Le département de la Charente-Maritime, qui fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine dont la capitale régionale est Bordeaux, est subdivisé en 5 arrondissements administratifs, lesquels sont découpés en 51 cantons, encadrant 472 communes.
La préfecture est La Rochelle et les sous-préfectures sont par ordre alphabétique : Jonzac, Rochefort, Saint-Jean-d'Angély et Saintes.
Dans le domaine de l'administration territoriale, le département de la Charente-Maritime a, depuis ses origines, subi de nombreux changements, dont celui d’avoir changé de siège de préfecture, ou d’avoir changé de nom pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore d’avoir connu des changements de la carte administrative (variation du nombre des communes comme de celui des cantons).
Dans l’Ancien Régime, et tout particulièrement au , l'administration des provinces était devenue si complexe qu'il était devenu pressant de la réorganiser en profondeur.
Le département actuel de la Charente-Maritime est l’héritier des anciennes provinces de l'Aunis dont la capitale était La Rochelle et de la Saintonge dont la capitale était Saintes, ainsi que d’une portion du Poitou avec Poitiers comme capitale.
L'événement historique de la Révolution française avec la chute de la royauté et l'instauration d'une République laïque a contribué à un bouleversement considérable de la carte administrative de la France.
Depuis la loi de décentralisation de 1982, les attributions du Conseil départemental de la Charente-Maritime dont le siège est fixé à La Rochelle n'ont cessé de se multiplier et de se renforcer.
Historique : les origines et les causes Pendant l’Ancien Régime, le roi se faisait représenter localement par un intendant qui avait la charge d’une circonscription dénommée Généralité. La complexité administrative s’était renforcée notamment au avec la centralisation du pouvoir monarchique absolu.
Tout d’abord, au , la Généralité de Poitiers incluait l’Aunis, tandis que la Saintonge relevait de celle de Bordeaux, à l’exception du nord-est de cette province (région de Saint-Jean-d'Angély) qui était attribué à la Généralité de Limoges ainsi que la province de l’Angoumois.
En 1694, un intendant était délégué à La Rochelle. Son pouvoir s’étendait sur l’Aunis et la Saintonge de nouveau réunies. La Généralité de La Rochelle se subdivisait alors en cinq Élections : La Rochelle, Saintes, Cognac, Saint-Jean-d'Angély et Marennes.
La fonction d’intendant comprenait la justice, la police et les finances. Mais en fait la justice demeurait divisée entre le Parlement de Bordeaux qui étendait son influence judiciaire sur la Saintonge et l’Angoumois tandis que celui de Paris l’appliquait à l’Aunis.
Par ailleurs, la Marine relevait d’une administration particulière. Colbert du Terron avait été nommé par Mazarin « gouverneur de Brouage et commissaire départi de Sa Majesté pour les pays d’Aunis, villes et gouvernement de Brouage, La Rochelle, Isles de Ré, d’Oléron et d’autres ». La titulature subsista même après la création de Rochefort en 1666.
En 1674, Demuin recevait la commission d’ « intendant de justice, police et finances des armées navales du Ponant, au département de Rochefort, costes du Poictou, Xaintonge, Aulnix, La Rochelle, Isles d’Oléron et de Ré ».
Cette dualité de pouvoirs concurrents cessa avec la nomination de l'intendant Bégon qui les cumula en 1694.
De nouveau, en 1716, deux intendants se partageaient les tâches : le marquis de Creil, intendant de la Généralité, résidait à La Rochelle et François de Beauharnais, intendant de la Marine, résidait à Rochefort. Cependant, la ville-même de Rochefort n’avait aucune réalité administrative et, malgré son importance – elle était la première ville des deux provinces – à la veille de la Révolution, elle était toujours incluse dans l’Élection de La Rochelle.
Quant à l’administration religieuse, cinq diocèses se partageaient les provinces : Angoulême, Luçon, Poitiers, La Rochelle et Saintes.
La Révolution française mit fin à cet enchevêtrement des pouvoirs administratifs, judiciaires, de la police et même religieux. Pendant la Révolution, l’Assemblée constituante décida une réorganisation administrative complète qui lui permettait d’enlever au roi une partie de ses moyens d’action et de constituer des circonscriptions électorales.
La création des départements correspondait au besoin de simplifier l'organisation territoriale de la France et de rendre l'administration plus proche de la population. Pour ce faire, le comité de constitution de l’Assemblée constituante s’adjoignit les députés qui se réunirent par province en novembre 1789, à Paris. Ces derniers élaborèrent la loi du instituant la création des départements.
Le , la France est donc divisée en 83 départements, eux-mêmes partagés en districts, lesquels sont subdivisés en cantons. Ces départements devaient avoir en moyenne 350 lieues carrées pour être formés – c’est-à-dire – et tout habitant devait pouvoir se rendre au chef-lieu de son département à cheval en une journée.
Création du département de la Charente-Inférieure Historique sommaire de la création du département Après bien des difficultés, dont beaucoup provenaient des rivalités entre les villes de La Rochelle, Saintes et Saint-Jean-d'Angély, le département Aunis et Saintonge fut créé le .
Il comprenait l’ancienne province de l’Aunis qui avait souhaité devenir à elle seule un département avec La Rochelle comme chef-lieu, en englobant la zone du Marais poitevin avec Fontenay-le-Comte et le pays de Niort, ainsi que la partie septentrionale de la Saintonge (Frontenay-Rohan-Rohan), pour remplir le critère de superficie ; Une petite partie du Poitou, représenté par le pays d’Aulnay, qui prendra bien plus tard et incorrectement le nom d’Aulnay-de-Saintonge ; La majeure partie de la Saintonge constitua l’actuel département de la Charente-Inférieure mais cette ancienne province fut amputée de sa partie septentrionale autour de Frontenay-Rohan-Rohan, cédée au Poitou – pour former le département des Deux-Sèvres- et de sa partie orientale avec Barbezieux, Chalais, Cognac et Jarnac cédée à l’Angoumois pour former le département de la Charente. Cette dernière partie faisait partie de la Sénéchaussée de la Saintonge mais non de la Sénéchaussée de l’Angoumois.
Le , le département change de nom. Il est dénommé Charente-Inférieure, en référence au cours inférieur du fleuve qui le traverse d'Est en Ouest et, surtout, en vue d'effacer toute allusion possible aux noms des provinces qui le constituaient, ces dernières perpétuant le souvenir de l'ancien régime monarchique.
Le décret du décida que La Rochelle, Saintes et Saint-Jean-d'Angély assumeraient alternativement le rôle de chef-lieu de département.
Cependant, grâce à sa situation géographique au cœur du département, Saintes s’imposa naturellement comme le chef-lieu administratif de la Charente-Inférieure.
L'ancienne capitale de la Saintonge exerça ce rôle de commandement administratif jusqu’au , date à laquelle cette fonction fut définitivement transférée à La Rochelle.
Les sept anciens districts lors de la Constituante de 1790 thumb|Carte de la Charente-Inférieure Sept districts furent délimités en 1790 : Saintes fut le chef-lieu du département ; La Rochelle, Marennes, Rochefort, Angély-Boutonne, l'ancien nom de Saint-Jean-d'Angély, Pons et Montlieu devinrent des chefs-lieux de district.
Ces chefs-lieux de district devinrent également des sièges de juridiction et Saintes fut également choisie pour être le chef-lieu judiciaire du département, fonction qu’elle a toujours gardée.
Le découpage administratif de la Charente Inférieure en 1790 était le suivant : 7 districts et 49 cantons.
La répartition était la suivante : La Rochelle administrait six cantons : Courçon, La Jarrie, Marans, Nuaillé, Saint Martin de Ré et le canton du chef-lieu de district de La Rochelle. Rochefort administrait 5 cantons : Benon, Ciré, Surgères, Tonnay-Charente et le canton du chef-lieu de district de Rochefort. Marennes administrait 7 cantons : Le Gua, Oléron (qui est devenu Le Château d’Oléron), Royan, Saint-Pierre, Soubise, La Tremblade, et le canton du chef-lieu de district de Marennes.
Pons jusqu’en 1800 administrait six cantons : Archiac, Jonzac, Saint Fort-sur-Gironde, Mirambeau, Saint-Genis et le canton du chef-lieu de district de Pons. Montlieu administrait jusqu’en 1800 cinq cantons : Léoville, Montendre, Montguyon, Saint-Aigulin et le canton du chef-lieu de district de Montlieu. C’était le plus petit district autant en superficie qu’en population. Angély-Boutonne, actuelle ville de Saint-Jean-d'Angély, administrait 11 cantons : Aulnay, Beauvais-sur-Matha, Brizambourg, Loulay, Lozay, Matha, Néré, Saint-Savinien, Taillebourg, Tonnay-Boutonne et le canton du chef-lieu de district d'Angély-Boutonne. C'était l'arrondissement qui possédait le plus grand nombre de cantons. Saintes administrait 9 cantons : Cozes, Dompierre, Gémozac, Mortagne-sur-Gironde, Pont-l'Abbé, Saint-Saturnin-de-Séchaud (actuelle commune de Port-d'Envaux), Saujon, Talmont et le canton du chef-lieu de district de Saintes.
Les six arrondissements lors du Consulat Le découpage administratif, tel qu’il fut établi à la Constituante de 1790, ne fut pas définitif.
En effet, au début du Consulat, instauré et dominé par Napoléon Bonaparte, une profonde réorganisation de la carte administrative de la France fut engagée. Les lois de l'an III (1796) et du 28 pluviôse an VIII () contribuèrent à de profonds changements qui eurent des répercussions sensibles sur la géographie administrative du département.
Le préfet, assisté de sous-préfets, représentaient le nouvel ordre public et le pouvoir central.
Les districts furent supprimés et remplacés par des arrondissements. Des chefs-lieux de district furent également supprimés dans cette refonte territoriale – Montlieu et Pons – ainsi que de nombreux chefs-lieux de canton. Il y eut également un remodelage des arrondissements, des cantons et même de quelques communes. Le département de la Charente-Inférieure comptait six arrondissements en 1800.
La Préfecture fut maintenue à Saintes. Jonzac, Marennes, Rochefort, La Rochelle et Saint-Jean-d'Angély occupèrent le rang de sous-préfectures.
Le nombre de cantons fut ramené à 40 et ne subit plus de modification jusqu'en 1973.
Saintes exercera la fonction de Préfecture jusqu'au , date à laquelle fit définitivement transférer le siège de l'administration départementale à La Rochelle décida arbitrairement depuis Bruges de déplacer la préfecture de Saintes à La Rochelle par un décret de 1808 qui ne fut appliqué qu'en 1810..
Tout d'abord, le nouvel arrondissement de Jonzac compte 7 cantons depuis 1800. Ce nombre n'a plus varié depuis cette date.
Un premier redécoupage eut donc lieu en – loi du 28 pluviôse de l’an VIII – supprimant les deux districts de Montlieu et de Pons qui, du coup, perdirent leur fonction de chef-lieu de district mais devinrent par « maigre » compensation des chefs-lieux de canton. Les 11 cantons furent rassemblés en partie en un seul arrondissement et l’administration en revint à Jonzac qui devint sous-préfecture cette année-là. Ce découpage fut profondément remanié en 7 cantons. Tout d’abord, le canton de Pons rejoignit l’arrondissement de Saintes. Ensuite, le canton de Léoville fut intégré au canton de Jonzac qui n’en forma plus qu’un seul, de même le canton de Saint-Fort-sur-Gironde fut inclus dans celui de Saint-Genis, ainsi que celui de Saint-Aigulin dans celui de Montguyon. Ce dernier est devenu le canton le plus étendu de l'arrondissement de Jonzac et occupe le second rang départemental par sa superficie avec . Léoville, Saint-Aigulin et Saint-Fort-sur-Gironde perdirent leur fonction de chef-lieu de canton en 1800 et furent reléguées au simple rang de commune. Enfin, cet arrondissement nouvellement formé de 7 cantons n'a plus subi de changement par la suite.