Saint-Pabu est une commune du nord du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Ses habitants sont appelés les Saint-Pabusiens. Géographie Localisation

Saint-Pabu est située à au nord-ouest de Brest et à au nord-est de Ploudalmézeau. La commune, en bordure de la mer Celtique (ouest de la Manche), est située sur la rive gauche de l'embouchure de l'aber-Benoît ; la péninsularité est accentuée par l'anse du Moulin, anse annexe de l'aber Benoît, qui est accentuée et très découpée, qui sépare la commune de celles de Plouguin et Tréglonou.

La commune fait partie traditionnellement du pays des Abers et de la côte des Légendes.

Géologie et relief La commune forme un plan incliné descendant assez régulièrement vers la mer, l'altitude maximale () se trouvant dans l'angle sud-ouest du finage communal, à Kerdonval, qui est l'endroit le plus éloigné du littoral.

Deux minuscules fleuves côtiers limitent la commune côté terre : le ruisseau du Ribl à l'ouest, sépare Saint-Pabu de Lampaul-Ploudalmézeau et celui de Saint-Ibiliau sépare au sud la commune de celle de Plouguin.

Le littoral, assez peu découpé, alterne pointes peu accentuées (Corn ar Gazel, Kervigorn, Stellac'h) et larges baies peu prononcées ; seul l'extrême sud-est de la commune a un littoral très découpé en raison des deux petits fleuves côtiers qui se jettent dans l'anse du Moulin et enserrent la presqu'île de Meznaot. Ce littoral est formé de dunes atteignant jusqu'à de hauteur sur une largeur de plusieurs centaines de mètres de Corn ar Gazel à la limite communale avec Lampaul-Ploudalmézeau dans sa partie ouest, d'une côte rocheuse de hauteur modeste (jusqu'à quand même vers Kervigorn) partout ailleurs.

L'estran découvre largement à marée basse au large de Corn ar Gazel et Kervigorn, jusqu'à une série d'îlots rocheux dont les plus importants sont les îles de Trévoc'h : Trévoc'h Vraz, An Dord et Trévoc'h Vihan ; leur accès est interdit entre le et le pour permettre aux oiseaux, notamment les sternes, d'y nicher en toute tranquillité.. L'estran est largement découvert aussi dans l'anse du Moulin ; par contre il est peu large dans la partie centrale de la commune entre Kervigorn et Porz ar Vilin.

Transports

Saint-Pabu est resté longtemps très isolé par voie de terre compte-tenu de sa situation géographique entre la mer et l'Aber Benoît.

Longtemps, jusqu'au milieu du , des générations de passeurs ont assuré, à partir du lieu-dit "Le Passage", la traversée de l'Aber Benoît entre Saint-Pabu et Landéda, transportant hommes, animaux et marchandises. Une cale en pierre datant du , et sa jumelle sur la rive opposée, témoignent encore de cette activité.

Pors ar Vilin (l'Anse du Moulin en français) où, en dépit de la toponymie, aucune trace de moulin ne subsiste, fut, en l'absence de quai, un port d'échouage où les marchandises étaient débarquées (ou embarquées) pour être transportées ensuite (ou avant) par des charrettes, l'attelage pénétrant dans l'eau jusqu'au poitrail. Ce fut aussi un port goémonierNotice d'information touristique se trouvant à Pors ar Vilin..

Le principal axe routier, la route départementale 28, venant de Tréglonou et se dirigeant vers Ploudalmézeau, passe seulement par l'extrême-sud du territoire communal. Le bourg n'est desservi que par des routes secondaires.

Le littoral a été peu propice à l'établissement d'un port, même si la commune a créé un port modeste au Stellac'h (ce port, situé à 1 mille nautique de l'embouchure de l'Aber Benoît, sur sa rive sud, dispose d'un quai de de long et d'une cale de mise à l'eau ; il dispose de 533 mouillages pour bateaux de plaisance), et si celui de Porz ar Vilin a pu être actif par le passé.

Le GR 34 longe pour l'essentiel la totalité de ce littoral, s'en écartant toutefois quelque peu par endroits.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Ribl et divers autres petits cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-PabuLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudalmézeau à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Saint-Pabu est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Pabu, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles ( en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (), zones urbanisées (), terres arables (), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (), prairies (), espaces verts artificialisés, non agricoles (), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (), eaux maritimes ().. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine Le territoire de la commune se répartit sur trois zones : un espace dunaire en bordure de la côte de la Manche. Cet espace se poursuit sur les communes voisines de Lampaul-Ploudalmezeau et Ploudalmezeau (massif dunaire de Tréompan) et constitue l'un des plus importants massifs dunaires du Léon ; cet espace est resté à l'état naturel, modifié toutefois par les importantes extractions de sable survenues par le passé ; une zone agricole dans la partie sud et sud-ouest de la commune, sur la bordure nord du plateau du Léon ; l'habitat rural y est dispersé en fermes isolées ; une frange côtière étroite le long de l'Aber Benoît où se succèdent prairies et versants boisés.

L'urbanisation s'est développée en rive gauche de l'Aber Benoît, du Porz ar Vilin à l'embouchure, et s'est étendue sur une partie du plateau. Toute cette zone située à l'ouest du petit bourg traditionnel est caractérisée par une rurbanisation faite de résidences principales et secondaires liées à la proximité du littoral.

Les îlots de Trévors (ou Trevoc'h), au nord de la commune, furent habités jusqu'au et restent accessibles à basse mer par très grandes marées.

Toponymie Attesté sous la forme Sainct Pabu en 1544.. De saint Tugdual, Papu Tutwal en ancien breton, papu signifiant « père » ou « évêque ».. Pabu, venant de papu variante du vieux breton papa ou « père », est le titre ancien de supérieur monastique. Pabu est le génitif de Papa, d'où vient la confusion avec le mot « pape » que la légende attribua faussement à Tugdual de Treguier.

Saint-Pabu a été aussi le nom de Tréguier du au .

Histoire

Préhistoire et Antiquité vignette|165x165px|Reconstitution d'un vase en argent datant du trouvé à Saint-Pabu en 1889 (dessin de Paul du Châtellier). gauche|vignette|210x210px|Haches à douille et pointes de lance datant de l'âge du bronze trouvées à Kerc'hleus en 1927 (dessin de Louis L'Hostis). En 1927, des ossements de deux chevaux (cousins des chevaux de Przewalski), quelques ossements humains et divers objets en bronze (dont six haches à douille et des pointes de lance) et poteries furent trouvés près de la ferme de Kerch'leus, dans les restes d'une sépulture datant de l'âge du bronze vers 1100 à .

La stèle de Poullédan, de section octogonale et haute de pour, sa partie visible, se trouve à la limite occidentale de la commune de Saint-Pabu ; elle date de l'âge du fer et est façonnée dans un granite grossier à deux micas dit "granite de Ploudalmézeau". C'est en fait une stèle gauloise surmontée d'une croix monolithe à branches pattées et en portant une autre sur son socle, gravée en creux sur le revers. Une autre stèle datant aussi de l'âge du fer, haute de pour sa partie visible, se trouve à Kerascoul ; elle a une forme de pyramide tronquée.

Un tronçon d'une autre stèle en granite a été découvert en à Poullédan dans le front de taille d'une carrière de sable en fin d'exploitation. Il a été transféré devant la mairie de Saint-Pabu, où il est désormais visible.

Un coffre en bois, totalement décomposé, recouvert d'une brique à crochets, fut découvert le dans une parcelle près du village de Meznaot. Il contenait un nombre considérable (plus de ) de monnaies romaines, les plus anciennes remontant à Valérien II, les plus récentes datant de Constance II, ce qui laisse penser que ce trésor a été enfoui vers le milieu du , ainsi que trois vases en argent, dont un seul resté intact.

Moyen Âge Saint Pabu (ou Tugdual, ou Tuwal, ou Tual) est un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Il aurait fondé un ermitage à Saint-Pabu.

Le manoir de Mesnaot date du Moyen Âge ; seul subsiste de nos jours le colombier. Un aqueduc long de , partant de la fontaine de Saint-Ibiliau en Plouguin, aboutissait au manoir de Mesnaot.