Le stade départemental Yves-du-Manoir, anciennement stade olympique Yves-du-Manoir., est un complexe sportif situé depuis 1907 à Colombes, dans la banlieue nord-ouest de Paris.

La piste d'athlétisme entourant le terrain d'honneur (en tartan dès 1970) a accueilli, outre les épreuves des Jeux olympiques d'été de 1924, de nombreuses épreuves internationales d'athlétisme.

La pelouse centrale a, quant à elle, notamment accueilli les Jeux olympiques d'été de 1924, la finale de la Coupe du monde de football 1938, quarante finales de la Coupe de France de football (de 1925 à 1937, en 1939, en 1942, de 1945 à 1964, de 1968 à 1971), un grand nombre de finales du championnat de France de rugby à XV, des matchs internationaux des équipes de France de football et de rugby à XV ainsi que des rencontres de hockey sur gazon aux Jeux olympiques d'été de 2024.

Histoire

Stade du Matin Le site du stade de Colombes est destiné au sport depuis 1883. C'est à l'origine un hippodrome de la Société des courses de Colombes. En 1907, l'hippodrome et le quotidien parisien Le Matin fondent une association. Une partie de l'hippodrome est alors transformée en un stade qui accueille des compétitions d'athlétisme, de rugby et de football dès 1907. L'enceinte est alors rebaptisée « Stade du Matin ».

Le Racing Club de France, club omnisports parisien, devient locataire des installations de Colombes en 1920. Évoluant régulièrement dans ce stade via ses sections rugby à XV, football et athlétisme depuis son inauguration en 1907, le poids du club ciel et blanc joue incontestablement un rôle dans le choix de Colombes, jugé le plus mauvais des projets, dans le choix du stade olympique des Jeux olympiques d'été de 1924. Le Parc des Princes et le bois de Vincennes avec le stade Pershing offraient en effet des possibilités bien plus intéressantes, car plus proches de la capitale. Colombes souffrira toujours de sa localisation. Ainsi, le Racing évoluera, dès 1932 en football, au Parc des Princes plutôt qu'au stade de Colombes.

Désigné comme stade olympique principal, Colombes profite des fonds débloqués pour porter sa capacité à 60 000 places (20 000 assises et 40 000 debout), malgré un projet initial de . Après bien des palabres et même l'abandon du projet de Colombes, c'est finalement l'architecte Louis Faure-Dujarric, ancien joueur de l'équipe de rugby à XV du Racing, qui signe les travaux.

Jeux olympiques de 1924 vignette|Vue générale du stade olympique de Colombes en 1924 lors de la finale du tournoi olympique de football.|gauche vignette|Départ de l'épreuve de marathon au stade de Colombes, le lors des Jeux olympiques de 1924.|gauche Le stade et le centre sportif aux alentours est connu comme le point central des Jeux olympiques d'été de 1924.. Beaucoup d'épreuves se déroulaient en plein air et le calendrier était beaucoup plus large : les jeux se tenaient de mai à juillet (les concours artistiques commençaient en mars), avec un dispositif conséquent. Le stade athlétique de , dont couvertes et extensible à , accueillit les cérémonies, l'athlétisme, le départ et l'arrivée du cyclisme sur route, l'équitation, le football, la gymnastique, le cross du pentathlon moderne, le rugby et les jeux de l'enfance comme sport de démonstration.

Le stade d'escrime (plusieurs pistes pour les épreuves d'épée et de sabre ainsi que pour l'épreuve du pentathlon moderne) et le stade de tennis (une dizaine de courts pour les compétitions) étaient adjacents au stade athlétique.

L'accès au stade Une gare est construite à Colombes sur la ligne de Paris-Saint-Lazare à Ermont - Eaubonne par Argenteuil. La gare du Stade ouvre pour les Jeux olympiques de 1924. Elle permet de desservir le stade olympique de Colombes.

La nouvelle enceinte est rebaptisée en 1928 au nom d'un joueur de rugby à XV du Racing et espoir de l'équipe nationale, Yves du Manoir, qui vient de se tuer en avion.

Coupe du monde de football et Seconde Guerre mondiale vignette|Affiche de la finale du mondial de football en 1938 de l'Italie face à la Hongrie. Le stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes a également accueilli de nombreux événements, notamment des matches de football, comme la finale de la Coupe du monde de football 1938, remportée par l'Italie contre la Hongrie, ou encore de nombreuses finales de Coupe de France. À l'occasion de la Coupe du monde 1938, le stade est rénové et agrandi. Il peut désormais accueillir plus de . Le record d'affluence de l'enceinte est enregistré à l'occasion d'un match d'appui de quarts de finale de Coupe d'Europe des clubs champions, entre l'Ajax Amsterdam et le SL Benfica, le : payants.

Avec le début de la Seconde Guerre mondiale, l'installation sportive a également servi de camp de transit parisien pour les internés allemands et autrichiens, qui ont été répartis de là vers d'autres camps d'internement en France. Parmi les internés ici se trouvaient des réfugiés tels que Franz Hessel, Walter Benjamin, Hermann Kesten, Soma Morgenstern, Willi Münzenberg, Horst Rosenthal, Hans Sahl et Wols. Dans son journal, Kurt Stern a enregistré ses propres expériences en tant que détenu au stade olympique et a enregistré à plusieurs reprises les expériences d'autres détenus de Colombes qu'il a ensuite rencontrés dans d'autres camps. Il a également rapporté que les survivants du St. Louis ont été internés ici, qui devaient appartenir au contingent que la France a engagé après la fin de l'odyssée du navireKurt Stern: Was wird mit uns geschehen? Tagebücher der Internierung 1939 und 1940 (Qu'est-ce qui va nous arriver? Journaux d'internement 1939 et 1940). Aufbau, Berlin 2006, , p. 52..

Lors de la finale de la Coupe de France 1950 opposant le Stade de Reims et le RC Paris, le stade accueille 61 722 spectateurs, un record d'affluence pour une finale de Coupe de France (ce record est par la suite battu lorsque le Stade de France accueille sa première finale en 1998).

Le stade a accueilli quelques événements non sportifs tel des congrès annuels de témoins de Jéhovah dans les années 1960-1970.

Il est aussi le théâtre de l'assassinat d'Ali Chekkal, ancien vice-président de l'Assemblée algérienne par Mohamed Ben Sadok, en marge de la finale de Coupe de France de football 1956-1957..

La reconstruction du Parc des Princes à la fin des années 1960, inauguré en 1972, porte un sévère coup au stade de Colombes. Les matches internationaux de football et de rugby, ainsi que les finales de la Coupe de France se déroulant à compter de cette date au nouveau Parc des Princes et cela jusqu'à l'inauguration du Stade de France en 1998, conçu par l’État pour accueillir différents événements sportifs : football, rugby, athlétisme et courses automobiles.

Le vieux stade olympique de Colombes ne bénéficie alors d'aucune rénovation et d'un entretien minimal. Enceinte totalement vétuste dès les années 1980, les trois quarts des tribunes sont interdites au public au début des années 1990, puis rasées. Seule subsiste alors la tribune principale Sud, dotée de quelque ainsi que les virages l'avoisinant.

et arrivée du rugby et modernisation gauche|vignette|François Steyn avec le Racing Métro 92 face au Stade Toulousain au stade Yves-du-Manoir lors de la saison Top 14 de 2009-2010. Au terme de la saison 2008-2009 de Pro D2, le club de rugby à XV du Racing Métro 92 remonte en Top 14, faisant renaître le stade de ses cendres. Une nouvelle tribune latérale de est inaugurée à cette occasion le .

Le conseil général des Hauts-de-Seine présente en la maquette d'un projet de rénovation. Cependant, la lenteur du projet et l'impossibilité de rénover profondément le site poussent finalement le Racing Métro 92 à s'implanter à la Défense dans sa future U Arena, salle modulable et polyvalente capable d'accueillir en mode rugby. Elle est inaugurée en , laissant alors le stade sans club résident. Le , le Racing 92 joue son dernier match au stade Yves-du-Manoir avant de s'installer dans l'U Arena la semaine suivanteSébastien Lapaque, « À Colombes, les adieux au stade Yves-du-Manoir », Le Figaro, samedi 16, dimanche , page 15.. Le , le Racing 92 revient jouer au stade Yves-du-Manoir à l'occasion d'un match de barrage de Top 14 l'opposant au Stade rochelais. L'U Arena, depuis renommée Paris La Défense Arena, était alors indisponible car réservée de longue date par la chanteuse Mylène Farmer pour les répétitions de sa série de concerts dans la salle..

vignette|Match de l'UJA Alfortville face à Strasbourg en National en 2011. À partir de , le stade Lucien-Choine, un terrain annexe du stade aujourd'hui détruit, accueille l'ensemble des matches du Racing Club de France Football.

En 2014, le stade sert de lieu de tournage à l'interview du footballeur Raïs M'Bolhi (qui y a touché ses premiers ballons à l'âge de ) par le journaliste Mouloud Achour..

Le stade fut utilisé pour deux candidatures parisiennes pour l'accueil des Jeux olympiques d'été. À chaque fois, le comité de candidature insista sur l'héritage, pour faire le lien avec l'olympiade de 1924. C'est en effet l'un des rares sites sportifs ayant subsisté après des décennies d'urbanisme.

Pour la candidature de Paris pour 2012, le stade et le centre sportif qui l'entoure devaient accueillir de baseball et softball, après une rénovation majeure .... Le projet n'aboutit pas à cause de l'échec de la candidature ; même en cas de victoire, il aurait été compromis car le CIO retire, dans la foulée de l'attribution des jeux à Londres, le baseball et le softball du programme olympique..

Dans le cadre de l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2024, le stade est retenu en vue d'accueillir les épreuves de hockey sur gazon. Par ailleurs, le complexe sportif devient aussi le siège et le centre d’entraînement de haut niveau de la Fédération française de hockey. (fédération chapeautant le hockey sur gazon et le hockey en salle).

En , des travaux de rénovation sont annoncés en vue de transformer les tribunes pour qu'elles soient configurées en quatre tribunes proches d'un terrain synthétique permettant d'accueillir . Une fois les travaux achevés, le club du Racing 92 devrait rejouer sur ce terrain en 2027, dix ans après l'avoir quitté..

Évolution Projet avorté de centre pour la Fédération française de handball vignette|gauche|Le stade Yves-du-Manoir vu de sa principale tribune d'honneur et du virage Nord dont les tribunes en béton furent rasées dans les années 1990. Le , Patrick Devedjian, alors président du conseil général des Hauts-de-Seine, annonce le projet de reconversion pour le stade : . Le syndicat mixte du stade Yves-du-Manoir a déjà pris la décision à l'unanimité de lancer une étude de pré-programmation pour définir les besoins et le projet, qui sera suivi dès par un concours d'architecte. Cet aménagement devait également comprendre les locaux du nouveau siège de la Fédération française de handball (FFHB).

En est signé un protocole avec cette fédération afin que soit installé en 2015 le centre national du handball, comprenant le siège de la FFHB, une résidence pour les équipes de France masculines et féminines, des installations d'entraînement, une salle de ainsi qu'un centre de formation. Le programme définitif est approuvé en . La livraison devait avoir lieu fin 2015, afin que cet équipement soit pleinement opérationnel lors des championnats du monde masculins de handball 2017.

Finalement, le projet est abandonné à la suite du retard pris, rien ne pouvant être prêt pour 2017, et en raison du fait que la FFHB préfère conserver son statut de propriétaire à Gentilly, plutôt que de devenir locataire à Colombes. Le devenir du stade est donc laissé en sursis, même si on réclame sa conversion en centre sportif..

Les seconds Jeux olympiques du stade