Claude Bonnefond né le à Lyon où il est mort le Archives municipales de Lyon, , année 1860, acte de décès , cote 2E879. est un peintre et lithographe français.
Son œuvre a été influencée par ses nombreux voyages en Italie. Il a été directeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon où il a mis en place de nombreuses réformes.
Biographie Enfance Jean Claude Bonnefond est né le à Lyon, rue GroléeJérôme Montchal, Le Juste, le Vrai et le Grand. Vie et œuvres d’un peintre académique au : Jean-Baptiste Poncet (1827-1901).. Son père, Clément Bonnefond, boulanger, meurt la même année. Sa mère, Claudine Burel, se remarie au printemps 1797 avec Jean Marie Suty également boulanger. Il sera pour Jean Claude un père de substitution. Il perdra aussi son frère aîné, mort durant son service militaire.
En 1808, il entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon. Il deviendra élève de Pierre Revoil et d'Alexis Grognard. Cette formation développera chez lui la technique et la rigueur nécessaire à cet art. Ces années lanceront ainsi sa carrière d’artiste.
Début de carrière Accepté à l’école de dessin de Lyon, Bonnefond est un élève très appliqué et reçoit en 1813 le premier prix de peinture appelé « Laurier d’or ». En 1827, il recevra la médaille d'or au SalonLe temps de la peinture, Lyon : Éditions Fage, 2007, ..
En 1816, il est dispensé du service militaire compte tenu du décès tragique de son frère aîné. Il peut ainsi se consacrer entièrement à la peinture et perfectionner sa carrière d’artiste. Il entretient une riche correspondance avec Pierre Revoil. Dès 1814, il expose ses œuvres à Lyon puis au Salon de Paris. C'est à Paris qu'a lieu son premier envoi en 1817 par le duc de Berry : il expose au Salon La Chambre à coucher des petits Savoyards, un de ses tableaux majeurs, qui lui vaut une médaille de deuxième classe, et est acheté par le duc de Berry. Les années suivantes seront marquées par de nombreux succès comme celui du tableau célèbre de La Chambre à louer.
En 1824, Bonnefond quitte Lyon pour rejoindre Victor Orsel à Paris dans l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin qui deviendra son professeur et le conseillera pour ses œuvres.
Années italiennes Claude Bonnefond quitte la France en 1824 pour l'Italie, alors que l'achat par la Ville de Lyon de l'un de ses tableaux lui permet d'entreprendre ce voyage et que Guérin est nommé directeur de la villa Médicis à Rome. La décision d'entreprendre un voyage en Italie vient notamment de la volonté de Bonnefond de renouveler son style, hollandisant et minutieux (comme son maître Révoil) et qui s'essouffle.
En Italie, Bonnefond visite Rome, mais aussi la Campanie et la Toscane. Il fréquente des artistes comme Jean-Victor Schnetz, Louis Léopold Robert, Horace Vernet, et Victor Orsel, chez qui il rencontre le graveur Victor Vibert en 1829. Habitué du salon de la reine Hortense, il intègre le cercle des peintres des nazaréens allemands dont Julius Schnorr von Carolsfeld (1794-1872), Joseph Anton Koch (1768-1853), (1786-1835), Johann Friedrich Overbeck (1789-1869). Il entreprend un bref retour à Paris en 1828 pour recevoir sa récompense au Salon et visiter sa mère, avant de retourner en Italie.
En 1828, il va à Rome sous les conseils de Guérin pour rencontrer les grands artistes italiensPierre Gassier, Louis Leopold Robert et les peintres de l’Italie romantique, [catalogue], Neuchâtel, 1983, .. Il crée une école lucrative. Ses efforts sont récompensés et il revient avec de grands succès en 1831. Il rapporte ses tableaux en France comme le Jeune homme endormiMusée des Beaux-Arts de Lyon., le Chevrier ou le Grec mourant.
Même si son premier voyage en Italie a pour but de revivifier son style, la veine mélodramatique de ses œuvres françaises se retrouve, avec quelques nuances, comme pour le Berger endormi, les Chanteurs napolitains et surtout La Fileuse d'Albano (1826)Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne.. Mais c'est à partir de 1826, avec Chevrier et son fils pleurant leur chèvre malade (1826) que Bonnefond entame le renouvellement réel de sa manière française. Il va désormais chercher la sobriété des attitudes et des mouvements qui se retrouve notamment dans la pose du chevrier dans Chevrier et son fils pleurant leur chèvre malade et de la cliente dans La Diseuse de bonne aventure (1830) Château de Compiègne.. Son œuvre gagne en luminosité et Bonnefond met de côté son image de peintre sombre, faisant dire à Dupasquier qu'il . Enfin, il se tourne davantage vers la représentation de scènes de plein air.
Ce sera finalement une période de forte créativité et d’intégration culturelle internationale pour l’artisteStéphane Paccoud, Alexandre Hesse et l’Italie, mémoire de recherche, Paris, , ..
Il réalise également des scènes romantiques de la vie romaine, comme Bergers dans la campagne Romaine en 1826, des scènes de guerre représentant la vie lyonnaise, des intérieurs ainsi que des portraits.
Après son voyage à Rome, il revient avec une nouvelle inspiration italienne. Il compose des œuvres religieuses, bien que personne ne sache réellement de quelle était sa confession.
Retour à Lyon vignette|redresse|Une barricade des émeutes lyonnaises de 1834, illustration de la seconde révolte des canuts (musée Gadagne). En 1830, le maire de Lyon, Victor Prunelle, lui propose de devenir directeur de l'École des beaux-arts de la ville, ce que Claude Bonnefond accepte en remplacement de Pierre Revoil. Il entre en fonction le et y restera pendant 30 ans.
Sous sa direction, l’École devient prospère et fournie. Il crée une classe de gravure qu’il confie à Victor Vibert. Grâce à cela, 17 lauréats sont couronnés du grand prix de Rome entre 1831 et 1860.
Maître sévère mais excellent et bon, il s’impose face à ses élèves par la supériorité de son savoir, la dignité de son caractère et l’excellence de son enseignementLe , Paris : galerie Talabardon et Gautier, 2006.. Il connaît alors une renommée officielle. Bonnefond continue sur cette lancée avec L'Italienne à son rouet (1833), Le Vœu à la Madone (1835), La Pèlerine blessée (1837) et Le Patriarche d'Alep (1840), sans doute l'une des dernières œuvres italiennes du peintre. Il exploite ainsi la veine qui a fait sa popularité jusqu'en 1840, date à laquelle il devient le portraitiste de la bourgeoisie lyonnaise et où l'Italie cesse de l'inspirer. En 1833, il devient membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, puis il devient chevalier de la Légion d’honneur en 1834. En 1852, il est nommé membre correspondant de l’Institut.
Il entreprend beaucoup de réformes en tant que directeurNelly Gabriel, « Les réorganisations successive », in : Histoire de l’École Nationale des Beaux-arts de Lyon, Lyon : Éditions Beaufixe, 2007. telles que la formation d’une classe de gravure et la démonstration raisonnée de la théorie des ombres afin d'apprendre à imiter le relief. Certaines séances sont aussi consacrées à l'étude du modèle nu. Un cours d’anatomie appliquée aux arts et une classe de composition d’histoire sont créées, l'apprentissage de la construction de la figure humaine est aussi développé. Afin que les élèves soient initiés à toutes les techniques artistiques, ils ont l’obligation de passer dans chaque classe un temps réglementaire. Une autre réforme importante de Bonnefond est l’augmentation du temps donné aux études par la suppression du jour de repos le jeudi.
Claude Bonnefond se marie avec Louise Laure Thomassin, de cette union naît une fille unique, Claire-Adélaïde-Isaure Bonnefond. Il aimait prendre du temps avec sa femme et sa fille. Il aimait également passer du temps avec Vibert et quelques amis pour leur raconter ses nombreuses anecdotes qu'il rapportait de Rome. Il a effectué d'autres séjours en Italie, y retournant dès 1834, et y faisant de nouveaux voyages avec son épouse.
Derniers jours Bonnefond tombe malade. Sa femme lui consacre des soins précieux. Cependant, son meilleur ami Victor Vibert tombant également malade, Bonnefond veut le soutenir et l’aider, mais Vibert meurt, laissant Bonnefond seul.
Malgré sa tristesse, Bonnefond fait tout de même des objectifs de l’école une priorité et, voulant donner un successeur capable de guider les élèves sur la route tracée par Vibert, il examine les titres des candidats à ce poste. La commission présente Jean-Baptiste Danguin, deuxième grand prix de Rome et ancien élève de Vibert. Cette nomination est le dernier acte de la vie de Bonnefond. Après avoir quitté le palais Saint-Pierre le , il est atteint d’un léger malaise le . Le jour suivant, le docteur constate des signes d’une congestion sanguine. La nuit du il meurt dans les bras de son épouse. Ses funérailles sont célébrées le Martin-Daussigny, Éloge de C. Bonnefond, Lyon, , .
Œuvres et style
Claude Bonnefond est un peintre à la fois pathétique et sobre dans l'expression des sentimentsNelly Colin-Raimondo, Travaux de l’institut d’institut d’histoire de l’art de Lyon, Lyon : Institut d’Histoire de l’Art de l’université Lyon II, 1980, . Son talent est modeste mais fut pourtant très reconnu pendant son existence. Il peint des scènes religieuses mais aussi des scènes de genre qui dépassent la simple anecdote, c'est le « Popolino ». Il sera beaucoup critiqué du fait de sa peinture monocorde. En effet il peignait avec la même intensité les êtres humains et les objets de la vie quotidienneBruno Foucard, Le renouveau de la peinture religieuse en France, Paris : Concours du Centre national de la Recherche Scientifique, .. Sa facilité et sa précision dans la peinture des portraits auraient pu lui permettre d'atteindre le rang de meilleur portraitiste de Lyon, pourtant la vie lyonnaise et le climat culturel l'ont entravé notamment à cause de sa nomination en tant que directeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon[Auteur ?], [titre ?], Paris : Thèse en histoire de l’art, 2004, ..
Les œuvres italiennes de Claude Bonnefond reflètent l'influence de Louis Léopold Robert et Jean-Victor Schnetz dont il reprend les thèmes remis à la mode par ces derniers. Il illustre ainsi les coutumes, souvent religieuses, du petit peuple italien et exploite le thème des « brigands » (Brigand italien faisant le guet, 1826)Collection particulière, présentée à l'exposition Crimes et châtiments à Paris au musée d'Orsay en 2010.. Son œuvre transcrit ainsi son intérêt pour la vie quotidienne mais aussi son goût pour le pittoresque et pour l'exotisme (Tête de Turc) et ses découvertes des cérémonies grecques orthodoxes. Il participe ainsi à l'image romantique de l'Italie et traduit une vision idyllique d'un peuple pauvre mais aux allures fières et au bonheur dans la simplicité et la modestie. Cette vision de l'Italie idéalisée permettra l'émergence de stéréotypes qui perdureront jusqu'en 1850 et même au-delà.
vignette|redresse|Le Mauvais propriétaire (1834), musée des Beaux-Arts de Lyon. Même si son premier voyage en Italie a pour but de revivifier son style, la veine mélodramatique de ses œuvres françaises se retrouve, avec quelques nuances : ainsi peut-on noter le Berger endormi, les Chanteurs napolitains et surtout La Fileuse d'Albano (1826). Mais c'est à partir de 1826, avec Chevrier et son fils pleurant leur chèvre malade (1826) que Bonnefond entame le renouvellement réel de sa manière française. En 1825 en effet, Bonnefond ne peint aucun tableau et cette année est pour lui celle de l'observation, d'où découlent un grand nombre de dessins, études et croquis. Il va chercher la sobriété des attitudes et des mouvements. Enfin, il se tourne davantage vers la représentation de scènes de plein air.
À son retour en France, et lors de la présentation de ses tableaux au Salon, le renouveau de son style est remarqué. Delécluze, dans le Journal des débats du , note . Ce changement est également perçu par Jal, les journalistes du Moniteur universel, et Gustave Planche dans son Étude sur l'École française (1855).