Mela Muter, née Maria Melania Klingsland, née le à Varsovie en Pologne, et morte le à Paris, est une artiste-peintre française .

Biographie

Famille et formation Elle naît le à Varsovie... Elle y grandit dans une famille aisée et cultivée. Son frère, Zygmunt Klingsland, deviendra diplomate polonais à Paris et critique littéraire en Pologne.

En 1899, elle épouse Michal Muttermilch, écrivain et militant socialiste polonais. En 1902, après une année de cours dans l' de J. Kotarbinski, elle s'installe avec son mari à Paris et s’inscrit à l'Académie Colarossi puis à l'Académie de la Grande Chaumière, décidée à devenir une peintre professionnelle.

Les salons et la reconnaissance Elle expose dès 1902 à Varsovie à la Société pour la promotion des beaux-arts, et à Paris au Salon des beaux-arts, puis à partir de 1909 au Salon des indépendants, au Salon d'automne et au Salon des Tuileries. Elle devient un membre important du mouvement artistique l'École de Paris. Elle est remarquée par le marchand d'art Ambroise Vollard.

Elle voyage en Espagne, mais aussi en Bretagne, en particulier à Audierne, Douarnenez, Pont-Aven et Concarneau où elle s'installe en 1914 au début de la Première Guerre mondiale : , écrit-elle.

Dans le milieu culturel de l'entre deux-guerres Entre 1917 et 1920, Mela Muter devient la compagne de l'écrivain Raymond Lefebvre, militant pacifiste socialiste révolutionnaire, partisan de la internationale communiste. Elle fréquente alors les milieux intellectuels pacifistes et socialistes français, peint Paul Vaillant-Couturier, Henri Barbusse et Anatole France.. La relation avec Raymond Lefebvre provoque son divorce religieux avec Michal Muttermilch en 1919. Mais Raymond Lefebvre meurt en 1920 au large de la Mer de Barents, en revenant du Congrès du Komintern avec Jules Lepetit et Marcel Vergeat.

Elle sera amie avec la sculptrice Chana Orloff, la peintre Georgette Chen, la peintre Josette BournetEwa Bobrowska et François Trouilleux :Lettres de Mela Muter à Josette Bournet: témoignages d’une amitié artistique / Listy Meli Muter do Josette Bournet: świadectwa artystycznej przyjaźni ouvrage illustré, bilingue français-polonais, 328 p. Varsovie : Wydawnictwo DiG, Edition Bellerive-sur-l’Allier : La Rama, 2025 ou encore le critique d’art André Salmon

Elle expose à de multiples reprises à Paris. En 1921, elle est invitée à faire partie du jury du Salon d'automne. Elle est en contact avec des écrivains tels que Henri Barbusse et Romain Rolland, ou l'architecte Auguste Perret (à qui elle commande la construction d'une villa-atelier située Allée Maintenon à Paris), les compositeurs Maurice Ravel et Erik Satie. Elle se lie d'une forte amitié avec Rainer Maria Rilke.

À l'étranger, elle fait de grandes expositions à Barcelone, en Allemagne, et à Washington au Carnegie Institute. Elle est reconnue particulièrement comme portraitiste. Frances Hodgkins retient celui de Roger Fry en 1922. Elle brosse le portrait de ses amis : Clemenceau, Ravel, Satie, ainsi que de Rainer Maria Rilke.

Son fils, atteint de tuberculose osseuse, meurt en 1924. Elle se fait naturaliser française en 1927.

Elle participe aux expositions de groupe organisées par la Société des Femmes Artistes Modernes (FAM), créée en 1931 par Marie-Anne Camax-Zoegger. Elle est présente sur la liste des artistes de l'exposition de 1935 à la Galerie Bernheim-Jeune.

Les dernières années Pendant la Seconde Guerre mondiale, bien que convertie au catholicisme et naturalisée, elle se sent menacée du fait de ses origines juives et de ses idées politiques. Elle quitte Paris pour Avignon et y enseigne le dessin, l'histoire de l'art et la littérature. Elle reçoit des autorités de la ville un petit appartement. Après la guerre, elle a des problèmes de vue, une opération de la cataracte en 1965 lui permet de retravailler la peinture. Elle meurt dans son atelier le Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , , vue 21/31.. Elle est inhumée au cimetière parisien de Bagneux, dans la division.

L'œuvre Influencée initialement par le symbolisme, elle évolue ensuite vers l'expressionnisme, mais elle reste durant tout son parcours à l'écart des modes et des tendances.

Ses portraits officiels représentent en grande majorité des hommes, mais la peintre effectue également des effigies, des études et des nus de femmes, le plus souvent anonymes, ainsi que des maternités à caractère profondément spirituel. Ses toiles peintes dans les années 1920-1930 représentent des femmes du peuple, de milieu défavorisé, alourdies par le travail physique, les grossesses fréquentes, et les soucis familiaux. Son intérêt va également vers les représentants des mondes extra-européens: elle laisse des portraits des tirailleurs sénégalais, des Chinois et des Hindous présents alors à Paris.

D'après Tériade, elle expose une . Elle expose aussi des natures mortes.

Expositions 1932, 1933, 1934, 1935, 1936, Femmes Artistes Modernes, Théâtre Pigalle, puis, Maison de France, puis, galerie Bernheim-JeuneCatalogues des expositions, Buffet et Leclerc, 72 rue du Château-d'Eau, Paris.. , Paris, galerie Bernheim, Œuvres de femmes - Hermine David, Adrienne Jouclard, Marie Laurencin, Marthe Lebasque, Mela Muter, Suzanne Valadon Maurice Delépine, « Les arts », Le Midi socialiste, 16 mars 1936, page 4.. 1938, Paris, Petit Palais, avec Bessie Davidson, Philippe Besnard, Kees van Dongen. 2004, Quimper, musée départemental breton, Peintres polonais en Bretagne. 2021, Paris, MAHJ, Chagall, Modigliani, Soutine... Paris pour École 2022, Paris, Musée du Luxembourg, Pionnières. Artistes dans le Paris des années folles.. 2022, Collioure, Musée d'art moderne de Collioure, Collioure. Une Babel des arts, 2022. 2023, Paris, Petit Palais, Le Paris de la Modernité.

Notes et références

Annexes Bibliographie Dictionnaire Bénézit

Barbara Brus-Malinowska, notice sur Mela Muter dans « Peintres polonais en Bretagne », catal. expo. Musée départemental breton, Quimper, 2004, . Nieszawer et Princ, Histoires des artistes Juifs de l'École de Paris, 1905-1939, (Denoël, 2000 - Somogy, 2015) Les étoiles éditions, 2020, .

Ewa Bobrowska, Rachel Mazuy, Raymond Lefebvre, Mela Muter. Correspondance amoureuse en temps de guerre (1917-printemps 1920), in Rachel Mazuy, Denis Pernot, Raymond Lefebvre, La révolution et la mort, Dijon, EUD, 2023. . . . .

Liens externes

Archives privées consacrée à la galerie Au Sacre du printemps, où Mela Muter a exposé, sur ausacreduprintemps.weebly.com

Catégorie:Peintre polonais du XXe siècle Catégorie:Peintre française du XXe siècle Catégorie:Peintre polonaise Catégorie:Élève de l'Académie Colarossi Catégorie:Pseudonyme Catégorie:Naissance en avril 1882 Catégorie:Naissance à Varsovie au XIXe siècle Catégorie:Décès en mai 1967 Catégorie:Décès dans le 13e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 91 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière parisien de Bagneux