Bromptonville est une ancienne ville de la province de Québec. Elle a été fusionnée à la ville de Sherbrooke le dans le cadre des réorganisations municipales québécoises.

Histoire

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Dès le , les Abénakis, chassés de la terre des Illinois à la suite de la défaite de leurs alliés Hurons, s'installent dans la région. Ils effectuent des voyages en canot sur la rivière Saint-François et s'arrêtent à Bromptonville. Ils nommèrent l'endroit Pihmilansik, « là où les eaux tombent », et Pihmilosek, « là où les chutes tourbillonnent ».

Des pétroglyphes Abénakis furent retrouvés au parc de la Rive de Bromptonville en 1964. La publication de ces découvertes ammènera le public à s'y intéresser et accélèrera la dégradation du site. Par souci de préservation, les pétroglyphes seront retirés, grâce à des explosifs, authentifiés par le Musée du Séminaire de Sherbrooke, et confiés au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

De 1797 à 1852 En 1797, des loyalistes américains vinrent s'installer sur ce qui est aujourd'hui le chemin de la rivière à Bromptonville. Leur présence fut légalisée en 1801 et 1802 ; ils reçurent des terres de la couronne britannique, dans le nouveau canton de Brompton né de la division du Buckinghamshire.

Certains de ces loyalistes allèrent plus loin dans la forêt et défrichèrent les et de Bromptonville, ainsi que le chemin Greenlay sud.

Ces familles loyalistes sont connues des historiens.

Les ARMS Les descendants de David Arms vivent aujourd'hui à Ascot.

Les BARTLETT Roswell Bartlett est né le au Massachusetts. Discriminée pendant la guerre canado-américaine, sa famille (ainsi que celle de son beau-père Énoch Rice) déménagea dans le comté de Greene en Ohio. Il meurt vers 1866.

Les CASWELL Nathan Caswell était le père d'Oziah et de Jédédiah. Il est né en 1740 à Middleborough au Massachusetts. Sa femme était Hannah Bingham. Il avait commandé une compagnie de l'armée britannique pendant la guerre d'indépendance. Il meurt près de Compton en 1824.

Jédédiah Caswell est né entre 1760 et 1770 au Massachusetts. Il a épousé Ruth Bishop de qui il eut 11 enfants : Ira, Stephen, Ruth, Chester, Daniel, John, Elmira, Hiram, Nancy, George et Laura.

Daniel est né en 1804 au New-Hampshire, John en 1806 à Brompton, Nancy en 1814 à Brompton et George en 1820 au New-Hampshire. Ils se seraient installés a Brompton vers 1805 et seraient repartis aux États-Unis vers 1815.

Oziah Caswell n'a pas laissé de traces.

Stephen Caswell fut l'un des seuls enfants de Jédédiah à rester à Brompton. Né le au New-Hampshire, il épousa Tabitha Chandler, de qui il eut 10 enfants : Abigail, Susan, Ruth, Berengera, Elizabeth, Stephen, Tabitha, Catherine, Isaac et Thomas (Walker, fils adoptif, il épousa Catherine Caswell). Sa descendance se retrouve aujourd'hui à St-François-Xavier de Brompton, Windsor, Melbourne et Richmond. Il meurt le et est enterré au cimetière protestant de Greenlay (situé derrière un immeuble à appartements aux 50-51-52-53-54-55 rue Greenlay sud). Sa pierre tombale est en bon état, le cimetière est à l'abandon.

Les KEE Ebenezer Kee, sa femme et ses fils, vécurent près du ruisseau qui porte aujourd'hui leur nom, le Kee Brook. Ils déménagèrent dans le comté de Stormont en Ontario dans les années 1820, puis, à Green, en Ohio entre 1825 et 1850.

Les KNAPP Ephraïm Knapp Sr est né en 1762 aux États-Unis. Il est parti de New York pour s'installer à Brompton-Falls avec ses fils Ephraïm Jr et George en 1801. Il est reparti en 1810 pour aller vivre à Haverhilly au New-Hampshire. En 1814, il habitait Stockholm près de New-York.

Ephraïm Knapp Jr et George sont restés, ou sont revenus par la suite. Ephraïm Jr a épousé une Houstin et a construit la maison de ferme rouge se trouvant devant le cimetière Knoyes-Knapp sur le chemin de la rivière. Son frère George s'est installé à Melbourne.

Le fils d'Éphraïm Jr, Thomas, est le premier enfant blanc né dans le Canton de Brompton (). Il a fait du transport de marchandise sur la rivière St-François, allait couper du bois en hiver, et travailler sur le chemin de fer à Trois-Rivières. Il se construisit une maison à environ de celle de son père, ainsi qu'un moulin à couper le bois. Il fournit une grande partie du bois qui a servi à construire le moulin de Cyrus S. Clarke en 1853-1854. Il épousa Caroline Holmes (une orpheline qui vivait chez les Adams et travaillait dans leur auberge) en 1824. Ils eurent 5 garçons et 4 filles. Thomas mourut d'une pneumonie en 1880. Caroline meurt en 1888.

George et Ephraïm ont des descendants à Québec, Vancouver, Sherbrooke, Windsor, Melbourne, Brompton Grove, Lennoxville, Melrose (Massachusetts), Schenectady (New-York) et à St-François-Xavier de Brompton.

Lorsque Caroline Holmes partit de chez les Adams, elle reçut une table de cuisine en chêne massif que Gordon Knapp, de Sherbrooke, possédait toujours en 1931.

En , William Ball céda un terrain à Thomas Knapp et Richard Noyce. Ce terrain deviendra le cimetière Knoyes-Knapp.

Leurs fils, Horace et David, partirent aux États-Unis et se rendirent à pied en Californie. Lors de la guerre de Sécession, ils s'enrôlèrent dans l'armée de l'union. Selon certaines sources, David serait mort dans une prison confédérée. Aucune trace d'Horace n'a été retrouvée.

Pendant la construction de l'église de Christ Church (elle est aujourd'hui démolie, le cimetière subsiste sur le chemin de la rivière), l'entrepreneur et ses employés logèrent chez Thomas et Caroline Knapp.

Les PEARCE Samuel Pearce Sr est né le à Hartford au Connecticut. Il est venu au Canada en travaillant pour un fermier. Il faisait passer du bétail de Nouvelle-Angleterre à Stanstead. Il s'établit dans une ferme à Brompton-Falls, devint capitaine de milice loyaliste. Selon C.H. Mackintosh, il était chef du conseil municipal de Brompton-Falls en 1845. Il épousa Alice Caswell, (probablement la sœur ainée de Stephen), de qui il eut 13 enfants : Erastus, Asahel, Nathan, Caroline, Samuel jr, Hannah, Collins, Alice, Roswell, Adaline, Frederick, Mary et Lydia. Il est mort le et est enterré au cimetière protestant de Greenlay. Leurs descendants se retrouvent à Ascot, Windsor et Sherbrooke.

Les RICE Enoch Rice est né le , Levi le et Jonathan le .

Ils viennent de Westborough au Massachusetts et sont les fils de Zebulon Rice et Abigail Forbush.

Levi et Jonathan Rice restent inconnus. Enoch est reparti avec sa famille et la famille de son gendre (Roswell Bartlett) aux États-Unis. Ils ont toujours des descendants à Greene en Ohio.

Les TERRY Samuel Terry habitait à l'écart de ses compatriotes et avait loué une terre à la famille Terrill de Hyatt's Mill (futur Sherbrooke).

Les WAKEFIEL John Wakefield s'installa à ce qu'on a appelé Wakefield Hill (situé sur la terre de Raymond Guillemette dans le rang 6). Il y vécut quelques années ; un de ses fils se perdra dans la forêt en hiver ; ils retourneront aux États-Unis vers 1810.

William Wakefield, né en 1766, a habité Brompton-Falls jusqu'en 1812. La guerre canado-américaine le fit retourner aux États-Unis. Il est probablement revenu après la guerre : en 1852, il vivait à Brompton-Falls chez son fils Benjamin. Il avait 84 ans et sa femme, Rachel, 81 ans. Ils durent déménager ensuite : il est enterré à Milbourne en Ontario avec son fils Benjamin.

La lignée des Wakefield du Québec prit fin à Durham à la fin des années 1910 avec la mort d'Edwin Wakefield, fils de Benjamin Wakefield.

Les WILCOX Les origines de Barnabas Wilcox restent inconnues. Les Wilcox de Kingsey-Falls, Compton, Melbourne et Brompton Groove sont probablement ses descendants.

1853-1892, L'ère de la Clark Mills Company L'installation de la compagnie Grand Trunk Railway sur les rives de la rivière St-François, en 1852, offrira de grandes possibilités industrielles à Brompton-Falls. En 1858, le voyage de Sherbrooke à Brompton Falls durait 13 minutes et de Brompton Falls à Portland (Maine) 7 heures et 20 minutes).

Trois Américains, Cyrus S. Clark de Turner dans le Maine, et deux associés (dénommés Brown et McCrillis), visitèrent Brompton-Falls autour de 1850 et remarquèrent une caractéristique géographique : Brompton-Falls possède deux séries de chutes, les petites et les grandes ; c'était un handicap pour le transport maritime (obligeant le portage), mais offrait une grande possibilité hydraulique.

Les trois hommes installèrent une beam par-dessus la rivière Saint-François (1853). Ils achetèrent des droits de coupe de pins et d'épinettes à la couronne britannique (1854) et lancèrent l'idée de construire un moulin à bois à partir du courant de la rivière. Pour réduire les coûts de production nécessaire à la construction du moulin à bois, Cyrus Clark (directeur et actionnaire majoritaire) acheta le bois nécessaire à monsieur Thomas Knapp (dont le moulin était capable de couper de planches par jour) et embaucha des Canadiens-Français venus de Beauce et des rives du fleuve Saint-Laurent.

Le Clark Mills fut l'un des moulins à bois les plus gros d'Amérique du Nord. Il était long de et large de ; les plus récentes technologies étaient exploitées comme l'éclairage au gaz. Ses trois sections (une de 26 scies, les deux autres de 15 scies) pouvaient fonctionner en même temps, 24 heures sur 24, (sauf l'hiver) ; elles pouvaient couper de planches par jour (des planches simples pour la construction immobilière). Elles auraient été capable de couper de 25 à 30 millions de pieds de planches à certains moments : le Prince de Galles (futur roi d'Angleterre, Édouard VII, de 1901 à 1910) vint les visiter.

La compagnie du Grand Trunk Railway exportait les planches vers les États-Unis, puis l'Amérique du Sud.

Autour de ce moulin, se trouvaient deux bâtiments de maintenance, ainsi qu'une forge et une maison où Cyrus Clark résidait durant ses passages.

Cyrus S. Clarke dut affronter des problèmes juridiques pendant les 25 années qui suivirent : les débris de la production étaient rejetés dans la rivière. Ils pourrissaient sur les berges, ou s'entremêlaient et causaient un barrage accidentel et de grandes crues de la rivière. Ce serait notamment une des grandes causes de l'inondation de 1875.

La plupart des accusations provenaient de ses concurrents, en particulier la compagnie Holyoke qui côtoyait ses limites. Clark aurait répondu : .

Les conseils de Sherbrooke, ainsi que des cantons d’Ascot, d’Orford et de Brompton, portèrent plainte également, ainsi que plusieurs agriculteurs dont les fermes étaient inondées et un brasseur qui utilisait lui aussi la force de la rivière (James W. Wigget). Ce fut sans succès. En 1877, le conseil de Garthby accusa la compagnie d’avoir causé une montée des eaux ayant arraché de routes : sans résultats.

Pendant la deuxième moitié du , les besoins de la population mondiale en bois changèrent. Les techniques de construction évoluèrent. C.S. Clark installa une papetière sur le terrain présentement possédé par la compagnie Kruger, au coin d'Ernest-Bergeron et de la route de Windsor (vers 1870). La Clark Mills devint démodée et son chiffre d'affaires s'affaissa.

Dans les années 1860 et 1870, Clark dut emprunter à un homme d'affaires de Cookshire, John Henry Pope ; il avait été soutenu par lui dans ses démêlés avec les conseils régionaux de Sherbrooke. Incapable de payer sa dette, sa compagnie fut achetée par Pope : il la lui revendit en 1869. Ses dettes étaient effacées, mais il devait plusieurs paiements sur sa propre compagnie !

Il vendit une bonne partie des terres de la compagnie en 1873 et 1874 et eut la chance de pouvoir racheter des terres de la British American Land Company (BALC) en 1872 et en 1875.

C.S Clark mourut criblé de dettes en 1880 et légua la compagnie à son fils Charles.