vignette|alt=Le , le premier ambassadeur du Royaume-Uni en Italie depuis la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays (qui avaient été interrompues pendant la Seconde Guerre mondiale), Sir Noel Charles, pose avec son épouse Lady Charles dans le hall d'entrée de l'ambassade du Royaume-Uni à Rome.|droite|Le , le premier ambassadeur du Royaume-Uni en Italie depuis la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays (qui avaient été interrompues pendant la Seconde Guerre mondiale), , pose avec son épouse Lady Charles dans le hall d'entrée de l'ambassade du Royaume-Uni à Rome.

Un ambassadeur ou une ambassadrice est un diplomate représentant un État auprès d'un autre ou parfois auprès d'une organisation internationale (avec le titre de représentant permanent). Il est à la tête d'une ambassade (ou d'une représentation permanente). Il est le rang le plus haut au sein de la hiérarchie diplomatique et jouit de l'immunité diplomatique.

On emploie le terme aussi au sens figuré, pour qualifier toute personne chargée d'un message ou d'une mission quelconque.

Missions de l'ambassadeur L'ambassadeur, en tant que chef de poste d'une mission diplomatique, est le subordonné d'un gouvernement. Il tient son pouvoir de lui et ne l'exerce qu'en son nom et sur sa demande expresse, sauf pour des affaires courantes qui ne nécessitent pas un message ministériel, s'appuyant ainsi notamment, en ce qui concerne les ambassadeurs de France, sur le décret du ..

Ses missions sont multiples : il se doit de protéger les ressortissants de son pays, de négocier avec le gouvernement local et de défendre les intérêts de son pays.

Il se tient au courant de l'évolution et de la situation du pays dans lequel il a été nommé pour en informer son propre gouvernement. Il est en outre responsable de l'unité et de la cohérence de la représentation de son pays, généralement sous l'autorité du ministre des Affaires étrangères dont il dépend. En revanche, il représente le gouvernement complet et chacun des ministres, jouant ainsi un rôle d'intermédiaire entre les services de sa mission et les départements dont ils relèvent.

L'ambassadeur est aussi chargé de promouvoir des relations amicales et de développer les relations économiques, culturelles, scientifiques et militaires entre les deux pays.

En cas de relations diplomatiques dégradées, souvent l'ambassadeur est rappelé par son pays en signe de protestation. La rupture diplomatique supprime l'ambassade.

En tant que haut fonctionnaire, il est chargé de faire « fonctionner » l'administration, à savoir coordonner et animer l'action des services civils qui composent la mission diplomatique dont il est le chef.

Un ambassadeur a droit au prédicat d'Excellence (Son Excellence étant abrégé en S.E.). En revanche, les ambassadeurs français n'ont en principe pas droit au prédicat d’Excellence dans leur pays d'origine, ni de la part des citoyens français, où qu'ils se trouvent, qui leur donnent simplement du Monsieur l'Ambassadeur. Les ambassadeurs américains, quant à eux, sont appelés Honorable par leurs concitoyens et Excellence par les étrangers.

Deux types d'ambassadeurs

La dignité : l'ambassadeur de carrière (diplomate de carrière) le devient à la fin de sa carrière, juste après le poste de Premier conseiller. Cet ambassadeur est généralement indépendant du changement de chef d'État ou de gouvernement. La fonction : l'ambassadeur est nommé par le pouvoir de son pays afin de le représenter auprès du gouvernement de sa résidence. Il n'en possède le titre que pendant la durée de sa mission.

Statut des ambassadeurs par pays États-Unis Aux États-Unis, exception occidentale, chaque ambassadeur est proposé par le président au Sénat, qui doit ratifier cette proposition à la majorité des deux-tiers ; la plupart du temps, il ne s'agit que d'une formalité, mais pour certaines nominations, dans des postes sensibles, cela génère parfois des débats serrés.

Il arrive que les ambassadeurs ne soient pas des diplomates de carrière mais des personnalités que le président souhaite remercier par un poste en raison de leurs dons financiers à sa campagne présidentielle. On parle alors d'ambassadeurs « politiques ».. Ainsi, Joseph Kennedy, financier de la campagne de Franklin Roosevelt, fut nommé ambassadeur à Londres en 1938-1940 ; la fille du président Kennedy, Caroline Kennedy, est ambassadrice au Japon de 2013 à 2017, puis en Australie entre et ; en France, Felix Rohatyn, ancien élève du lycée Janson-de-Sailly en 1934-1938 et ancien président de la Banque Lazard, parfaitement francophone, est nommé ambassadeur à Paris entre 1997 et 2000. La plus emblématique de tous les ambassadeurs des États-Unis à Paris fut Pamela Harriman, ex-belle-fille de Winston Churchill et femme d'Averell Harriman, ancien ambassadeur des États-Unis à Moscou et gouverneur de New York.

France

En France, la nomination des ambassadeurs et, plus généralement, des agents diplomatiques et consulaires, est régie par un décret de 1969., qui définit aussi le rang du personnel diplomatique, l'avancement, les détachements et les affectations. En particulier, l'emploi de chef de mission diplomatique est réservé en priorité aux ambassadeurs de France et aux ministres plénipotentiaires, voire exceptionnellement à des conseillers de première classe ; toutefois, depuis 2023, ces corps ont été mis en extinction et remplacés par celui d'administrateur de l'État. Les ambassadeurs sont nommés par le président de la République, en Conseil des ministres, sur proposition du ministère des Affaires étrangères. Cette nomination peut donc revêtir un caractère politique, selon le pays concerné : ainsi, Bernard Vernier-Palliez, ancien PDG de la Régie Renault, entreprise industrielle nationalisée en 1945, fut nommé ambassadeur à Washington en 1981-1984, pour expliquer aux Américains l'avantage des nationalisations. Généralement, ils sont choisis et affectés en fonction de leur expérience et de leur grade dans la hiérarchie diplomatique.

Une fois désigné, l'ambassadeur doit recevoir l'agrément du pays où il se rend. À son arrivée, il transmet au chef de l'État accompagné du ministre des Affaires étrangères du pays d'accueil, les lettres de créance lui conférant alors l'immunité et les privilèges liés à son rang, en vertu des conventions internationales régies par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

La fonction des ambassadeurs français impose généralement de déménager très régulièrement, tous les 3 ou 4 ans en général.

Il existait une tradition de « dynasties » familiales dans la diplomatie française : Margerie, Saint-Aulaire, Laboulaye, Cambon, François-Poncet qui ont joué un rôle important aux .

Un ambassadeur français peut être élevé à la dignité d'« ambassadeur de France », conférée , titre qu'il conserve alors à vieAmbassades et consulats, sur le site France Diplomatie..

En activité, un ambassadeur est appelé « Monsieur l'ambassadeur » ou « Madame l'ambassadeur », « Madame l'ambassadrice » étant plutôt réservé à la femme de l'ambassadeur.

L'ambassadeur de France est désigné par le prédicat dans les comptes-rendus, raccourci par l'acronyme notamment sur les gilets pare-balles dans les pays en guerre.

Suisse Le titre d'ambassadeur est conféré par le Conseil fédéral.

Le titre d'ambassadeur n'est pas lié au fait d'être à la tête d'une ambassade (on parle dans ce dernier cas de ). Par exemple, Nicolas Bideau, directeur de Présence Suisse depuis début ., une unité subordonnée au secrétariat général du Département fédéral des affaires étrangères, reçoit le titre d'ambassadeur en .. Ou encore Pascale Baeriswyl, qui n'a jamais été cheffe de mission jusqu'en , alors que le Conseil fédéral lui octroie le titre en ..

Cas particuliers Pays du Commonwealth

Les pays membres du Commonwealth n'échangent pas entre eux des ambassadeurs mais des hauts-commissaires ; les ambassades sont alors désignées sous le nom de haut-commissariat. L'ambassadeur est le représentant du chef de l'État auprès du chef d'un autre État. À l'origine, les membres du Commonwealth avaient en partage le souverain britannique comme chef de l'État et ne pouvaient donc s'échanger un ambassadeur. Ce n'est plus le cas aujourd'hui puisque la majorité des pays membres de cette organisation sont des républiques ayant leur propre chef de l'État, mais la tradition est demeurée. Par exemple, le Royaume-Uni a un haut-commissariat au Nigeria (et non une ambassade), la république de Singapour a un haut-commissariat en Australie, et ainsi de suite. Les représentants des pays du Commonwealth dans les pays non-membres sont toutefois des ambassadeurs ; ainsi, le Royaume-Uni a bien une ambassade en France.

Saint-Siège

Le Saint-Siège n'envoie pas d'ambassadeurs à l'étranger mais des nonces apostoliques. Ceux-ci possèdent cependant le même rang que les ambassadeurs dans la hiérarchie diplomatique. Actuellement tous les nonces sont des archevêques.

Dans l'ordre de préséance en Belgique, le nonce apostolique occupe la deuxième place après les cardinaux. Ces derniers sont toutefois placés après le monarque régnant et les membres de la famille royale La Libre Belgique, « Ordre protocolaire, modifications, février 2010 ».

En Suisse, le nonce apostolique détient le premier rang dans l'ordre de préséance du corps diplomatique à Berne, ..

Dans l'histoire Dans l'Antiquité et le Moyen Âge

Depuis la plus haute Antiquité, les États avaient l'habitude d'envoyer des ambassades ad hoc dans les autres pays pour des missions spécifiques : ainsi, Caton l'Ancien fut envoyé par Rome en ambassade à Carthage, d'où il revient pour mettre en garde le Sénat devant la renaissance de la puissance punique.

Seules les cités italiennes, au Moyen Âge, entretenaient des ambassades permanentes; à cause de l'intensité de leurs relations et du besoin de résoudre des conflits permanents, armés ou non, qui les opposaient. Pour faciliter leur mission, les ambassadeurs de ces cités bénéficiaient d'une immunité vis-à-vis des États où ils étaient en poste et ne les quittaient qu'en cas de guerre entre les deux cités.

On assiste toutefois pour certains pays, comme en Angleterre, à une spécialisation de certains ambassadeurs envoyés en mission.

Après les guerres d'Italie (1494-1559), les États européens prirent l'habitude d'envoyer des ambassades permanentes dans les autres États européens. Les représentent un moment essentiel dans l’affirmation d’une diplomatie fondée sur les ambassadeurs, avec notamment l’apparition d’ambassadeurs quelque peu permanents. Cette transformation est la conséquence de la disparition progressive à cette époque des rencontres de princes, longtemps restées l’étape fondamentale de la relation diplomatique, indispensables pour que des engagements soient pris de façon ferme grâce au lien d’amour qu’elles seules permettaient de conclure.

Toutefois, seuls les papes sont parvenus au cours du Moyen Âge à définir précisément ce qu'est un ambassadeur, en rédigeant dès le début du un corpus normatif quasi définitif réglant l’activité des légats et établissant une hiérarchie fonctionnelle entre les différents types de légats pontificaux.

En France sous l'Ancien Régime Sous l'Ancien Régime, on distingue deux types d'ambassadeurs : les ambassadeurs ordinaires, qui résident de façon permanente auprès du prince. les ambassadeurs extraordinaires, envoyés dans une cour pour une mission particulière ou lors d'un événement important.

Femmes

Histoire vignette|350px|La Soviétique Alexandra Kollontaï à sa table de travail avec Marcel Body, dans la légation de l'URSS à Oslo (1923).