vignette|Nanoparticules d'argent, vues au microscope électronique.
Le est un nanomatériau à base d'atomes d'argent, produit sous forme de nanoparticules par des nanotechnologies. En solution, il porte le nom d'.
En 2008, selon les producteurs, environ /an de nano-argent auraient déjà été produites dans le monde, sous forme d'ions argent, de particules d'argent protéinées (silver proteins) ou de colloïdes utilisés comme biocide, avril 2009, 91. Les nanoparticules les plus vendues et les plus diffusées dans l'environnement en 2004 étaient du nano-argent ou à base de nano-argent (56 % du total de la production), devant le carbone (17 %) et le zinc (7 %)..
En raison de son échelle nanométrique qui lui confère une énorme surface développée, pouvant s'associer à un grand nombre de ligands, il fait l'objet d'évaluations de son efficacité potentielle comme médicament, de sa toxicité et concernant ses coûts.
Le nano-argent et l'argent massif ont des propriétés très différentes ; c'est un puissant biocide pour divers organismes et micro-organismes notamment, propriété que les secteurs de l'industrie pharmaceutique, des pesticides ou agroalimentaire cherchent à utiliser et à valoriser. Mais il pose aussi des problèmes de risques en santé-environnement (toxicologie, écotoxicologie)Voir les références compilées sur la page Risques associés au nanoargent du site veillenanos.fr, régulièrement mise à jour par l'Association de Veille et d'Information Civique sur les Enjeux des Nanosciences et des Nanotechnologies (AVICENN). ; en particulier, il peut s'accumuler dans le foie et le cerveau, avec une toxicité cellulaire et neuronale démontrée ; dans les cellules, il génère des espèces réactives de l'oxygène (ROS, toxiques pour les cellules) et perturbe des structures cellulaires majeures telles que le cytosquelette, les mitochondries et les synapses et enfin, sa translocation vers le cerveau au travers de la barrière hémato-encéphalique peut être accrue chez certains malades (infection, maladies inflammatoires systémiques et méningite). Il suscite donc des préoccupations en raison du nombre croissant de personnes exposées à mesure que ses applications se développent.
Vocabulaire et étiquetage Le mot nano-argent décrit théoriquement le nanomatériau lui-même, constitué de différents agencements d'atomes d'argent, éventuellement combinés avec d'autres atomes (nanocomposite). Des discussions terminologiques existent, car si la production de nano-argent aurait été multipliée par 500 de 2000 à 2004 selon ses producteurs, certains produits (argent protéiné notamment) usurpent le nom de nano-argent, l'argent n'y étant présent qu'à des tailles microniques). L'étiquetage informe rarement sur l'efficacité (variable) de ces produits.
Usages Ils sont déjà nombreux, alors que l'évaluation toxicologique et écotoxicologique n'a pas eu lieuInventaire suisse de l'utilisation des nano-argents. : bactéricide (1/ de la production) ; additif pour le textile (exemple : chaussettes et vêtements bactéricides et anti-odeurs) ; cosmétiques, déodorant ; sprays ; revêtements de matériaux métalliques (réservoirs métalliques d'aspirateurs sans sac) ; plastiques d'emballage alimentaire ou d'objets devant avoir des vertus biocides ; touches d'appareils mobiles ou d'ordinateurs (Samsung notamment) ; vernis ; peintures ; plans de travail, plans de découpe ; pansements ; parois de réfrigérateurs ; éléments de climatiseurs ; emballage pour contact alimentaire... ; matériel diffusant via un système électrolytique du nano-argent dans l'eau de la douche (en 2008, selon la publicité) ; machine à laver le linge diffusant du nano-argent (400 millions d'ions argent par cycle de lavage et rinçage selon la ) ; pulvérisation de nano-argent et nano-titane sur les parties souvent touchées par les mains dans les transports publics à Hong-Kong (MTR Corporation) ; produit désinfectant utilisés en sprayRapport final d'information (Étude de Cas d'un nanomatériaux) publié par l'EPA, Nanomaterial Case Study: Nanoscale Silver in Disinfectant Spray (Final Report) (Argent nanométrique en spray désinfectant) , aout 2012, 423, réalisé dans le cadre du Programme nano de l'EPA ; (résumé), ou destiné à être apposé sur les préservatifs, contre les maladies sexuellement transmissibles.
Historique Historiquement, l'argent colloïdal a été utilisé pour traiter diverses maladies de la fin du jusque dans les années 1940, avec le développement d'antibiotiques modernes et d'inquiétudes concernant ses effets secondaires (principalement l'argyrisme).Depuis les années 1990, l'« argent colloïdal » (nano-argent en solution liquide) a été publicisé comme médicament alternatif, souvent présenté comme « guérissant-tout », ce qui n'a jamais été démontré scientifiquement.L'argent colloïdal a cependant un effet anti-bactérien in vitro, dont sur les souches multi-résistantes de Staphylococcus aureusAleš Panáček, Libor Kvítek, Robert Prucek, Milan Kolář, Renata Večeřová, Naděžda Pizúrová, Virender K. Sharma, Tat‘jana Nevěčná et Radek Zbořil, Silver Colloid Nanoparticles: Synthesis, Characterization, and Their Antibacterial Activity, Journal of Physical Chemistry, 2004..
Dans les années 1970, le Robert O. Becker à l'université de médecine de Syracuse puis à Washington décrit des résultats positifs dans le traitement d'infections « incurables » par l'argent colloïdal,
Hors ces travaux, il n'y a pas de preuve que l'argent colloïdal absorbé traite ou prévienne aucune condition médicale alors qu'il peut causer des effets secondaires sérieux et potentiellement irréversibles comme l'argyrisme.. En conséquence, en la Food and Drug Administration (FDA) a interdit les mentions lui prêtant une quelconque propriété thérapeutique ou préventiveFederal Register /Vol. 64, No. 158 /Tuesday, August 17, 1999 /Rules and Regulations, malgré l'interdiction de nombreux sites web continuent d'attribuer des propriétés antibiotiques ou un usage médical du colloïde d'argent, ce qui a amené la FDA a émettre des lettres d'avertissement.... Les autorités médicales déconseillent l'ingestion de préparations contenant de l'argent colloïdal à cause de leur manque d'effets bienfaisants prouvés et à cause du risque d'effets secondaires néfastes tels que l'argyrisme.
En 2002, l'autorité australienne « Therapeutic Goods Administration » (TGA) indique n'avoir trouvé aucun usage médical légitime de l'argent colloïdal, et aucune preuve de ce qu'avance le marketing de ce produit.. Le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH) des U.S.A. alerte que les affirmations du marketing autour de l'argent colloïdal n'ont aucune base scientifique et que la concentration en argent des différents produits varie énormément, et qu'ils peuvent avoir des effets indésirables grave comme l'argyrisme. En 2009, l'USFDA publie un bulletin d'avertissement sur les effets indésirables potentiels de l'argent colloïdalFDA Consumer Advisory (October 6, 2009). Dietary Supplements Containing Silver May Cause Permanent Discoloration of Skin and Mucous Membranes (Argyria)..
Quackwatch annonce que les études ont montré que l'argent colloïdal n'est pas sans risque alors qu'il n'a aucune efficacité pour quelque traitement que ce soit.. Consumer Reports liste l'argent colloïdal comme « complément à éviter » en le décrivant comme « probablement à risque ».. Le Los Angeles Times publie que l'argent colloïdal comme « guérit-tout » est une . Dans certaines juridictions comme en Suède l'argent colloïdal est tout simplement interdit à la vente pour la consommation..
Formes Les nanoparticules d'argent peuvent constituer de 50 % à 80 % du poids de l'argent d'un colloïde, les 20 à 50 % restant étant des ions argent.
Différents types morphologiques peuvent être produits en contrôlant les phénomènes de précipitation et de cristallisation ; cubes, cubes creux, sphères, particules à facettes (dont « en diamants »), grains pyramidaux dont la réactivité et les propriétés (toxicité notamment) varientGraf G , A General Method To Coat Colloidal Particles with Silica. Langmuir, juillet 2003 |19 (17): 6693–6700, .. d'une concentration à 1 ppm de nanoparticules d'argent représente de ces particules Paris, 2 avril 2009..
Risques thumb|upright=1.1|Forme généralisée d'argyrisme chez un patient ayant utilisé un traitement à l'argent pendant plusieurs années. De nombreux risques et dangers liés à diverses tailles et formes de nanoargent ont été démontrés pour l'Homme, les animaux, les plantes et les écosystèmes, par des dizaines d'études, mais les fabricants ou revendeurs semblent les estimer peu nombreux et peu importants. Les souhaits des industriels d'utiliser plus de nano-argent (par exemple dans les emballages) ne pourrait selon eux conduire à des seuils jamais observés à ce jour dans la nature.
Toxicité La toxicité de l'argent pour l'humain est connue depuis longtemps pour les fortes doses, et pour une exposition chronique à de faibles doses aux sels d'argent. Dans ces deux cas, une argyria (maladie due à l'absorption de fortes doses d'argent, se traduisant notamment par un bleuissement de la peau qui devient bleue ou bleu-gris-noir) est possible.
Des interrogations fortes sont nées à propos de la sécurité des nanoparticules argentiques, même à faible dose, après leur rapide généralisation d'usages dans certains secteurs médicaux et paramédicaux, car d'après ce que l'on a découvert sur le modèle animal, leurs effets sont a priori très différents de ce qu'on connaît de l'argyrisme. De plus ; or, c'est dans les dispositifs médicaux et paramédicaux qu'on a le plus de risque d'être en contact avec ces nanoparticules.
On a par exemple récemment (2008) montré que l'argent peut négativement affecter les cellules humaines, avec d'importantes différences selon la taille des particules en cause.. Chez d'autres mammifères, Ahamed & al. ont en 2008 observé des dommages à l'ADN induits par le nano-argent.
Une étude (2009) a montré que les nanoparticules d’argent pénètrent dans les cellules souches mésenchymateuses humaines (hMSCs), en les affectant d'autant plus que le taux d'argent dans les hMSCs était élevé, dès 2,5 μg mL−1, avec des réactions cytotoxiques au-dessus de 5 μg mL−1. Une libération de cytokines (IL-8) par la cellule a été observée, démontrant une activation cellulaire, avant l'apparition de signes de cytotoxicité, mais en quantités différentes selon que l'argent était nanoparticulaire ou sous forme ions Ag+. Et les taux d'IL-6 et VEGF ont diminué simultanément par rapport au groupe témoin. La synthèse de IL-11 n’a pas été affectée à différentes concentrations de Ag-NP. Cette même année, Asharani et al. (2009) s'intérrogent sur la cytotoxicité et génotoxicité du nano-argent.
Sous certaines formes (sels), l'argent et peut provoquer l'argyrisme.
Le registre fédéral des États-Unis liste comme source d'argyrisme plusieurs « sels d'argent » : les nitrates d'argent, arsphénamine d'argent, chlorure d'argent et « peut-être » l'iodure d'argent. Ces sels contiennent de l'argent en proportions diverses. Certains estiment qu'il faut classer différemment l'argent pur utilisé en nano-argent.
De nombreux experts craignent aussi une apparition puis augmentation de résistances bactériennes au nano-argent, comme on le constate pour de nombreux antibiotiques majeurs (ex : bêta-lactamines qui représentent 50 % des prescriptions médicales) et par suite une augmentation de certaines maladies nosocomiales.
Même si l'exposition aux nano-particules d'argent (AgNP) diminue l'accumulation dans l'organisme du cuivre et de l'arsenic, sans pour autant modifier leur toxicité, elle conduit à une bioaccumulation nettement supérieure du cadmium, associée à une toxicité accrue.
Certains usages médicaux sont discutés