L'étang de Diane est une lagune de Haute-Corse située au nord d'AlériaUniversité Paul-Valery Montpellier-III Master Gestion des Littoraux et des Mers - Fiche descriptive de l'étang de Diane. Il s'agit d'un des derniers refuges au monde pour la grande nacre, une espèce emblématique de la Méditerranée, aujourd'hui en danger critique d'extinction.
Géographie L'étang de Diana est le troisième de Corse par sa superficie (), après l'étang de Biguglia () et l'étang d'Urbino (). Sa profondeur moyenne est de 4 mètres pour une maximale de 11 mètres. Il est le plus profond des 3.
Situation vignette|gauche|Le Grau de l'étang de Diane. L'étang est « à cheval » sur les communes de Tallone au nord et d'Aléria au sud. Il est séparé de la mer Tyrrhénienne, au nord du grau, par un lido sableux qui fait partie de la plage de Tallone, et au sud, par une bande de terre appelée « Mare Stagno » de près de dans sa partie la plus large, sur 3 kilomètres de long. Côté étang, "Mare Stagno" a une avancée de terre appelée "Cap Gros". L'étang de Diana est situé entre l'étang de Terrenzana (127 ha acquis par le Conservatoire du littoral) au nord et l'estuaire du Tavignano au sud.
Son origine est classée tectonique, résultant d'un mouvement extensif ayant provoqué un bassin d'effondrement du sol au sein des terrains sédimentaires miocènes.
Trois petits cours d'eau l'alimentent : le ruisseau d'Arena. Long de , il est le plus important des trois. Il se jette dans l'étang à hauteur de l'île de Diana (Tallone). À l'approche de l'étang il conflue avec la basse de Pompugliani en traversant la zone humide du marais de Pompugliani ; le ruisseau de Pietroni. Long de , il marque la séparation entre les deux communes d'Aléria et de Tallone. le ruisseau de Ronsignese est le plus méridional de l'étang. Il est long de .
Sur la partie vers Tallone, se situe une zone habitée, le hameau de Terravecchia.
Environnement thumb|left|Une structure professionnelle de l'étang Quoique son milieu soit écologiquement moyen, l'étang présente un grand intérêt écologique du fait de sa flore et sa faune remarquables. Son grau semi-naturel protégé au Nord de l'ensablement par un rideau de palplanches, est entretenu et désensablé tous les ans, permettant ainsi un renouvellement de ses eaux ainsi que des échanges juvéniles et adultes de poissons divers avec la mer, ainsi que la création de frayères et de nourriceries. Il recèle des gisements naturels de coquillages : (huître plate), des herbiers à Cymodoceas dominantes et zostères.
Sur les bords, le maquis méditerranéen est luxuriant. Le grau comporte une zone halophile où poussent des salicornes, et au débouché du ruisseau d'Arena, une vaste roselière, avec des petites zones humides à phragmites, joncs et scirpes autres plantes des marais. De nombreux invertébrés y sont présents, dont la grande nacre, qui y est protégée. Ses eaux sont riches de 34 espèces de poissons, dont l'anguille, qui est depuis longtemps pêchée et exportée en Italie. La zone humide de l'étang abrite de nombreuses espèces d'oiseaux rares et menacés en Corse : en reproduction ou de passage tels les grands cormorans, mouettes, goélands, canards colverts, foulques.
L'étang est une propriété privée, appartenant à un groupement foncier agricole (GFA de l’Étang de Diana), exploitée par des aquaculteurs. Site classé, il bénéficie d'un périmètre de protection ZNIEFF terrestre et marin de type 1. Il jouxte la zone Natura 2000 du Grand Herbier de la côte orientale.
Histoire thumb|left|Autre structure professionnelle de l'étang vignette|Tour de Diane ruinée Aucune découverte archéologique n'a pu préciser le rôle de l'étang de Diana dans l'Antiquité, sur un territoire qui a vu passer : les Grecs, les Étrusques, les Puniques et les Romains, ce qui n'empêche pas certains de supputer qu'Histoire de Corse - Colonna de Cesari-Rocca et Louis Villat - Anc. Lib. Furne Boivin & Cie Éd., 1916.
À l’époque romaine l'étang de Diane portait le nom de « port de DianeADECEC Eléments pour un dictionnaire des noms propres. » il a pu servir à la flotte de Misène dont la base navale romaine était située près de Naples, mais on attend ici encore que des recherches sur l'archéologie apporte des éléments concrets pour le préciser.
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Les Romains appréciaient déjà les huîtres de l'étang, comme le prouvent des coquilles retrouvées en contexte stratigraphique sur l’îlot des pécheurs appelé Ile de Diana. Aleria envoyait des huîtres marinées en amphores aux sénateurs de Rome, laissant sur place les milliers de coquilles.
Au sud du grau se situe la tour génoise de Diane ruinée. Elle était censé protéger le passage du grau contre les pirates barbaresques aux . À l'ouest de la tour, un îlot haut de 24 mètres, sur lequel avait été bâtie la chapelle "Santa Maria" dont il ne reste que des vestiges.
Au XVIIe siècle, l’évêque d’Aléria, Decio Giustiniani, cède, à titre d’emphythéose, l’étang de Diana au très-excellent J.B. Lasagna, seigneur génois comme l'atteste une plaque en marbre au dessus de la porte de la maison sur l’Ile de Diana. L’étang, qui fait partie du domaine de Vadina, est cédé à la famille Veneroso, nobles génois. Au moment de l’annexion de la Corse par le Royaume de France, le domaine royal s’approprie en 1772 l’étang de Diana et doit le restituer en 1778 au marquis de Veneroso. Après la révolution de 1789, le marquis citoyen Veneroso vend l’étang de Diana et son île au citoyen Christophe Saliceti, ancien conventionnel, qui acquiert d’autres biens et étangs en Corse. En 1870, Madame Brigitte Piccioni, épouse du député Sampiero Gavini, acquiert ces propriétés auprès des quatre petites-filles héritières de Saliceti. Depuis cette date, l’étang est resté propriété indivise entre les héritiers de Madame Piccioni. En 1982, l’indivision devient le Groupement Foncier Agricole de l’Étang de Diana.
De nos jours, l'étang est exploité par quatre structures professionnelles pour la pêche, la conchyliculture et l'aquaculture. La pêche traditionnelle toujours pratiquée, concerne l'anguille, le loup et le mulet. L'élevage des coquillages concerne les huîtres, palourdes et moules. Les parcs à huîtres sont situés « à cheval » sur les communes de Tallone et d'Aléria. L’élevage de poissons : loups et dorades royales, débuté en 1975 a été abandonné en 2003.
Voir aussi
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Notes et références Références
Catégorie:Lagune en Corse Catégorie:Lac en Haute-Corse