Novi Sad (en serbe cyrillique : ; ) est une ville et une municipalité de Serbie située dans le district de Bačka méridionale, et la capitale de la province autonome de Voïvodine. Selon les données du recensement de 2011, la ville intra muros compte , la municipalité .. et le territoire métropolitain de Novi Sad, appelé ville de Novi Sad ( et ), .
Novi Sad, située aux confins des régions de la Bačka et de la Syrmie, est la capitale de la Voïvodine. Par sa population, elle est la deuxième ville de Serbie après Belgrade. Depuis sa fondation en 1694, elle est devenue l'un des centres les plus importants de la culture serbe, ce qui lui a valu le surnom d'« Athènes serbe ». Novi Sad est aujourd'hui un important centre économique et financier du pays.
Nom de la ville En serbe, le nom de Novi Sad signifie « le nouveau sillon ». Comme la ville est située à un carrefour de peuples et de cultures, elle est connue sous différents noms dans différentes langues. Aujourd'hui, le nom officiel de Novi Sad, tel qu'il est utilisé par les autorités locales est celui de en serbe cyrillique. En hongrois, elle porte le nom de , en slovaque celui de . En rusyn, elle s'appelle Город Нови Сад, en allemand , en latin et en bulgare du Banat Mlada Loza.
L'expression Grad Novi Sad, en alphabet latin, en français ville de Novi Sad, renvoie à l'une des quatre subdivisions administratives officielles de la Serbie ; les trois autres Villes sont Belgrade, Kragujevac et Niš. Dans un sens plus restreint, le nom de Novi Sad se réfère à la municipalité de Novi Sad, c'est-à-dire à l'une des deux municipalités qui composent la ville de Novi Sad ; la seconde municipalité de la Ville est celle Petrovaradin). Novi Sad peut aussi désigner la zone urbaine de la ville de Novi Sad, qui outre la vieille cité de Novi Sad inclut également les villes de Sremska Kamenica et de Petrovaradin. Novi Sad peut aussi, au sens le plus restreint du terme, désigner le cœur historique ancien de la zone urbaine de Novi Sad, c'est-à-dire la ville de Novi Sad (ville avec une minuscule), en excluant Sremska Kamenica et Petrovaradin).
Géographie vignette|Vue satellite de Novi Sad. Novi Sad est située dans la province autonome de Voïvodine. Avec ses alentours, Novi Sad forme un ensemble appelé ville de Novi Sad, qui couvre une superficie de Data from Serbian Statistical Office.Le site officiel de Novi Sad indique une superficie de : cf. Situation géographique de Novi Sad.. Mais Novi Sad, au sens restreint du terme, couvre une superficie de . La ville est située sur les rives du Danube et sur une petite section du canal Danube-Tisa-Danube.
Le territoire de la municipalité est séparé en deux parties : l'une est située dans la région de la Bačka, l'autre dans la région de Syrmie. Le Danube constitue une limite naturelle entre les deux ensembles. La partie située dans la Bačka se trouve dans une des parties les plus méridionales de la plaine pannonienne, tandis que la partie située en Syrmie est située sur les pentes du massif montagneux de la Fruška gora (un horst).
Climat Novi Sad dispose d'une station météorologique située à d'altitude dans le quartier de Rimski Šančevi (coordonnées ) ; elle enregistre des données depuis sa fondation en 1860.. Le climat de la ville est de type continental modéré, avec une température moyenne annuelle de pour la période 1981-2010 ; janvier est le mois le plus froid de l'année, avec une température moyenne de ; avec une moyenne de , juillet est le mois le plus chaud de l'année.. Pour la même période, la moyenne des précipitations annuelles est de , avec les précipitations mensuelles les plus faibles en février et les plus élevées en juin. La température la plus basse enregistrée à Novi Sad a été de , le ; la température la plus élevée a été de , le ; le record de précipitations en une seule journée a été établi à le .
Un vent du sud-est appelé « Košava », venu des Carpates, apporte souvent un temps clair et sec. Il souffle surtout en automne et en hiver, à des intervalles de deux ou trois jours. La vitesse moyenne de ce vent est de 25 à , avec des pointes occasionnelles à . En hiver, accompagné d'une tempête de neige, il peut former des congères. Il peut également faire descendre localement la température à .
+ 20px Relevés à la station météorologique de Novi Sad - Rimski Šančevi () - Période 1981-2010Mois/Année Jan Fev Mars Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Dec AnnéeTempératures maximales moyennes (°C) 3,7 6,1 12,0 17,7 23,0 25,8 28,1 28,3 23,6 18,0 10,5 4,8 16,8 Températures moyennes (°C) 0,2 1,6 6,4 11,8 16,6 17,3 21,9 21,6 16,9 11,8 5,9 1,511,4Températures minimales moyennes (°C) -3,1 -2,4 1,5 6,2 11,3 14,1 15,5 15,3 11,4 6,9 2,2 -1,5 6,5Précipitations moyennes (mm) 39,1 31,4 42,5 49,2 63,0 91,4 64,3 57,5 53,8 52,7 53,8 48,8 647,3Source: Institut hydrométéorologique de la république de Serbie
Pour la période 1960-1981, la température moyenne annuelle s'établissait à et le total des précipitations annuelles à .
Histoire Avant la fondation de la ville : de la Préhistoire à la période ottomane vignette|upright=1.2|Zone d'influence des Scordisques du au
Sur le territoire de l'actuel secteur urbain de Novi Sad, les archéologues ont mis au jour les vestiges d'une présence humaine remontant à l'âge de la pierre (vers 4500 ) ; plusieurs localités et des nécropoles ont été découvertes lors du percement du Bulevar Evrope (le « boulevard de l'Europe ») dans le quartier d'Avijatičarsko naselje, qui furent datées de 5000 .. Lors de fouilles, une autre localité, datant du début du Paléolithique (19000 à 15000 ), a été repérée sur la rive droite du Danube, à l'emplacement de l'actuelle forteresse de Petrovaradin..
vignette|gauche|upright=0.8|Casque romain en or, Musée de Voïvodine
Dans l'Antiquité, la région a été habitée par les Illyriens, les Thraces et par des tribus celtes, notamment les Scordisques, qui au construisirent une première forteresse sur la rive droite du Danube. Au , elle fut conquise par les Romains qui l'inclurent dans la province de Pannonie et donnèrent à la forteresse celte le nom de Cusum. Selon Ammien Marcellin, un historien romain du , une villa appelée Villa Pistrensis se trouvait sur la rive gauche du Danube ; la future impératrice Constantia, femme de l'empereur Gratien, manqua de s'y faire capturer par les Sarmates mais réussit à se réfugier à Sirmium (aujourd'hui Sremska Mitrovica). Ainsi, selon certains, le nom slave de Bistrica, aujourd'hui un quartier de Novi Sad, pourrait être une corruption de Pistrensis. En 1698, dans son Lexicon universale, Jacob Hofmann mentionne cette villa, située , ce qui laisserait supposer que le nom du secteur remonte au moins à 374..
Au , Cusum fut dévastée par l'invasion des Huns. À la fin du siècle, elle fut reprise et reconstruite par les Byzantins qui lui donnèrent le nom de Petrikon. Des tribus slaves comme les Séverianes, les Abodrites et les Serbes vinrent s'installer dans la région de Novi Sad aux Sava S. Vujić et Bogdan M. Basarić, Severni Srbi (ne)zaboravljeni narod, Belgrade, 1998, p. 36. Par la suite, les Serbes assimilèrent la totalité des populations slaves de la région.
vignette|upright=0.8|Localités de l'actuelle zone urbaine de Novi Sad du au Au début du Moyen Âge, la région fut successivement contrôlée par Ostrogoths, les Gépides, les Avars, les Francs et les Bulgares, avant d'être reconquise par les Byzantins. Elle fut finalement intégrée au royaume de Hongrie aux ; à cette époque de nombreux Magyars vinrent s'y installer. Dans des documents remontant à 1237, la principale localité du secteur est mentionnée sous son nom hongrois, Peturwarad ou Pétervárad pour Petrovaradin. Du au , plusieurs localités existaient dans l'actuel secteur urbain de la ville Branko Ćurčin, Slana bara nekad i sad, Novi Sad, 2002 Borovszky Samu: Magyarország vármegyéi és városai, Bács-Bodrog vármegye I.-II. kötet, Apolló Irodalmi és Nyomdai Részvénytársaság, 1909 : sur la rive droite du Danube, Pétervárad (en serbe : Petrovaradin) et Kamanc (Kamenica), sur la rive gauche Baksa ou Baksafalva (en serbe Bakša ou Bakšić), Kűszentmárton (Sent Marton), Bivalyos ou Bivalo (Bivaljoš, Bivalo), Vásárosvárad ou Várad (Vašaroš Varad, Varadinci), Zajol I (Sajlovo I, Gornje Sajlovo, Gornje Isailovo), Zajol II (Sajlovo II, Donje Sajlovo, Donje Isailovo), Bistritz (Bistrica). D'autres localités figurent aussi sur les cartes, comme Mortályos (Mrtvaljoš), Csenei (Čenej), Keménd (Kamendin) et Rév (Rivica).
En 1526, après la chute de Belgrade en 1521 et à la suite de la bataille de Mohács, les Ottomans s'emparèrent de la région, ce qui provoqua notamment une fuite de la population magyare. En 1590, l'actuel secteur urbain de Novi Sad comptait , habités exclusivement par des Serbes ; en revanche, ledit recensement ne tenait compte que de la population payant l'impôt, sans inclure ceux qui servaient dans l'armée de l'Empire Đorđe Randelj, Novi Sad slobodan grad, Novi Sad, 1997.
Après la bataille de Vienne et la défaite militaire des Ottomans (1683), la région passa sous le contrôle de la monarchie de Habsbourg en 1687. Petrovaradin fut alors désigné sous le nom de Peterwardein.
Période austro-hongroise (fin du -début du ) Fondation et développement de la ville vignette|redresse=0.8|Carte de Novi Sad (Ratzen Stadt) en 1745.
L'empire des Habsbourgs s'empara de la région à la fin du et le gouvernement autrichien interdit aux populations orthodoxes de résider à Petrovaradin. Ainsi, en 1694, les Serbes fondèrent une nouvelle ville nommée Ratzen Stadt, la « ville des Rasciens » ; elle était également connue sous le nom de Petrovaradinski Šanac. En 1718, les habitants du village d'Almaš vinrent s'installer à Petrovaradinski Šanac, où ils fondèrent Almaški kraj, le « quartier d'Almaš ». Selon le recensement de 1720, Ratzen Stadt comptait serbes, allemands et hongrois Dušan J. Popović, Srbi u Vojvodini, volume 2, Matica srpska, Novi Sad, 1990, p. 325.. La nouvelle ville est désignée sous son nom serbe actuel de Novi Sad et sous son nom hongrois d'Újvidék dans un décret de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche daté du lui accordant le statut de « ville libre royale »..
vignette|gauche|Vue de Novi Sad et du pont flottant sur le Danube. Avec ce nouveau statut, la ville fut dirigée par un maire, dont le premier fut Ignac Hajl, également connu sous le nom de Ignatius Hayll (1748-1752), par un juge et par douze sénateurs ; parallèlement la cité se développa rapidement et, dans les années 1760, elle comptait déjà environ , principalement des artisans et des marchands mais aussi des agriculteurs et des maraîchers. Selon le recensement de 1780, elle comptait environ , dont serbes id., ibid., p. 326..
vignette|La Plebanija (bureau de la paroisse catholique), construite en 1808. En 1813, le philologue Pavel Jozef Šafárik affirmait qu'à Novi Sad se trouvait et, en 1817,Vuk Stefanović Karadžić, le grand réformateur de la langue serbe, écrivait que Novi Sad était « la plus grande municipalité serbe du monde » 30 godina mesne zajednice 7. juli u Novom Sadu 1974—2004, Novi Sad, 2004.. Selon le recensement de 1843, Novi Sad comptait , dont orthodoxes, , , et de l'Église arménienne. Les Serbes représentaient la plus grande partie de la population et les Allemands constituaient la seconde communauté dans la ville.
À cette époque, la ville devint un important centre culturel et politique du peuple serbe, rassemblant de nombreuses personnalités qui y naquirent, s'y installèrent ou y séjournèrent, comme Svetozar Miletić, Mihailo Polit-Desančić, Jovan Jovanović Zmaj, Laza Kostić, Đorđe Natošević, Ilija Vučetić, Stevan Branovački, Teodor Mandić, Kosta Trifković ou Arsa Pajević, contribuant à faire de Novi Sad, l'« Athènes serbe » ().
De la révolution hongroise de 1848-1849 à la Première Guerre mondiale vignette|gauche|upright=0.8|Le bâtiment du Platoneum à Novi Sad, qui a hébergé la Matica srpska