La , abrégée BPCO, est un des groupes de maladies chroniques systémiques respiratoires, affectant en général les bronches puis les poumons. Au Canada, la maladie est aussi appelée (MPOC)..
Sa prévalence est difficile à estimer à cause du sous-diagnostic, mais elle constitue la troisième cause de décès dans le monde avec de décès en 2019, touchant pour 80 % des pays peu ou moyennement développéshttps://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/chronic-obstructive-pulmonary-disease-(copd). En France, cette pathologie aurait fortement augmenté depuis quelques décennies (probablement pour partie en lien avec le vieillissement de la population, le tabagisme et la pollution de l'airRafenberg C, Dixsaut G & Annesi-Maesano I (2015) Évaluation à minima du coût de la pollution atmosphérique pour le système de soin français. Environnement, Risques & Santé, 14(2), 135-150.). C'est l'une des causes possibles de la mort subite de l'adulteWaldmann V, Bougouin W, Karam N, Albuisson J, Cariou A, Jouven X & Marijon E (2017). Mort subite de l’adulte: une meilleure compréhension pour une meilleure prévention. Journal Européen des Urgences et de Réanimation, 29(4), 327-336.|résumé.
80 % des cas de BPCO seraient imputables au tabac..
Définition Au niveau respiratoire, la BPCO est caractérisée par une obstruction lente et progressive des voies aériennes et des poumons, associée à une distension permanente des alvéoles pulmonaires avec destruction des parois alvéolaires. La BPCO est caractérisée par la diminution non complètement réversible des débits expiratoiresSociété de Pneumologie de Langue Française, BPCO, Comité National contre les maladies respiratoires, BPCO, Garnier & Delamare, Dictionnaire des termes de médecine, Maloine, Paris, 2002, . Elle est classiquement associée à la bronchite chronique et à l'emphysème pulmonaire .
On soupçonne que l'inflammation chronique des poumons entraîne les dysfonctionnements constatés au niveau musculaire. Chez le patient atteint de BPCO, le métabolisme anaérobie se retrouve préférentiellement sollicité, au détriment du métabolisme aérobie. La surutilisation de cette filière énergétique entraîne une hyperlactatémie et une acidose chronique. Par effet de rétrocontrôle, l'hyperlactatémie va déclencher une augmentation de la fréquence respiratoire et une aggravation de la dyspnée. L'entretien et la restauration du fonctionnement du métabolisme aérobie apparaît aujourd'hui comme un enjeu majeur de réadaptation en faveur de la qualité de vie des patients souffrant de BPCO.
Les causes principales de cette maladie sont le tabagisme (cause la mieux documentée) et d'autres formes de pollution de l'airDesqueyroux H& Momas I (2001) Impact à court terme de la pollution atmosphérique urbaine sur l'insuffisance respiratoire par bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Synthèse des études, en France en 2001 était évaluée par des épidémiologistes entre 15 et 20 %. La pollution de l'air est aussi un facteur aggravant, et il semblerait que notre modèle de production (combustion d'hydrocarbure, pesticides, pollution de l'eau, diffusion de méthane en masse provoquant l'effet de serre) n'aille pas dans un sens où les BPCO pourraient diminuerAmiot N, Tillon J, Viacroze C, Aouine H & Muir J.F (2012) Répercussions des fluctuations de la pollution atmosphérique chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive. Revue Française d'Allergologie, 52(1), 36-41.. Des différences et similitudes existent entre les BPCO d'origine tabagique et professionnellesSoumagne T, Caillaud D, Degano B & Dalphin J.C (2017) BPCO professionnelles et BPCO post-tabagique: similarités et différences. Revue des Maladies Respiratoires|résumé..
Synonymes broncho-pneumopathie obstructive ; broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).
Diagnostic Le diagnostic précis est basé sur les valeurs d'une épreuve fonctionnelle respiratoire qui quantifie l'obstruction à l'expiration. Cependant, les valeurs considérées comme seuils en deçà desquelles on parle de BPCO varient légèrement d'un pays à l'autre ce qui complique les comparaisons et statistiques épidémiologiques mondiales.
Bien que la BPCO soit un véritable enjeu de santé publiqueFuhrman, C., & Delmas, M. C. (2010). Épidémiologie descriptive de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) en France. Revue des Maladies Respiratoires, 27(2), 160-168., au début du , cette exploration reste loin d'être systématique, entraînant le non-diagnostic d'une proportion importante de patients (ex : 40 à 50 % des cas en Grande-Bretagne G Devereux, « » BMJ 2006;332:1142-1144.).
Des chercheurs espèrent pouvoir bientôt détecter dans l'air expiré des « marqueurs » permettant de mieux diagnostiquer cette maladie et en suivre l'évolution sans avoir à utiliser de techniques invasives (telles que le lavage bronchoalvéolaire) ou des appareils coûteux et sophistiqués comme cela est souvent nécessaire aujourd'hui I. Horvath, J. Hunt, P.J. Barnes, K. Alving, A. Antczak, E. Baraldi, (2005) Exhaled breath condensate: methodological recommendations and unresolved questions ; European Respiratory Journal, 26 (3) (Sept), pp. 523-548 Larsson P, Mirgorodskaya E, Samuelsson L, Bake B, Almstrand A.C, Bredberg A & Olin A.C (2012) Surfactant protein A and albumin in particles in exhaled air. Respiratory medicine, 106(2), 197-204..
Épidémiologie Prévalence : Il est estimé que la bronchopneumopathie chronique obstructive atteint surtout les adultes de plus de et sa fréquence augmente avec l'âge.
La BPCO est la quatrième cause de mortalité dans le monde en 2021.
Mortalité par BPCO : elle a augmenté de 47 % entre 1979 et 1993 aux États-Unis et a doublé chez la femme entre 1980 et 1995 au Canada. La BPCO est en augmentation constante depuis avec plus de de malades dans le monde, soit 4 à 10 % de la population adulteMinistère de la Santé, juillet 2005.. Elle atteindrait près de 10 % de la population adulte des pays occidentaux Buist AS, McBurnie MN, Vollmer WM et Als, International variation in the prevalence of COPD (The BOLD Study): a population-based prevalence study, Lancet, 2007 ; 370 :741-750.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à le nombre de morts dus à la BPCO en 2000 dans le monde. Elle prévoit qu'en 2020, cette affection sera la troisième cause de mortalité par maladie dans le monde en raison du tabagisme, notamment celui des femmes.
Épidémiologie en France Au début des années 2000 la BPCO était responsable ou liée à au moins 15 000 décès par an chez les plus de 45 ans. En 1993, 20 % des patients atteints de BPCO étaient des femmes. En 2024, les femmes constituent 40 à 45 % des malades, probablement car elles sont de plus en plus nombreuses à fumer. En 2023, 27 % des Françaises fument .
Causes Tabac : Le tabagisme est la principale cause de la bronchopneumopathie chronique obstructive. À lui seul, il est responsable de 80 % des cas de cette maladie. Le tabagisme passif (l'une des causes fréquentes de pollution de l'air intérieur) augmente également les risques de développer la maladie ; Génétique : Une déficience en alpha-1-antitrypsine, d'origine génétique, peut aussi être une cause d'emphysème, mais elle est rare (moins de 1 % des cas) ; Asthme : Un asthme (chronique et/ou asthme professionnel) peut évoluer vers une BPCOJouneau S (2006) Facteurs de risque de la BPCO : au-delà de la cigarette. Revue des Maladies Respiratoires, 23(5), 20-24. ;
Qualité de l'air : La pollution atmosphérique et la pollution de l'air intérieur jouent un rôle certainAllain Y-M, Roche N & Huchon G (2011) Pollution atmosphérique, facteur de risque des BPCO ? Revue française d'allergologie, Vol. 51, , janvier 2011, 41-55 (résumé)Y.-M. Allain, N. Roche, G. Huchon (2010), Pollution atmosphérique, facteur de risque des BPCO ? Revue des Maladies Respiratoires, Volume 27, Issue 4, April 2010, 349-363 (résumé) ; les émanations de foyers chauffant des aliments ou des pièces au bois ou au charbon de bois, voire au charbon dans des installations sommaires, vétustes ou polluantes de l'air intérieur sont des causes de BPCO ; de même pour les particules (minérales ou organiques) inhalées lors des activités de loisir et surtout dans certains environnements professionnels (industries chimique, pétrochimique, pharmaceutique, métiers manipulant des solvants, des acides, fabrications d'encres, travail en milieu/salle stérile – froide, humide et en air conditionné travaux publics et du bâtiment, certaines formes d'artisanat, meulage, sciage, perçage ou ponçage de tous matériaux riches en siliceDangers, expositions et risques relatifs à la silice cristalline Rapport d’expertise collective – Saisine « — Silice cristalline » | mars. et en particulier du béton ou de substrats contenant des granulats routiers…) ont un rôle néfaste pour les poumons et peuvent causer la maladie ou y contribuer.En France vers 2005, la fraction de risque attribuable aux expositions professionnelles est évaluée entre 15 et 20 %Benard E, Detournay B, Neukirch F, Pribil C & El Hasnaoui A (2005). Prévalence de la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) : estimation pour la France. La Lettre du pneumologue, 8, 158-63.. Dans ces cas, les patients atteints de BPCO peuvent alors être relativement jeunes.
Le système immunitaire dans la bronchopneumopathie chronique obstructive Les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive présentent un nombre accru de macrophages dans leurs voies respiratoires et leur interstitium. Cependant, la fonction de ces macrophages est fortement altérée. Les macrophages alvéolaires dans la bronchopneumopathie chronique obstructive présentent une expression altérée des récepteurs Toll-like qui sont essentiels à la détection des motifs moléculaires associés aux dommages et des motifs moléculaires associés aux pathogènes. De plus, ces macrophages alvéolaires ont des capacités phagocytaires réduites qui peuvent entraîner une inflammation accrue. Des niveaux accrus d'interleukine-8, de facteur de nécrose tumorale α, dérivé réactif de l'oxygène et de métalloprotéinase matricielle 12 sont produits par les macrophages alvéolaires chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive. Ces facteurs exacerbent l’inflammation et provoquent des lésions tissulaires. Quant aux macrophages interstitielles, on sait peu de choses sur leur rôle dans la bronchopneumopathie chronique obstructive. Les options thérapeutiques actuelles se concentrent sur la réduction des symptômes de la bronchopneumopathie chronique obstructive plutôt que sur l’inversion de la progression de la maladie. Par conséquent, les chercheurs ont envisagé de cibler les macrophages pulmonaires pour restaurer la fonction pulmonaire. Il a été démontré que le déplacement de la fonction des macrophages vers un phénotype anti-inflammatoire en réduisant le stress oxydatif et en supprimant la libération de médiateurs pro-inflammatoires restaure la fonction phagocytaire des macrophages pulmonaires, améliorant ainsi la pathogenèse de la maladie.
Examens complémentaires vignette|Une radiographie pulmonaire montrant une BPCO sévère ; on note la petite taille du cœur par rapport au thorax. Épreuve fonctionnelle respiratoire ; Radiographie pulmonaire pour les épisodes aigus ; Gazométrie artérielle ; Culture des expectorations (ECBC).
Évolution et complications La plus fréquente parmi les complications de la BPCO est l'insuffisance respiratoire. Il peut également se produire des complications neurologiques, cardiovasculaires ou musculaires. L'insuffisance respiratoire consiste en l'incapacité pour le système respiratoire (poumons et bronches) d'assurer sa fonction d'oxygénation du sang et des organesMuir J.-F. ; Bronchopneumopathies chroniques obstructives et leurs complications : épidémiologie, étiologie, physiopathologie, diagnostic, évolution, prévention, traitement, posologie de l'oxygénothérapie; La Revue du praticien; 1995, , , .