Le hautbois d'amour () est un instrument de musique à vent de la famille des bois, à anche double et de perce conique. C'est un instrument transpositeur, dont les sons sonnent une tierce mineure plus bas que les notes écrites sur les partitions conçues pour lui.
Utilisé en musique de chambre, musique concertante, orchestre symphonique, plus rarement en orchestre d'harmonie, le hautbois d'amour a une sonorité douce et envoûtante, à la manière des sopranistes, d'où son qualificatif pour sa tendresse un peu mélancolique qui se marie bien avec la musique à caractère pastoral.
Comme le hautbois baroque, dont il suit parallèlement l'évolution jusqu'au hautbois moderne, son origine vient de la transformation des consorts de chalemies et de hautbois du Poitou par les familles Hotteterre et Philidor au milieu du . Les hautbois plus graves sont apparus vers 1720.
Son épanouissement se fait surtout en Allemagne durant la première moitié du . Sa première utilisation référencée sous le nom « hautbois d'amour » est la cantate en ré mineur de Christoph Graupner (1717). Les compositeurs baroques lui consacrent de véritables chefs-d'œuvre, particulièrement Jean-Sébastien Bach et Georg Philipp Telemann dans leurs concertos (originaux ou sous forme d'arrangements) mais aussi dans leurs cantates, messes et oratorios. En effet, Bach les a utilisés (pour Messe en si mineur, Magnificat, Oratorio de Noël) pour ainsi varier les timbres.
Temporairement éclipsé pendant les périodes classique et romantique, le hautbois d'amour renaît grâce à des compositeurs comme Claude Debussy, Richard Strauss et Maurice Ravel. Le renouveau de la musique baroque lui a également donné un nouvel essor à partir des années 1970.
Caractéristiques Dans son Traité de l'orchestration, Charles Koechlin définit le hautbois d'amour comme :
L'instrument est considéré comme le mezzo-soprano de la famille des hautbois. Comme son grand frère le cor anglais, son pavillon (aussi désigné pavillon d'amour) est piriforme, c'est-à-dire en forme de poire, et son anche est reliée au corps du haut par un tube conique et courbe appelé bocal. Il dispose de .
Le hautbois d'amour n'est pas mentionné dans le Traité d'instrumentation et d'orchestration de Berlioz (1843). En effet, , ce qui conduit Charles Koechlin à insister sur le fait qu'
Dans un article publié dans la Revue et gazette musicale de Paris, Berlioz regrette l'absence des instruments en la dans les familles des flûtes et des hautbois : .
En 1873, Victor-Charles Mahillon modernise le clétage du hautbois d'amour., ce qui redynamise l'instrument auprès d'autres facteurs de l'époque.
Œuvres utilisant le hautbois d'amour Concerto en La majeur BWV 1055 de Jean-Sébastien Bach ; Magnificat de Bach (« Quia respexit ») Telemann : Concerto en Sol Majeur Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach, Sinfonia domestica (1902) de Richard Strauss, (« À Minuit ») dernier des Rückert-Lieder (1902) de Gustav Mahler, Gigues des Images pour orchestre (1909-1912) de Claude Debussy, Boléro (1928) de Maurice Ravel La Course de printemps, (du Livre de la jungle) de Charles Koechlin, Onze monodies, de Charles Koechlin, Concerto pour violoncelle et orchestre en forme de « pas de trois » (1965-1966) de Bernd Alois Zimmermann (1969-1970) de György Ligeti Timbres, espace, mouvement d'Henri Dutilleux Huit Canons (1998) pour hautbois d'amour principal et ensemble instrumental de Brice Pauset
Bibliographie
compilation des articles parus dans la Revue et gazette musicale de Paris de 1841 à 1842
Denis Arnold : Dictionnaire encyclopédique de la musique en 2 tomes, Université d'Oxford — Laffont, 1989.
Références
Voir aussi
Articles connexes Anche Hautbois Cor anglais Hautbois baryton Heckelphone Basson Contrebasson
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