La politique de l'eau potable et de l'assainissement en Tunisie a permis au pays d'atteindre le plus haut taux d'accès à l'approvisionnement et à l'assainissement de l'eau parmi les pays de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, grâce à sa politique en matière d'infrastructures. 96 % des citadins et 52 % de la population rurale ont accès à l'assainissement amélioré. À la fin 2006, l'accès à l'eau potable est presque universel en Tunisie : proche de 100 % dans les zones urbaines et de 90 % dans les zones rurales... La Tunisie offre par ailleurs une bonne qualité de l'eau potable tout au long de l'année.. Le pays connaît un faible taux de pertes de 18,2 % en 2004..
La responsabilité des systèmes d'approvisionnement en eau dans les zones urbaines et dans les grands centres ruraux est attribuée à une autorité nationale, la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), entité publique autonome relevant du ministère de l'Agriculture et de l'Environnement. La planification, la conception et la supervision des approvisionnements de plus petites tailles ainsi que des ouvrages d'irrigation dans les autres zones rurales sont de la responsabilité de la Direction générale du génie rural (DGGR). La gestion de la planification des investissements et de la mise en œuvre des projets est menée par les commissariats régionaux au développement agricole (CRDA).
En 1974, l'Office national de l'assainissement (ONAS) a été créé pour gérer le secteur de l'assainissement. En 1993, il a obtenu le statut de principal opérateur pour la protection de l'eau et la lutte contre la pollution de l'environnement.
Accès Selon le programme commun de surveillance de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Unicef, 93 % de la population tunisienne a accès à une source améliorée d'eau potable et 85 % à un assainissement adéquat en 2004. Entre 1990 et 2004, l'accès à l'eau a augmenté de 81 % à 93 %, tandis que l'accès à l'assainissement a augmenté de 75 % à 85 %.
Zones urbaines(64 % de la population) Zones rurales(36 % de la population) TotalEau Source améliorée d'eau potable 99 % 82 % 93 % Connexions des habitations 94 % 38 % 74 %Assainissement Assainissement amélioré 96 % 65 % 85 % Égouts 75 % 4 % 49 %
Selon l'Institut national de la statistique, 84,8 % des Tunisiens ont accès en 2007 à l'eau potable à domicile..
Qualité du service Continuité de l'approvisionnement Le réseau de Tunis, capitale du pays, est en mesure de fournir un approvisionnement en eau 24 heures sur 24 de l'ordre de par habitant et par jour..
La continuité de l'offre est très bonne par rapport aux normes régionales car elle assure une eau de bonne qualité tout au long de l'année et possède le pourcentage le plus faible de pertes de la région.
Qualité de l'eau potable La Tunisie offre une bonne qualité de l'eau potable tout au long de l'année même si la qualité de l'eau fournie par la SONEDE et la DGGR dans les zones rurales varie selon les conditions locales..
La qualité de l'eau potable est suivie, de la production jusqu'à la distribution, sur le plan de la qualité bactériologique et physico-chimique de l'eau. Ce sont la SONEDE et le ministère de la Santé qui procèdent à cette surveillance.
Connexions aux égouts
vignette|Station d'épuration des eaux usées de Chotrana.
Le taux de raccordement au réseau d'assainissement dans les zones urbaines tunisiennes est passé de 20,6 % en 1975 à 35,9 % en 1987 puis 81,6 % en 2007..
Traitement des eaux usées Depuis 1960, la Tunisie s'est engagée dans l'étude de l'eau récupérée. Actuellement, hectares, plantés essentiellement de vergers ou de fourrage pour le bétail, utilisent de l'eau traitée pour l'irrigation, en compatibilité avec le droit national.
Le nombre de stations d'épuration a progressivement augmenté au cours des années 1990 et devrait atteindre le nombre de 83 en 2006. En 1998, 61 stations étaient en fonctionnement, avec un réseau de kilomètres de conduites collectant 178 millions de mètres cubes d'eaux usées. La plus grande usine de traitement des eaux usées, située à Chotrana, possède un rendement quotidien de ..
En 2023, le groupe Suez et l'ONAS annoncent la conclusion du premier partenariat public-privé du secteur ; cette concession de dix ans permet à Suez d'exploiter le service public d'assainissement pour les gouvernorats de Sfax, Gabès, Médenine et Tataouine grâce à un financement de la Banque mondiale..
Ressources en eau
vignette|Retenue du barrage Lakhmess. vignette|Puits traditionnel sur l'île de Djerba.
Le volume annuel total de l'eau exploitable en Tunisie est d'environ 4,670 milliards de mètres cubes, dont environ 57 % (2,7 milliards) sont des eaux de surface et le reste des eaux souterraines..
La Tunisie est un pays pauvre en eau, avec une disponibilité de l'eau renouvelable par habitant de , soit bien en dessous de la moyenne de par habitant au Moyen-Orient et dans le reste de l'Afrique du Nord. Sur les ressources en eau de surface disponibles, soit 2,1 milliards de mètres cubes, seulement 1,220 milliard environ devrait être récupéré pour une utilisation réelle. 18 barrages existants, 21 barrages projetés et 235 barrages collinaires sont censés augmenter l'offre disponible, mais la sédimentation rapide des réservoirs réduira progressivement leur capacité de stockage et abrégera leur durée de vie.
L'extraction excessive des eaux souterraines dans les régions côtières du cap Bon, de l'Ariana et de La Soukra a conduit à une intrusion saline dans de nombreuses zones, conduisant à ce que les eaux souterraines sont devenues impropres à la consommation, touchant même d'autres régions. Seulement 50 % de l'ensemble des ressources en eau ont des niveaux de salinité inférieurs à milligrammes par litre et peuvent être utilisées sans restriction ; 84 % de toutes les ressources en eaux souterraines ont des niveaux de salinité dépassant milligrammes par litre et 30 % des aquifères ont des niveaux de salinité dépassant milligrammes par litre.
Le tableau ci-dessous montre l'eau accessible (A) et disponible (B) en millions de mètres cubes par an pour différentes périodes :
1990201020202030 A B A B A B A B Grands barrages 871 138 Barrages collinaires et lacs 65 59 100 50 70 35 50 45 Puits tubés et sources 997 997 Puits ouverts 720 720 720 720 720 620 720 550 Eaux récupérées 120 120 200 200 290 290 340 340 Eaux dessalées 7 7 10 10 24 24 49 49 Total
Usage de l'eau
vignette|Oliveraie dans le gouvernorat de Sfax.
En 1996, 86 % des prélèvements d'eau ont été alloués au secteur agricole.. Le secteur de l'eau est également tenu de répondre à l'accroissement de la demande en eau dans toutes les zones urbaines et rurales, dans le secteur de l'agriculture ainsi que pour les besoins industriels et touristiques. À travers la gestion et le développement des ressources en eau, la décennie 1990-2000 a été le témoin d'une augmentation des ressources en eau disponibles, passant de 2,76 milliards de mètres cubes en 1991 à 3,525 milliards en 2000. Il est prévu que l'approvisionnement atteint 4,6 milliards de mètres cubes en 2010, principalement grâce à des améliorations en matière d'économie d'eau, de rationalisation de son utilisation et de développement des ressources non conventionnelles, y compris l'utilisation d'eaux usées traitées..
Selon les estimations du ministère de l'Agriculture et de l'Environnement pour l'année 2030, la demande en eau devrait être stabilisée à 2,7 milliards de mètres cubes par an, même si la population supposée de la Tunisie atteindrait environ 13 millions d'habitants ce qui, compte tenu de la demande actuelle, se traduirait par une demande de 3,1 milliards de mètres cubes par an.
Évolution de la politique de l'eau La politique tunisienne de l'eau, des années 1950 aux années 1970 repose sur le peu de ressources mobilisables, ce qui conduit à la construction de barrages et de réservoirs. Depuis le début des années 1980, la politique en matière de barrages a été mise en place et le Plan directeur des eaux appliqué..
En 1990, la stratégie décennale (1990-2000) pour la mobilisation des ressources en eau et la mobilisation maximale des ressources disponibles a été mise sur pied. Cette stratégie a été élaborée et mise en œuvre afin de fournir un contrôle intégré des sources d'eau potentielles. Le coût de cette stratégie a approché les deux milliards de dollars..
Les perspectives concernant les ressources en eau en Tunisie peuvent se présenter de la façon suivante. :
Type de ressourcesRessources potentielles (millions de m³)Ressources mobilisables (millions de m³)Ressources mobilisées (millions de m³) 1990 1995 2000 2005 2010 Eaux de surface Eaux souterraines Total Taux de mobilisation (%) - - 59 80 88 93 96
En 2003, le ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a publié le Plan directeur des eaux ; deux grandes options stratégiques ont été identifiées et mises en œuvre : la stratégie de mobilisation des ressources en eau (2001-2011), lancée pour la première fois en 1990, et la stratégie à long terme (2030).
Responsabilité de l'approvisionnement et de l'assainissement Politique et régulation Le ministère de l'Agriculture établit les politiques concernant les ressources en eau en Tunisie, alors que le ministère de l'Environnement régit l'assainissement, les eaux usées et la planification environnementale. Sa section des ouvrages hydrauliques, la Direction générale des grands barrages et des grands travaux hydrauliques, est responsable de la construction de grands projets en matière de ressources en eau.
Dispositifs légaux en matière d'eau Par rapport à d'autres pays d'Afrique du Nord, la Tunisie a élaboré et adopté de nombreuses lois et plans concernant ses ressources en eau. Des plans directeurs des eaux existent depuis 1970, époque où un premier plan a été élaboré pour la partie nord de la Tunisie, celle abritant la plupart des ressources et des activités connexes. Le centre et le sud du pays ont suivi respectivement en 1977 et 1983. Le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement, qui a mis au point ces plans, est également responsable de la mise en œuvre et de l'allocation des ressources en eau.
Politiques, projets et points clés La vulnérabilité relativement élevée des ressources en eau de la Tunisie a conduit à de nombreux programmes et projets visant à améliorer l'efficacité de l'utilisation de l'eau. Le statut actuel, les principaux déficits et les stratégies de base sont bien décrites dans le rapport national sur le secteur de l'eau. À partir de tous les programmes, les politiques nationales suivantes peuvent être déduites. :
vignette|Réservoir du barrage de Sidi Salem.
le développement et la mobilisation des ressources en eau disponibles afin d'atteindre un taux de mobilisation de 95 % ; la gestion intégrée des ressources en eau, en particulier l'amélioration du transfert des volumes excédentaires des périodes pluvieuses pour les périodes de sécheresse ; les économies d'eau et la maîtrise de la demande dans tous les secteurs ; la poursuite du développement des ressources en eau non conventionnelles, par le biais de l'expansion de l'usage des eaux usées traitées dans l'agriculture et des eaux saumâtres issues du dessalement dans tous les secteurs ; la protection des ressources en eau contre la pollution et la surexploitation.
Afin de répondre à ces politiques, trois grandes stratégies ont été mises en place : la stratégie décennale de mobilisation des ressources en eau (1990-2000) : La priorité majeure est l'augmentation de l'offre. La construction de plus de 200 petits et grands barrages et le forage de plus de puits profonds ont conduit à des améliorations de l'usage des ressources d'eau à disposition de 60 % en 1990 à 87,5 % en 2004. Le budget total pour la stratégie était de deux milliards de dinars ;