thumb|upright .6|Les Colonnes d'Hercule représentées sur les armoiries d'Espagne. Les Colonnes d'Hercule ou Colonnes d'Héraclès est le nom donné, dans l'Antiquité classique, aux montagnes qui bordent le détroit de Gibraltar. Il s'agit du rocher de Gibraltar. (Calpe en latin) au nord, sur la rive européenne, et du mont Abyle (Mons Abyla), aujourd'hui djebel Musa, sur la rive marocaine. Pour les Romains, elles symbolisaient la frontière entre le monde civilisé (Mare nostrum) et un au-delà océanique inconnu et dangereux.

Les Colonnes ont reçu leur nom d'un des douze travaux d'Héraclès et plus particulièrement celui durant lequel il dut récupérer les bœufs de Géryon, monstre au triple-corps habitant dans « l'extrême Occident »Bruno d'Agostino, « L'expérience coloniale dans l'imaginaire mythique des Grecs », dans G.P. Carratelli (dir.), Les Grecs en Occident, Bompiani, Milan, 1996, 209-214. pour les ramener à Eurysthée qui les offrit à Héra en sacrifice. En dehors de la réalité géographique mentionnée par les auteurs anciens, la localisation des colonnes d'Hercule relève également du mythe ; elles ont pu être situées selon différentes traditions, souvent ésotériques, en différents lieux selon les mythes qu'elles rejoignent.

Histoire vignette|droite|Table de Peutinger : Colonnes d'Hercule. Selon la mythologie grecque adoptée par les Étrusques et les Romains, lorsque Héraclès dut effectuer ses douze travaux, l'un d'eux, le dixième, était de chercher les bovins de Géryon de l'extrême occident (le Maroc actuel) et les amener à Eurysthée ; cela a marqué le prolongement vers l'ouest de ses voyages. Un passage perdu de Pindare cité par Strabon était la première référence de traçabilité dans ce contexte : « les piliers que Pindare appelle les « portes de Gades » quand il affirme que ce sont les limites les plus éloignées atteintes par Héraclès »Strabon, 3.5.5 ; le passage de Pindare semble perdu.. Par ailleurs, l'assimilation, depuis Hérodote, entre Héraclès et le dieu phénicien Melqart laisse penser que les colonnes sont près de Gades / Gadeira (actuelle Cádiz), notamment du fait que Melqart avait à Gadès un temple important..

Selon le récit du Timée de Platon (24e-25), le royaume perdu d'Atlantide était situé au-delà des colonnes d'Héraclès, Selon une tradition de la Renaissance , les piliers portaient l'avertissement Non plus ultraNon plus ultra : « plus rien au-delà », servant d'avertissement aux marins et navigateurs de ne pas aller plus loin.

Selon des sources romaines, alors qu'il se rendait au jardin des Hespérides, Hercule devait traverser la montagne qui était autrefois l'Atlas. Au lieu d'escalader la grande montagne, Hercule aurait utilisé sa force surhumaine pour se fendre un passage. C'est ainsi qu'il relia la mer Méditerranée à l'océan Atlantique et forma le détroit de Gibraltar. Une partie de la montagne fendue est Gibraltar et l'autre est soit Monte Hacho, soit Djebel Musa. Ces deux montagnes prises ensemble ont depuis lors été connues comme les « Colonnes d'Hercule », mais d'autres éléments naturels ont été associés à ce nom. Diodore de Sicile : Livre IV, fin du chapitre V lire en ligne. cite une autre version selon laquelle, au lieu de briser le mont pour créer le détroit de Gibraltar, Hercule aurait au contraire rétréci un détroit existant pour empêcher les monstres de l'océan Atlantique d'entrer dans la mer Méditerranée.

Le Liber monstrorumLire en ligne Liber monstrorum (en anglais)., catalogue de peuples et créatures légendaires anonyme du , raconte qu'à l'entrée occidentale de la Méditerranée, il érigea des piliers d'une taille étonnante pour le spectacle de la race humaine. De même, il construisit des trophées de ses guerres à l'est, près de l'océan Indien, en souvenir de la postérité.

Évolution du nom Avant le terme géographique de « Colonnes d'Héraclès » qui s'impose au , les Grecs employaient celui de « Colonnes d'Atlas » Chant I (52-55). qui avaient plus une fonction plutôt cosmogonique que géographiqueC. Jourdain-Annequin, « Héraclès en Occident. Mythe et histoire », dans Dialogue d'Histoire ancienne 8, 1982, 266..

D'après Élien, V, 3., les colonnes d'Hercule portèrent d'abord, suivant Aristote, le nom de Briarée, le géant aux cent bras qui, déjà selon Hésiode., assista Zeus dans sa lutte contre les Titans.

Avant la conquête musulmane, le rocher de Gibraltar était appelé « Mont Calpé ». Le nom de « Gibraltar » n'apparaît qu'à partir de 711 ; il vient de l'arabe Jebel Tariq, la montagne de Tariq, nom du premier conquérant musulman ayant mis pied sur le rocher au début de la conquête musulmane de la péninsule Ibérique.

Usage moderne Les Colonnes d'Hercule sont les supports des armoiries de l'Espagne. Elles sont utilisées pour la première fois dans les armoiries du roi Charles I d'Espagne, aussi empereur des Romains sous le nom de Charles Quint. Elles portent sa devise personnelle Plus ultra, signifiant que les colonnes étaient une porte.

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Notes et références

Annexes

Bibliographie Fonds antique

Fonds moderne . C. Jourdain–Annequin, Héraclès aux portes du soir. Mythe et histoire, Besançon - Paris, 1989 lire en ligne lire un compte-rendu de l'ouvrage C. Jourdain-Annequin, « Héraclès en Occident », dans C. Bonnet et C. Jourdain-Annequin, Héraclès d’une rive à l’autre de la Méditerranée : bilan et perspectives, Bruxelles – Rome, 1992, lire un compte-rendu de l'ouvrage

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Articles connexes Histoire de Gibraltar Écoumène Plus ultra

Liens externes Compte-rendu de l'ouvrage de S. Frau sur la situation géographique des colonnes d'Hercule dans l'Antiquité grecque publié dans Diogène.

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