Arnaud Danjean, né le à Louhans (Saône-et-Loire), est un homme politique français, membre des Républicains. Il est élu député européen lors des élections du ., et réélu le et le .

Il est par ailleurs conseiller régional de Bourgogne puis de Bourgogne-Franche-Comté du au .

Il a présidé de 2009 à 2014 la sous-commission sécurité et défense (SEDE), qui est une sous-commission de la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il en est membre depuis 2014. Il rejoint également en la Commission du commerce international.

Il est conseiller spécial de Michel Barnier à Matignon lors du passage de ce dernier à la tête du gouvernement en 2024, et membre du du français Euro Créative depuis 2025.

Biographie

Enfance et études

Arnaud Danjean a passé la majeure partie de son enfance à Sornay. Son père, Christian Danjean, est le cofondateur, avec Jean-Luc Gros, de l'Association sportive de Sornay en 1980..

Il effectue toute sa scolarité au lycée Henri Vincenot à Louhans, où il obtient en son baccalauréat section B avec une mention Très Bien. Par la suite, il poursuit des études de science politique à l'IEP de Paris, d'où il sort en 1992 avec un diplôme en « communication, recherche et ressources humaines ». Il finalise ce cycle en 1993 par un DEA en sciences politiques et relations internationales à Sciences-Po.

Il est marié et père de deux enfants..

Outre le français, il parle anglais, allemand, serbe et croate.

Carrière professionnelle

Au ministère de la Défense

Après son service militaire effectué en tant qu'élève officier de réserve (EOR) au sein de la base de sous-marins de Toulon, il réussit le concours du ministère de la Défense, et devient fonctionnaire civil affecté à la DGSE...

Entre 1995 et 1996, il effectue de nombreuses missions à Sarajevo, notamment durant le siège de Sarajevo et la signature des accords de Dayton. Il devient alors chef de poste de la DGSE à l'Ambassade de France en Bosnie-Herzégovine de à , où il est notamment chargé de pister les criminels de guerre et suivre les réseaux islamistes...

De retour en France, il travaille ensuite à la cellule Balkans du ministère de la Défense, alors dirigé par Alain Richard, et participe à ce titre à la Conférence de Rambouillet sur le Kosovo, ouverte par Jacques Chirac. et coprésidée par Hubert Védrine, du au . Il est entre autres chargé par le ministère d'établir la liaison avec la délégation kosovare. dirigée par Hashim Thaçi, qui deviendra président de la république du Kosovo en 2016, et notamment composée d'Ibrahim Rugova, président de la Province autonome serbe du Kosovo de 1992 à 2006.

Il effectue ensuite, à partir de , des missions ponctuelles dans les Balkans et tous les pays d'Europe centrale et orientale, puis revient à Paris comme conseiller Europe du directeur de la DGSE entre 2000 et 2002. Il participe dans ce cadre au rétablissement des relations avec les autorités démocratiques serbes après la Révolution du 5 octobre 2000 en Serbie et la chute de Slobodan Milošević.

Au ministère des Affaires étrangères

De 2002 à 2004, il rejoint la Représentation permanente de la France auprès de l'Organisation des Nations unies à Genève où il s’occupe des relations avec les organisations humanitaires et internationales (CICR et UNHCR).

En 2004, il effectue une nouvelle mission au Kosovo au profit de Javier Solana, Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) comme conseiller de Fernando Gentilini, représentant spécial de l'Union européenne.

En 2005, il intègre le cabinet du ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier. Chargé des Balkans et de l'Afghanistan, il occupera, de à , les mêmes fonctions auprès de Philippe Douste-Blazy.

Il effectue fin 2007 un séjour prolongé aux États-Unis dans le cadre d’un programme du German Marshall Fund, une fondation américaine dont le but est de créer des réseaux de décideurs et de journalistes entre l'Europe et les États-Unis d'Amérique..

Parcours politique et mandats thumb|Arnaud Danjean, en 2009.

Député européen Il est élu député européen le pour la circonscription Est aux élections européennes sur la liste de la Majorité présidentielle conduite par Joseph Daul (arrivée en tête du scrutin), et élu à la tête de la Sous-commission sécurité et défense (SEDE)., rattachée à la Commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il est réélu à mi-mandat à la tête de cette sous-commission SEDE, le ..

Il est désigné en pour être de la liste UMP de la circonscription Est pour les élections européennes, et réélu député européen le .

Selon Le Figaro, il aurait été séduit par la ligne européenne d'Emmanuel Macron lors de la première année de son mandat présidentiel, relevant des Loris Boichot, « Arnaud Danjean (LR) plaide pour une "Europe pragmatique" », Le Figaro, 16-17 février 2019, .. À quelques mois des élections européennes de 2019, il reproche à Emmanuel Macron de créer un faux clivage entre progressistes et nationalistes au niveau européen.. Parfois cité pour diriger la liste Les Républicains pour ces élections., il dénonce le piège tendu à la droite et à l'Europe par Emmanuel Macron« Se rapprocher de Macron est hors sujet », lejdd.fr et prend ses distances avec Alain Juppé« Européennes : Arnaud Danjean n'a toujours pas de place réservée », lejsl.com.

Désigné le par la Commission nationale d'investiture du parti, dirigé par Laurent Wauquiez, en trio avec la tête de liste François-Xavier Bellamy et avec Agnès Evren, pour mener la liste des Républicains pour les élections européennes., il est réélu député européen le .

Conseiller régional Déjà élu conseiller régional de Bourgogne pour un premier mandat le , il conduit la liste de la droite et du centre en Saône-et-Loire pour la nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté, et est élu conseiller régional le . Il annonce sa démission de ce mandat le en raison de ses nouvelles attributions européennes en matière de politique étrangère et de défense..

Élections législatives Il se présente aux élections législatives françaises de 2007 dans la de Saône-et-Loire contre Arnaud Montebourg, député sortant. Alors qu'il avait réuni 44 % des voix au premier tour, devant le député sortant, ce dernier met son retrait de la vie politique dans la balance.. Arnaud Montebourg l'emporte finalement au second tour avec moins de d'avance..

Candidat aux élections législatives de 2012 dans la de Saône-et-LoireCirconscription correspondant en grande partie à l'ancienne de Saône-et-Loire, supprimée lors du redécoupage des circonscriptions législatives de 2010, et à quelques communes de l'ancienne de Saône-et-Loire, dont Chalon Nord.. (Bresse, Val de Saône, Chalon Nord et Tournugeois)., il est battu au second tour par Cécile Untermaier, candidate du Parti socialiste, qui rassemble 50,4 % des suffrages.. Alors que le Front national avait appelé, entre les deux tours, à faire barrage à Arnaud Danjean., Cécile Untermaier appelle les électeurs FN à voter pour elle..

Politique nationale

Au congrès de l'UMP de novembre 2012, il soutient la candidature de François Fillon pour la présidence du parti. face à Jean-François Copé, puis met en garde les deux candidats contre le risque de scission du parti.. Il parraine lors de ce congrès la motion politique de La Boîte à idées, d'Enguerrand Delannoy, Matthieu Schlesinger et Maël de Calan (qu'il soutiendra ensuite lors du congrès des Républicains de 2017Ludovic Vigogne, « Les Républicains : souffrances, frayeurs et bonnes surprises de Maël de Calan », lopinion.fr, 11 octobre 2017.).

Il est alors cosignataire, avec treize députés UMP, d'un appel à une « révolution démocratique ». articulée autour de cinq propositions destinées à renouveler la pratique politique française : incompatibilité entre mandat parlementaire et haute fonction publique, mandat de maire ou présidence d'un exécutif local, réduction du nombre des députés et sénateurs, limitation à trois mandats parlementaires consécutifs, ouverture accrue des fonctions électives aux citoyensSite internet de Bruno Le Maire, pétition pour une révolution démocratique.

Lors de l'élection présidentielle de 2017, Arnaud Danjean se prononce pour une candidature d'Alain Juppé et accueille à Branges, le , la première étape de la tournée du maire de Bordeaux.., dont il intègre l'équipe de campagne, notamment pour les questions de défense, sécurité et affaires étrangères. En , il rejoint le pôle projet de la campagne de François Fillon, vainqueur de la primaire des Républicains, sur le sujet de la sécurité« Une équipe de campagne complétée », Le Figaro, samedi 14 / dimanche 15 janvier 2017, page 3., mais renonce le , dans le cadre de l'affaire Fillon, à soutenir le candidat LR à l'élection présidentielle« Le compteur des lâcheurs de Fillon », liberation.fr.

Il soutient Michel Barnier au congrès des Républicains de 2021 en vue de l'élection présidentielle de 2022.. Il rejoint le cabinet de celui-ci après sa nomination comme Premier ministre en .

Prises de position

Défense et affaires étrangères

Interventions militaires françaises et questions de défense

Lors du lancement de l'opération Serval, le , il salue la décision de François Hollande d'engager l'armée française dans la riposte à l'offensive des groupes armés islamistes du Nord-Mali, action qu'il qualifie d'inévitable, justifiée et légitime au regard des circonstances et du droit international.. Il regrette cependant l'inertie de l'Union européenne, qui avait pourtant adopté une stratégie pour le Sahel dès 2011, et critique à la fois les États-membres pour leur attentisme et les institutions pour leur incapacité à anticiper puis contrecarrer l'offensive des groupes armés. Il note également l'échec du gouvernement à impliquer ses partenaires qui se contentent d'un soutien diplomatique sans aide opérationnelle, ce qu'il attribue notamment au « retrait précipité » des troupes françaises d'Afghanistan..

Interrogé sur la perspective de frappes en Syrie fin , il note que les délais et la faisabilité technique d'une intervention militaire sont moins problématiques que l'absence d'un réel processus diplomatique permettant une action tolérée par la Russie et la Chine, et critique la demande de frappes punitives sans objectif politique. L'autre dilemme, selon Arnaud Danjean, réside dans les risques de déstabilisation régionale, notamment au Liban, consécutifs à une telle action..

Il a dirigé au second semestre 2017 le comité de rédaction de la Revue stratégique de défense et de sécurité nationaleRevue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017, ordonnée par le président de la République pour actualiser le livre blanc sur a défense de 2013 et fixer le cadre stratégique de la loi de programmation militaire 2019-2025, dont l'ambition était de porter l'effort de défense à 2 % du PIB d'ici 2025.

Renseignement et terrorisme

S'amusant. des réactions de la classe politique française au moment de l'affaire Snowden (révélations sur le programme d'espionnage américain PRISM), il s'inquiète par ailleurs du risque d'effet boomerang, Washington pouvant être tenté d'allumer des contre-feux en révélant des initiatives européennes semblables ou des tentatives d'infiltration aux États-Unis d'agents de renseignement européens..

À la suite des attentats de janvier et novembre 2015 en France, il met à plusieurs reprises en garde contre des réactions excessivement émotionnelles ou martiales., et insiste sur le triptyque renseignement-police-justice, qui doit selon lui constituer la priorité des efforts en matière de lutte antiterroriste.. Il plaide ainsi pour une évaluation approfondie de l’organisation de la lutte antiterroriste en France et se prononce contre la création d’une superstructure européenne, sur le modèle de la CIA américaine, chargée du renseignement..