Le cycle des Princes d'Ambre (titre original : ) est une saga de fantasy écrite à partir de 1970 par l'écrivain américain Roger Zelazny et composée de deux séries de cinq romans. Après la mort de l'auteur, la saga est poursuivie par quatre romans, à la demande de ses héritiersLa parution posthume de romans liés au cycle d'Ambre est toutefois contestée par des écrivains, comme George R. R. Martin, qui leur reprochent des incohérences dans l'histoire d'Ambre telle qu'elle avait été écrite par Roger Zelazny (par exemple l'existence d'ombres précédant la création d'Ambre ou l'introduction d'une nouvelle race, les « fey ») ou le manque d'originalité de la trame, ainsi que le fait que de son vivant, l'auteur ait toujours refusé de voir Ambre repris par un autre écrivain. Le style de John Gregory Betancourt, écrivain de romans sur commande et de son propre aveu souvent écrits trop rapidement, a également été comparé défavorablement à celui de Roger Zelazny.

Ouvrages Série écrite par Roger Zelazny La première série, connue sous le nom de cycle de Corwin, relate les aventures du prince Corwin d'Ambre, qui est aussi le narrateur de l'histoire. Elle est constituée des cinq livres suivants :

La deuxième série, connue sous le nom de cycle de Merlin, relate les aventures de Merlin, magicien émérite et informaticien, seigneur du Chaos appartenant également à la maison d'Ambre par son père le prince Corwin d'Ambre. Elle est composée des cinq livres suivants :

Roger Zelazny a écrit plusieurs nouvelles autour du cycle de Merlin : Le prologue à l'édition limitée des Atouts de la vengeance comporte une nouvelle intitulée « », qui relate la traversée du Logrus par Merlin. Après avoir achevé l'écriture du cycle, Zelazny écrivit six autres nouvelles, rassemblées dans le recueil (2003) : décrit une interaction entre Corwin et Fiona, et a été laissée inachevée à la mort de Zelazny. narre la fuite de Luke après avoir renversé son sang sur la marelle originale. présente la fuite de Corwin des cours du Chaos et sa convocation au corridor des miroirs voit Rhanda apparaître à Merlin et l'aider à se confronter à une bête du chaos envoyée par un sorcier qui convoite le trône des cours du chaos. est écrit du point de vue de Frakir, qui quitte le lit auquel elle a été attachée et rejoint Flora et Luke. est la suite de . Corwin pénètre avec Luke dans le corridor des miroirs et est contraint de se battre en duel avec lui.

Enfin, une nouvelle parue dans la revue britannique New Worlds (, ), et titrée « Love is an Imaginary Number » (« L’amour est un nombre imaginaire », trad. J. Bailhache, in Le livre d’or de la science-fiction : Roger Zelazny, Presses-Pocket, 1983, ), montre un personnage contemporain — mais qui est peut-être le Titan Prométhée —, fuyant ses ennemis, d’univers en univers, de la même manière que les princes d’Ambre circulent d’Ombre en Ombre. Selon Marcel Thaon, l'anthologistePage 363 de l'ouvrage Le livre d’or de la science-fiction : Roger Zelazny déjà cité., ce récit « […] est la graine dont poussera toute la série des princes d'Ambre. C’est ici que l’on trouve pour la première fois [sous la plume de Zelazny] une version du thème des mondes ombres à travers lesquels les princes voyagent […]. Le monde idéal platonicien d’où procèdent toutes les Ombres n’est pas défini mais le passage de version en version du monde est très richement décrit, plus peut-être que dans les romans. »

Prélude aux Neuf Princes d'Ambre Il s'agit d'une trilogie commandée par les ayants droit de l'écrivain défunt à John Gregory Betancourt. En 2002 est sorti le premier tome de ce prélude des Chroniques d'Ambre, dont l'action se déroule des siècles avant Les Neuf Princes d'Ambre et raconte la création d'Ambre. Son auteur s'est inspiré de notes écrites par Zelazny pour retracer l'ascension d'Obéron.

Les trois tomes qui composent la première trilogie Prélude aux Neuf Princes d'Ambre sont :

Une deuxième trilogie n'a connu qu'un seul tome, Shadows of Amber (non encore traduit) publié en 2005. Le second tome, Sword of Chaos, a été annulé à la suite du décès de l'éditeur Byron Preiss.

Univers Ambre Le monde dans lequel se déroulent les romans est centré sur la cité d'Ambre. Ambre a été créé par un seigneur renégat des « Cours du Chaos », Dworkin Barimen.

Les descendants (légitimes ou non) d'Obéron, fils de Dworkin et monarque qui règne sur cette cité, ont le pouvoir de voyager à travers les « Ombres » c’est-à-dire de se projeter, au cours de leurs déplacements, dans une trame d'univers qui correspond, d'une certaine façon, à un monde qu'ils se représentent mentalement de sorte qu'il leur est possible d'accéder à tout lieu qu'ils imaginent. En agissant ainsi ils peuvent accéder aux mondes qu'ils sont en mesure de se représenter et qui, de ce fait, appartiennent à différents univers. Des univers où les lois physiques ne sont d'ailleurs pas forcément identiques à celle qui régissent l'univers d'Ambre et qui peuvent soit contrecarrer soit faciliter leurs entreprises. L'accès aux Ombres n'est pas immédiat, il peut prendre des heures voire plus: il faut modifier peu à peu les caractéristiques de l'endroit (Ombre, Ambre ou Cours du Chaos) où l'on est.

Ils peuvent aussi emmener d'autres personnes (même des milliers) avec eux dans une autre Ombre.

Toutefois, tous ces mondes, parmi lesquels se trouve la Terre, ne sont que des reflets, des ombres du seul lieu stable, Ambre, qui est de ce fait l'objet de bien des convoitises. Cette idée d'Ambre comme unique réalité projetant des Ombres, reprend une réflexion platonicienne selon laquelle le monde des idées, la seule réalité, projette le monde sensible, qui n'en est qu'une ombre (comme le met en scène l'Allégorie de la caverne).

Afin d'entrer en possession de leurs pouvoirs, les princes d'Ambre doivent effectuer un rite initiatique qui consiste à traverser la Marelle d'Ambre (The Pattern en version originale). Ce rite est une épreuve fatigante et dangereuse. Ils peuvent être amené à la retraverser: en effet une fois arrivé au bout de la Marelle, le prince peut se téléporter à n'importe quel endroit.

Ambre a pour emblème une Licorne et représente l'ordre, et la stabilité de l'univers.

Les Cours du Chaos Les Cours du Chaos constituent l'autre extrémité de l'univers. Elles sont opposées à Ambre.

Dans les Cours du Chaos, le voyage à travers Ombre se fait pratiquement involontairement. Alors que la cité d'Ambre est unique et stable, les Cours du Chaos sont en perpétuel bouleversement et sont constituées de nombreuses ombres juxtaposées. Les seigneurs du Chaos (et par héritage, Dworkin et Obéron) sont des êtres métamorphes.

Le Logrus est l'équivalent de la Marelle, sorte de labyrinthe mouvant dont le tracé se modifie sans cesse. Les seigneurs du Chaos ayant franchi le Logrus lors de l'initiation peuvent, en plus du pouvoir de se déplacer à travers Ombre, faire voyager les objets d'ombre jusqu'à eux. Ils peuvent aussi détruire une partie d'une Ombre.

Le Chaos a pour emblème un Serpent.

Autres lieux/ univers remarquables Erbma est une copie sous-marine d'Ambre. Plus exactement, elle en est le reflet (ainsi le nom Erbma est le reflet du nom Ambre, même si dans certaines traductions elle est appelée Rebma, qui est l'image d'Amber, nom anglais d'Ambre), Erbma possède un reflet de la Marelle qui possède exactement les mêmes propriétés que la marelle originelle. Elle est dirigée par la reine Moire. Elle est accessible par l'escalier sous-marin nommé « Faiella-Bonin ». Tir Na Nog'th est une sorte d'Ambre rêvée qui n'est accessible que la nuit uniquement lorsque la Lune brille dans le ciel d'Ambre. Elle aussi possède, comme Erbma, un reflet de la Marelle d'Ambre. La Marelle originelle est la représentation physique de la Marelle d'Ambre, la véritable Marelle, elle se trouve dans un lieu caché et connu que par peu d'Ambriens. C'est là que la Licorne a le plus souvent été vue. C'est aussi le lieu où semble vivre Dworkin. La Marelle de Corwin : dans le tome 5, Les Cours du Chaos, Corwin craint que la Marelle originelle soit détruite et en crée une autre. Ombre-Terre correspond à notre planète Terre, qui n'est qu'une Ombre parmi d'autres. C'est un lieu apprécié des Ambriens et c'est également l'endroit où est maintenu Corwin, alors amnésique, au tout début de la série, pour l'empêcher de participer à la course à la succession du royaume d'Ambre. Le Donjon des Quatre Mondes est une forteresse, située aux frontières de quatre ombres, et qui fut le théâtre de nombreux combats car il abrite une fontaine conférant à celui qui s'y baigne, au cours d'un rituel magique complexe, de très grands pouvoirs magiques (au détriment de la santé mentale de qui s'y est mal préparé).

Exploitation de l'hypothèse des univers multiples du physicien Hugh Everett Dans son Cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny exploite l’hypothèse d'existence d'univers multiples (aussi désignés par le vocable multivers) envisagée par le physicien Hugh Everett. Hugh Everett a été le premier à utiliser scientifiquement cette hypothèse pour les besoins de sa thèse de doctorat (passée en 1956 puis publiée en 1957) sous la direction de l'un des derniers collaborateurs d'Einstein, John Wheeler, qui adhéra d'ailleurs lui aussi, bien que plus tard, à cette idée. Le physicien Richard Feynman, pragmatique, ne s'est pas posé la question de l'existence ou non des univers multiples ; il les a utilisés comme si le concept allait de soi dans ce que l'on nomme l'intégrale de Feynman ou intégrale de chemin permettant d'effectuer l'intégration de tous les possibles et où tout ce qui ne s'annule pas se dégage en tant que « réalité ». Richard Feynman a été apparemment le premier à mentionner, en approfondissant ce point de vue, la possibilité de réaliser un ordinateur quantique, possibilité dont Merlin s’est inspiré pour bâtir sa « Roue spectrale ».

Roger Zelazny évoque d'ailleurs, par l'entremise de Corwin, deux pistes de réflexion à propos de l'existence d’une multitude d'univers Dans L'Univers de Stuart Clark, Édition Télémaques - Science & Vie - Big Question : Chapitre « Existe-t-il des univers parallèles », page 178, ces deux pistes seraient erronées si l'on tient compte de l'interprétation de la théorie quantique issues des mondes multiples d'Everett. En effet, l'univers ne se scinde que lorsqu'une décision quantique est confirmée. Le fait de décider ou non de réaliser telle ou telle action n'engendrera pas la naissance d'un univers alternatif. : Ces univers coexistent-ils depuis l'origine, et donc indépendamment de l'activité des personnages qui ont la faculté de s'y projeter ? Ou bien, Ces univers sont-ils d'abord façonnés de par la volonté et les souhaits des personnages afin qu'ils puissent s'y projeter ?

Il n'existe à ce jour aucune preuve tangible de l'existence ou de la non-existence du multivers (ou encore, si l'on considère notre univers comme un des constituants du multivers, de l'existence ou de la non-existence d'univers autres que celui dans lequel nous existons) ni, par conséquent, de réponses scientifiques à la question de Roger Zelazny.

Dans le cycle de Merlin, Roger Zelazny opte pour la première réponse qu'il exprime à travers la mission que Merlin confie à la Roue spectrale que de classifier et de répertorier les Ombres.

Dans ce multivers, Roger Zelazny traite de quelques concepts philosophiques intéressants sur la nature de l'existence, compare et oppose les idées d'Ordre et de Chaos, et joue avec les lois de la physique. Elles diffèrent d'ailleurs d'Ombre en Ombre. Par exemple la poudre ordinaire ne s'enflamme pas en Ambre, c'est pourquoi les personnages utilisent des épées. D'autres ombres ont le ciel vert et les soleils bleus, les villes du verre, et les mondes de notre propre fiction peuvent venir à la vie.

Écoulement du temps