L’église Notre-Dame-de-l’Assomption est une église catholique paroissiale située à Vauréal, dans le Val-d'Oise, en France. La paroisse a été érigée en 1253, mais la première église a été incendiée par les Anglais en 1432, pendant la guerre de Cent Ans. Elle a été remplacée par un nouvel édifice de style gothique flamboyant, dont la construction a probablement débuté à la fin du . Au moment de la dédicace, en 1561, la majeure partie de l'église est sans doute terminée depuis plusieurs années, mais le clocher et la façade sont de style Renaissance et probablement postérieurs. Les voûtes de la nef et de ses bas-côtés n'ont jamais été réalisées. L'église Notre-Dame est inscrite monument historique depuis 1926.. Elle répond à un plan très simple, et ne présente architecturalement rien de particulièrement remarquable, mais est assez homogène et représentative des reconstructions après la guerre de Cent Ans. Certains éléments du mobilier sont intéressants. Depuis l'inauguration de l'église Sainte-Claire de Vauréal en 1995, l'église Notre-Dame est reléguée au second plan, et les messes dominicales se célèbrent actuellement le dimanche soir.
Localisation
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans l'agglomération de Cergy-Pontoise, sur la commune de Vauréal, au vieux village, rue de l'Église. L'élévation septentrionale est alignée sur cette étroite voie secondaire, qui monte sur le coteau du flanc oriental du massif de l'Hautil. En raison du dénivelé, une ruelle parallèle, séparée de la rue proprement dite par un mur de soutènement, longe le mur nord de l'église, et donne accès au petit parvis devant le portail occidental. Le parvis est particulièrement enserré, car un autre mur de soutènement le délimite à l'ouest. Une grotte de Notre-Dame de Lourdes a été aménagée au droit du mur, face au portail. Le chevet donne directement sur la rue Nationale (RD 55), qui, du côté opposé, est délimitée par la muraille du vaste domaine du château. Afin de desservir le portail latéral de l'église et l'ancien presbytère, une ruelle en impasse part de la rue Nationale et longe l'élévation méridionale. L'ancien presbytère est le seul bâtiment contigu à l'église, et celle-ci est donc visible depuis le domaine public de tous les côtés (sauf pour le début du bas-côté sud), mais les voies qui l'entourent sont assez étroites, et on ne peut apprécier l'édifice en prenant du recul. La seule perspective de vue s'offre depuis la rue Amédée de Caix de Saint-Aymour, à une certaine distance, plus haut sur la colline.
Histoire thumb|upright|left|Côté sud.
Vauréal s'appelle Lieux sous l'Ancien Régime. C'est l'une parmi les trois paroisses du diocèse de Paris situées sur la rive droite de l'Oise. La plus ancienne entre elles est la paroisse d'Andrésy (Yvelines). Son territoire étant jugé trop étendue, la paroisse de Jouy-le-Moutier en est détachée à une époque inconnue. Vers 1252, la paroisse de Jouy est à son tour devenue trop grande, et la nouvelle paroisse de Lieux en est démembrée. Le patronage de la cure d'Andrésy appartient au chapitre cathédral de Notre-Dame de Paris, et il en va de même pour les cures de Jouy et Lieux. À chaque fois que la cure devient vacante, le chapitre présente un curé à l'évêque, qui ensuite procède à sa nomination. Le premier curé se nomme Jean Chesnois, et par un acte de 1253, il promet de conserver au chapitre les mêmes droits qu'il a sur l'autel de Jouy. L'évêque assigne au curé un revenu de soixante sols parisis, qui est à prendre sur les dix livres de rente annuelle, produite par le legs de deux cents livres que Heloïse de Boisemont avait laissé au clergé de ce lieu. L'église est placée sous la protection de la Sainte-Vierge. C'est probablement au milieu du qu'on ajoute un second saint patron, saint Maur abbé, dont la fête patronale est le . L'abbé Lebeuf dit que c'est pour avoir une solennité particulière, que l'on peut fêter et chômer. Depuis juillet 1645, l'église est placée plus particulièrement sous le vocable de l'Assomption de Marie.. thumb|upright|Plaque commémorative de la dédicace en 1561.
On suppose que la première église est édifiée au milieu du , quand le hameau de Lieux est érigé en paroisse indépendante. Cette église gothique est incendiée par les Anglais en 1432, pendant la guerre de Cent Ans. En 1470, après l'interminable guerre, ses épidémies et ses famines, Lieux ne compte plus que quinze feux. La reconstruction de l'église ne se fait donc pas tout de suite. Selon Bernard Duhamel, on ne la rebâtit pas au même endroit, mais plus proche du château (détruit à la Révolution française, il a été aménagé dans les anciens communs au ). La nouvelle église affiche le style gothique flamboyant. On ignore sa date d'achèvement, mais puisque l'on n'y observe aucune influence de la RenaissanceSauf le dôme de la tourelle d'escalier et la grande fenêtre occidentale, qui peuvent être plus récents., le chantier est sans doute terminé au cours des années 1530 au plus tard. Chœur et nef sont homogènes en ce qui concerne l'élévation, le profil des grandes arcades et la largeur, et les bas-côtés sont tout aussi homogènes, y compris pour les fenêtres. Il n'y a donc pas lieu de définier de différentes campagnes de construction. La consécration ne se fait que le par Philippe, évêque de Philadelphie, mandataire de Eustache du Bellay, évêque de Paris. Les voûtes de la nef et de ses bas-côtés ne sont toujours pas réalisées à ce moment. Elles ne le seront finalement jamais : les archives ne gardent pas trace d'une éventuelle destruction ou d'un effondrement. Les noms des curés sont connus, sans interruption, depuis 1500..Voir aussi les plaques commémoratives sur la pile nord-ouest du clocher..
Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse de Vauréal est rattachée au nouveau diocèse de Versailles, qui correspond exactement au territoire du département. L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est inscrite monument historique par arrêté du . Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Vauréal en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. Le groupement paroissial de l'Hautil inclut aujourd'hui les anciennes paroisses indépendantes de Jouy-le-Moutier, Neuville-sur-Oise et Vauréal. Les messes dominicales sont célébrées dans l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Vauréal le dimanche à 18 h 00, sauf pendant le mois d'août, quand il n'y a que la messe solennelle de l'Assomption. La messe principale du dimanche matin se tient dans la récente église Sainte-Claire de Vauréal, qui se situe dans la ville nouvelle sur le plateau. La nouvelle église est aujourd'hui au centre de la vie paroissiale..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église se compose d'une nef aveugle de quatre travées accompagnée de ses deux bas-côtés ; d'un clocher latéral se dressant au-dessus de la première travée du bas-côté nord ; d'un chœur de trois travées au chevet plat ; et de deux collatéraux. Il n'y a pas de transept. Le mur du chevet est placé de biais, ce que l'abbé Lebeuf avait déjà souligné, et expliqué par le passage de la rue immédiatement devant le chevet. Le mur gouttereau nord est ainsi plus long que son homologue au sud, et la dernière travée du bas-côté sud et presque triangulaire, et ne dépasse guère le tiers de la superficie des travées régulières des bas-côtésLe plan schématique de Bernard Duhamel exagère largement la profondeur de la dernière travée.. Dans les trois vaisseaux, des boiseries séparent la dernière travée du reste. Elles ne sont pas plus hautes que les soubassements des fenêtres, et n'empêchent donc pas l'éclairage par les trois baies du chevet. La dernière travée du bas-côté nord accueille la sacristie, et la dernière travée du bas-côté sud anciennement le « trésor ». Une galerie relie les deux locaux. — La nef et ses bas-côtés sont simplement plafonnés. Le chœur et ses bas-côtés sont voûtés d'ogives. Cette différence s'observe depuis l'extérieur, surtout du côté sud, où les murs hauts du chœur émergent de la toiture. Le bas-côté y est recouvert par un toit en appentis. Du côté nord, un seul rampant recouvre chœur et bas-côté. De même, la nef et le chœur possèdent une toiture unique, et les murs latéraux de la nef disparaissent presque entièrement sous cette toiture. On ne voit qu'un ressaut à l'intersection entre le toit du vaisseau central et celui du collatéral. — L'église possède deux accès : le portail occidental, à double vantail, et une petite porte dans la troisième travée du bas-côté nord.
Extérieur thumb|upright|Côté nord. thumb|upright|Porte bouchée côté nord.
L'extérieur de l'église est sans intérêt, si l'on excepte le réseau de deux des baies du chevet, les portes latérales avec leur encadrement Renaissance, et le clocher. La disposition des toitures a déjà été signalée. Comme autre particularité, le mur goutterau du bas-côté nord est légèrement plus élevé au niveau de la nef qu'au niveau du chœur. On s'attendrait au contraire, car ce sont les bas-côtés du chœur qui sont voûtés d'ogives. Les murs sont généralement exécutés de moellons noyés dans un mortier. Certaines reprises ont été effectuées avec de la pierre de taille, notamment au niveau des fenêtres du bas-côté sud du chœur. Sinon, seuls les contreforts sont en pierre de taille. Ils ne reflètent pas le style architectural de leur époque. Ce sont simplement des massifs de maçonnerie légèrement inclinés, qui se terminent par un glacis formant larmier. Le socle est un peu plus épais que le reste ; ensuite, en note une faible retraite moyennant un fruit. Bernard Duhamel dit que l'exécution du chœur est plus soignée que celle de la nef, mais l'unique différence constitue le larmier qui court au niveau du seuil des fenêtres, et qui n'est présent qu'au niveau du chœur, mais aussi sur la façade occidentale. Les fenêtres des bas-côtés sont, pour la plupart, des lancettes uniques en arc brisé, dans lesquelles s'inscrit une tête trilobée. Les fenêtres latérales des deux premières travées des bas-côtés du chœur ont apparemment été repercées, et sont en plein cintre. C'est également le cas de la baie occidentale du bas-côté sud. La fenêtre du chevet du bas-côté sud possède un remplage flamboyant à deux lancettes trilobées, surmontées d'un soufflet et de deux mouchettes. La grande fenêtre du vaisseau central du chœur est à trois lancettes trilobées, qui sont surmontées de trois soufflets et de quatre mouchettes. Finalement, la façade occidentale est ajourée d'une fenêtre en plein cintre pas plus haute que large, ce qui a donné l'occasion de lui donner un remplage du type rosace, les deux écoinçons inférieurs étant ajourés. Le remplage est très simple et se réduit à cinq cercles autour d'un autre cercle, plus petit.