vignette|Le à Brunico, après son dynamitage en 1979 par des militants du groupe . vignette|Monument aux Alpins à Desenzano del Garda. vignette|Alpins italiens pendant la Première Guerre mondiale. vignette|Les zones de recrutement des brigades alpines

Les Alpins sont les troupes de l'armée italienne spécialisées pour le combat en zone montagneuse. Elles sont rattachées à l'infanterie et composées, actuellement, de deux brigades.

Formées en 1872, ces unités se trouvent être les plus anciennes des troupes de montagnes actuelles. Leur mission d'origine était de défendre les frontières montagneuses du nord de l'Italie face à la France et l'Autriche-Hongrie (les Alpes). En 1888, les Alpins effectuent leur premier déploiement outre-mer, en Afrique. Ils se signalent durant le premier conflit mondial en combattant pendant trois ans dans les Alpes, s'opposant aux troupes de montagne allemandes et autrichiennes. Durant le second conflit mondial, ils sont principalement engagés sur le Front de l'Est et dans les Balkans.

Avec la fin de la guerre froide et la réorganisation de l'armée italienne, il ne subsiste plus que deux des cinq brigades existantes. En , les Alpins étaient engagés en Afghanistan.

Histoire Origines du corps militaire alpin Les origines des Alpins sont très anciennes : au cours des siècles, les habitants des Alpes ont toujours été des combattants valides et fiers, défendant inlassablement leur terre. Les légions alpines à l'époque romaine, les Cimbres, les milices vaudoises, les milices d'autodéfense des vallées de Trente, du val du Piave et du Frioul, pour ne citer que quelques exemples, peuvent être considérés comme des précurseurs des Alpins. Le corps militaire n'a été constitué officiellement qu'en 1872, après l'époque du Risorgimento, le royaume d'Italie devait faire face au problème de la défense de ses frontières terrestres, c'est-à-dire l'arc alpin.

Le capitaine Giuseppe Perrucchetti, considéré comme le « père des Alpins », proposa de confier la défense des cols alpins à des soldats recrutés sur le territoire, qui auraient permis un contrôle majeur, en raison surtout de leur connaissance du milieu. La proposition fut accueillie positivement, et le , à Naples, par le décret royal , les premières 15 compagnies alpines furent créées, chacune composée de soldats provenant de la même vallée. Le recrutement sur le territoire fut aussi un élément de cohésion sociale, qui renforça sensiblement l'esprit des Alpins, qui allait se former.

Les dimensions du corps alpin crûrent rapidement, en 1873 le nombre des compagnies fut élargi à 24, divisées en sept unités alpines ; en 1875, furent créés, pour un total de 36 compagnies, et en 1882 enfin, les premiers six régiments furent constitués, et ils devinrent sept en 1887 et huit en 1910. En 1887 naquirent les premières 5 batteries de l'artillerie de montagne. Nés pour défendre les Alpes, les Alpins eurent leur baptême à Adoua, en Éthiopie, et la première médaille militaire fut remise au capitaine Pietro Cella pour la Campagne d'Érythrée des années 1887-1888. Ensuite les Alpins participèrent à la seconde campagne d'Érythrée (1896-1897) et à la guerre de Libye de 1911, où ils démontrèrent un courage et une capacité d'adaptation vraiment exceptionnels. Le , après une période d'essai au , les Alpins furent équipés de ski.

La Première Guerre mondiale

Au cours de la Première Guerre mondiale, les troupes alpines parviennent à leur épanouissement, avec , , et .

Le , à l'entrée en guerre de l'Italie, les Alpins s'installent aux points chauds des cols, comme au col du Stelvio, sur les Alpes juliennes, au col du Tonale et sur le mont Pasubio, et participent aux batailles les plus sanglantes, comme celle du mont Ortigara et celle de Caporetto, jusqu'à la contre-offensive du général Armando Diaz, qui amène la victoire.

Les Alpins jouent un rôle de protagonistes dans un conflit caractérisé par ses batailles sur les Alpes, et sur tous les fronts, du Massif de l'Adamello aux Dolomites, du Karst au mont Grappa, des hauts-plateaux de la Vénétie au Piave, où ils démontrent leur valeur et leur courage, avec plus de et plus de Kobarid ou Caporetto. A la gloire de mon père..

Aux années 1930, la défense des frontières est confiée au nouveau corps des Gardes de frontière (abrégé en GAF), tandis que les Alpins sont employés aux endroits où il y avait nécessité, même en dehors du territoire alpin. En ce sens, en 1934, de nouvelles divisions sont créées : la Taurinense (Piémont et Vallée d'Aoste), la Tridentina (Vénétie et Trentin-Haut-Adige), la Julia (Frioul-Vénétie-Julienne), la Cuneense (Coni), auxquelles est ajoutée la Pusteria (Val Pusteria) en 1935. C'est le moment de la naissance des Troupes alpines auxiliaires.

En 1934, à Aoste est créé le Centre alpin d'instruction, abrégé en SMALP, ayant son siège principal au château Jocteau, à Beauregard (sur la colline d'Aoste). Appelé aussi École militaire centrale d'alpinisme, au fil des années il est devenu un centre d'excellence pour la préparation aussi dans le domaine des sports d'hiver, jusqu'au point qu'il a été surnommé Université de la montagne.

De 1935 à 1936, les Alpins sont employés encore en Afrique, pour la guerre d'Éthiopie. Ils débarquent à Massaoua, où la division Pusteria participe aux opérations pour la conquête de l'Empire italien, aux batailles de l'Amba Ardam, du Amba Alagi et du Maychew. Des unités alpines participent aussi à la guerre d'Espagne, avec l'uniforme du Tiers étranger.

La Seconde Guerre mondiale

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Alpins sont employés sur le front alpin occidental, qui concernait les divisions Taurinense, Cuneense, Tridentina, Pusteria, et Alpes grées, dont faisait partie l'abbé , le bienheureux patron des Alpins. Ils sont ensuite déplacés sur le front grec-albanais, où était déjà présente la division Julia28 octobre 1940, 5 h 45 : la division italienne Julia entreprend sa marche sur la Grèce. La guerre italo-grecque : 1940-1941 de Dominique Lormier.L'ouvrage de Dominique Lormier s'achève sur le destin tragique des divisions italiennes sur le front de l'Est en 1943 à la suite du désastre allemand de Stalingrad.. vignette|Alpins en marche vers le front du Don (1942).

Les troupes italiennes en Russie, 1941-1943 :

Armée italienne en Russie ( Armata Italiana in Russia , ou ARMIR ). L'Armée était également connue sous le nom de italienne et comptait initialement La plupart ne reviendront pas, paru en 1947, bouleversa les Italiens. De ce fourvoiement honteux que l'on s'efforça d'oublier - l'alliance avec l'Allemagne -, la campagne de Russie était l'épisode le plus douloureux. Une génération entière fut engloutie dans cette guerre qui ne fut pas la sienne, absorbée à jamais par l'immensité russe et les camps.. vignette|Alpins, septembre 1942, marchant le long de la steppe ukrainienne En 1942, les divisions d'infanterie et les divisions alpines envoyées en Russie par Mussolini pour soutenir l'action des Allemands étaient regroupées en trois corps d'armée : le Trente-cinquième, le Deuxième, et le Corps d'élite que forment les divisions alpines. Pendant l'été, une avancée spectaculaire conduit les Allemands et leurs alliés du Donets au Don. Après plusieurs mois d'immobilité apparente, le , les Russes déclenchent une très puissante offensive qui fera voler en éclats l'ensemble du front sud, étendu sur plus de mille kilomètres. Le , l'ordre est donné de quitter le Don : l'ensemble du Trente-cinquième corps d'armée - la division allemande et les deux divisions italiennes « Pasubio » et « Torino » - doit se replier, car les Russes, qui ont enfoncé en plusieurs endroits le front, sont en train d'enfermer ces divisions dans une gigantesque poche.

Dépourvues de carburant, obligées de laisser sur place leur matériel, leur ravitaillement et leur armement lourd, leurs camions, les troupes italiennes, mal équipées, entreprennent une effroyable anabase vers les lignes amies. Cette marche ne prendra fin que le . Abrossimovo, sur le Don, où se trouvait la division Pasubio, le village d'Arbousov, rebaptisé « la Vallée de la Mort » théâtre de combats acharnés, la ville de Tchertkovo, où les Allemands et les Italiens, assiégés, parviennent à repousser les Russes, jalonnent cette retraite pour échapper à la mort, ces marches désespérées dans la neige, par des températures qui atteignent parfois -40°CEugenio Corti, La plupart ne reviendront pas. [...], des 30 000 Italiens environ du Trente-cinquième corps d'armée encerclé sur le Don, nous étions à peu près 8 000 à être arrivés à Tchertkovo. Le soir du 15 janvier 1943, nous étions 7 000 environ, y compris les troupes que nous avions trouvées dans la ville à notre arrivée. Nous avions été peut-être 5 000 à en partir, et un peu plus de 4 000 à sortir de la poche. De ces 4 000, au moins 3 000 étaient atteints d'engelures ou blessés. Une grande partie des mille qui restaient étaient, eux aussi, en piteux état : les nerfs brisés, malades, pouilleux. Des troupes de ligne d'un corps d'armée actif, il ne restait, après un mois d'encerclement, qu'une poignée de misérables qui avaient du mal à tenir encore debout. Des fantômes plutôt que des hommes. Pages 226..

droite|vignette|220px|Retraite des Alpins à la Bataille de Nikolayevka, 25-27 janvier 1943.

En 1942, un contingent d'Alpins composé des divisions Tridentina, Julia et Cuneense (Corps des Montagnes) de la armée est envoyé sur le Front de l'Est. Ses membres participent à la défense du Don, et sont obligés à une retraite à pieds dans le gel des steppes russes, en s'ouvrant le chemin par des batailles historiques, parmi lesquelles il faut rappeler celle de la bataille de Nikolaïevka. La bataille est un succès car malgré des pertes importantes, les troupes de l'Axe, bien que décimées et complètement désorganisées réussissent à passer le barrage des troupes soviétiques parviennent à atteindre Chebekino le , en dehors des « tenailles » russes. Les deux autres divisions alpines (3e division alpine Julia et ) et la Vicenza sont prises au piège et forcées de se rendre à Valouïki (au sud de Nikolaïevka) par les unités de la 6e armée (Union soviétique) qui sont présentes sur le lieu depuis le .

La force des alpini, c'est leur esprit de corps, qui persiste même dans ces conditions terribles. Un chant triste, lent, funèbre et poignant les représentants : Sul ponte di Perati, bandiera nera, relatant les sanglants combats de la division Julia en GrèceJulien Sapori, Marcher ou mourir, , p. 182-183. & Egisto Corradi, La ritirata di Russia, p. 90..

Après l'Armistice de Cassibile du , les Alpins sont employés dans les deux déploiements contre-posés : au sein de la République sociale italienne, est créée la division alpine Mont-Rose, à laquelle s'ajoutent d'autres unités alpines faisant partie de la division Littorio, ou autonomes. Dans l'armée royale italienne , les Alpins sont alors représentés par les bataillons Piémont et L'Aquila. Beaucoup d'Alpins entrent dans la lutte partisane.

L'après-guerre Après la Seconde Guerre mondiale, l'adhésion de l'Italie à l'OTAN amena à la reconstitution de l'armée.

Les troupes alpines furent réorganisées en cinq brigades : La brigade Taurinense, ayant siège au Piémont. La garnison se trouve à Turin et les unités sont disposées au Val Chisone, au Val de Suse et dans la province de Coni ; la zone de recrutement comprend le Piémont, la Vallée d'Aoste, la province de Plaisance et la région des Apennins ligures et toscans ; La brigade Orobica, ayant siège dans la région occidentale de la province autonome de Bolzano. La garnison se trouve à Merano, et les unités sont disposées au Val Venosta et dans la vallée de l'Isarco ; la zone de recrutement comprend la Lombardie ;