Jean-Baptiste Michel Adolphe Goupil, né le dans l'ancien 2e arrondissement de ParisArchives de Paris, état civil reconstitué, vue 16/51, et mort le dans le Archives de Paris , acte de décès , vue 2/31 est un capitaine d'industrie français, l'un des plus importants marchands et éditeurs d'art du .
Il est le fondateur de la société internationale Goupil & .
Biographie Parisien, Adolphe Goupil est le fils d'Auguste Goupil (1765-1849), pharmacien, et d'Anne-Marie-Pierrette Lutton (1774-1849) et descend du peintre Hubert Drouais « Drouais», in: Neil Jeffares, Dictionary of Pastellists before 1800, article en ligne.. Il se marie en avec Victorine Elisabeth Brincard (1808-1886), originaire de Belfort, dont il a cinq enfants : Auguste Léon (1830-1855), Amélie (1835-1866), Albert (1840-1884), Marie (1841-1912) et Blanche (1845-1931).
Création et développement de l'entreprise Goupil
En , Adolphe Goupil, s'associe avec l'Allemand Joseph Henry Rittner (1802-1840), marchand d'estampes, et ils s'installent au 12 boulevard Montmartre à Paris. Ils se livrent au commerce de l'impression et de l'édition d'estampes originales et d'interprétation dans tous les pays, principalement en France et en Allemagne. La famille de son associé est installée à Dresde dans le commerce de l'estampe, ce qui va élargir son réseau de vente à l'Europe. Ils produisent des reproductions des grands maîtres et des peintres exposants au Salon. Rittner disparaît en 1840, l'année de l'ouverture d'une galerie à Londres. L'adresse devient le 15 boulevard Montmartre.
En 1841, Goupil trouve un nouvel associé en Théodore Vibert (1813-1850), la société devient « Goupil & Vibert et » au 17 rue de Lancry, mais l'année suivante l'adresse devient le 19 boulevard Montmartre et le 12 rue d'Enghien. En 1848, Goupil et Vibert ouvrent une succursale à New York au 289 Broadway. Mort en 1850, Vibert laisse deux enfants qu'Adolphe Goupil prend à sa charge.
En plus d'imprimeur-éditeur, Goupil devient un marchand de tableaux et de dessins, et ce, à partir de 1846 avec l'avocat Alfred Mainguet qui rejoint la société jusqu'en 1856. Goupil avait déjà signé un contrat en 1845 avec le peintre Charles Landelle qui s'engage à ne pas disposer de son droit de reproduction avant de l'avoir proposé à la Maison Goupil. En 1857, la filiale de New York passe sous le contrôle de Knoedler, mais reste en partenariat d'affaires avec Goupil. vignette|gauche|250px| Goupil & , au 2 place de l'Opéra (Paris, vers 1886).
De 1850 à 1884, la société, en forte expansion, prend le nom de « Goupil et , imprimeur-éditeur ». Son fils, Albert Goupil (1840-1884), qui se veut photographe, rejoint la société. Il s'associe à son père en 1877. Albert avait repris en 1867 l'affaire de Cent van Gogh (1820-1888)Vincent Van Gogh dit « Cent » ou « Oncle Cent », un des oncles paternels du peintre Vincent van Gogh. Cent est un marchand de tableaux installé à La Haye, il établit avec son frère aîné Hendrik des liens commerciaux avec Adolphe Goupil dès 1846 et devient associé de Goupil & Cie à partir de 1861, voir Goupil et l'Oncle Cent Van Gogh, sur Culture.gouv.fr.. Leur famille lui étant associée, gérant la succursale néerlandaise, Vincent, puis son neveu Théodore van Gogh jusqu'en 1890, y furent employés à Londres, Bruxelles et Paris.
Les autres associés sont Léon Goupil (en 1854-1855), mais surtout Léon Boussod (1826-1896), qui entre dans l'affaire en 1855 et qui sera de 1872 à 1878 commanditaire de la société, et enfin René Valadon (1848-1921), petit-fils d'Adolphe., associé de 1878 à 1884. En 1861, deux nouvelles succursales sont ouvertes, à Berlin et La Haye, puis à Bruxelles en 1863 et enfin à Vienne, lançant l'édition d'art dans l'ère industrielle à l'international.
Léon Boussod marie son fils Étienne-Jean Boussod (1857-1918) à Jeanne Gérôme (1863-1914), qui est la petite-fille par alliance d'Adolphe Goupil et du peintre Jean-Léon Gérôme. Léon a également marié l'une de ses filles à René Valadon.
Ayant déjà perdu son fils ainé en 1855, Adolphe Goupil décide de se retirer progressivement des affaires à partir de 1884, date à laquelle meurt son deuxième fils Albert. Par une série d'alliances via ses filles, il assure à la société Goupil une continuité : cette entreprise internationale va continuer à dominer le marché de l'estampe et des tableaux jusqu'en 1914.
En 1886, Léon Boussod, prend la direction de la société, qui devient « Goupil & — Boussod, Valadon & successeurs ». Les nouveaux associés ouvrent plusieurs autres galeries à Paris : au 2 place de l'Opéra, au 9 rue Chaptal (où se trouve l'imprimerie-édition) et au 24 boulevard des Capucines, tout en conservant le boulevard Montmartre.
En 1888, Boussod prend comme associés le franco-napolitain Michel Manzi, ingénieur typographe, inventeur et éditeur, et Maurice Joyant (1864-1930), critique et marchand d’art ; tous les deux sont amis de Toulouse-Lautrec, d'Edgar Degas, et de nombreux autres artistes. La maison devient après 1892 « Boussod, Manzi, Joyant et (anciennement Goupil) », puis Boussod meurt en 1893 et ValadonLouis René Valadon, né en 1848 est mort à une date inconnue. Il reçut la Légion d'honneur en 1892 — Base Léonore, cote LH/2658/53. semble se retirer en 1897.
En 1897, l'établissement se scinde en deux sociétés : Boussod, Valadon et , successeurs de Goupil et (marchands d'art, 1897-1919) ; Jean Boussod, Manzi, Joyant et , successeurs de Goupil et (éditeur-imprimeur, 1897-1917)Boussod, Valadon et , sur data.bnf.fr, en ligne..
Après avoir connu plusieurs changements, dont une première vente des stocks en 1914, les sociétés d'impression, d'édition et de vente d'œuvres furent définitivement liquidées entre 1917 et 1921, le fonds de la maison d'édition étant acquis par Vincent Imberti en 1921Collection Goupil, Musée d'Aquitaine..
Autres fonctions et postérité Adolphe Goupil est élu maire de Saint-Martin-aux-Chartrains (Calvados) de 1875 à 1893 où il possédait le « château de Tout la Ville »Photographies du lieu, sur carte-postale.com, en ligne..
Il est promu officier de la Légion d'honneur en 1877Base Léonore, cote LH/1178/19, en ligne..
Sa fille Marie (1841-1912) épousa le peintre Jean-Léon Gérôme, dont une fille Jeanne, qui épousa le fils de Léon Boussod, associé de Goupil & .
Publications
1858, Œuvre de Paul Delaroche, reproduite en photographie par Robert Jefferson Bingham, texte de la notice par Henri Delaborde, et du Catalogue Raisonné par Jules Goddé, Paris, Goupil et 19 boulevard Montmartre, et 9 rue Chaptal. 1863, Souvenir de la Galerie Pourtalès, reproduction d'antiques, Tableaux et Objets d'art les plus remarquables de la collection du Comte de Pourtalès-Gorgier: James-Alexandre de Pourtalès, volume grand in-folio comprenant , prix de vente . Photographe non identifié. La vente eut lieu en .
Collections Goupil À la fin des années 1980, les descendants d'Adolphe Goupil lèguent le fonds photographique de la Maison Goupil à la Ville de Bordeaux. En , le musée Goupil est créé à Bordeaux dans l’ancienne distillerie Secrestat, située cours du Médoc. Toutefois, après sa fermeture en 1998, les collections sont transférées au musée d’Aquitaine et ne sont plus accessibles au grand public, sauf à l'occasion d'expositions temporaires ou en version numérique.
Les collections Goupil rassemblent plus de 70 000 photographies, 46 000 estampes, 7 200 matrices, 1 000 livres et revues illustrées et de nombreuses archives.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Hélène Lafont-Couturier, « La maison Goupil ou la notion d'œuvre originale remise en question », dans Revue de l'Art'', , 1996-2, . .
Articles connexes
Goupil & Musée Goupil
Liens externes
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