En mathématiques, on appelle fonctions hyperboliques les fonctions cosinus hyperbolique, sinus hyperbolique et tangente hyperbolique. Les noms « sinus », « cosinus » et « tangente » proviennent de leur ressemblance avec les fonctions trigonométriques (dites « circulaires » car en relation avec le cercle unité ) et le terme « hyperbolique » provient de leur relation avec l'hyperbole d'équation .
Elles sont utilisées en analyse pour le calcul intégral, la résolution des équations différentielles mais aussi en géométrie hyperbolique.
Histoire
Le premier calcul de trigonométrie hyperbolique connu est attribué à Gerardus Mercator dans sa publication sur la projection qui porte aujourd'hui son nom, vers 1566. Elle nécessite des tables de solutions d'une équation transcendante impliquant des fonctions hyperboliques.
Le premier à suggérer une similarité entre un secteur circulaire et un secteur hyperbolique est Isaac Newton dans son traité de 1687 Principia Mathematica.
Roger Cotes suggère de modifier les fonctions trigonométriques en utilisant l'unité imaginaire pour obtenir un ellipsoïde de révolution aplati à partir d'un ellipsoïde allongé.
Les fonctions hyperboliques ont été inventées par le jésuite Vincenzo Riccati en 1757 alors qu'il cherchait, avec son collègue Saladini, à calculer l'aire sous l'hyperbole d'équation . La méthode géométrique qu'il employa alors était très similaire à celle que l'on peut utiliser pour calculer l'aire d'un cercle d'équation . Le calcul de l'aire du cercle fait intervenir les fonctions trigonométriques classiques que Riccati nommait cosinus et sinus circulaires, qu'il noté et () respectivement, et par analogie, il appelle alors les fonctions qu'il venait de créer cosinus et sinus hyperboliques, notés et (). Ce fut un choix heureux, car cette ressemblance ne s'arrête pas à la méthode de calcul d'aire mais aussi à toutes les formules trigonométriques. Cependant, pourtant au fait du travail de son contemporain Euler, il n'utilisa pas la fonction exponentielle pour les définir mais seulement des considérations géométriques. Dès 1759, Daviet de Foncenex établit l'interchangeabilité des fonctions trigonométriques et hyperboliques en utilisant l'unité imaginaire, étendant la formule de Moivre aux fonctions hyperbolique.
L'autre grand mathématicien ayant étudié les fonctions hyperboliques est Jean-Henri Lambert, qui en fit une étude complète en 1770. Cette quasi-simultanéité fait que l'on attribue parfois à Lambert la paternité des fonctions hyperboliques, bien que les écrits de Riccati soient antérieurs de quelques années, d'autant que Lambert a crédité Riccati pour la terminologie et les noms des fonctions, n'ayant modifié que les notations pour celles utilisées de nos jours..
Définitions Les fonctions hyperboliques sont analogues aux fonctions trigonométriques ou fonctions circulaires. Ce sont les fonctions :
Sinus hyperbolique
Définie comme étant la partie impaire de la fonction exponentielle, c’est-à-dire par :
La fonction — ou — est une bijection de classe de ℝ sur ℝ strictement croissante, et impaire. Sa dérivée est le cosinus hyperbolique. Son application réciproque est l'argument sinus hyperbolique.
Cosinus hyperbolique
Définie comme étant la partie paire de la fonction exponentielle, c’est-à-dire par :
La fonction — ou — est une application de ℝ dans strictement croissante sur ℝ, et paire. La fonction est de classe sur ℝ et sa dérivée est le sinus hyperbolique. Sa restriction à ℝ est une bijection à valeurs dans dont l'application réciproque est l'argument cosinus hyperbolique.
Tangente hyperbolique
Définie par :
La fonction — ou — est une bijection de classe de ℝ sur strictement croissante, et impaire. Sa dérivée est . Son application réciproque est l'argument tangente hyperbolique.
Cotangente hyperbolique
Définie par :
est une bijection de classe de ℝ* dans . Sa dérivée est . Son application réciproque est l'argument cotangente hyperbolique.
Sécante hyperbolique
Définie par :
Cosécante hyperbolique
Définie par :
Tableau de variations
Les fonctions , et sont impaires et la fonction est paire, on peut donc réduire leur domaine d'étude à .
0 1 0 0 +1 +1
Propriétés Par construction,
On en déduit la formule suivante :
De même que les points décrivent un cercle lorsque parcourt ℝ, les points décrivent une branche d'hyperbole.
Le paramètre ne peut pas être interprété comme un angle, ni comme une longueur d'arc ; les fonctions hyperboliques sont périodiques, mais de période imaginaire pure.
La fonction admet 1 pour minimum, en 0.
La fonction est impaire et ainsi .
Les fonctions hyperboliques satisfont à des relations très similaires aux identités trigonométriques. En fait, la règle d'Osborn. dit que l'on peut convertir n'importe quelle identité trigonométrique en une identité hyperbolique en la développant complètement à l'aide de puissances entières de sinus et cosinus, changeant en et en , et remplaçant le signe de chaque terme qui contient un produit de deux sinus en son opposé.
Cela permet d'obtenir par exemple, les formules d'addition et de soustraction :
et des « formules d'angle moitié » (la deuxième étant valide si est positif ou nul) :
De ces expressions on déduit les formules suivantes relatives à la tangente hyperbolique :
On a de même :
La fonction cosinus hyperbolique est convexe. Elle intervient dans la définition de la chaînette, laquelle correspond à la forme que prend un câble suspendu à ses extrémités et soumis à son propre poids.
Puisque la fonction exponentielle peut être prolongée à l'ensemble des nombres complexes, on peut aussi étendre les définitions des fonctions hyperboliques à l'ensemble des nombres complexes. Les fonctions sinus hyperbolique et cosinus hyperbolique sont alors holomorphes et même entières.
Applications réciproques Argument sinus hyperbolique
— ou La norme ISO 31-11 recommande la notation « arsinh » pour cette fonction. — est l'application réciproque de . C'est une bijection de ℝ sur ℝ, impaire et strictement croissante. La fonction est dérivable sur ℝ et sa dérivée est . La fonction admet la forme logarithmique suivante : .
Argument cosinus hyperbolique
— ou La norme ISO 31-11 recommande la notation « arcosh » pour cette fonction. — est l'application réciproque de la restriction de à ℝ. C'est une bijection de sur ℝ, strictement croissante. La fonction est dérivable sur et sa dérivée est . La fonction admet une forme logarithmique : .
Argument tangente hyperbolique
— ou La norme ISO 31-11 recommande la notation « artanh » pour cette fonction. — est l'application réciproque de . C'est une bijection de sur ℝ, impaire, strictement croissante. La fonction est dérivable sur et sa dérivée est . La fonction admet une forme logarithmique : .
Argument cotangente hyperbolique
— ou La norme ISO 31-11 recommande la notation « arcoth » pour cette fonction. — est l'application réciproque de . C'est une bijection de sur ℝ*. La fonction est dérivable sur et sa dérivée est . La fonction admet une forme logarithmique : .
Argument sécante hyperbolique — ou est l'application réciproque de sech. .
Argument cosécante hyperbolique — ou est l'application réciproque de csch. .
Relations entre fonctions hyperboliques et fonctions circulaires Des formules d'Euler, on déduit immédiatement :
ou encore :
D'autres relations entre fonctions hyperboliques et circulaires sont données par la fonction de Gudermann ou gudermannien. Elles ont été explicitées par le mathématicien Christoph Gudermann. Le gudermannien de peut être défini par . On en déduit de nombreuses relations entre les fonctions trigonométriques de et les fonctions hyperboliques de . Par exemple :
Utilisation en géométrie hyperbolique
Les formules de la trigonométrie sphérique restent valables en géométrie hyperbolique en remplaçant partout cos par cosh, sin par sinh et tan par tanh, et en n'oubliant pas de changer les signes correspondant à des produits d'un nombre pair de fonctions sin ou tan.
Relations lorsque l'argument est un imaginaire pur On trouve ici un formulaire dans lequel on trouve les formules lorsque l'argument est un imaginaire pur, par exemple ou .
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Primitives de fonctions hyperboliques réciproques Loi sécante hyperbolique Triangle hyperbolique
Lien externe
* Catégorie:Exponentielle