Le , connu également sous le nom de Type 97 Ke-Go, est un char très léger employé par l'armée impériale japonaise durant la seconde guerre sino-japonaise et la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'il fût très lent pour un char léger, il démontra ses qualités contre l'infanterie ennemie durant les campagnes en Mandchourie et en Chine, où l'armée nationale révolutionnaire chinoise ne possédait que très peu de blindés ou d'armes anti-char pour lui faire face. Il lui manquait cependant le blindage et l'armement des chars alliés contemporains, et il était déjà considéré comme obsolète au début de la Seconde Guerre mondiale. Plus de deux mille unités de ce char furent néanmoins produitesZaloga, Japanese Tanks 1939-45. Le char Type 95 Ha-Gō fut également employé par les détachements de marins de la Marine impériale japonaise durant la guerre du Pacifique.

Histoire et développement Depuis le début des années 1930, l'Armée impériale japonaise commençait à s'intéresser et à étudier les nouvelles formes de guerre, en l'occurrence la guerre mécanisée et l'emploi de plus en plus important des blindés. Ainsi, elle avait mis au point un nouveau type d'unité qui combinait l'infanterie et les chars. Cependant, le char moyen Type 89 I-Go ne pouvait pas suivre l'infanterie motorisée, qui se déplaçait en camions atteignant la vitesse de . Il ne pouvait en effet lui-même pas dépasser . Pour résoudre ce problème, le Bureau technique de l'armée proposa de développer un nouveau char léger pouvant atteindre . Le projet fut lancé dès 1933. Le prototype du nouveau blindé fut terminé l'année suivante à l'arsenal de Sagami. Ce char combinait rapidité et faible blindage ; de ce fait il était similaire au Cruiser Mk I britannique ou au BT soviétique. Son nom de code était "Ha-Gō" (ハ号), indiquant qu'il constituait le "troisième type" de char mis au point par l'arméeHow Things Work .

En 1935, durant une réunion au Bureau technique de l'armée, le char léger Type 95 Ha-Gō fut présenté comme étant un char moyen pour les unités d'infanterie mécanisée. L'infanterie considérait que son blindage n'était pas assez épais pour appuyer son avancée vers les lignes ennemies, mais la cavalerie affirmait que la vitesse élevée du char ainsi que son armement compenseraient son faible blindage. Finalement, l'infanterie admit que le Type 95 était non seulement supérieur à tout autre véhicule blindé mais également la seule alternative disponible au Type 89.

La production du Type 95 Ha-Gō commença en 1935 au sein des industries lourdes Mitsubishi. En 1939, 100 exemplaires avaient été construits. Mitsubishi fabriqua un total de dans ses usines, tandis que étaient produits par l'arsenal de Sagami, les usines Hitachi, Niigata Tekkoshō, Kobe Seikoshō et l'arsenal de Kokura.

thumb|Chars Type 95 Ha-Gō photographiés en Nouvelle-Bretagne, quelque temps après la reddition japonaise du . thumb|Un Type 95 vu de face, au musée des armes de l'armée des États-Unis. left|thumb|Un Type 95 vu du côté droit. thumb|left|Un Type 95 à Tarawa après l'Opération Galvanic (novembre 1943).

Le Type 95 constituait une amélioration majeure par rapport aux chars légers et chenillettes de l'armée impériale japonaise conçus jusqu'alors, mais il servit rapidement de base à un intense programme de production de variantes améliorées tel que le modèle Manshū (Type M) qui descendait directement du Ha-Gō. Celui-ci était techniquement identique, mais il avait été développé et mis au point par les écoles de tankistes de l'Armée du Guandong basées au Mandchoukouo et sa construction en grand nombre avait été planifiée pour composer et équiper les futures unités blindées de l'armée impériale du Mandchoukouo, et il était aussi prévu que la production de ces chars se fasse dans cet État.

Un autre développement aboutit au Char léger Type 98 Ke-Ni, qui entra en production dès l'année 1942 et dont furent produites . Ce dérivé possédait un meilleur blindage et était armé d'un canon Type 100 de 37 mm et de deux mitrailleuses de calibre .

Le char Type 95 servit aussi comme base pour le char amphibie Type 2 Ka-Mi, qui joua un rôle important dans les premières campagnes et victoires japonaises de la Seconde Guerre mondiale.

Conception Le char léger Type 95 Ha-Go était un blindé de , avec un équipage de (habituellement un commandant/artilleur/chargeur, un mécanicien/servant de mitrailleuse frontale et un chauffeur).

Son armement principal était un canon Type 97 de d'une longueur de , un angle d'élévation compris entre , une vitesse initiale de ( pour le dernier modèle) et une capacité de pénétrer un blindage de à une distance de . Le commandant devait charger, viser la cible et faire tirer le canon. Le Type 95 transportait deux types de projectiles : le Type 94 hautement explosif et le Type 94 anti-blindage.

L'armement secondaire était constitué de deux mitrailleuses légères Type 91 de , une sur la partie frontale de la carrosserie du char et l'autre à l'arrière de la tourelle. L'utilisation de ces chars lors des campagnes en Mandchoukouo et en Chine confirmèrent la nécessité de les munir de meilleures mitrailleuses ; ainsi les mitrailleuses calibre furent remplacées en 1941 par les Type 97 de , plus puissantes. L'une d'elles était postée à la droite du commandant/artilleur, déjà bien trop sollicité au vu des nombreuses fonctions qu'il devait assurer. Le canon original Type 94 fut également remplacé par un Type 98 de même calibre, mais avec une meilleure vitesse initiale de l'obus.

La tourelle, actionnée manuellement, était petite et extrêmement étroite, même pour le seul membre d'équipage qui l'occupait. En effet, il était seulement possible pour le commandant de pivoter sur un arc de 45 degrés à l'avant, ce qui laissait la tâche de couvrir les arrières avec une simple mitrailleuse, censée compenser ce grave désavantage.

La caractéristique la plus remarquable du char Type 95 résidait dans son système de suspension simple. Les chenilles étaient propulsées par les deux roues dentées situées à l'avant. Deux bogies sur roues étaient suspendues à un bras mécanique, avec deux bras de chaque côté. Il y avait également deux roues de retour. Le système de suspension présenta des problèmes dès la mise en service du char, car sa tendance à rebondir avec force sur des terrains irréguliers rendait sa conduite impossible. De plus, sa vitesse devenait difficilement régulable ainsi que sa manœuvrabilité. De fait, sa suspension fut modifiée et un bras fut installé pour relier les deux jeux de roues motrices. Malgré cela, le char continua à secouer terriblement ses occupants quand il traversait n'importe quel terrain dénivelé. Pour cette raison, on lui ajouta une couche intérieure d'amiante, destinée à réduire la chaleur intérieure et à éviter à l'équipage des désagréments quand il était lancé à grande vitesse sur des sols accidentés.

Les premiers modèles produits utilisaient un moteur diesel Mitsubishi refroidi par air d'une puissance de 110 chevaux (82 kW), atteignant une vitesse maximale de . Ce moteur était aussi celui qui propulsait le char moyen Type 89 I-Go. Par la suite, le Type 95 bénéficia d'un moteur plus puissant, le Mitsubishi NVD 6120 de 120 chevaux (89,5 kW). Certains chars furent aussi équipés de deux réflecteurs sur leur partie frontale, pour être utilisés lors d'opérations nocturnes.

Protection Sans contestation possible, le Type 95 Ha-go est mis facilement hors combat par n'importe quel canon antichar de 37mm. La seule chance de survie face à un calibre de ce genre est d’espérer un ricochet sur une des nombreuses plaques inclinées. Vulnérable aux petites pièces antichar, le Type 95 ne peut espérer résister qu'aux armes de faible calibre et aux éclats d'obus. La situation du char peut aussi se retrouver difficile en présence de plusieurs mitrailleuses d'infanterie. La Browning M1919 de .30 (7,62mm) américaine, tirant à la cadence de 450 cpm (coups par minute) des projectiles M1 de 11,3 g à une vitesse de 854 ms peut endommager le char à une distance proche. Sous le feu de plusieurs M1919, le Type 95 subirait des dégâts sur ses parties vulnérables comme les optiques, mais les plaques en acier à blindage soudées et rivetées semblent susceptibles de stopper les projectiles.

Mobilité thumb|Fiche de compétences du Type 95 Ha-Go Équipé d'un moteur 6 cylindres en ligne Mitsubishi NVD 6120 développant 120 chevaux à plus de 1800 tr/min, le Ha-Go profite d'un poids de seulement 7,7 tonnes pour afficher un rapport puissance/poids des plus corrects. Ainsi, le char japonais est-il crédité d'une valeur de 16,22 cv/t qui lui assure une vivacité honorable. Son bloc Diesel lui assure un couple supérieur qui lui permet de compenser, en partie, sa transmission moins sophistiquée. Le Ha-Go possède aussi une bonne autonomie, son moteur lui permettant d'atteindre les 250 km sur route. Outre une meilleure occupation sur le terrain, le char japonais peut alors effectuer de plus grands trajets de liaison sans avoir à se ravitailler. Il atteint les 165 km en tout terrain, sans réservoirs externes.

Avec une largeur de chenilles de 25,1 cm, le char possède une pression massique très faible, avec . Malgré ses 18,7 m de braquage, il possède une grande rapidité au moment de tourner sur place, les 2,337 m de longueur du train de roulement (en plus composé de deux bogies comprenant chacun une paire de galets cerclés de caoutchouc) étant proche de la largeur de la caisse (2,07 m). Et plus la division de ces deux chiffres est proche de 1, plus l'engin tourne rapidement. Le mécanicien japonais peut aussi accéder au compartiment moteur via une petite trappe, à l'intérieur de la caisse, de manière à pouvoir éventuellement intervenir sous le feu de l’ennemi et cela sans devoir s'exposer. thumb|Fiche de motorisation du Type 95 Ha-Go

Armement thumb|Puissance de feu du Type 95 jusqu'à m Le Type 95 est équipé d'un tube de 37 mm Type 94 L/37 (1,3 m de longueur) et de munitions Type 94 (Armor Piercing High Explosive). Le char possède une distance maximale de tir de 2000 m, distance théorique puisque la précision de l'obus pesant a peine 0,9 kg est des plus médiocres. Ils sont en effet assez sensibles au vent et perdent rapidement leur vélocité. Mais le Type 95 intervenant souvent dans une végétation dense et dans des combats assez restreints, sa portée maximale n'a pas beaucoup d'importance, même pour jouer l'artillerie, ses obus étant trop faibles. En effet, le canon de 37 mm peut tirer un obus explosif de 0,9 kg, dont 0,039 kg de trinitrotoluène (TNT), mais celui-ci est trop peu puissant, même pour détruire certaines cibles molles. Son élévation varie de +24° a -20°.

Le char ne compte que 3 hommes : un chef d'engin, un mécanicien faisant office de servant pour la mitrailleuse frontale et un pilote. Le premier, seul dans la tourelle, doit aussi jouer le rôle de tireur et de chargeur, s'occuper de la communication à l'aide de drapeaux et servir la mitrailleuse de tourelle tirant vers l'arrière droit. En armement secondaire, le Ha-Go possède deux mitrailleuses Type 97 de 7,7 mm (une en tourelle, l'autre placée frontalement à travers la caisse) dotées de cartouches.

Variantes thumb|Un char Type 95 au à Honolulu. thumb|left|Un char léger Type 95 détruit par un canon anti-char Ordnance QF 2 pounder australien de 40 mm près de durant la bataille de Muar. thumb|Un des six chars Type 95 Ha-Go détruits par un canon Ordnance QF 2 pounder australien lors de la bataille de Muar. On peut observer les deux membres d'équipage du char qui, en tentant de s'enfuir, furent abattus par les soldats alliés qui servaient le canon anti-char. Type 3 Ke-Ri Ce modèle équipé d'un canon Type 97 de 57 mm comme armement principal ne passa pas l'étape des essais en 1943. Il ne fut donc pas construit ni utilisé par l'armée impériale japonaise. Char léger Type 4 Ke-Nu