Le Mans, actuel chef-lieu de la Sarthe, accueille plusieurs monuments architecturaux. La ville possède le label Villes et Pays d'art et d'histoire attribué par le ministère de la Culture. Le monument le plus populaire reste la cité Plantagenêt. Les remparts et les tours de la vieille ville sont datés du La cité est considérée avec Rome comme l'une des deux villes d'Europe les mieux conservées du Bas-Empire romain.. D'autres monuments comme la cathédrale Saint-Julien, le palais du Grabatoire ou le palais des comtes du Maine se trouvent à l'intérieur de la vieille ville. La vieille cité offre une grande diversité d'hôtels particuliers et de maisons de maîtres, de la Renaissance jusqu'au .

La cité Plantagenêt

À l'origine de la ville À l'intérieur de la muraille, dans ce quartier appelé «Vieux Mans», la plupart des maisons datent de la Renaissance. On peut citer notamment la maison d'Adam et Ève, les hôtels de Clairaulnay et de Vaux. Des événements s'y tiennent également, comme la Nuit des chimères se déroulant tous les étés. Le lieu sert également pour de nombreux tournages de films et téléfilms historiques. C'est dans cette partie de la ville que sont canalisés la majorité des édifices historiques importants, parmi lesquels un grand nombre d'édifices religieux et d'hôtels particuliers.

La vieille ville est entourée d'une enceinte romaine polychrome construite à la fin du . Elle constitue un témoignage de l'architecture militaire du Bas-Empire en France. La ville appartient aux Villes et Pays d'art et d'histoire faisant partie des villes rouges. Cela provient de la couleur des matériaux utilisés aux par certaines tribus pour bâtir les murs d'enceinte des cités..

Les thermes de Vindunum sont aujourd'hui enfouis sous l'école des beaux-arts du Mans, au sud-ouest du mur d'enceinte. Plusieurs salles d'exposition souterraines permettent de redécouvrir le monument dans les meilleures conditions. Pour autant, peu de vestiges ont pu être mis au grand jour, notamment à cause de l'urbanisation environnante. Les thermes furent découverts par hasard en 1980, lors de travaux d'aménagement.

De Vindunum subsistent également plusieurs domus, dont la plus visible est celle des Halles. Le forum est situé sous la cathédrale, au point le plus haut de la colline du Vieux-Mans ; ses vestiges ne sont pas visibles. Il en est de même pour l'amphithéâtre dit « arènes du Mans », situé au sud-est de la place des Jacobins, sous des constructions postérieures. Au début des années 1990, on parlait d'un édifice modeste d'environ , mais les recherches de Didier Travier en 2007 font état d'un édifice aux dimensions supérieures à celles des arènes de NîmesLa Vie Mancelle et Sarthois, Les arènes du Mans, numéro 403, janvier 2009...

Le patrimoine religieux et administratif

La cathédrale Saint-Julien, qui combine l'art roman et l'art gothique , possède un chevet gothique haut de . Elle a été construite entre le et le . Les vitraux sont pour la plupart du .

La collégiale Saint-Pierre-La-Cour est d'abord une église édifiée intra muros au , à la suite des invasions normandes du . Elle est rebâtie par Henri II Plantagenêt en 1175 avant qu'elle ne soit de nouveau agrandie en 1267 avec le soutien de Charles III d'AnjouRevue du Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, Présentation de la collégiale de Saint-Pierre-de-la-Cour par Étienne Bouton, 1995. Elle borde l'ouest de la muraille gallo-romaine, tout près des jardins de Scarron. Il s'agit de l'ancienne chapelle seigneuriale des comtes du Maine. La partie visible aujourd'hui n'est en fait que la partie inférieure d'une double église superposée. Subsistent aujourd'hui deux nefs à six travées coiffées de voûtes sur croisées d'ogives.. De 1900 à 1939, son sous-sol fut transformé en musée archéologique. Délaissée pendant la guerre, elle sert d'entrepôt aux réserves des musées du Mans jusqu'en 1977. Puis, elle est remise en état dans les mêmes temps que l'abbaye de l'Épau. Elle est aujourd'hui un lieu d'expositions et de représentations musicales. Le palais du Grabatoire est une demeure canoniale bâtie entre 1538 et 1542 par Jean de Courthardy, évêque du Mans, en accord avec les membres du Chapitre de la villeFrançois Dornic, Histoire du Mans et du pays Manceau, page 128, planche IX.. L'architecte du bâtiment fut Simon Hayneufve. En 1585, la ville réussit à reprendre l'édifice en en devenant locataire attitré auprès du Chapitre. Y résident désormais les gouverneurs de la province du Maine. En 1612, Le maréchal de Lavardin alias Jean de Beaumanoir, y reçoit le jeune Louis XIII. Le gouverneur y soigne la régente, Marie de Médicis, tombée malade durant le voyage. L'édifice sera revendu comme bien national à la Révolution, puis récupéré rapidement par l'évêché du Mans. Les rénovations de 1906 et 1907 ont achevé l'édifice qui n'avait jamais été fini faute d'argent. Sans posséder de monuments architecturaux monumentaux, ce bâtiment est conçu comme une réplique d'un bout de quartier urbain de l'époque François Revue La Province du Maine XV, 1907; Le Grabatoire au Mans par l'abbé Louis Froger. 20px|Classé monument historique La Maison de Scarron est située au 1 de la place Saint-Michel. Il s'agit du premier édifice visible, en même temps que la cathédrale, en haut des marches de l'escalier du jet d'eau en arrivant dans le Vieux-Mans. La maison est bâtie sur des fondations du , la crypte Saint-Michel datant de cette période et de style Plantagenêt est conservé en état remarquable. Paul Scarron, alors chanoine commendataire de la cathédrale y vécut de 1633 à 1646.

Les hôtels particuliers

Renaissance thumb|right|La maison de la reine Bérengère.

20px|Classé monument historique La maison de la reine Bérengère, qui a abrité le musée de la Reine Bérengère. Celui-ci regroupait des œuvres sur l'histoire sarthoise et sur la vie mancelle. Malgré son nom, la femme de Richard Cœur-de-Lion ne vécut jamais dans cette maison. Son constructeur fut Jean Véron, parent du fameux économiste Véron de Forbonnais. Gérant du grenier à sel, Jean Véron fit bâtir la maison à la fin du . Le rez-de-chaussée fut entièrement refait au . Jean Véron fut l'un de ces bourgeois qui ont permis aux villes de se développer après la guerre de Cent Ans. Il a ainsi participé au renouvellement du parc foncier urbain de la fin du . La maison dite de la reine Bérengère est entièrement en bois, les éléments du colombage sont moulurés et ornés de sculptures, de colonnettes et d'écailles. On retrouve souvent comme emblèmes, ceux du porc-épic et de la fleur-de-lys, symbole de l'allégeance aux Valois. Le premier étage regroupe les pièces nobles de l'habitat, cela est marqué même de l'extérieur avec un riche décor sur la façade. Il s'agit là d'une marque du rang social du personnage qui a fait construire et qui habite la maison.

La maison d'Adam et Eve fut construite par le médecin Jean Delespine en 1520. Son nom provient du petit ornement situé au-dessus de la porte d'entrée. Le premier étage est chargé de pilastres massifs. À noter que la maison a été modifiée selon les goûts des propriétaires d'époques postérieures, notamment en ce qui est de la façade. La maison est située au bout de la grande rue de la cité Plantagenêt.

La maison des deux amis est située rue de la reine Bérengère, non loin de la cathédrale. Elle fut édifiée au début du par un riche marchand manceau du nom de Jean Bernay. Elle présente une double façade malgré le fait que le riche propriétaire y vivait seul. La maison est entièrement en bois, mais la cour intérieure abrite un escalier de pierre permettant d'accéder aux différents niveaux. La maison n'est pas l'ensemble de l'habitat. Derrière la cour se trouvent deux autres maisons adjacentes qui formaient avec la demeure principale, un ensemble cohérent. Les deux maisons situées en arrière de la maison, donnant sur l'actuelle rue des Chanoines, étaient avant tout destinées à être louées. Cependant, les deux maisons sont réalisées en pierre à l'inverse de la demeure des deux amis, réalisée en bois. À l'époque, le coût de la pierre était élevé, surtout celui du transport, cela marquait la richesse du propriétaire .

thumb|left|Vue sur le haut du pilier rouge.20px|Classé monument historique La maison du pilier rouge fut construite durant le . Les poteaux qui la soutiennent ont été implantés sur un sol de pierre, fait pour l'occasion. Cela permettait de les protéger de l'humidité. La culture populaire mancelle veut que cette demeure fut celle attitrée au bourreau du Mans durant des années. La marque en serait le fameux pilier rouge qui soutient la demeure sur sa façade nord. Il s'agirait là du sang de ses victimes qui se serait écoulé sur le bois et qui l'aurait coloré. Il n'en est rien. Une confusion est arrivée avec la famille des chirurgiens Goutard, habitant la demeure au seulement. thumb|right|L'hôtel de Vaux.L'hôtel de Vaux est l'une des rares demeures appuyées sur la muraille de la vieille ville. Il fut reconstruit au sur des fondations estimées du . Le peintre manceau Jules-Alfred Hervé Mathe vécut et peint dans le bâtiment.

L'hôtel Aubert de Clairaulnay est un édifice datant de la Première Renaissance du Mans. L'hôtel Amellon de Saint-Cher expose quant à lui, une cuisine d'époque, datant du .

L'hôtel Legras du Luart est orné d'un portail datant de la fin du . Il est daté précisément de 1595. Le logis à l'intérieur même date du Moyen Âge. Les ouvertures au sud de l'édifice datent du milieu du . Au nord, les fenêtres médiévales ont été remaniées, vraisemblablement vers la fin du . Un bâtiment fut ajouté au à la place de maisons médiévales. Il forme aujourd'hui une cour donnant sur la Grande rue.

20px|Classé monument historique. L'hôtel Denisot est le lieu où vécut le poète de la Pléiade Nicolas Denisot. Il fut bâti au et possède en son sein une tour de la vieille cité : la tour Saint-Hilaire.

20px|Classé monument historique L'hôtel du Vignolles se situe juste en face de l'hôtel de ville sur la place Saint-Pierre. Il est surnommé Le petit LouvreVieux Mans, Emmanuel Champreau, 1999, Collection Carré Patrimoine - Création et recherche, Le Mans, 1997, page 29. en raison de ses fenêtres, surmontées d'un fronton triangulaire sur volutes. L'hôtel fut bâti au . Il devint la demeure du chef protestant lorsque ceux-ci s'emparèrent de la ville en 1562. Le bâtiment répond à l'équilibre parfait voulu par Jean du Cerceau. Les matériaux sont parfaitement ordonnés, le rez-de-chaussée est entièrement fait en grès roussard, le premier étage en calcaire, tandis que le haut est en tuffeau. La volonté était que plus on montait dans l'habitation, plus la pierre était tendre.

L'hôtel de Sceaux fut construit au milieu du par un chanoine du nom de Jean Perot, ami de l'humaniste Jacques Peletier. L'hôtel est situé au centre d'une grande masse parcellaire, en retrait de la voie publique. Des maisons permettaient autrefois à l'hôtel d'être à l'abri de la circulation et du passage. Deux grandes allées permettaient d'accéder à la cour, l'une donnant sur la grande rue, l'autre sur la rue Pierre de Tucé. Le retrait par rapport au passage est une marque de différenciation sociale. Cet hôtel est vu comme l'inverse de la maison de la reine Bérengère, c'est-à-dire une demeure dont la richesse est très exposée. La façade de l'hôtel est organisée suivant des lignes horizontales et verticales. L'ordre ionique est majoritairement présent au rez-de-chaussée avec une idée de support pour les étages. Les étages sont marqués par l'ordre corinthien avec des sculptures fines et délicates. À gauche de la façade de l'édifice, un pavillon non-construit devait être prévu. Le décor de la façade est ainsi brusquement stoppé. Il s'agit d'une des premières demeures de la ville avec une façade bien ordonnée.