Amelia Earhart, également connue sous le nom de Lady Lindy, est une aviatrice américaine, née le à Atchison (Kansas), disparue le dans l'océan Pacifique et déclarée officiellement morte le .

Elle est notamment célèbre pour avoir été, en , la première femme à traverser l'océan Atlantique en avion puis, en 1932, la première femme à le traverser en solitaire.

Jeunesse et formation gauche|vignette|Amelia Earhart durant son enfance.

Amelia Mary Earhart., fille de Samuel « Edwin » Stanton Earhart (1868-1940) et d'Amelia « Amy » Otis Earhart (1869-1962), naît à Atchison, Kansas.., dans la maison de son grand-père maternel, Alfred Gideon Otis (1827-1912). Celui-ci est un ancien juge fédéral américain., président de l’Atchison Savings Bank et citoyen important d'Atchison. Alfred Otis n'avait pas approuvé le mariage de son fils et n'était pas satisfait de ses dans ses études d'avocat.

Amelia Mary Earhart reçoit les prénoms de ses deux grand-mères (Amelia Josephine Harres et Mary Wells Patton), conformément à la tradition familiale. Elle est par ailleurs surnommée « Meeley » ou « Millie ».

Depuis un âge précoce, elle est une meneuse. Sa jeune sœur, née deux ans après elle, Grace Muriel Earhart (1899-1998), surnommée « Pidge », se comporte en suiveuse fidèle. Les deux filles continuent à répondre à leurs surnoms bien après être entrées dans l'âge adulte. Leur comportement n'est pas conventionnel ; par exemple, Amy Earhart ne voit pas la nécessité d'élever ses enfants comme des « gentilles petites filles ».

Après ses études secondaires à la , Amelia Earhart rejoint sa sœur à Toronto, en Ontario.

Durant la Première Guerre mondiale, elle s'engage en 1916 comme aide soignante dans le Voluntary Aid Detachment (VAD), elle travaille pour la Croix-Rouge de Toronto., puis au Spadina Military Hospital installé dans le Knox College, Toronto...

La guerre finie, Amelia reprend des études à l'université Columbia de New York, où elle suit des cours de préparation à la médecine..

En 1920, un baptême de l'air lui donne la passion pour le vol.. Elle devient élève infirmière, puis, en 1925, assistante sociale., et, dans l'intervalle, se paye des leçons de pilotage, économisant assez d'argent pour s'acheter un biplan jaune vif, qu'elle nomme pour cette raison le Canary...

Le , Earhart atteint l'altitude de , record pour une aviatrice à cette époque..

Célébrité Vol transatlantique de 1928 vignette|Plaque commémorative à Burry Port. Après le premier vol New York-Paris de Charles Lindbergh en 1927, l'idée naît dans l'esprit des éditeurs qui ont publié le récit de sa traversée, en particulier George P. Putnam, qu'un retentissement semblable pourrait accompagner la première traversée de l'Atlantique effectuée en avion par une femme. Plusieurs ont eu cette idée et l'aventure reste risquée : au cours des douze mois qui suivent, cinq femmes tentent l'aventure, toutes échouent et trois disparaissent purement et simplement en mer.

C'est dans ce contexte qu'Amelia Earhart est contactée, en , par Hilton Railey, collaborateur de Putnam, qui lui demande : . Son rôle doit, au cours du vol, se limiter à tenir le journal de bord du trimoteur Fokker F.VIIb/3 « Friendship » piloté par Wilmer Stultz, par ailleurs assisté par le copilote et mécanicien Louis Gordon. Parti de Trepassey, Terre-Neuve, le , le trio amerrit près de Burry Port, au Pays de Galles, après de vol. À l'arrivée, Amelia Earhart déclare sans fard qu'elle n'a été dans cette traversée qu'un , ajoutant tout de même qu'elle essaierait peut-être de la refaire seule un jour.

Elle n'en reçoit pas moins un accueil triomphal en Angleterre quand, après qu'on l'a ravitaillé en carburant, le trimoteur y arrive le . Le trio a droit à une ticker-tape parade lors de son retour à New York. et est reçu à la Maison-Blanche par le président Coolidge. Amelia Earhart est désormais célèbre, malgré son rôle limité dans cette traversée.

Vol transatlantique en solitaire de 1932 vignette|droite|Le Lockheed Vega 5Bd'Amelia Earhart exposé au National Air and Space Museum. Réalisant la promesse qu'elle s'est faite en 1928, Amelia Earhart décolle le matin du de Harbour Grace (province de Terre-Neuve-et-Labrador) à bord d'un Lockheed Vega et, après un vol en solo de , se pose dans un pré à Culmore, au nord de Londonderry, en Irlande du Nord. Elle devient de ce fait la première femme à traverser seule l'océan Atlantique en avion.

Premier vol en solitaire entre Hawaï et la Californie de 1935 Le , elle réalise le tout premier vol en solitaire d'Hawaï à la Californie... sans souci, après plusieurs vaines tentatives d'autres aviateurs.

Tentative de tour du monde de 1937 et disparition vignette|Monument à Harbour Grace (Terre-Neuve-et-Labrador). vignette|Son plan de vol.

Déroulement du dernier vol Amelia Earhart disparaît le , après avoir été vue pour la dernière fois à Lae en Nouvelle-Guinée alors qu'elle tente, avec son navigateur Fred Noonan, de faire le tour du monde par l'est, en passant par l'équateur, sur un bimoteur Lockheed Electra 10-E.. vignette|Le vol d'Amelia Earhart était prévu de l'aérodrome de Lae à l'île Howland, un voyage de . Cette étape était la plus longue du plan de vol, la longueur était proche du rayon d'action de l'avion, la destination étant une île minuscule dans un vaste océan.

Une piste a été aménagée sur la minuscule île Howland, au milieu du Pacifique, pour permettre une étape indispensable entre l'aérodrome de Lae et Hawaï, mais l'avion n'y arrive jamais. Les garde-côtes des États-Unis y ont envoyé un navire muni d'équipement radio, l’. À GMT, , heure locale., lItasca reçoit le message , à GMT, , à GMT, , heure locale, , enfin à (heure locale, affirmée par le Commandant Thompson et notée par les correspondants de presse Howard Hanzlick de l'United Press et James Carey de l'Associated Press, en contradiction avec le des opérateurs radio sur son dernier message) .. Une note manuscrite de James Carey indique : « 8:55 – last on Ran out gas about 8:209:00 – still on air – »

La a le sens clair d'une droite de hauteur. L'observation du soleil à son lever, à l'azimut 67°, a sans doute permis à Noonan de préciser la position de l'avion dans cette direction et de savoir, en traçant sur la carte une droite parallèle passant par Howland, quelle distance reste à courir pour que le but se trouve quelque part dans la direction exactement perpendiculaire, 157 ou 337°.. Soit que le point astronomique de Noonan soit trop imprécis, soit que l'avion a été décalé trop loin, à droite ou à gauche, sur la droite en question, cette méthode ne suffit pas à Earhart et Noonan pour rejoindre Howland. L'équipage de l'''Itasca ne voit ni n'entend jamais l'avion.

Conscients des risques que comporte la méthode, les aviateurs comptent sur l'aide radiogoniométrique de lItasca pour situer plus sûrement Howland dans la dernière partie du vol. Cependant ni l'avion, ni le patrouilleur ne réussissent à faire un relèvement, encore moins à communiquer. Amelia Earhart en est donc réduite à voler le long de la droite de hauteur transportée sur Howland pour chercher l'île à vue. Son message semble indiquer que, logiquement, la recherche est initiée vers le nord-nord-ouest (cap 337°), avant de rebrousser chemin vers le sud-sud-est (cap 157°) où, en dernier ressort, les aviateurs peuvent espérer atteindre les îles Phœnix.

Des hypothèses variées ont été émises sur la disparition de l'Electra, la première d'entre elles étant son écrasement en mer, loin de toute terre, une fois le carburant épuisé. Une autre hypothèse repose précisément sur l'observation qu'en partant de Howland, presque au cap 157° se trouve l’atoll Gardner (aujourd'hui Nikumaroro, Kiribati) et que le platier récifal de celui-ci, découvert à marée basse, offre une surface suffisamment lisse pour y permettre un atterrissage. Amelia Earhart y aurait posé l’Electra, sans réussir ultérieurement à le rapprocher de la terre ferme et à le mettre ainsi à l'abri de la marée, soit qu'il eût été endommagé dans l'atterrissage, soit qu'une jambe de train fût restée coincée dans une crevasse du récif.

Recherches et hypothèses vignette|Monument à la mémoire d’Earhart à Harrison (New York) 10528, dans la rue qui porte maintenant son nom.

Le gouvernement américain, le président Roosevelt en tête, lance une dizaine de navires et une cinquantaine d'avions à la recherche d'Earhart et Noonan, durant quatre mois. Aucune trace de leur appareil n'est détectée, pas plus que ne sont recueillis de témoignages sur les dernières îles qu'ils auraient pu survoler.

Premières recherches et abandon de l'hypothèse d'un atterrissage aux îles Phœnix Lorsqu'à , heure locale, le les autorités sont certaines que l'avion n'est plus en l'air, l'''Itasca appareille immédiatement pour se mettre à sa recherche, d'abord dans le nord-ouest de Howland... Le soir du , un hydravion Catalina décolle de Pearl Harbor en direction de Howland, mais doit rebrousser chemin à cause du mauvais temps et rentre bredouille à sa base après un vol héroïque de .. À GMT le , le cuirassé appareille d'Hawaï et peut, à partir du , lancer ses trois hydravions en reconnaissance au-dessus des îles Phœnix, où il est logique de penser, celles-ci se trouvant sur la même droite 157-337 qu'Howland, qu'Amelia Earhart ait pu aboutir.. Dans son rapport, le lieutenant Lambrecht note à propos du survol de l'île Gardner (aujourd'hui Nikumaroro) le : .. Sauf pendant le séjour transitoire des rescapés du naufrage du cargo Norwich City. en 1929, l'île n'a plus eu d'habitants depuis 1892. Le commandant du Colorado note quant à lui dans son rapport qu'aucun signe d'habitation n'a été observé sur Gardner. et télégraphie le à l'amiral Murphin que toutes les îles Phœnix ont été localisées et soigneusement fouillées à la recherche de traces d'Amelia Earhart ou d'habitants. L'US Navy conclut qu'Earhart et Noonan ont disparu en mer.

Messages radio postérieurs à la disparition De nombreux opérateurs radio rendent compte, dans les heures qui suivent la disparition, de la réception de messages qui pouvaient avoir été émis par Earhart et Noonan. Ces messages doivent être considérés avec précaution, car des messages demandant des nouvelles des aviateurs pouvaient avoir été interprétés comme des messages émis par eux. Certains de ces messages pouvaient aussi être des faux délibérés. L'hypothèse que quelques messages soient authentiques, associée à l'information, fournie par les ingénieurs de Lockheed, que l'avion ne pouvait émettre que s'il était posé sur la terre ferme et en état de faire tourner le moteur tribord (droit) pour recharger ses batteries, est un des motifs de la reconnaissance entreprise par le Colorado dans l'archipel des îles Phœnix. Le seul message que reçoit un service officiel est, le soir du , un message maladroitement codé en morse que les opérateurs de l'US Navy à Wailupe (Hawaï) transcrivent comme une suite de mots sans sens clair (et donc intraduisible) : ... Les trois premiers mots provoquent un regain d'intérêt pour la zone située au nord de Howland, sans considération pour la possibilité que l'opérateur maladroit ait pu vouloir coder tout autre chose que "281 N". Les opérateurs de la Pan Am ont quant à eux obtenu depuis les îles Mokapu, Midway et Wake des relèvements radiogoniométriques convergeant sur l'archipel des îles Phœnix..