L'art de se taire, principalement en matière de religion est publié par l'Abbé Dinouart en 1771. Néanmoins, l'ouvrage est ouvertement inspiré par des publications du siècle précédent :
Il s'agit en réalité de la Conduite pour se taire et pour parler, principalement en matière de religion datant de 1696 et attribué à Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde et à Jacques du Rosel. L'ouvrage est divisé en deux parties, symétriques par leur idée directrice, la première traitant de l'art de se taire quand il le faut et comme le faut, la seconde de l'art d'écrire avec mesure, mais toutefois déséquilibrées, la seconde partie étant plus développée.
thumb|right|alt=image manquante|Notre-Dame de Senlis invite le visiteur au silence
Structure principale du texte L'ouvrage s'ouvre sur une courte préface où l'Abbé Dinouart présente les ambitions de son livre, qu'il présente comme tout à fait novateur, et qu'il dédie ouvertement aux philosophes des Lumières dont il condamne le délire.
Première partie Introduction Chapitre I : principes nécessaires pour se taire Chapitre II : différentes espèces de silence Chapitre III : les causes des différentes espèces de silence Seconde partie Introduction Chapitre I : on écrit mal Chapitre II : on écrit trop Chapitre III : on n'écrit point assez Chapitre IV : principes nécessaires pour s'expliquer par les écrits et par les livres
Les principes pour bien se taire Dinouart rassemble 14 principes nécessaires pour se taire.
Il ne faut parler que si cela vaut mieux que le silence. Il y a un temps pour se taire, comme il y a un temps pour parler. Il faut d'abord se taire, condition nécessaire pour bien parler ensuite. Se taire quand on doit parler vaut au moins parler quand on doit se taire. En général, on risque moins à se taire qu'à parler. On n'appartient jamais autant à soi que lorsque l'on se tait. Il se doit de bien réfléchir à ce que l'on va dire avant de parler à voix haute, par crainte de repentir. Pour garder un secret, le silence ne connaît pas d'excès. Il n'y a pas plus de mérite à expliquer ce que l'on sait qu'à se taire sur ce que l'on ignore. Le silence tient parfois lieu de sagesse à un homme borné, et de capacité à un ignorant. Mieux vaut passer pour n'être pas un grand génie du fait de son silence, que pour un fou en parlant trop. Un homme courageux parle peu et agit beaucoup. De même, un sage ne parle que pour des choses raisonnables. Une passion trop grande pour dire une chose doit nous retenir même de la dire. Le silence ne doit pas empêcher la sincérité.
Dans la seconde partie, ces principes sont appliqués à l'identique à l'écriture.
Dinouart contre les Lumières Dinouart se pose en fervent adversaire des philosophes des Lumières. On peut retenir notamment deux critiques parmi d'autres à leur encontre. Tout d'abord, Dinouart condamne fermement tout discours à l'encontre de la religion, mais aussi du pouvoir du prince. C'est sur ce point qu'il ouvre :
et clôt son ouvrage :
Dinouart considère aussi tout discours scientifique comme peine perdue, car cherchant à forcer les mystères de Dieu, qui sont impénétrables :
Liens externes L'art de se taire, principalement en matière de religion, par M. l'abbé Dinouart, édition de 1771, sur Gallica L'art de se taire, principalement en matière de religion : 1771, par M. l'abbé Dinouart. Précédé de Silences du langage, langages du visage à l'âge classique, par Jean-Jacques Courtine et Claudine Haroche (1987) sur Gallica Abbé Dinouart, L'art de se taire (1771), préface d'Antoine de Baecque, Paris, Payot, coll. "Petite Bibliothèque Payot", 2011
Catégorie:Livre paru en 1771 Catégorie:Œuvre philosophique du XVIIIe siècle Catégorie:1771 en philosophie