vignette|Armoiries de l'ancienne Ville de Lauzon (1910-1989) thumb|upright 1.0|Premier hôtel de ville (village et Ville de Lauzon) construit en 1875.
Lauzon est une ancienne ville du sud de la province de Québec au Canada qui a existé de 1910 à 1989. La ville était située en bordure du fleuve Saint-Laurent, au sud-est de Québec (ville), et elle fait maintenant partie de la ville de Lévis.
Étymologie du nom
Formation de type occitan : plusieurs rivières de ce nom dans le sud-est de la France.
L'absence de formes anciennes n'autorise que des hypothèses conjecturelles. La première repose sur l'occitan lausa, pierre plate, d'où lauze (aussi nom de rivière du domaine occitan). La seconde sur l'ancien provençal laus, lac (cf. occitan laouset, petit lac de montagne), comme le Lauzet avec un autre suffixe.
Le nom Lauzon fut choisi en l'honneur de Jean de Lauzon, fondateur de la seigneurie de Lauzon en 1636 et gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1657.
Devise des armoiries
Sous les armoiries, on peut lire : « Effort fait les Forts ».
Histoire Fondation de la seigneurie de Lauzon
Le nom Lauzon provient de l'ancienne seigneurie du même nom qui a existé de 1636 à 1836 et qui fut créée par Jean de Lauzon; cette seigneurie inoccupée lui appartenait depuis 1636 et celui-ci ne l'a jamais visitée. Cependant, c'est à Guillaume Couture (1618-1701), premier colon français de la Pointe-Lévy et de la seigneurie de Lauzon, que revient le titre de « père fondateur » de la seigneurie car il a installé les principales institutions du village de Pointe-Lévy. Le monument de Guillaume Couture est installé à Lévis dans un parc du Vieux-Lauzon qui porte son nom. Il est voisin de l'église Saint-Joseph. La maison de Guillaume Couture était située approximativement dans l'actuel stationnement de l'École primaire Saint-Joseph et de l'église Saint-Joseph. Le premier village se nommait Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy et il est devenu le village de Lauzon en 1867. Pendant une courte période, il a porté aussi le nom de Saint-Joseph-de-Lévis avant 1867Une opposition est née de la part des résidents de la partie sud du village, ceux-ci ne voulait pas que le village soit renommé Lauzon. Ainsi, la partie sud de l'ancien village a conservé le nom Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy pour devenir plus tard Saint-Joseph-de-Lévis jusqu'en 2001..
Grands événements historiques de la Nouvelle-France avant la fondation du village de Lauzon
Invasion militaire de l'amiral Phips en 1690 Les troupes anglaises de l'amiral William Phips sont repoussées par la milice locale, sous le commandement de Guillaume Couture, près de la grève du village (aujourd'hui le secteur du chantier maritime Davie).
Création de la paroisse Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy en 1694
Le , Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec, érigea canoniquement la paroisse Pointe-de-Lévy sous le vocable de Saint-Joseph. Son territoire couvre une grande partie de la seigneurie de Lauzon. Le premier curé, l'abbé Philippe Boucher était arrivé en 1690 à la Pointe-Lévy. La chapelle Saint-Joseph construite en 1675 deviendra l'église Saint-Joseph en 1721. Elle sera incendiée en 1830 puis reconstruite.
Invasion militaire du lieutenant-général Monckton en 1759 Le , le lieutenant-général Robert Monckton a attaqué le cœur du village de Sainte-Joseph-de-la-Pointe-Lévy avec 2092 hommes contre environ 300 miliciens et amérindiens sous le commandement du seigneur Étienne Charest (1718-1783). C'est dans le premier presbytère que le lieutenant-général Robert Monckton a écrit une lettre à l'attention du premier ministre William Pitt pour annoncer la défaite des troupes françaises à Québec après la Bataille des plaines d'Abraham.
Arrivé du corps du général James Wolfe Le , le général britannique James Wolfe, blessé gravement lors de la Bataille des plaines d'Abraham y décède. Son corps sera déposé pendant quelques heures à l'église Saint-Joseph qui fut réquisitionnée à titre d'hôpital militaire par les Britanniques. Le lendemain, son corps embaumé dans l'église puis expédié à Londres pour son inhumation à l'église Saint-Alfège de Greenwich. L'église de l'époque fut incendiée en 1830 et puis reconstruite sur le même terrain.
Exposition du cadavre de La Corriveau en 1763 Le corps de Marie-Josephte Corriveau (1733-1763) fut exposé dans une cage après avoir été pendu aux Buttes-à-Neveu des Plaines d'Abraham. La cage aurait été exposée au coin des actuelles rue Saint-Joseph et de l'Entente. La Corriveau fut enterrée dans sa cage au premier cimetière de la Pointe-Lévy dans une fosse commune sur le terrain de l'église situé du côté sud près de la sacristie. Les restes furent retrouvés en 1851. Le poète et écrivain Louis Fréchette fut témoin de cette découverte à l'âge de 10 ans. La cage fut retracée en 2011 au Peabody Essex Museum de Salem au Massachusetts et elle a été transférée au Musée de la civilisation du Québec en 2015 en collaboration avec la Société d'histoire régionale de Lévis (renommée la Société d'histoire de Lévis en 2016).
Le village de Lauzon (1867-1910) Le village de Lauzon fut fondée le à la suite d'une décision municipale du village de Saint-Joseph-de-la-Pointe-LévyThe Canada Gazette, 29 septembre 1866, pages 3741-3742 ; The Canada Gazette, 6 octobre 1866, pages 3868-3869 ; The Canada Gazette, 13 octobre 1866, pages 3972-3973. Ce décret fut l'objet d'une sextuple publication (triple en anglais et triple en français)..Cette décision a déclenché une opposition de la part des résidents habitant au sud de la municipalité de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy (en particulier chez les agriculteurs résidents dans les rangs d'Harlaka) et le territoire sud est devenu par la suite une municipalité qui fut nommée Saint-Joseph-de-Lévis de 1867 à 2002. Le nom Lauzon fut choisi pour éviter une confusion avec la ville voisine de Lévis fondée en 1861.
Ouverture du chantier maritime Davie en 1882
Début de la construction d'un bassin de radoub (cale sèche Lorne) en 1880 225 hommes sont engagés pour excaver le site de la future cale sèche. La première pierre fut posée par le gouverneur général du Canada, le marquis de Lorne, le . La cale sèche sera gérée par Georges Davie. Les années 1880 marquent le début et l'expansion du chantier Davie de Lauzon. La construction sera terminée en 1886.
Naissance du chantier maritime de Lauzon en 1882 George Taylor Davie achète l'Indian Cove West (l'anse aux Sauvages située à Lauzon) de sa belle-mère, veuve de Duncan Patton.
Fin des travaux de construction de la cale sèche Lorne du chantier Davie de Lauzon en 1886 La nouvelle cale sèche fut nommée en l'honneur du marquis de Lorne, gendre de la reine Victoria. Sa construction est évaluée à .
George Davie acquiert la seconde moitié du terrain de Duncan Patton en 1893 En 1893, George Davie acquiert la seconde moitié du terrain de Duncan Patton, à l'est de Lauzon et forme la «Big Davie».
George Davie & Sons s'associe à la compagnie Vickers, Sons & Maxim en 1914 La compagnie George Davie & Sons s'associe à la compagnie Vickers, Sons & Maxim : La Vickers, Sons & Maxim s'est implantée à Montréal en 1911. Pendant la Première Guerre mondiale, la compagnie Davie construisit 424 navires (en particulier des dériveurs de bois, des chalutiers et des harenguiers).
La cale sèche Champlain du chantier Davie de Lauzon est aménagée en 1918
La cale sèche Champlain mesure de longueur. Elle sera un complément pour la cale sèche Lorne inaugurée en 1886.
Obtention du statut de ville en 1910 Le village de Lauzon a modifié son statut municipal le pour obtenir le statut de villeGazette officielle de Québec, 12 novembre 1910, pages 2066-2067.. Le premier maire de Lauzon fut Télesphore Charland, qui était commerçant et qui fut le dernier maire du village. Le premier hôtel de ville de Lauzon était situé au 302, rue Saint-Joseph dans un édifice construit en 1875. Ii fut utilisé jusqu'en 1975Le bâtiment fut acheté en 1908 par l'ancienne municipalité du village de Lauzon. Il fut le dernier hôtel de ville du village de Lauzon.. Le deuxième hôtel de ville de Lauzon était situé dans l'ancienne école primaire de la rue Bargoné du secteur de l'ancienne paroisse Sainte-Bernadette-Soubirous.
Fusion municipale du village de Bienville et de la Ville de Lauzon en 1924 La municipalité de village de Bienville, qui exista de 1863 à 1924, fut annexée en partie à Lévis et en partie à Lauzon en 1924Information tirée du livre «Bienville, 1896-1996: cent ans d'histoire»..
La vie militaire de 1865 à 1945 Le camp militaire de Lauzon (1865-1945) L'ancienne ville de Lauzon est caractérisée par la présence d'un ancien camp militaire et de deux forts militaires. Le Parc de la Paix (autrefois Parc du mémorial des militaires) était anciennement un camp d'entraînement militaire utilisé par la milice locale à l'époque de la Nouvelle-France et par le d'infanterie de Lévis à la fin du . Les baraques du camp militaire étaient situées dans un champ dont la localisation correspond à l'actuel secteur résidentiel qui s'étend entre la rue de la seigneurie et la rue Louis-Philippe-Guay. Le camp militaire fut en fonction lors des Guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945. Parmi les régiments présents, il y avait notamment le Régiment de Dorchester et le Régiment de Lévis. Aujourd'hui, on y retrouve un ancien jet de combat CF-101 Voodoo de l'Aviation royale canadienne, ainsi qu'une réplique d'une tour de contrôle (qui héberge le bureau de la Fondation du mémorial des militaires) pour rendre hommage aux pilotes, ainsi que le bureau de la Fondation du mémorial des militaires. L'ancien cénotaphe militaire de l'ancien hôtel de ville de Lévis (auparavant situé au rond-pointe de Lévis en 1946) fut aussi déménagé dans le parc en 2014.
Les forts de Lauzon Le Fort Numéro-un thumb|300px|Le Fort Numéro-un Construit en 1865 et 1872 par les Ingénieurs royaux, il est le premier fort qui constituait un ensemble défensif de trois forts nommé les Forts-de-Lévis. Le camp de Lauzon fut aussi le lieu de résidence des Ingénieurs royaux qui ont participé à la construction du Fort Numéro-un entre 1865 et 1872. L'ancien Parc Guillaume-Couture a été renommé Parc des Ingénieurs-Royaux en 2016 pour leur rendre hommage.
Le Fort-de-la-Martinière Cette installation défensive est constituée de deux forts. Un situé sur la falaise (devant Sainte-Pétronille de l'île d'Orléans) et l'autre au bas. C'est en 1909 que débuta la construction du fort « UPPER MARTINIERE » ou communément nommé le « Fort d'en haut ». Quant au « LOWER MARTINIERE » situé sur la plage, il fut construit en 1910. Ce dernier était plus petit que son grand frère du haut de la pointe. Ces deux forts seront en fonction pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale pour surveiller le fleuve par crainte d'une attaque ou d'une invasion maritime.
Le manège militaire de Lauzon Lauzon avait aussi un manège militaire qui était situé au bas du Mont-Lauzon. Il fut en fonction approximativement entre les années 1930 jusqu'aux années 1960. Le bâtiment fut modifié pour accueillir le garage municipal de Lauzon.
Grandes tragédies à Lauzon en 1890 et en 1955
Accident ferroviaire sur le pont de fer de la rue Saint-Joseph en 1890