Une fontaine à eau, également appelée distributeur d’eau et (de façon imprécise) fontaine d’eau fraîche, est un appareil conçu pour fournir de l’eau potable principalement pour répondre à des enjeux d’hydratation, directement liés à la qualité de vie dans les lieux professionnels. Généralement, elles distribuent a minima de l'eau tempérée et de l'eau réfrigérée par un système propre à l’appareil.

Les modèles qui se branchent sur le réseau - lesquels peuvent attirer les particuliers - déplacent les enjeux d’hydratation vers ceux du confort, avec l’accès à un panel d’options plus large et la possibilité de filtrer l’eau du réseau ; mais aussi éventuellement vers des enjeux d'écologie (ce qui peut être sujet à caution).

Historique Les fontaines à eau que l’on trouve dans les entreprises et les lieux accueillant du public représentent des dispositifs récents. À ce titre, ces appareils se présentent comme un symbole de la tertiarisation de la société (en Occident), et plus concrètement modernisent la fontaine à eau public imaginée dès l’Antiquité.

Les fontaines publiques ont jusqu’au XIXe siècle assuré des fonctions vitales et symboliques, utilitaires et collectives. Celles-ci ont été évincées face à la généralisation de l’eau courante, qui ont fait de ces dispositifs des ornementations. À cet égard, l’émergence de la fontaine à eau comme appareil conçu pour équiper des entreprises s’inscrit dans une logique de fragmentation de l'espace communautaire pour investir des lieux fermés, au profit d’un groupe plus restreint (celui des employés ou du public traversant cet espace). Il est d’abord l’expression de valeurs (identitaires) par le fait d’investir dans un système en faveur du bien-être des individus accueillis au sein d’une structure.

Il s’agit d’une mode qui se développe d’abord aux États-Unis. Dans les années 80, la fontaine à eau investit tant les bureaux et les administrations que les restaurants (comme en témoignent nombre de séries télévisées ou de films). Il faut attendre le début des années 90 pour que les fontaines à eau commencent à s’implanter, ce d’abord dans des restaurants d’entreprise et des cantines scolaires.

Plus récemment, les fontaines à eau sont au cœur de politiques environnementales et sociales en contribuant, par leur généralisation dans les lieux accueillant du public, à la lutte contre la déshydratation (en particulier au travail, mais aussi dans les halls de gare, les centres commerciaux) en facilitant l’accès à l’eau, ainsi qu'à la lutte en faveur de la limitation des déchets en plastique.

Types de modèles vignette|droite|La Fontaine de cuivre, par Jean Siméon Chardin en 1733-1734. On peut distinguer aujourd’hui deux grands types de modèles de fontaines à eau : les modèles dit « fontaines bonbonnes » qui fonctionnent avec un réservoir en plastique et les modèles dit « fontaines sur réseau » qui se raccordent sur le système de distribution d’eau courante.

Fontaines bonbonnes Ce distributeur est équipé d’un réservoir d’eau potable – généralement en plastique translucide – d’une contenance de 18,9 litres (5 gallons aux États-Unis). C’est le dispositif qui s’est le plus répandu pour équiper les locaux d’entreprise, mais aussi les grands magasins ou supermarchés, jusqu’aux cabinets de médecin.

Son réapprovisionnement, qui consiste à changer de réservoir, est le plus souvent traité par une entreprise spécialisée assurant un service de distribution régulier.

La fontaine bonbonne reste encore très prisée, en particulier pour équiper des locaux où le branchement au réseau d’eau ou à toute autre source s’avère exigeant.

Fontaines sur réseau Ce distributeur, généralement plus discret, est relié à une source ou un circuit d’approvisionnement en eau – le plus souvent le réseau d’eau potable. Ce dispositif rencontre un succès grandissant alors que l’eau du réseau en France fait l’objet de contrôles pour répondre aux normes de potabilité – avec l’usage du chlore pour éliminer la présence d’éventuelles bactéries.

Le raccordement de la fontaine – lequel peut s’avérer un obstacle en fonction des sites d’installation – est généralement pris en charge par l’entreprise spécialisée qui fournit l’appareil.

Le branchement sur réseau élimine la nécessité de stocker des bonbonnes et l’effort physique de remplacer le réservoir vide, tout en certifiant l'accès à de l’eau potable à tout moment.

Catégories de fontaines Les fontaines bonbonnes, du fait de leur structure, sont peu diversifiées, à l’inverse des fontaines qui se branchent sur le réseau. Celles-ci en effet présentent différents formats, ainsi que des capacités de débit différentes en fonction des usages ou des profils ciblés.

Fontaines pour entreprises Il s’agit des modèles les plus fréquents. Le plus souvent, la fontaine pour entreprises est un dispositif dit « sur pied » de façon à présenter la buse où l’eau s’écoule à hauteur de l’utilisateur. On installe le plus souvent dos à un mur, mais certains modèles peuvent se suspendre à un mur ou être encastrées dans une paroi.

Fontaines pour particuliers Généralement, les fontaines pour particuliers sont des modèles dit « de comptoir », c’est-à-dire conçus pour être posés sur un plan de travail (généralement dans la cuisine) de façon à s’intégrer davantage à l’environnement domestique qu’un appareil sur pied (considéré comme peu esthétique et assez encombrant). Certains modèles peuvent être installés sous un évier avec un robinet à multiples voies en sortie.

Cela reste toutefois un marché peu développé, en France du moins, alors que les consommateurs privilégient soit l’achat de bouteilles d’eau, soit la consommation directe de l’eau au robinet.

Fontaines pour milieu hospitalier Ce sont souvent des modèles proches de ceux dédiés aux entreprises, à ceci près que les modèles spécialisés prennent en compte les contraintes en matière de qualité d’eau plus élevées dans cet environnement que dans les environnements de travail. Ils bénéficient à ce titre d’un système de traitement par rayons ultra-violets juste avant la buse par où l’eau s’écoule, de façon à satisfaire aux exigences de qualité d’eau – le traitement par ultra-violets offrant de détruire les micro-organismes sans altérer la composition chimique de l’eau (comme le fait le chlore).

Fontaines pour restaurateurs Les fontaines pour la restauration se distinguent généralement par leurs capacités de débit afin de répondre aux exigences d’efficacité que rencontrent les restaurateurs. Les collectivités (comme les cantines scolaires) privilégient généralement les refroidisseurs sur pied à grande capacité, tandis que les restaurants et les hôtels peuvent privilégier des modèles de comptoir – cependant bien plus performants que les fontaines dédiées aux particuliers.

Options Une fontaine à eau est conçue pour distribuer généralement au moins deux types d’eau : soit de l’eau tempérée, soit de l'eau fraîche (réfrigérée par un système propre à l’appareil).

Toutefois, l’évolution technologique associée à la surenchère marketing pour faire valoir la polyvalence de ce type d’appareils permet d’envisager davantage d’options (que l’on rencontre uniquement sur les fontaines branchées sur le réseau). Certaines machines peuvent ainsi proposer de l’eau gazeuse (ou pétillante), mais aussi de l'eau chaude (pour les thés et infusions), voire l’ensemble de ces options.

À cela s’ajoutent des possibilités élargies au niveau de la filtration – chaque distributeur proposant son propre arsenal de solutions – ainsi qu’en ce qui concerne la « personnalisationpersonnalisation. » de la fontaine.

Option eau gazeuse Cette option est l’une des plus prisées, surtout lors des fortes chaleur en été. Le pétillant est produit par un mélange d’eau et de , lequel s’opère dans un carbonateur. Le gaz est stocké dans une bonbonne sous pression (à 36 bars à 0 °C) qu’il s’agit de clipser à un détendeur, lequel régule la pression d’injection du gaz et, ce faisant, le degré de pétillant souhaité.

L’inconvénient concerne le stockage et l’approvisionnement en cartouches de , ainsi que leur recyclage en fin de chaîne de consommation.

Option eau chaude Un système de chauffe-eau permet d’obtenir de l’eau entre 65° Celsius et 85° Celsius (la température est réglable le plus souvent) – jusque 95° Celsius en Chine – pour la préparation de breuvages chauds. Un double système de sécurité est généralement associé : d’une part un système de détection de surchauffe et d’autre part un système de verrouillage au niveau des commandes (requérant une double pression) pour éviter une utilisation inconsciente de cette option par des enfants.

L’inconvénient de cette option est le risque élevé d’entartrage de la fontaine.

Systèmes de filtration L’eau des fontaines-bonbonnes est généralement de l’eau de source ou de l’eau minérale. Aussi ces appareils ne sont-ils pas équipés de système de filtration, alors que l’eau de leur réservoir répond d’emblée à des normes de potabilité stricte au niveau de l’embouteillement.

En revanche, la plupart des fontaines sur réseau sont équipées de filtre à base de charbon actif ou activé : l’intérêt réside dans les propriétés naturelles d'adsorption du charbon actif qui permettent d’éliminer un grand nombre de molécules chimiques, dont les résidus chlorés qui peuvent altérer le goût de l’eau – mais non les bactéries qu’ils ont tendance à faire proliférer.

Il est cependant possible de renforcer la capacité de filtration d’une fontaine sur réseau en lui adjoignant d’autres filtres aux fonctions spécifiques : des filtres antibactériens, anti-tartre, ou encore qui ciblent la présence de métaux lourds, de nitrates ou des PFAS (lesquels font partie d’une pollution très répandue, y compris en France, et particulièrement alarmante).

Personnalisation Certains distributeurs, en particulier SéquoiaSéquoia. qui en a fait un de ses arguments marketing principaux, font de la personnalisation une stratégie spécifique pour attirer des clients. La personnalisation consiste à apposer une image ou un logo sur la façade de la fontaine (généralement pour répondre aux envies d’originalité esthétique d’une entreprise), voire à graver (pour les fontaines dotées d’une façade en verre trempé) un motif par laser.

Cadre législatif La distribution de l’eau par des fontaines se situe au carrefour de différentes obligations législatives : d’une part, la qualité de l’eau puisqu’il s’agit de distribuer de l’eau pour l’hydratation des personnes ; d’autre part, l’enjeu de fournir un accès facilité à l’eau pour la santé des travailleurs et le bien-être des personnes – associé depuis quelques années à l’enjeu d’une réduction de la consommation de plastique.

La qualité de l'eau La qualité de l’eau que l’on peut boire est définie par les normes de potabilité en vigueur : celles-ci concernent tant la présence de micro-organismes que la présence de particules physiques ou de molécules chimiques impliquant des seuils de tolérance spécifiques. Cela se traduit soit par l'établissement de limites de qualité, qui tracent une démarcation stricte concernant la potabilité de l’eau ; soit par l'établissement de limites de référence, qui mettent en avant la présence d’indicateurs privilégiés de contamination (en particulier en ce qui concerne la présence de certaines bactéries).

Le Code du travail précise également ce que sous-entend la dénomination « eau fraîche ». En effet, l’article R4225-2Article R4225-2 du Code du travail. souligne l’obligation de l’employeur à donner accès à de l'eau fraîche à ses employés. Ainsi, la lettre ministérielle du travail numéro 14-3-63, UN n°25 du 20/06/1963 précise que l’eau est dite fraîche à condition d’être à une température comprise entre 9°C et 12°C.

L'accès à l'eau sur le lieu du travail