Val Thorens est une station de sports d'hiver de la vallée de la Tarentaise, située sur la commune des Belleville, dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle fut aménagée en site vierge à partir de 1969 et inaugurée pour la saison hivernale en 1971.
Avec un village culminant à d'altitude, la station de Val Thorens est la station la plus haute d'Europe, bien que son altitude maximale de soit moindre que l’altitude maximale de de la station de Zermatt en Suisse. La station fait partie du domaine skiable des Trois Vallées.
La station bénéficie généralement d'une image « animation, sport et forme » tant dans les médias nationaux et internationaux que dans la littérature plus spécialisée, au même titre que d'autres stations de la valléeArticle de Georges Benko « Les villes dans l'économie globale. Les stations de ski vues par le marketing », paru dans , ainsi que « Tourisme et marketing territorial : le cas des stations de sports d'hiver de l'Espace Killy et des Trois Vallées » ..
Géographie Localisation vignette|gauche|Vue hivernale de la station depuis l'ouest.
Val Thorens se situe dans le massif alpin de la Vanoise, dans le département de la Savoie. Son altitude varie de 1 815 à , la station-village culminant pour sa part à , ce qui en fait la plus haute station d'Europe. Le point le plus haut de Val Thorens est la cime Caron culminant à 3200 mètres d'altitude.
La station couvre l'extrémité sud-est de la vallée des Belleville, débutant à Moûtiers, dans un cirque délimité par plusieurs sommets que sont au nord le mont de la Chambre (), à l'est l'aiguille de Péclet (), la pointe de Thorens () ainsi que des glaciers, au sud la cime de Caron () et le mont Bréquin () et à l'ouest la pointe de la Masse (). Tous ces sommets marquent par ailleurs la limite administrative de la commune Les Belleville sur laquelle est située la station.
Accès à la station La station de Val Thorens est accessible par la route qui la connecte également aux réseaux ferrés et aériensArticle de Georges Benko, « Tourisme et marketing territorial : le cas des stations de sports d'hiver de l'Espace Killy et des Trois Vallées » ..
On accède à la station par la route via une voie express (la route nationale 90), extension de l'A430, en provenance de la combe de Savoie-Albertville, par la sortie (Val Thorens, Les Menuires, Bozel, Courchevel, Méribel) qui se situe au niveau de la ville de Moûtiers. La station est ensuite accessible par la route départementale 117.
Par ailleurs, le TGV arrive jusqu'en gare de Moûtiers - Salins - Brides-les-Bains, en provenance de grandes métropoles françaises (Paris, distance depuis Paris , soit , Lille ou Nantes) et européennes (Londres, Amsterdam ou Bruxelles), et à l'année par des TER Auvergne-Rhône-Alpes. Le temps de transport vers la station est de 45 minutes à une heure environ (taxi, navettes du transporteur).
En avion, l'aéroport le plus proche est l'aéroport de Chambéry - Savoie-Mont-Blanc, situé au nord de Chambéry et également fortement desservi durant les week-ends d'hiver.
Enfin, il existe une autre manière de rejoindre directement le domaine skiable de la station, par la commune d'Orelle, située dans la vallée de la Maurienne, en empruntant la télécabine Orelle puis la télécabine Orelle - Caron, qui mène à la cime de Caron.
Toponymie « Val Thorens » est un toponyme créé, tout comme la station, .. Il est composé d'une référence à un relief, le « Val », qui peut être considéré comme un « label », associé au nom d'un chalet et d'un alpage, Thorens. Thorens est également le nom du vallon où s'écoule le ruisseau de Thorens, qui prend naissance aux glaciers de Thorens et de Caron.
L'Office du tourisme de la station a déposé la marque « Val-Thorens » (), enregistrée auprès de l'Inpi le . Dans un arrêt du , la Cour d’appel de Lyon confirme que l'Office de tourisme est titulaire des droits d’auteur et de marque « Val-Thorens ».
Historique Le projet d'une station ex nihilo Le Conseil général de la Savoie (CGS), qui veut mettre en place une station de sports d'hiver, en Tarentaise, choisit dans un premier temps la vallée des Belleville, mais se trouve confronté aux gens de la vallée.. Le choix se portera sur Courchevel. À la suite du succès de la nouvelle station voisine, le maire Nicolas Jay reprend l'idée du développement d'une station de ski, reprise par son successeur, le député Joseph Fontanet. On fait appel à un promoteur unique la Société d'équipement de la vallée des Belleville (SODEVAB). Toutefois, l'expérience de ce promoteur unique et son projet de station au niveau actuel des Menuires est un échec.. Le nouveau promoteur privé Un nouveau promoteur privé — Super-Tignes —, dirigé par Pierre Schnebelen, dans le cadre du Plan neige de 1964, reprend le projet en 1968 et propose la construction d'une station à plus haute-altitude au niveau du vallon du ruisseau de Thorens. Il s'agirait d'une station d'une capacité de à , et selon les délibérations du CGS du « une quinzaine de télécabines à gros débit, 40 téléskis classiques, 30 téléskis de glacier et d'autres équipements : golf, patinoire, curling, piscines, tennis pour l'été.
Le projet prévoit également une liaison téléportée avec Modane pour récupérer la clientèle de la région de Turin ». Toutefois, afin de permettre le ski d'été, le promoteur demande le déclassement du glacier de Péclet et du glacier de Chavière, situés dans la zone inviolable du Parc national de la Vanoise.. Une « affaire de la Vanoise » naît de cette situation. La plupart des personnalités politiques membres du conseil d'administration du parc national sont plutôt favorables au projet d'extension du domaine skiable au cœur du parc, de même que l'assemblée du Conseil général de la Savoie..
La commune de Modane, propriétaire du glacier, n'accepte de vendre celui-ci qu'en échange de la construction de la station de Val Chavière, en Maurienne... En , le Premier ministre donne son aval à la construction de la nouvelle station et l'aménagement de son domaine, les premiers repérages sont engagés.. La promotion publicitaire de la future station débute dans les différents médias, présentant notamment le glacier dans son domaine skiable.. Le mouvement d'opposition des habitants Un mouvement d'opposition d'écologistes et d'habitants de la vallée s'organise pour s'opposer au projet d'extension au cœur du parc.. En 1970, dans un contexte d'élections cantonales, le promoteur de la station annonce la création de .. Le Président de la République nouvellement élu, Georges Pompidou, qui avait pu donner dans un premier temps son aval, dans une intervention au Conseil des ministres, le , déclare : « La France a l'immense chance de disposer de vastes espaces admirables dans leur diversité. Une action déterminée contre les nuisances fait partie de la politique d'environnement. Son objet est de faire que la société de demain soit humaine ».. Cette déclaration est comprise comme une garantie de l'inviolabilité du cœur du parc. Les travaux de la station de Val Thorens peuvent se poursuivre, mais sans l'extension sur le glacier et la construction d'une station dans le Val-Chavière. En réalité, en 1974, le glacier avait déjà été équipé de deux téléskis sur les six prévus..
Les débuts de la station La nouvelle station est inaugurée lors de la saison hivernale, à Noël 1971, avec une capacité de ., en présence de Joseph Fontanet, alors maire de la commune de Saint-Martin-de-Belleville, et ministre de l'Éducation nationale.
Les premières constructions de remontées mécaniques se sont effectuées durant l'automne 1971 par la société Montaz Mautino aidée par des personnels originaires de la commune.
Les toutes premières pierres ont été posées par Michelle et Élie Richard, lors de la construction du chalet du Thorens.
Les appareils mis en route à Noël furent : le téléski du golf ; le téléski du Lac ; le téléski de la montée du fond, appareil à perches débrayables dont l'arrivée se situait à . Cet appareil comportait 2 angles à l'endroit et un angle à l'envers. Les bétons des pylônes furent coulés à l'aide d'un hélicoptère de la société Héli-Union, ce qui permit d'expérimenter les premiers assemblages de matériel avec un hélicoptère, ce qui était un exploit pour l'époque et une première.
En 1972, Jean Béranger fonda la première école de ski de Val Thorens, ainsi que le club des sports et l'office du tourisme.
Développement de la station vignette|Résidences de tourisme, hiver 1997/1998. Lors des Jeux olympiques d'hiver de 1992 d'Albertville et de la Savoie, la vallée des Belleville est choisie, malgré des réticences pour organiser une épreuve olympique (slalom spécial messieurs) sur le site des Menuires..
En 1990, les « œufs » quatre places Péclet sont remplacés par le Funitel du Péclet qui peut environ contenir une vingtaine de personnes. Ce fut le premier Funitel mis en place au monde.
En 1995, fut installé à Val Thorens un télésiège débrayable à double embarquement, le TSD six places des Cascades. Ce fut le premier appareil de ce type en France. Il possédait un débit maximum de par heure, ce qui était un record pour l'époque.
En 2009, la station s'équipe d'un tapis roulant (tapis roulant Funbelt Castor et Pollux), à la fois double embarquement, double sens de circulation, avec une galerie de protection sur de long, et pouvant atteindre la vitesse de 1,2 m/s.
La station Promotion et positionnement vignette|Logotype de la station de Val Thorens de 1972 jusqu'en 2009.|alt=Logotype de la station de Val Thorens.
Depuis la création de la station en 1972, la station possède un logotype composé du nom en lettres noires au centre, et de part et d'autre du nom deux dégradés. Au-dessus, un dégradé de couleur jaune, pour le soleil, et au-dessous un dégradé de couleur bleu, symbolisant la neige. Il est fait mention de l'altitude de la station et du point culminant des pistes et , qui permet de marquer la spécificité de cette station de très haute altitude, selon les saisons soit associé à chacun des dégradés soit en dessous du nom de la station comme dans l'exemple ci-contreArticles de Georges Benko « Les villes dans l'économie globale. Les stations de skies vue par le marketing », paru dans , ainsi que « Tourisme et marketing territorial : le cas des stations de sport d'hiver de l'Espace Killy et des Trois Vallées » dans .. Le logo n'évolue pas à l'exception de la typographique du nom de la station pendant plusieurs décennies. En 2009, la station mise sur une modernisation de son image et l'utilisation d'un nouveau logotype où le nom de la station, toujours en lettres noires, est précédé par les initiales « VT » fondues l'une dans l'autre en rouge. Seule l'altitude de la station, , est maintenue. La station a pour slogan "live united" (littéralement traduit "vivre uni"), et promeut ainsi la solidarité montagnardeArticle de Georges Benko, « Tourisme et marketing territorial : le cas des stations de sport d'hiver de l'Espace Killy et des Trois Vallées » ..
Cette altitude est l'une des identités marketing de la station. Les en font la station la plus haute d'Europe en termes d'implantation du village.. Cependant, son altitude maximale de est moindre que l’altitude maximale de de la station de Zermatt en Suisse.
La station est considérée et se positionne comme un lieu sportif, tout comme sa voisine des Ménuires ou encore Tignes. Elle reçoit en 2016 le titre de « Meilleure Destination Européenne de ski d'Europe » (Best ski resorts in Europe 2016) pour la troisième fois consécutive.. La station avait été élue, en 2014, « Meilleure station de ski du Monde » et « Meilleure station de ski Française ». Déjà en 2013, la station avait été désignée « Meilleure station de ski du Monde » et « Meilleure station de ski Française », mais également « Station Européenne la plus innovante »...