Suriauville est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.
Ses habitants sont appelés les Suriauvillois.
Géographie Localisation Suriauville est un village lorrain situé à de la ville d'eau de Contrexéville.
Géologie et relief Le village est situé à flanc de colline, exposé au sud sud-est. Il est arrosé par le ruisseau de la Renavière, qui se jette dans le Vair à Contrexéville.
Sismicité Commune située dans une zone 1 de sismicité très faibleInformations sur les risques naturels et technologiques.
Communes limitrophes
vignette|Situation de Suriauville.
Lieux-dits et écarts Ferme des Évêques : Autrefois ferme d’Agéville, propriété des sœurs de Sainte Glossinde, elle fut vendue comme bien national à la Révolution. Au début du , elle devint un restaurant, agrémenté d’un golf, appelé golf-club de Contrexéville. Devenue ferme d’élevage après la Seconde Guerre mondiale, c’est aujourd’hui une résidence privée. Ferme d’Haudonville : cense dépendant de l' Abbaye de Flabémont, détruite, appelée aujourd'hui La ferme brûlée, sur la route de Dombrot-le-Sec. Apparaît en 1186 sous le nom de Grangie Hadonisville. Charles-Cuny Larcher et son épouse Pierrotte Morlot en étaient censiers en 1751.
Hydrographie
Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau de Froide Fontaine, le ruisseau de Suriauville, le ruisseau du Haut des Fourches et le ruisseau du Moulin..
vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|<center>Réseaux hydrographique et routier de Suriauville.
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Nappe des Grès du Trias Inférieur ». Ce document de planification, dont le territoire comprend le périmètre de la zone de répartition des eauxUne zone de répartition des eaux est une zone comprenant les bassins, sous-bassins, fractions de sous-bassins hydrographiques et systèmes aquifères définis dans le décret du 29 avril 1994, où sont constatées une insuffisance, autre qu'exceptionnelle des ressources par rapport aux besoins. de la nappe des Grès du trias inférieur (GTI), d'une superficie de , est en cours d'élaboration. L’objectif poursuivi est de stabiliser les niveaux piézométriques de la nappe des GTI et atteindre l'équilibre entre les prélèvements et la capacité de recharge de la nappe. Il doit être cohérent avec les objectifs de qualité définis dans les SDAGE Rhin-Meuse et Rhône-Méditerranée. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le conseil départemental des Vosges..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Lignéville », sur la commune de Lignéville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en .
Urbanisme Typologie Au , Suriauville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vittel - Contrexéville, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (59,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (62,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (44 %), forêts (37,3 %), terres arables (15,5 %), zones urbanisées (3,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communications et transports Voies routières Suriauville est accessible par l'autoroute A31, à , sortie Bulgnéville.
Transports en commun Fluo Grand Est.
thumb|droite|160px|Merrey. La Gare en 1938.|alt= Lignes SNCF La ligne de chemin de fer Nancy-Merrey-Dijon le traverse. Gare de Contrexéville Gare de Vittel Gare de Neufchâteau
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes ? Villa Saruaiz () ; Seurauville (1255) ; Serewavilla (1263) ; Johannes de Serevaville (1273) ; Johannes de Serewaville (1278) ; Villa de Serowaville (1278) ; Sueraville () ; Seruaulville (1329) ; Seruauville (1330) ; Serualville (1401) ; Seriauville (1441) ; Suriauville (1481) ; Suryauville (1579) ; Suriaville () ; Sumainville (1656) ; Surriauville, Suriavilla (1768)..
Le suffixe -ville provient du mot latin, villa désignant un « domaine rural » ou une « agglomération », selon les périodes historiques. Il existe des variants comme velle ou villare.
Histoire Création de la ville Le village a été créé en 1255 par Huars de Beauffremont, seigneur de Bulgnéville, sur le flanc d’une colline orientée sud-est. Il se trouvait à proximité d’un autre village, plus ancien, nommé Agéville (ou Hagéville). On en trouve mention, sous le nom d’Hadianavilla et Hagianavilla, en 875, dans la charte de Louis II de Germanie. Il dépendait de l’abbaye Sainte Glossinde de Metz. Il était situé au croisement de la voie nord-sud Corre-Soulosse et du chemin est-ouest Suriauville-Lignéville. Il comportait une église paroissiale dédiée à saint Blaise qu’utilisèrent les habitants de Suriauville.
Moyen Âge Suriauville dépend ultérieurement du bailli royal de Bourmont mais les bénéficiaires des dîmes étaient l’abbesse des Dames de Sainte Glossinde de Metz pour un tiers, madame la comtesse de Curel pour un quart, le marquis de Salles pour 1/8, le chapelain de la chapelle de la Petite-Frêne pour 1/8 et le curé pour 1/6, celui-ci ayant toute la petite dîme.
La place forte la plus proche de Suriauville était Bulgnéville qui possédait une forteresse et s’était développée grâce à ses foires. Bulgnéville est connue pour être le lieu de la bataille de Bulgnéville qui, le , opposa les troupes franco-lorraines aux Anglo-Bourguignons pour la succession du trône du duché de Lorraine ; bataille perdue par les Lorrains.
La seigneurie de Suriauville appartint ensuite aux seigneurs de Bulgnéville et de Roncourt. Dans une requête du , les habitants de Suriauville demandent à être exempts de la contribution de bois destiné à chauffer les soldats de La Mothe. En effet, la puissante forteresse lorraine défendant le duché, la contribution des villageois était requise pour son entretien. À ce titre, Suriauville bien pourvue en forêt devait pourvoir au chauffage de la troupe.
La Lorraine encore indépendante au début du , sous l’autorité du duc Charles IV de Lorraine suscitait beaucoup de convoitises dont, en premier lieu, celles la France avec Richelieu. Les sièges héroïques de 1634 et 1642 mirent à mal la forteresse de La Mothe ; celle-ci succomba en mettant de fait fin à l'indépendance ducale. Contrairement au traité signé, Mazarin ordonna la destruction complète de la ville (qui avait compté jusqu’à ) conduisant ses habitants à devoir se disperser dans les villages environnants. La mort de Stanislas, duc viager de Lorraine, en 1766 rattache définitivement la Lorraine à la France.
La guerre de Trente Ans (1628-1658) provoqua maints ravages en Lorraine. À cet égard, le village voisin d'Agéville fut rayé de la carte (« ruiné », dit le Pouillé de Toul en 1749) vers 1634 par les Suédois. La chapelle Saint-Blaise d’Agéville étant rasée ; les habitants de Suriauville se retrouvèrent sans lieu de culte aussi la construction d’une église à Suriauville fut entreprise. Le Pouillé de Toul de 1711 indique : « on a bâti une église à Suriauville pour la commodité des paroissiens qui étaient obligés d’aller à Hagéville ». Il est possible qu’il y ait eu auparavant à Suriauville une chapelle dédiée à Notre-Dame. Il n'en cependant pas été trouvé confirmation, les registres paroissiaux de Suriauville débutant en 1686.
La Révolution Les cahiers de doléances sont des registres où été notés vœux ou plaintes des citoyens à destination des représentants du peuple. Les cahiers de doléances de Suriauville, rédigés en 1789, sont particulièrement éloquents et représentatifs quant aux préoccupations des Français de la campagne en cette fin du . Ils sont consultables en mairie.
Après la Révolution, les guerres du Consulat et de l’Empire déciment une partie de la jeunesse. Suriauville, comme les autres villes du département, participe activement à l’effort de guerre ; le département des Vosges étant le premier à payer ses contributions fiscales, son nom est donné en 1800 (26 fructidor an VIII) à la place Royale de Paris qui devient la place des Vosges.
Le village de Suriauville prospère au ; sa vocation agricole se confirme : au milieu du siècle, Suriauville a près de 600 habitants. Une grande partie travaille aux champs, et il existe de nombreux artisans ou métiers aujourd’hui disparus : repasseuse, forgeron, dinandier, etc. Durant la Guerre franco-allemande de 1870 les Prussiens passent dans le village.
Le conflit mondial de 1914-1918 bouleverse la vie villageoise. Les hôtels de Contrexéville sont transformés en hôpitaux, les femmes sont aux champs. La Grande guerre ravage la population. En l'occurrence, dans un village de 300 âmes, 22 jeunes hommes meurent pour la Patrie. Des familles entières sont décimées. En 1920, on inaugure le monument aux morts où sont gravés les noms des disparus. Le village compte beaucoup d’orphelins, mais la vie reprend jusqu’à la guerre 1939-1945 qui voit cette fois Suriauville perdre ses forces vives, emmenées en Allemagne comme prisonniers de guerre. Ces cinq longues années de captivité laisseront beaucoup de traumatismes (les derniers prisonniers sont rentrés en ). Un seul enfant de Suriauville perdra la vie lors de cette guerre.