Survie est une association française créée en 1984, elle a été présidée notamment par François-Xavier Verschave, Odile Tobner, Jean Carbonare ou Fabrice Tarrit. À l'origine composée d'une association unique, on distingue aujourd'hui Survie France des différentes associations locales (régionales ou départementales) telles que Survie Rhône, Survie Isère, Survie Paris-Île de France, Survie Bas-Rhin, etc.

Le thème privilégié de Survie est la « Françafrique », terme tiré du titre d'un des livres de François-Xavier Verschave, La Françafrique, le plus long scandale de la République, paru en 1998.

Survie est membre fondateur de plusieurs associations, de Biens Publics à l’Échelle Mondiale et d'ATTAC notamment. Elle est aussi membre d'autres associations comme le Centre de recherche et d’information pour le développement, de plusieurs collectifs ayant des objectifs politiques, comme la commission d'enquête citoyenne sur l'implication de la France au Rwanda ou la coalition des ONG pour la Cour pénale internationale..

L'association déclare et trois salariés.

Objectifs statutaires Les objectifs officiels de l'association sont :

promouvoir l'accès de tous aux biens publics mondiaux ; ramener à la raison la politique africaine de la France ; combattre la banalisation du génocide.

Inspiration et actions Origine Le déclencheur de la fondation de cette association fut l'appel de prix Nobel, qui en 1981 ont rappelé les souffrances des populations du tiers-mondeVoir historique sur le site de Survie..

Survie se définit elle-même comme une « campagne de citoyens » qui doit interpeller les pouvoirs publics sur les responsabilités présumées de la France, ou tout le moins de réseaux politico-affairistes, dans la conduite de sa politique en Afrique.

Loi pour la survie et le développement Ayant obtenu le soutien de de France, Survie obtint l'engagement écrit de plus des deux tiers des députés de deux législatures consécutives pour un projet de loi pour la Survie et le développement, préparé finalement par cinq groupes parlementaires. En mai 1988, 330 députés et 136 sénateurs ont signé cet engagement. Au cours de la législature suivante, Survie annonce en juillet-août 1989 353 députés signataires et le texte de 4 propositions de lois identiques pour la survie et le développement (PCF, RPR, UDC, et UDF). Les propositions de loi sont enregistrées ensemble à l'Assemblée nationale française le par les députés Jean-Pierre Delalande (RPR), Denis Jacquat (UDF), Jean Paul Fuchs (UDC) et Théo Vial-Massat (PC).

En octobre 1991, le bulletin de Survie annonce que Jean-Marie Daillet (NI) a déposé une cinquième proposition de loi identique, et qu'une sixième est en cours de dépôt par Jean-Michel Belorgey, Jean-Pierre Luppi et Marie-Noelle Lienemann. Le , 26 députés sont présents à un rassemblement organisé par Survie à l'Assemblée nationale et animé par Bruno Masure.

Ce projet n'a jamais abouti.

Tournant de 1993-1994 à propos du Rwanda Début 1993, un an avant le génocide au Rwanda, Jean Carbonare, alors Président de Survie, avait été enquêteur de la commission parrainée par la Fédération internationale des droits de l'homme, Africa Watch, l'UIDH (Ouagadougou) et le CIDPDD/ICHRDD (Montréal).

Début 1998, à la suite d'articles de Patrick de Saint-Exupéry parus dans Le Figaro, la mission d'information parlementaire sur le Rwanda est créée. Survie demande une commission d'enquête (aux pouvoirs plus étendus) plutôt qu'une mission d'information.

En 2004, Survie invite plusieurs associations et personnalités à créer une commission d'enquête citoyenne sur l'implication de la France au Rwanda. Après avoir fait une enquête documentaire et sur le terrain pendant plusieurs mois, cette commission entend pendant une semaine des témoins, des experts, des journalistes et l'un des rapporteurs de la mission parlementaire.

Lutte contre la Françafrique Le génocide au Rwanda marque un tournant pour l'association qui veut dorénavant démontrer jusqu’à quels désastres la politique de la « Françafrique » peut conduire.

En 1998, François-Xavier Verschave publie La Françafrique, le plus long scandale de la République popularisant le concept de Françafrique dans le débat public. Reprenant une citation, alors connotée positivement, par l'ancien président ivoirien Houphouët-Boigny, l'association va faire de ce mot l'étiquette principale de ce qu'elle dénonce : la perpétuation de la domination française sur ses anciennes colonies par le biais de réseaux occultes mais aussi de mécanismes institutionnels : François-Xavier Verschave parle des « 3 E » (Élysée, État-major, entreprises françaises).

Dénonciation d'actions françaises sur des processus électoraux non-démocratiques dans le « pré-carré français »

Survie et de François-Xavier Vershave affiche leur intérêt pour les élections dans les anciennes colonies françaises d'Afrique à partir de la publication en 1996 d'un livre, le Dossier Noir N° 8 "Tchad, Niger : Escroqueries à la démocratie" (L'Harmattan, Novembre 1996, ) qui décrit les actions françaises pendant les processus électoraux des présidentielles tchadienne du et nigérienne du , un an après l'arrivée à l'Elysée de Jacques Chirac. Survie dénonce au Tchad, en faveur d'Idriss Déby, des fraudes avec l’aide d'experts électoraux du RPR français, un mélange de fraudes le jour du vote et en aval du scrutin. Survie décrit au Niger une inversion de résultat au moment de la compilation et de l'annonce officielle par le général nigérien Ibrahim Baré Maïnassara, aux dépens de Mahamane Ousmane.

À partir de 1996, Survie et François-Xavier Verschave en particulier jusqu'en 2004 suivent avec attention toutes les principales élections dans les anciennes colonies françaises d'Afrique, accumulant un important travail de surveillance des actions françaises, sans pour autant faire de synthèse sur le thème des élections. François-Xavier Verschave et Survie mettent surtout en évidence l’action de politiciens français du RPR entre 1993 et 1997, les dirigeants au gouvernement et à l’Elysée et quelques autres personnalités agissant selon leur propre intérêt ou en étant envoyée par l’Etat, se présentant comme experts électoraux, juristes ou observateurs dans des observations relativement factices.

En 2005, un triple coup d'état, constitutionnel, militaire et électoral au Togo (Coup d'État de 2005 au Togo), provoque une mobilisation de Survie. Dès , Survie publie un rapport en coordination avec plusieurs associations de droits humains. L'ouvrage dénonce les fraudes qui ont été constatées lors de l'Élection présidentielle togolaise de 2005 et l'acceptation du résultat par les autorités françaises. Survie décrit des fraudes le jour du vote en particulier des bourrages d'urnes, à un niveau tel que le résultat est modifié par les fraudes du jour du vote aux dépens d'Emmanuel Bob-Akitani (UFC) puis une répression très violente de la contestation faisant des centaines de morts, reconnus ensuite par l'ONU.

En mars-, Survie est le principal créateur du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, qui regroupe à Paris des associations et partis politique, français et de diaspora, et dont la première activité est de travailler sur les processus électoraux en Afrique. Le président de Survie Paris Ile-de-France de 2009 à 2012, Régis Marzin, participe au collectif. À partir de 2016, Survie continue ses actions sur les élections en Afrique indépendamment de ce collectif, en mettant l'accent sur la coopération militaire française. Survie s'intéresse aussi à la limitation du nombre de mandats dans les constitutions en entrant dans la coalition Tournons la page .

Positionnement sur la départementalisation de Mayotte

Survie, comme l'Union africaine, dénonce également la départementalisation de Mayotte, qui selon l'Union des Comores, fait partie de son territoire[Dossier noir n°19 : Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale], Pierre Caminade, Agir ici et Survie, éditions Agone..

L'association juge en effet que les référendums démocratiques par lesquels les Mahorais ont choisi de rester français ne sont pas légaux. L'association demande aussi, faute d'obtenir la cession de Mayotte aux Comores, la suppression du visa entre les Comores et Mayotte, qu'elle prétend illégal puisque selon Survie, les Comoriens ne franchissent aucune frontière en se rendant à Mayotte. L'association a également affirmé que l'expulsion des comoriens entrés clandestinement en France devrait être qualifiée de « crimes contre l'humanité » devant la Cour pénale internationale.

Autres positions de l'association Solidarité envers les luttes contre les expulsions des « sans papiers », phénomène que l'association considère comme le reflet d'un désordre politique et économique ; Établissement de liens avec les organisations non-gouvernementales qui militent pour l'établissement d'une organisation politique, sociale et économique de l'humanité, renforçant les droits des pays pauvres face à la mondialisation, ce qui implique une participation au mouvement altermondialiste ; Collecte de témoignages concernant la politique de la France en Afrique, et les dictatures africaines. Information des citoyens français sur l'action menée par leur État en Afrique.

de l'histoire de Survie

1984 : Création de Survie-France 1993 : Début de la publication du mensuel Billets d'Afrique et d'ailleurs 1994 : Création de l'Observatoire permanent de la Coopération française (OPCF) par Survie. Dénonciation de la « complicité » supposée de la France dans le génocide au Rwanda. Organisation à Biarritz d'un contre-sommet à l'occasion du XVIII sommet franco-africain. 1995 : Survie et Agir ici publient 6 « Dossiers noirs ». Rédaction d'une nouvelle charte de Survie. 2000 : Création de l'association « Biens publics à l'échelle mondiale ». 2007 : Biens mal acquis des dictateurs africains : Survie, l'association Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora portent plainte pour « recel de détournement de biens publics et complicité » auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris contre plusieurs chefs d'État africains et leurs familles, propriétaires en France de nombreux biens immobiliers de luxe et détenteurs d'avoirs bancaires auprès de banques françaises et/ou de banques étrangères ayant des activités en France. 2013 : Survie porte plainte contre Paul Barril pour complicité dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 2014 : Survie est partie civile dans le premier procès d'un présumé génocidaire rwandais en France, Pascal Simbikangwa. L'association fête ses 30 ans d'existence.

Fonctionnement et organisation de l'association Adhésion L'adhésion est libre, le conseil d'administration a néanmoins la possibilité d'exclure des adhérents à la majorité pendant les six premiers mois d'adhésion puis par une majorité des deux tiers.

Conseil d'administration Les membres du conseil d'administration sont élus par les adhérents lors de l'assemblée générale. Les groupes locaux désignent leurs responsables indépendamment.

Ressources L'association vit des cotisations de ses adhérents, des droits d'auteur des ouvrages, de ventes de petites publications pédagogiques réalisées notamment par ses salariés et de produits dérivés (CD Africa wants to be free et Décolonisons ! compilés par une quinzaine de groupes de musiques français et africains, tee shirts), et de dons de particuliers.

L'association déclare un budget de en 2009 dont les sources se répartissent comme suit : 57 % de dons et cotisations ; 24 % de la vente d'ouvrages, produits dérivés et du mensuel Billets d'Afrique et d'ailleurs ; 14 % de subventions aux salaires (contrats aidés) ; 5 % de prestations et droits d'auteurs.

L'association déclare ne pas recevoir de subvention (en dehors des contrats aidés) ni de l'État ni d'entreprises, comme garantie de son indépendanceLuttez contre la Françafrique ! Soutenez Survie !, site de l'association Survie..

Procès