Les Côtes-d'Armor (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme nAPI. ; en : Côtes d'Ahaot, ()Prononciation en breton KLT retranscrite selon la norme API., appelées Côtes-du-Nord jusqu'en 1990., est un département français situé en région Bretagne.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le . Sa préfecture et sa plus grande ville est Saint-Brieuc. Les autres principales villes sont Dinan, Guingamp et Lannion. Avec ses , il est le département le plus peuplé du pays (sur 101).

Histoire Naissance des Côtes-du-Nord vignette|centré|Carte des Côtes-du-Nord en 1790.

Le département des Côtes-du-Nord a été créé à la Révolution française, le .

Les Côtes-du-Nord et la chouannerie Le département est touché par la chouannerie dès 1793. Parmi les chefs se trouve Amateur-Jérôme Le Bras des Forges de Boishardy.

Le département prend part aussi à la troisième chouannerie, notamment par le biais de Pierre Taupin, chef chouan qui opère majoritairement dans l'Est du Trégor.. Sa femme a été guillotinée en mai 1794 sur la place du Martray de Tréguier, et ses cinq enfants ont été dispersés alors qu'il accompagnait l'évêque Augustin-René-Louis Le Mintier dans sa fuite à Jersey. Il revient donc à Tréguier pour assassiner dans son lit le chef du tribunal révolutionnaire qui a prononcé la sentence contre son épouse, un certain Leroux-Cheffdubois. Son retour fait grand bruit dans le pays, et partout son nom suscite l'effroi ; cet homme ivre de vengeance fait frissonner les Trégorrois. Il est finalement attrapé à Tréguier en 1797 et condamné au bagne en Guyane. Il parvient à s'évader dans des conditions rocambolesques et revient à Tréguier en 1799, pour prendre la tête des chouans de la Légion des Côtes-du-Nord. Partout la « bande à Taupin » sème la terreur et, malgré les efforts républicains, elle reste insaisissable. Morlaix, Lannion et Guingamp se mobilisent et se réorganisent pour tenter de le capturer, mais personne n'y parvient ; Pierre Taupin ne craint ni les canons ni les murailles. Il est partout et nulle part. Il sera finalement abattu par un coup de feu au cours du combat de Tréglamus en 1800.

Les Côtes-du-Nord participent également à la guerre de Vendée et Chouannerie de 1815.

Les Côtes-du-Nord pendant la Seconde Guerre mondiale

Les Côtes-du-Nord deviennent les Côtes-d'Armor

Au début des années 1950, le nom Côtes-du-Nord. étant jugé dévalorisant et incorrect géographiquement, le délégué hôtelier du département propose un premier référendum demandant aux personnalités des Côtes-du-Nord de donner un avis sur un changement de nom et sur les différentes propositions alors émises, parmi lesquelles « Penthièvre », « Côtes-d'Armor », « Haute-Bretagne » (ce nom sera également souhaité par le département d'Ille-et-Vilaine 50 ans plus tard) ou encore « Rance et Trégor ». En 1962, le conseil général émet un avis favorable pour Côtes-d'Armor, signifiant « côtes du pays de la mer » en français-breton (un sondage officieux réalisé par la ville de Saint-Brieuc auquel 313 communes sur 385 avaient répondu avait donné 307 voix en faveur d'« Armor » ».). Le , le département change officiellement de nom, près de trente ans après l'avis favorable du conseil général.

Pour Christian Le Bart et Thomas Procureur, tous deux docteurs en science politique, . Cela s'inscrit donc dans une démarche identitaire et de marketing territorial.

En breton, le nom est attesté sous la forme « Aodoù-an-Hanternoz » jusqu'au changement d'appellation en français. À partir de 1990, la forme en langue bretonne devient « Aodoù-an-Arvor ».

En gallo, le nom est attesté sous les formes « Côtes d'Ahaot » ou « Côtes d'Armor ».. dans les publications du Conseil départemental.

Politique

Au niveau national vignette|Nuance politique des cantons des Côtes-d'Armor à la suite des élections départementales de 2021.

Liste des députés des Côtes-d'Armor Liste des sénateurs des Côtes-d'Armor

Au niveau du département Liste des conseillers généraux des Côtes-d'Armor Liste des préfets des Côtes-d'Armor

Différents présidents se sont succédé au sein du conseil des Côtes-du-Nord : Nicolas Armez (1800–1809), Charles-Marie-Augustin de Goyon (1861–1870), Émile Depasse (1870–1874), Silvain Duval (1874–1883), Henry Gagon (1884–1892), Charles Haugoumar des Portes (1892–1894), Louis-Auguste-Marie Le Provost de Launay (1894–1898), Louis Armez (1898–1902), Albert Jacquemin (1902–1903), Eustache Ollitrault-Dureste (1903–1907), Henri de Lorgeril (1907–1910). De 1910 à 1917, Louis Armez assure la présidence du conseil général suivie de Charles Baudet durant seulement deux ans (1918–1920)Conseil départemental des Côtes-d'Armor..

Le président Raymond Poincaré passe par Saint-Brieuc en 1914.

En 1920, le vicomte Gustave de Kerguezec est élu président du conseil général. Il assure ses responsabilités pendant dix ans avant d'être remplacé par Charles Meunier en 1930.

Michel Geistdoerfer est révoqué par sa municipalité de Dinan en décembre 1940 et remplacé par le notaire Aubry. Octave Brilleaud, maire de Saint-Brieuc est révoqué à la demande de l'occupant — comme le maire RI de Pléneuf — car c'est un dignitaire de la franc-maçonnerie, remplacé par un professeur du lycée en retraite : E. Chrétien.

Pour conforter sa base politique, Vichy nomme le une commission administrative de 9 membres, dont 6 élus du suffrage universel et 4 anciens conseillers généraux. La région de Dinan n'est pas représentée, car craignant l'influence de Michel Geistdoerfer, encore forte sur les élus.

L'épuration des édiles compromis est rondement menée dans 3 communes sur 4 dès la mi-octobre 1944, par un Comité départemental de libération (CDL) très actif qui règle les nombreux conflits. Le jour même de la Libération, les délégations spéciales prévues sont installées dans les villes. À Saint-Brieuc, elle est présidée par l'industriel modéré Roycr du CDL. À Loudéac, Henri Le Vézouët, révoqué en 1942, retrouve sa mairie, de même que Geistdoerfer (du CDL) à Dinan, mais avec beaucoup plus de difficultés car une partie des Forces françaises de l'intérieur (FFI) locales en armes s'y oppose. Le conflit est arbitré provisoirement par le président du CDL, H. Avril, un ancien député radical (1919–1924) qui adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), mais tranché par les électeurs en 1945. La liste conduite par le pharmacien Aubert, ancien adjoint du maire nommé par Vichy, sous couvert des mouvements de Résistance (8 FN, 2 UFF, 1 MLN) mais en fait modérée et de droite, bat la municipalité de gauche réinstallée de Geistdoerfer. C'est l'un des rares cas de basculement à droite d'un conseil municipal des Côtes-du-Nord à la Libération. Des tensions se produisent aussi à Guingamp. La tâche essentielle du Comité local de libération (CLL), présent dans 378 communes, souvent présidé par le maire, consiste à mener à bien cette épuration municipale. Parfois le président du CLL devient le maire de la Libération, parfois la population refuse de remplacer des maires vichyssois sanctionnés par le CDL (3 cas dans le Trégor). Mais au total, et malgré l'échec de Vichy à rallier durablement les notables, l'épuration municipale de la Libération est sévère puisque 1870 nouveaux conseillers municipaux sont nommés en 1944, 36,1 % du nombre de 1935. Elle est plus forte dans l'ouest bretonnant et plus résistante (48 % de nouveaux membres dans la région de Guingamp) qu'en pays gallo, beaucoup plus modéré. Elle concerne aussi le conseil général provisoire (32 anciens écartés pour 13 maintenus) où des personnalités comme René Pleven se font nommer.

Le Parti communiste sort renforcé de la clandestinité et jouit désormais d'une forte implantation rurale dans les Côtes-du-Nord. La SFIO (socialiste) se reconstitue. Au centre, le Mouvement républicain populaire (MRP) se crée à l'automne 1944 autour de chrétiens résistants et entraîne les électeurs de droite qui sanctionnent ainsi les partis compromis avec Vichy et la collaboration.

Le conseil général des Côtes-du-Nord 12 élus communistes et 8 de la SFIO.

En 1960, le général de Gaulle effectue une visite officielle en Bretagne au cours de laquelle il se rend dans les Côtes-du-Nord.

Charles Josselin est président du conseil général de 1976 à 1997.

Le , Bruno Joncour remporte les municipales à Saint-Brieuc face à Michel Brémont. Pour la première fois depuis 39 ans, la ville bascule à droite.

En , à la suite des résultats du premier tour des élections présidentielles et le maintien du candidat Jean-Marie Le Pen au second tour, défilent Saint-Brieuc pour s'opposer à la montée de l'extrême droite.

Alors que le département est ancré à gauche depuis près de , les Côtes-d'Armor basculent à droite en 2015 avec comme nouveau président l'eurodéputé UMP Alain Cadec, élu le 2 avril 2015 avec sur 54.

En 2020, Romain Boutron est élu président du conseil départemental.

À la suite des élections départementales de 2021, le département rebascule à gauche et Christian Coail est élu président le .

Drapeau et blason vignette|redresse|Drapeau des Côtes-d'Armor.

Le conseil départemental des Côtes-d'Armor utilise un logo conçu dans les années 1980 par l'agence Alexandre, basée à Rennes.

Un ancien drapeau non officiel de ce département est également connu. Il est basé sur la composition héraldique de Robert Louis augmentée d'une bordure jaune..

Le département ne dispose pas de blason officiel.

Géographie Les Côtes-d'Armor font partie de la région Bretagne et sont limitrophes du Finistère à l'ouest, du Morbihan au sud et de l'Ille-et-Vilaine à l'est.

Paysages et relief La partie nord et orientale du département est formée de « plateaux » d'altitude comprise principalement entre 50 et (quelques buttes dépassent ) et nettement entaillés par les principaux cours d'eau. En bord de mer, ces entailles constituent des rias encaissées dans les zones côtières surélevées ou sur des falaises. Le Sud et le Sud-Ouest présentent une morphologie plus marquée et plus élevée ; l'altitude atteint et dépasse fréquemment notamment au niveau d'une zone en relief orientée ONO-ESE et constituée pour partie de la terminaison orientale des monts d'Arrée et des monts du Mené E. Égal, « Carte géologique harmonisée du département des Côtes-d'Armor. Notice technique », Rapport final BRGM/RP-58657-FR, juin 2010, ..

Le point culminant du département se situe au sud-est au mont Bel-Air à d'altitude.

Littoral vignette|300x300px|Îles de Buguélès

Le département compte de commerce., de pêche et de plaisance dont commerciaux ainsi que immatriculés dans les Côtes-d'Armor.

Le littoral costarmoricain est également composé de plusieurs archipels d'îles et d'îlots :

« D'ouest en est : » Île Milliau ; Île Aganton ; Molène ; Île-Grande ; Sept-Îles ; Île Tomé ; Îles de Buguélès (entre autres l'île Illiec) ; Île de Pors Scaff ; Île d'Er ; Sillon de Talbert ; Île Maudez ; Île-de-Bréhat ; Archipel des Ébihens.

Climat

Le climat des Côtes-d'Armor est océanique, donc tempéré. Le vent de nord-ouest (« noroît » en français, « gwalarn » en breton) domine..

Économie

Agriculture