Le tramway de Lyon est un réseau de tramway qui dessert la ville française de Lyon et une partie de son agglomération. Il est constitué de neuf lignes dont sept urbaines qui sont propriété de SYTRAL Mobilités et sont exploitées sous la marque commerciale TCL. La huitième assurant la liaison avec l'aéroport était propriété du conseil général du Rhône jusqu'au , elle est depuis le propriété de Sytral Mobilités. Elle était exploitée par la société Rhônexpress SAS via Transdev Rail Rhône jusqu'au .

Depuis le , après 32 années de gestion exclusive du réseau TCL assurée par la société Keolis, l'exploitation de ce réseau de tramway est assurée par l'exploitant RATP Dev, filiale de la RATP pour une durée de 10 ans. L'ancien exploitant Keolis Lyon conserve l'exploitation du réseau de bus pour une durée de .

Le premier réseau de tramways, mis en service en 1880, a été fermé en 1956. En dépit de la politique du « tout voiture » des années 1970, le métro de Lyon voit le jour en 1978. Dès 1989 apparaît l'idée de réimplanter le tramway à Lyon. Après de nombreuses levées de bouclier, un nouveau réseau prend forme, avec l'inauguration en et la mise en service, le , des nouvelles lignes T1 et T2, puis les lignes T3 en 2006, T4 en 2009, Rhônexpress en 2010, T5 en 2012, T6 en 2019 et T7 en 2021. En 2026, trois lignes supplémentaires sont en construction ou en projet, et une extension est à l'étude.

Il s'agit du deuxième réseau de France, derrière celui de la région parisienne, par la longueur cumulée des lignes exploitées, la longueur physique du réseau et la fréquentation.

Depuis , le parc compte un nombre total de 107 rames, dont 34 rames de de long.

Histoire de l'ancien réseau

En 1879, est créée la compagnie des Omnibus et tramways de Lyon (OTL). Le premier tramway, alors à traction animale, circule sur la ligne 5 entre Bellecour et Vaise le . Le réseau initial cumule alors plus de de lignes.

L'électrification du réseau commence en 1893. En 1906, elle recourt à la houille blanche de la société La Volta lyonnaise, de Georges Coutagne, qui exploite une usine électrique à Pomblière Saint-Marcel, près de Moûtiers en Tarentaise. Ce choix a permis de diminuer le coût de revient et la création de la première ligne à haute tension française, par le réseau de la Société grenobloise de force et lumière, sur une distance de , encore jamais atteinte en Europe, sur deux fils en laiton d'un diamètre de six millimètres.

gauche|vignette|Tramway électrique, ligne Perrache-Brotteaux vers 1910. Plusieurs autres compagnies sont créées et obtiennent la concession de lignes, mais sont peu à peu absorbées par l'OTL : ainsi la Société Anonyme du Tramway d'Écully en 1899 ou la Compagnie Fourvière Ouest Lyonnais en 1911.

À l'apogée du réseau en 1930, les 34 lignes de tramways de Lyon transportent près de de voyageurs par an.

Mais dès 1923, la municipalité de Lyon choisit d'investir dans les électrobus (autobus à traction électrique par accumulation), pour concurrencer l'OTL et ses tramways. En 1929, trois lignes d'électrobus municipaux sont en fonctionnement. De plus, l'OTL subit un procès interminable engagé par les transporteurs privés en 1925, même si l'OTL gagne en cassation, en 1936, sa filiale Travaux et Transports est ruinée.

En dépit du succès du (tramway de Lyon à Neuville) en 1932, l'OTL est en difficulté et la place du tramway ne fait que décliner. La ligne de Mornant est remplacée par des autocars en 1934, celles de Sainte-Foy et Francheville passent en trolleybus. La Seconde Guerre mondiale est paradoxalement une période d'accalmie pour les tramways lyonnais, car les matériels routiers sont réquisitionnés et des lignes de tramways sont remises en service. Mais à Lyon, pendant la période de la reconstruction et à l'instar de nombreuses autres villes françaises, le tramway est vivement concurrencé par le trolleybus et l'autobus. À partir de 1946, Lyon devient la . Le , le dernier tramway urbain est supprimé, et le , le train bleu du Val de Saône disparait également. thumb|upright=3|center|Carte animée de l'évolution des infrastructures ferroviaires de l'agglomération de Lyon, dont celle des anciens et actuels tramways, de 1860 à nos jours.

Retour du tramway Le retour du tramway dans l'agglomération lyonnaise fut concrétisé par la mise en service des deux premières lignes le . Ce retour marquait l'aboutissement de près de vingt années de l'histoire des transports en commun lyonnais durant lesquelles le tramway fut épisodiquement évoqué avant d'effectuer son retour. Après la mise en service des trois lignes de métro entre 1978 et 1984. Ainsi en 1983-1984, le STCRL étudia les possibilités de construction d'un tramway moderne en le comparant à un métro sur un axe est-ouest. Il fut rapidement abandonné au profit de la réalisation d'une quatrième ligne de métro, la ligne D.

Des premières études

Études des années 70 et 80 En 1970, une première étude et proposition de créer une ligne de métro léger entre les Brotteaux et Vaulx-en-Velin, en passant par le quartier universitaire de La Doua, les quartiers Mas du Taureau et du centre de Vaulx. La ligne prévue devait faire dont de tunnel sous le nouveau quartier de la ZUP de Vaulx-en-Velin et 8 stations.

En 1973, une étude pour la réalisation d'une ligne de TCSP (Métro sur voirie (le mot tramway était banni à l'époque) ou BHNS) entre Vénissieux et la Part-Dieu, ce projet sera finalement le tramway T4 actuel dans les grandes lignes.

En 1977, une variante de la ligne D du métro en tramway est remise, il propose une ligne Bellecour - Minguettes de et 29 stations dont une souterraine. La même année, une proposition de la TCL est de remettre un réseau de tramway entre Lyon et la périphérie. Certaines de ces lignes seront reprises par la suite du nouveau réseau de tram, notamment T1 et T2.

En 1978, une étude de reconvertir la ligne CFEL en ligne de tramway est proposée, cette solution était intéressante, mais malheureusement la contrainte de la desserte industrielle par des trains de marchandises apportait une contrainte sur la mise en œuvre du projet, qui exigeait une desserte a minima des usines, cette ligne sera à terme la ligne tramway T3.

En 1989, dans un document prospectif du moyen terme du réseau de TCSP lyonnais, il est mentionné la réalisation de la rocade entre Gerland et La Doua, ce qui deviendra à terme la ligne T6.

Projet Hippocampe Au cours de la campagne municipale de 1989, certains élus proposèrent le principe d'un réseau de surface en site propre, complétant le métro : à l'époque, les surcoûts du projet Maggaly alimentaient la chronique politique, enterrant de fait toute extension du métro. Ainsi fut lancé Hippocampe, est un projet de tramway sous Michel NoirLe Progrès, , .. Ce projet signifiait la résurrection du tramway à Lyon en complément de plusieurs prolongements de métro. Cette ligne devait relier Gerland à la station Foch de la ligne A, par un itinéraire de Saint-Fons, le plateau des Minguettes, la gare de Vénissieux, le boulevard des États-Unis, la gare de la Part-Dieu, le domaine universitaire de La Doua et le parc de la Tête d'or.

Constitution du nouveau réseau, d'abord les lignes T1 et T2

Après 40 ans d'oubli, ponctués par une décadence puis une reprise des transports en commun, dont l'élément le plus notable est la création du métro, la décision de principe de créer un nouveau réseau de tramways intervient en 1996, en complément du métro. Ce projet est lancé à l'initiative du maire Raymond Barre, qui fait inscrire un nouveau réseau tram dans le Plan des Déplacements Urbains.

La solution tram, moins chère que le métro (construction et équipement), pourra assurer un débit suffisant sur certaines lignes. Pour cela, les lignes seront en site propre ou disposeront de priorités sur le reste de la circulation.

Deux lignes, T1 et T2, sont mises en service le .

Extensions successives La ligne T2 a été prolongée à Saint-Priest - Bel Air le , la ligne T1 a été prolongée à Montrochet le . La ligne T3, inaugurée le (projet LEA), a été mise en service le sur l'emprise du Chemin de Fer de l'Est Lyonnais (CFEL) entre Gare Part-Dieu - Villette et Meyzieu Z.I.. La ligne T4, inaugurée le , relie Jet d'Eau - Mendès France à Hôpital Feyzin Vénissieux, via Vénissieux et le plateau des Minguettes. La ligne T5 a été inaugurée le , et dessert quotidiennement Eurexpo depuis le . La ligne T6 est mise en service commercial le . C'est la première ligne rocade du réseau de Lyon.

Depuis , le Parc OL est desservi quotidiennement par la création d'une ligne T7, exploitée avec une fréquence de en heures de pointe. Les tramways, qui partent de La Soie pour rejoindre le Parc OL en s'arrêtant à chaque station intermédiaire, offrent, sur ce tronçon, 25 % de capacité supplémentaire aux voyageurs. Initialement prévue le , la mise en service du T7 a été reportée à la suite de la crise sanitaire de la Covid-19, pour finalement être effective au . La ligne est la première à ne pas desservir la ville de Lyon.

La ligne T2 est prolongée à Hôtel de région - Montrochet le , afin de mieux desservir le quartier de Confluence et de dé-saturer la ligne T1 entre Montrochet et Perrache.

Début 2025, deux nouvelles stations ont été ajoutées sur les lignes T3 et T7 à Décines et à Meyzieu. Le , la station Chassieu - ZAC du Chêne a été ouverte sur le T5.

La ligne T6 a été prolongée des Hôpitaux Est à La Doua - Gaston Berger, via le quartier des Gratte-Ciel à Villeurbanne, avec une mise en service de l'extension le .

Le projet initial de ligne T8 prévue sur le tracé Bellecour – Part-Dieu – La Doua, proposée en 2020 conjointement avec le T9 et le T10, a été abandonné au profit d'une nouvelle ligne T8 engagée entre Gare de Vénissieux et Vaulx-en-Velin - La Soie.

Extensions abandonnées Plusieurs projets d'extension du réseau de tramways, à travers la création de nouvelles lignes ou le prolongement de lignes existantes, ont été étudiés puis reportés ou abandonnés :

Prolongement de la ligne T3 jusqu'à Crémieu : à l'étude en 2013 et refusée en 2014 par les élus du syndicat mixte de la Boucle du Rhône en Dauphiné qui lui préféraient la solution bus à haut niveau de service pour cette ligne« Les élus du Nord-Isère ne veulent pas du prolongement du T3 », Lyon Capitale, 10 mars 2013 ., mais soutenue par le collectif associatif Parfer Lyon-Crémieu.. Aujourd'hui, ce projet de réouverture est porté par la région Auvergne-Rhône-Alpes à travers une solution de type tramway et une mise en service à l'horizon 2032.

Prolongement de la ligne T5 jusqu'au rond-point René Cassin à Chassieu : l'étude a été lancée en 2010., mais la réalisation a été reportée sine die.. Une liaison T3/T5 (prolongeant la ligne T5 depuis Eurexpo jusqu'au Grand Stade à Décines) reste cependant inscrite dans le PDU..

Le projet de tramway express de l'ouest lyonnais devait relier l'ouest métropolitain à la ligne T2 (de la gare d'Alaï à Jean Macé via Hôtel de région - Montrochet), avec une portion en souterrain sous le arrondissement de Lyon. L'ouverture était prévue en 2031. Malgré l'engagement de 56,2 millions d'euros, le projet est abandonné à la suite du changement de majorité à la tête de la Métropole de Lyon aux élections métropolitaines de 2026, au profit de la relance du projet d'une ligne E du métro.

Réseau actuel Aperçu général Le réseau de tramway est exploité par RATP Dev Lyon sous le nom Transports en commun lyonnais. La ligne Rhônexpress est, pour sa part, exploitée par une sous-filiale RATP Dev Lyon Express.

Il est composé de six lignes constituant un réseau de de lignes physiques pour de lignes commerciales. Les tramways circulent intégralement en site propre et bénéficient d'un système de priorité aux carrefours comportant des feux.

Les différentes informations ci-dessous sont retrouvables à partir des sources suivantes :

TCL TCLyon Sytral Mobilités

Le réseau, composé en de huit lignes en incluant Rhônexpress, totalise pour l'instant 115 stations :

Rhônexpress