La peinture chinoise, l'une des formes de l'art chinois, désigne toute forme de peinture originaire de Chine ou pratiquée en Chine ou par des artistes chinois hors de Chine.
La peinture chinoise sur rouleaux est très célèbre. Elle se présente sous divers formats verticaux ou horizontaux, et le support peut être en soie ou en papier. Mais il existe aussi de nombreuses peintures sur éventails de soie ou de papier, et des albums de, souvent, douze feuilles. Par ailleurs la peinture murale a été très employée dans les palais et dans les temples ; les tombes en ont conservé de vastes ensembles. La céramique chinoise est aussi un support, tridimensionnel, pour la peinture et ce depuis la préhistoire de la Chine. Actuellement, l'art contemporain chinois se permet d'employer une multitude de supports pour la peinture et de l'intégrer dans des ensembles multimédia.
Les fonctions traditionnelles de la peinture en Chine sont multiples : rituelle, religieuse et ornementale dès l'origine, elle eut aussi des fonctions mémorielles, de divertissement, éducatives, poétiques et philosophiques, cherchant à procurer un sentiment de sérénité, voire de purification morale. Traditionnellement les peintures chinoises sont classées en trois grands groupes : la peinture de personnages, la peinture de paysage et la peinture de fleurs et d'oiseaux.
Pour prendre l'exemple le plus connu de la peinture de paysage, c'est sa dimension expressive qui en fait, en Chine, la valeur essentielle et la poésie calligraphiée l'accompagne naturellement, car cette peinture se lit. Ce type de paysage est né par l'exercice de certains lettrés qui revendiquent leur pratique d'amateurs et non de professionnels. Habiles au pinceau par leur travail quotidien d'administrateurs ou leur rapport constant à l'exercice de l'écrit et à l'appréciation de l'écrit à l'encre sur un support blanc, les lettrés ont pratiqué la réduction des moyens traditionnels de la peinture chinoise : la couleur appliquée avec soin a quasiment disparu au profit de l'encre simplement additionnée ou non d'eau. Ce mouvement de peinture lettrée s'est manifesté à partir de la dynastie Song, dès le et au cours des siècles suivants jusqu'à incarner la peinture chinoise dans l'esprit du public. La peinture produite par cette élite lettrée se distingue des autres peintures, celles qui sont plus séduisantes et qui frappent le regard par leur précision ou leur puissance narrative et qui existent depuis bien plus longtemps, sans pour autant disparaître ensuite. Ces peintures séduisantes ou narratives, ces portraits de famille ou de héros, ces peintures religieuses ont été pratiquées, de tous temps, par des artistes professionnels, voire des familles d'artistes professionnels, avec souvent leur style, voire leur spécialité.
Enfin la complexité des questions esthétiques débattues et la sophistication de la littérature conservée se rapportant à la peinture et à la calligraphie caractérisent la peinture chinoise à travers les siècles depuis au moins la dynastie Han.
La peinture chinoise avant l'Empire Les cultures néolithiques (du au début du millénaire avant notre ère).
185px|vignette|gauche|Grande jarre. Culture de Majiayao, phase de Machang, 2200-2000 avant l'ère commune. Terre cuite rosée, peinte en rouge et brun. Musée Guimet. La peinture apparaît dès le NéolithiqueYang Xin dans et probablement dès le Paléolithique sur les parois peintes des abris sous roche, mais les datations restent encore imprécises. La peinture se manifeste aussi sur les poteries néolithiques, avec une grande maîtrise de l'espace déterminé par la forme de la poterie et par la zone réservée à la peinture, et où elle se structure, se compose dans ce cadre. Les surfaces de terre de la céramique peinte sont soigneusement polies. Sur les sites de la culture de Yangshao les dessins sont majoritairement dérivés de formes plus ou moins stylisées : masques et poissons au cours de la phase de Banpo, compositions florales au cours de la phase de Miaodigou, mais compositions géométriques au cours de la phase de Dahecun III. Dans le Néolithique récent de la culture de Majiayao au cours de la phase Machang, les grandes figures zoomorphes (qui semblent styliser une figure humaine, dont la tête coïncide parfois précisément avec l'ouverture de la jarre décorée) structurent et rythment l'espace des poteries. Dans cette peinture sur céramique la couleur est appliquée avec, semble-t-il, une grande variété de pinceaux. Aucune retouche n'étant possible, les tracés se font d'un seul jet. Mais ceci n'exclut pas que l'on ait procédé à des essais, comme ce fut le cas ensuite pour les peintres de la période impériale.
Les dynasties royales de l'Antiquité (2200 — 221 avant notre ère) 185px|vignette|Gentilhomme chevauchant un dragon. Encre sur soie. Hunan. (Période des Royaumes combattants), . Musée provincial du Hunan L'écriture sous forme de traits déposés par un pinceau et une encre apparaît sur les carapaces, ou plaques ventrales de tortues découvertes par des fouilles conduites dès 1936 à Anyang.. De l'écriture oraculaire à l'art de l'écriture il y a eu quelques siècles, mais les matériaux et la pratique de base étaient présents dans les traditions attachées aux classes dirigeantes dès la dynastie Shang.
Le savoir-faire des peintres-potiers se poursuivit au cours des dynasties antiques et sous l'empire, sur les figurines animales ou humaines déposées dans les tombes : les mingqi peints (et souvent « vêtus », comme nos poupées), mais cela bien plus tard : au plus tôt à la fin de la période des Royaumes combattants, mais essentiellement sous les Han. Au cours de l'Antiquité (au moins) les objets laqués furent très souvent couverts de motifs géométriques et de représentations peintes au trait. Le tracé y est précis, avec un goût de la prouesse dans la longueur du trait régulier, et d'une grande économie pour évoquer des animaux et diverses figures. Les plus anciennes peintures sur soie () actuellement découvertes datent du , dans la province du Hunan. L'une, conservée sur son support de soie, essentiellement au simple trait d'encre, manifeste une dextérité et une subtilité évidentes à évoquer un gentilhomme, vu de profil dans le vent, chevauchant un dragon qui porte sur sa queue une grue, l'oiseau de bon augure dans la Chine ancienne. La stylisation par la courbe tendue génère l'effet de mouvement qui convient à ce groupe peint sur ce qui semble une bannière funéraire. Le mouvement y est efficacement suggéré par les attitudes, légèrement déportées vers l'arrière, et par les accessoires flottant presque à l'horizontale.
La peinture chinoise sous l'empire
La peinture chinoise sous l'empire est dénommée en chinois 中国画 zhōngguó huà, peinture chinoise, ou 国画 guó huà, peinture du pays, en opposition à la peinture chinoise d'inspiration occidentale apparue au . On peut la considérer comme une branche autonome de la calligraphie chinoise, dont elle partage le médium, fondé sur les quatre trésors du lettré : pinceau chinois, bâton d'encre, pierre à encre (pour moudre le bâton d'encre et le diluer dans l'eau) et papier (papiers de fibres textiles : mûrier à papier appelé par erreur « papier de riz » ou « papier de soie », lin, chanvre). Mais avant le support papier, la soie a été le support traditionnel.
La peinture chinoise classique est constituée d'un ensemble de genres typiques de l'Extrême-Orient, et qui sont à l'origine des techniques de peintures que l'on trouve aussi en Corée et au Japon.
Les genres dans la peinture chinoise. Galeries de peintures. À côté de la peinture de lettrés et de celle qui plaisait au public en général, il existe une importante peinture religieuse dévotionnelle ou rituelle dans les temples et autres lieux de culte, ainsi que dans les tombes et dont il ne subsiste que certaines peintures murales, surtout dans les grottes peintes comme celles de Mogao à Dunhuang. Il existe aussi une peinture érotique en Chine, qui commence à être mieux connue qu'auparavant. D'autre part, ces catégories doivent être entendues au sens large, c'est pourquoi la « Peinture de personnages » (人物画 rénwù huà) comprend un grand nombre de formes qui intègrent la figure humaine. Ainsi une peinture « Fleurs et oiseaux » ne comporte pas nécessairement des oiseaux comme c'est le cas pour la peinture de Li Di. Cependant les peintures de « Fleurs et oiseaux » souvent réalisées par des peintres professionnels ne peuvent être confondues avec les peintures ayant pour sujet unique ou partiel des bambous, en général réalisés par des lettrés (comme Wu Zhen). Mais ces derniers ne se sont pas empêchés de réaliser des peintures de « fleurs et oiseaux », voire d'insectes, de poissons, avec les nuances propres à la peinture de lettrés (comme Qian Xuan).
La peinture d'architecture est le seul genre où l'usage de la règle et du compas est non seulement toléré, mais explicitement encouragé. Par ailleurs le contact avec les peintres jésuites a eu un certain effet sur la représentation des paysages architecturés, dont ceux de Jiao Bingzhen (1689-1726), le premier à avoir intégré cette influence.. Paysages et peintures narratives « Peintures de paysages » Shanshui (山水画 shānshuǐ huà)
Fleurs et oiseaux « Peintures de fleurs et oiseaux » (花鸟画 huāniǎo huà), « Herbes et insectes » (草虫, cǎochóng), « Rochers et bambous »
Personnages et animaux « Peintures de personnages » (人物画 rénwù huà) : portraits individuels ou groupes, et « peinture de genre ».
Peinture religieuse
La peinture chinoise après l'Empire Avec la fin de l'Empire et l’avènement des Républiques en Chine, les jeunes étudiants chinois commencent à partir en Europe pour perfectionner et diversifier leur style. Des peintres comme Xu Beihong ayant étudié à Paris, ou Li Yishi (), ayant étudié au Royaume-Uni, permettent un renouveau de la peinture chinoise en y apportant des caractéristiques occidentales. L'influence de la peinture occidentale va grandissante sur une partie des peintres chinois, notamment via l'école russe du réalisme socialiste soviétique pendant les années 1949-1976 de la République populaire de Chine sous la direction de Mao Zedong, tout en conservant les formes des arts qui restaient, plus ou moins dans les lignées traditionnelles.
Au , la peinture contemporaine est omniprésente en Chine. Les peintres chinois sont les plus cotés au monde parmi les peintres vivants des années 2010. Dans une période de financiarisation de l'art, les deux peintres ayant la plus grande valeur de ventes cumulées en 2011 ont été deux peintres chinois, Zhang Daqian (550 M$) et Qi Baishi (510 M$), et le troisième, Andy Warhol dépassant ainsi tous les trois le peintre franco-espagnol Pablo Picasso..
République de Chine
République populaire de Chine
Caractéristiques spécifiques à la peinture chinoise
La tradition : Supports et matières de la peinture ancienne
Pour appréhender l'ensemble de ces paramètres, surtout pour la peinture sur soie qui permet un trait par transparence et un travail de peinture recto et verso, il est utile de voir un artiste à l'œuvre, ne serait-ce que sur une vidéo.. Les supports La peinture sur céramique, un support qui absorbe la couleur instantanément, exige une grande maîtrise du geste, rapide et sans repentir. La peinture ainsi réalisée conserve la trace du geste du corps, son énergie et son mouvement. Ces caractéristiques propres à la peinture sur céramique sont permanents dans la peinture chinoise quel que soit son support. La peinture murale : dès les Han au la peinture (encre et couleurs) couvrait déjà les murs des palais aujourd'hui disparus, les murs des tombes et des grottes de pèlerinage les ont souvent préservées en partie.