Léon Cogniet est un peintre et lithographe néo-classique et romantique français, né le à Paris et mort le à Paris Son acte de décès est visible sur le site des Archives de Paris en ligne, acte 5025 dressé le 21/11/1880, vue 17 / 31..
Biographie vignette|gauche|Hélène délivrée par Castor et Pollux, prix de Rome de 1817. Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts. Né de Joseph Cogniet, artiste dessinateur de papiers peints et de Marguerite Metuel, fille d'artisans aisés, Léon Cogniet entre en 1812 à l'École des Beaux-Arts de Paris où il est l'élève de Pierre-Narcisse Guérin qui déclare dans une lettre à Léon Cogniet : .
Dans l'atelier de Guérin, il rencontre Eugène Delacroix, Théodore Géricault, Jean Alaux et Ary Scheffer. Il fréquente également l'atelier de Jean-Victor Bertin. En 1814, il est prix de perspective et, en 1815, prix du Torse, ce qui lui ouvre les portes du concours pour le prix de Rome. Il s'y présente en 1815, peignant Briseis pleurant Patrocle pendant les Cent-Jours, et y est reçu deuxième prix. Il retente le concours l'année suivante. Après un échec en 1816 avec Œnone refusant de secourir Pâris blesséMusée de Fécamp., son Hélène délivrée par Castor et Pollux lui vaut le prix de Rome en 1817. La même année, il débute au Salon. Il est pensionnaire de l’Académie de France à Rome de 1817 à 1822.
L'amitié avec Géricault En 1818, selon Charles Blanc, Théodore Géricault dépose sa toile du Radeau de La Méduse dans l’atelier de Léon Cogniet : .
Léon Cogniet réalise au moins deux lithographies d'après son ainé Géricault.
Le voyage en Italie vignette|Une vue sur la montagne bleue, Musée des Beaux-Arts d'Orléans. Étude peinte pendant son séjour à Rome. vignette|Portrait de Michallon (détail), Musée des Beaux-Arts d'Orléans. Avant de partir en Italie, il réalise les portraits de son père, de sa mère et de sa sœur Marie-Amélie et son autoportrait. Il part à Rome, avec le sculpteur Antoine-Martin Garnaud, le graveur Sylvestre Brun et le peintre paysagiste Achille Etna Michallon, dont il peint le portrait. À Rome, Cogniet découvre et pratique le paysage dans l'esprit de Pierre-Henri de Valenciennes. Il rencontre François Marius Granet. Conformément au règlement de l'époque, Leon Cogniet réalise une copie d'après un marbre antique et doit envoyer à Paris un grand tableau d'histoire : Marius sur les Ruines de Carthage (1824, musée des Augustins de Toulouse) qui est présenté au Salon avec Scène du Massacre des Innocents (Musée des Beaux-Arts de Rennes). Les deux toiles de Léon Cogniet obtiennent un franc succès, la première est vendue au roi et la seconde au banquier Laffitte.
Une figure du Salon au service de la monarchie de Juillet vignette|Une Femme du pays des Esquimaux (1827), Cleveland Museum of Art. vignette|Scène du Massacre des Innocents, Musée des Beaux-Arts de Rennes. Le premier succès de Cogniet au Salon de 1824.
Célèbre, Cogniet présente au Salon des toiles romantiques au thème surprenant comme, en 1827, Une Femme du pays des Esquimaux (Cleveland Museum of Art) ou, en 1828, littéraire avec l'Enlèvement de Rebecca d'après Walter Scott (Wallace Collection, Londres). Il présente également des scènes de guerre napoléoniennes, Scène Militaire, Guerre d'Espagne ou Scène Militaire, campagne de Russie, ou encore Le général Foy (1775-1825) au combat d'Orthez le (Musée des Beaux-Arts d'Orléans, personnage politique populaire, député de la Somme qui s'oppose aux réformes constitutionnelles. En 1827, il réalise une série de peintures sur la vie de saint Étienne pour l'église Saint-Nicolas-des-Champs de Paris. Il peint pour le Conseil d'État son Numa Pompilius donnant les lois à Rome (musée de Monbéliard).
En 1830, Cogniet s'engage dans les journées des Trois Glorieuses qui voit la prise de pouvoir de Louis-Philippe. Il peint Les Drapeaux (Musée des Beaux-Arts d'Orléans) drapeaux royalistes couverts du sang des héros morts pour la liberté, sur le ciel bleu : (bleu, blanc, rouge) hissés sur les tours de Notre-Dame de Paris mais également Courage et Humanité qui était présenté au Salon de 1831, à côté de La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. À partir de cette date, les deux amis semblent se séparer, ne se visitant plusAvant cette date les deux amis se corrigent mutuellement leurs travaux respectifs, dans Eugène Delacroix, Journal, José Corti, 2009, .. Il soutient la Pologne envahie par le tsar Nicolas . Le nouveau monarque Louis-Philippe, peu de temps après son avènement, quatre toiles (dont trois sont aujourd'hui disparues) à Paul Delaroche, Jean-Victor Schnetz, Martin Drolling et Cogniet pour décorer l'Hôtel de ville de Paris. L'esquisse de Cogniet, représentant Bailly proclamé maire de Paris, est conservé au musée du Nouveau Monde.. Puis, il peint L’Expédition d’Égypte sous les ordres de Bonaparte pour l'un des plafonds () du palais du Louvre entre 1833-1835, toile où l'on distingue à peine Napoléon entouré de savants et d'artistes à l'ombre d'une tente. La toile obtient un succès mitigé, comme en témoigne la critique de Paul Mantz, . En 1834, Cogniet reçoit commande de La Garde Nationale de Paris part pour l'armée en , pour le château de Versailles. En 1836, il reçoit la commande Les Saintes Femmes au tombeau pour l'église de la Madeleine. En 1837, plusieurs toiles pour illustrer les campagnes du Directoire. Cogniet se fait aider, entre autres, par ses élèves Félix Philippoteaux et Karl Girardet pour réaliser ses tableaux historiques. En 1840, il reçoit une dernière commande pour Versailles, qu'il ne réalise finalement pas et dont il ne reste que des esquisses, Ruines, pour Le Siège d'Anvers (Musée des Beaux-Arts d'Orléans).
Tintoret peignant sa fille morte vignette|Portrait de la veuve Clicquot et de sa petite fille, (vers 1860-1862), château de Brissac.
Son plus grand succès lui vient en 1843 avec Le Tintoret peignant sa fille morte qu'il présente au Salon de la même année. Charles Baudelaire dans ses critiques remarque à propos du triomphe de Cogniet et de l'absence de Delacroix du Salon, la rupture entre les deux anciens amis :
Après quoi Léon Cogniet ne peint plus que des portraits, dont de nombreux portraits officiels comme ceux du roi , du général Nicolas-Joseph Maison, du roi Louis-Philippe, d’Eugénie-Louise-Adélaide d'Orléans, sœur du roi, de Léopold , de George Washington ou de Jean-François Champollion, mais aussi de nombreux portraits mondains comme ceux d'Armand de Polignac (1847) ou de la comtesse de Noailles (1846), de la duchesse d'Uzès, et celui que sa reproduction sur les étiquettes de bouteilles a rendu le plus célèbre : le portrait de la veuve Clicquot (1851-1861), propriétaire des fameux champagnes.
En 1845, Charles Baudelaire commente au Salon : En 1868, il ajoute, dans ses Curiosités Esthétiques :
Un professeur et une académie À partir de 1843, n'exposant que rarement au Salon, Léon Cogniet se consacre essentiellement à l'enseignement dont il est une des figures les plus importantes du voir Michael Vottero, sur tristan.u-bourgogne.fr.. Il est professeur de dessin à Paris au lycée Louis-le-Grand de 1831 à 1876Michaël Vottero, La peinture de genre en France, après 1850, Presses universitaires de Rennes, 2012., où il a pour élève Edgar DegasAnnick Notter, Léon Cogniet, Musée des Beaux-Arts d'Orléans, 2005, ., et à l'École polytechnique de 1847 à 1861. En 1849, Léon Cogniet est élu et nommé membre de l'Institut. Il est nommé professeur de peinture à l'École des Beaux-Arts de Paris en 1851. Il en démissionne en 1863 après avoir enseigné à plusieurs générations d'artistes. . Selon Ernest Vinet, en 1862, Léon Cogniet ne peint pas beaucoup : . Il s'intéresse autant à la peinture qu'à la sculpture et collectionne les œuvres de ses élèves, comme Dominique Papety, Charles Octave Blanchard, Joseph-Fortuné-Séraphin Layraud, Eugène-Ernest Hillemacher, François-Nicolas Chifflart ou encore Ernest Meissonier, Jean-Paul Laurens, Léon Bonnat, Edmond Lebel.
En 1831, sa sœur, Marie-Amélie Cogniet, qui a été sa principale assistante, exécute des vues du grand atelier parisien de son frère au rue de la Grange-aux-Belles (Musée des Beaux-Arts d'Orléans). Entre 1840 et 1860, il ouvre un atelier féminin très fréquenté dont il confie la direction à sa sœur Marie-AmélieVoir la fiche Marie-Amélie Cogniet, dans The National Museum of Woman in the Arts (en ligne)., au , rue des Marais-Saint-Martindans Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l’école française, au , Paris, 1831, ., puis à une autre de ses élèves, Catherine Caroline Thévenin (1813-1892), qui devient sa femme en 1865.
Les dernières années vignette|Eugène Disdéri, Léon Cogniet (vers 1865), Paris, Bibliothèque nationale de France. vignette|Portrait de Marie-Amélie Cogniet, Léon Cogniet, 1817-1818 (Orléans, musée des beaux-arts d'Orléans). vignette|Léon Cogniet, portrait gravé vers 1880 par Léopold Massard. En 1859, il reçoit une nouvelle commande pour l'hôtel de ville de Paris (incendié en 1871) dont il ne reste qu'une esquisse au Petit-Palais à Paris. À partir de 1865, il reprend la pratique du paysage en Normandie à Langrune, ou en Picardie avec des vues de bord de mer et de vagues qui évoquent les peintures de Normandie de Richard Parkes Bonington.
Il meurt dans le de Paris le et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ().
Les commentaires et les hommages évoquent sa générosité, sa modestie, son dévouement pédagogique, sa rigueur. Mais ils notent aussi son manque de folie et son goût consciencieux du travail bien fait. Peintre du « juste milieu », aussi raisonnable et timoré que l'idéal bourgeois. Pour Paul Manz, . Marie-Edmée Pau, son élève, le décrit sous ces mots : Selon David d'Angers, en 1855 :
Sa veuve, Caroline Thévenin, meurt le Paris 10, actes 905 et 906. après avoir donné sous condition à sa sœur Rosalie, qui meurt le , l'atelier du peintre pour le remettre au musée d'Orléans. Au printemps 1892, et sont donnés au Musée des Beaux-Arts d'Orléans, où ils sont toujours conservés. En 1990, David Ojalvo, alors conservateur de ce musée, lui a consacré une exposition.
La Ville de Paris a donné son nom à une rue du .
Œuvres dans les collections publiques
Aux États-Unis Cleveland, Cleveland Museum of Art : L'Artiste dans son studio à la Villa Medicis de Rome (1817) ; Femme du pays des Esquimaux (1826).
En France Bordeaux, musée des Beaux-Arts : Le Tintoret peignant sa fille morte (1843). Chartres, musée des Beaux-Arts : Métabus et Camille, (1821).. Fécamp, musée des Pêcheries : Œnone refusant de secourir Pâris blessé (1816). Orléans, musée des Beaux-Arts : Étude d'homme, vers 1812-1815, huile sur papier marouflé sur bois, 28 x 36 cm; Scène antique, vers 1812-1815, huile sur calque marouflé sur toile, 32,5 x 40 cm; Caracalla veut tuer son frère Géta, Esquisse, vers 1812-1815, huile sur calque marouflé sur toile, 38,5 x 47 cm; Caron faisant passer le Styx à une mère et son enfant nouveau-né, Esquisse, vers 1812-1815 (?), huile sur toile marouflée sur toile, 48,5 x 45,5 cm ; Diagoras porté en triomphe par ses fils, vers 1814, huile sur toile, 36,4 x 28 cm ; Briséis pleurant Patrocle, Second Prix de Rome de 1815, huile sur toile, 113,5 x 146,5 cm ; Nymphe chasseresse,vers 1817, huile sur toile, 73,5 x 62,5 cm ; Tête de jeune femme, étude pour Castor et Pollux délivrant Hélène, 1817, huile sur toile, 25,4 x 19,2 cm ; Portrait de Joseph Cogniet, père de l'artiste, 1817, huile sur toile, 61,5 x 51,5 cm ; Portrait de Marguerite Cogniet, née Métuel, mère de l'artiste, vers 1817, huile sur toile, 61,8 x 50,5 cm ; Autoportrait, vers 1817, huile sur toile, 60,1 x 50,4 cm ; Portrait de Marie-Amélie Cogniet (1798-1869), sœur de l'artiste, vers 1817, huile sur toile, 61 x 50 cm ; Portrait d'Achille-Etna Michallon (1796-1822), peintre de paysage, 1817-1819, huile sur toile, 46 x 37,8 cm ; Groupe de bâtiments abandonnés depuis l'occupation des Français, environs de Rome, 1818, huile sur papier marouflé sur toile, 24,5 x 33 cm;