que ces derniers jugeaient trop générique, sensationnaliste, ou inapproprié. Depuis, le terme est largement utilisé pour nommer les créatures relevant du champ d'étude de la cryptozoologie..
Définition Bernard Heuvelmans, considéré comme le fondateur de la cryptozoologie, a défini les créatures relevant de la cryptozoologie comme des « formes animales encore inconnues », en excluant de son domaine les espèces décrites scientifiquement, éteintes récemment, et étant toujours signalées (par exemple la Rhythine de Steller ou le Thylacine)., même si de fait, elles sont bien étudiées par les cryptozoologues.. Selon le cryptozoologue américain Loren Coleman (en), le champ d’étude de la cryptozoologie recouvre toute créature n'étant pas officiellement reconnue et répertoriée par la science.. Les cryptides sont généralement définis comme toute créature signalée par des témoins, et considérée par certains comme pouvant exister sans qu'il y ait pour autant de preuves irréfutables..
Qu'est-ce qui n'est pas un cryptide ? Comme la cryptozoologie n'est l'objet d'aucune formation universitaire, ni d'aucun institut scientifique officiel, et qu'il n'existe pas d'organisme définissant ce qui est et ce qui n'est pas un cryptide, de fait, certains amateurs de cryptozoologie désignent parfois des créatures mythiques, de prétendus extraterrestres, des montages taxidermiques, ou encore des créatures liés à des phénomènes paranormaux, des rumeurs liées à des phénomènes internet ou des creepypasta comme des cryptides..
Les animaux décrits fortuitement et n'étant pas signalés préalablement par des témoins avant leurs découvertes (comme les insectes ou autres micro-organismes collectés dans les forêts) ne sont pas, de fait, considérés comme des cryptides.. La plupart des cryptides sont des animaux de moyenne ou grande taille, les petites créatures comme les insectes ayant peu marqué les esprits pour attirer l'attention des cryptozoologues, à quelques exceptions près..
Types de cryptides vignette|Pieuvre géante attaquant un navire français au large des côtes d'Angola par Pierre Dénys de Montfort (1810). Une représentation typique du Kraken
Dénominations La plupart des cryptides possèdent un ou plusieurs noms vernaculaires dans une ou plusieurs langues, cultures particulières, pays ou localité, autres que leur nom sous lequel ils sont le plus médiatisés : par exemple le Yéti est appelé Teh-lma ou Yeh-teh, et certains fauves à dents de sabre signalés en Afrique centrale sont appelés hadjel, mamaïmé ou encore ngoroliLinda Gamlin, L'évolution, 1994, Gallimard, collection "La passion des sciences", Des éléphants de 90 cm au garrot par Stéphane Deligeorges (La Recherche) et Réponse à Tout, 227, mai 2009, p. 44.... Le Bigfoot, quant à lui, est aussi familièrement dénommé sous le nom de Sasquatch dans plusieurs états de l'Amérique du Nord., et, dans certaines langues amérindiennes, Oh-mah, S'oq'wiam ou See-ah-tik..
Différentes catégories de cryptides Il existe globalement 3 catégories de cryptides reconnues et acceptées généralement par le public, les cryptozoologues et les scientifiques. Ainsi, un cryptide peut être (dans l'ordre) :
soit, premièrement, un animal considéré par certains comme pouvant exister sans pour autant qu'il y ait de preuves, qu'il soit réaliste ou bien présentant des aptitudes ou caractéristiques farfelue (comme le Yéti, le Bigfoot, l'Ours Nandi...). Il s'agit ici de la catégorie, et des créatures qui la compose, qui vient en tête en premier lieu dans l'esprit des personnes en ce qui concerne le domaine en général. De fait, les cryptides de cette catégorie sont souvent dénommés comme étant les "vrais" cryptides au sens propre car n'ayant aucune preuve ni présente ni passé de leur existence de façon complète.
soit, deuxièmement, une espèce considérée comme disparue (c'est-à-dire une espèce éteinte) totalement et qui pourrait cependant toujours survivre en tant qu'espèce relique quelque part (le Coelacanthe, l'espèce africaine plus précisément, fut par exemple redécouvert bien avant l'apparition de la cryptozoologie, mais était bien connu des autochtones depuis longtemps, et aurait pu donc à l'époque être considéré comme un cryptide.). Les créatures de cette catégorie sont incluses dans la cryptozoologie car même en étant répertoriées, reconnues et acceptées par la science depuis longtemps avant leur disparition, le fait qu'il est possible qu'elles puissent en réalité encore survivre et exister de nos jours sans qu'on en ait la preuve les rendent éligibles comme telles dans le domaine.
et enfin, troisièmement, une population relique d'une espèce toujours vivante qu'on pense disparue localement (qu'on appelle ici une espèce extirpée) a un endroit précis et qui pourrait survivre de nos jours malgré tout.
Les espèces disparues (ou encore, plus techniquement, des espèces à part qui descendraient de ces dernières) qui pourraient toujours exister selon certains, sans pour autant qu'il y ait de preuves, par exemple les dinosaures (Mokélé-Mbembé) ou les ptérosaures (Kongamato, Ropen) prétendument observés, comme en Afrique, ou encore certaines créatures du Cénozoïque (mammouths, gigantopithèques), sont aussi de fait des cryptides.
En 2004, Chad Arment, dans Cryptozoology: Science & Speculation, définit quatre types de cryptides : des créatures ne ressemblant à aucun animal connu ou éteint (par exemple le sasquatch), des animaux considérés comme actuellement éteints (comme de prétendus dinosaures), des animaux connus apparaissant hors de leurs aires de répartition normale (comme les « aliens big cats » (en)), et enfin des animaux connus se démarquant des autres membres de leur espèce d’une certaine manière, comme la taille (gigantisme, comme certains calmars géants de « plus de 100 pieds (30,5 mètres) », et nanisme) la couleur (albinisme (comme les ours blancs signalés dans les forêts de Shennongjia dans le Hubei), mélanisme) ou encore du fait de diverses mutations.
Recherches et ébauches de preuves La plupart des témoignages font état d'une espèce à part entière d'animaux, malgré une mention au singulier régulière (le Yéti par exemple), et parfois un être unique, souvent nommée d'après le lieu où elle a été aperçue et ou elle est censée vivre, sans sous-entendus d'une possible population de cette dernière (comme le Monstre du Loch Ness). Les cryptides sont généralement « connus » par leur présence dans des traditions, et par des empreintes dans la mémoire collective, des représentations dans les arts, par des témoignages directs, des empreintes physiques (traces de pas, photo, film...), et parfois par des fragments anatomiques (par exemple les poils attribués au yéti) voire par un « spécimen complet », comme l'homme congelé du Minnesota.
En 1986, Bernard Heuvelmans suggéra que 140 animaux inconnus pourraient avoir existé ou pourraient être découverts. D'autres cryptozoologues ont suggéré qu'il pourrait y en avoir au moins jusqu'à 250, bien que l'existence de la quasi-totalité de ces cryptides n'a jamais été concrètement prouvée.
Selon certains cryptozoologues, il pourrait être possible que certains de ces cryptides soient des animaux ayant disparu avant d'être officiellement décrits par la science. Le terme de « crypto-extinction » est alors utilisé.. L'un des derniers cryptides recensés récemment est le Chupacabra, dont la légende a pris racine dans les années 1990. D'un point de vue cryptozoologique, certains animaux répertoriés ont été au départ des cryptides, car étant rares, ils ont d'abord été connus par des informations inexactes ou peu vérifiables. De même, des animaux aujourd'hui bien connus étaient autrefois considérés comme mythiques, comme l'okapi, le tapir des Andes, le panda ou le gorille, qui était décrit au milieu du comme un « homme des bois » enlevant les femmes et pouvant être capturé après avoir été enivré avec un bol d'alcool ; les récits étant semblables à ceux évoquant le yéti. Cependant, peu de cryptides ont vu leur existence prouvée depuis la naissance de la cryptozoologie : l'existence controversée de l' fut établie au début des années 2000, à la suite d'études des restes lui étant attribués, et qui permirent de le rattacher à l'éléphant de forêt Bernard Heuvelmans, Sur la piste des bêtes ignorées, Paris, Plon, 1955.. Les rapports au sujet de calmars de « plus de 100 pieds (30,5 mètres) », présentés et considérés comme des Krakens, sont généralement considérés comme des observations de calmars géants ou de calmars colossaux, soit (le plus souvent) exagérées, soit désignant des individus anormalement grands..
Existence des cryptides en tant qu'espèces Pour qu'une espèce animale soit officiellement répertoriée et acceptée par la communauté scientifique, les preuves de son existence doivent être incontestables. Ainsi, toute preuve pouvant encore laisser planer le doute à cause de divers facteurs (photo floue, témoignages nombreux et concordants mais invérifiables par exemple) ne peut être reconnue comme crédible et ne peut prouver l'existence d'un animal. Le Code international de nomenclature zoologique exclut catégoriquement de son domaine les « concepts hypothétiques » non prouvables.
La reconnaissance d'une espèce animale existante, ou ayant existé, est donc difficile à établir à partir de l'existence d'un seul individu. Les preuves pour avancer l’existence d'une espèce doivent témoigner d'elles-mêmes de l'existence d'une population viable de l'espèce en question ; elle doit obligatoirement être composée d'une population d'individus assez conséquente pour lui permettre de survivre à travers le temps. De là, plusieurs conditions obligatoires, d’intensités variables, doivent être aussi respectées pour que cela soit possible. Cela inclut un nombre important d'individus pour permettre la diversité génétique et ainsi éviter les conséquences dues à la consanguinité, comme les maladies ou les malformations (qui pourraient expliquer à elles seules l'existence d'individus hors normes). Enfin, un environnement propice à la population, devant fournir à cette dernière assez de place et de nourriture à long terme, et cela à l'abri des regards, est indispensable.
Selon la plupart des chercheurs, la probabilité de l'existence de beaucoup de cryptides est donc très faible, le monde étant bien mieux connu et beaucoup plus peuplé qu'au milieu du . L'existence de plusieurs dizaines d'espèces de grands animaux inconnus vivant parfois dans des zones très peuplées, et laissant peu ou aucune trace de leur présence est donc improbable. L'existence hypothétique de plus de 70 à 80 grands mammifères inconnus semble s'opposer au ralentissement des découvertes de grands animaux, qui sont vraisemblablement peu à être encore à découvrir.