Mike Steve Blueberry Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API. Son nom est parfois francisé en français de France. né Mike Steve Donovan est un personnage de fiction créé par le scénariste de bande dessinée Jean-Michel Charlier et par le dessinateur Jean Giraud (Gir). Il est le héros des séries B.D. Blueberry, La Jeunesse de Blueberry, Marshall Blueberry et Mister Blueberry.
Portrait physique et moral
Le physique du personnage a évolué au cours de la série. Dans les premiers albums, il est inspiré de celui de Jean-Paul Belmondo, puis Giraud prend comme modèles, selon les albums, d'autres acteurs et personnalités : Charles Bronson, Clint Eastwood, , Vincent Cassel ou encore Keith Richards. Il les affuble systématiquement d'un nez cassé et d'une chevelure sombre ébouriffée, "à la Mike Brant" : , deux des caractéristiques physiques incontournables du personnage. Il est par ailleurs de taille moyenne, svelte et athlétique.
Contrairement à d'autres héros de bande dessinée, on peut voir Blueberry vieillir au fil des épisodes de la série. À partir de l'album La Tribu fantôme, il est ainsi affublé de tempes grisonnantes, même si elles sont plus ou moins marquées selon les vignettes. Dans les albums du cycle sur Tombstone (Blueberry est alors censé avoir 38 ans), son visage apparait plus creusé, osseux, marqué.
Dès le départ, Blueberry est présenté comme un anti-héros, le contraire d'un personnage lisse, un héros traditionnel à la Buck Danny (autre création de Charlier). Dès les premières pages de Fort Navajo, il apparait débraillé et trichant au poker (il s'en vante lui-même). Dans le même album, le colonel Dickson lit à haute voix un extrait de son dossier militaire, qui caractérise bien le personnage : buveur, joueur, tricheur, indiscipliné, bagarreur, rouspéteur, insolent… Mais malgré tout avec des états de service exceptionnels pendant la guerre civileFort Navajo, 33! Tête brûlée, toujours décontracté, volontiers cynique, souvent hirsute et mal rasé, Blueberry n'en reste pas moins un héros : il ignore la peur, il fait passer l'honneur, l'amitié, le respect de la parole donnée avant tout, il risque sa vie sans sourciller pour défendre les bonnes causes. Certains aspects de sa moralité semblent contradictoires : toujours prêt à sympathiser avec la cause indienne, .
Au fil des albums, la personnalité de Blueberry évolue elle aussi. À partir du cycle du trésor confédéré (mais cette tendance est déjà nette dans les deux albums précédents, La Mine de l'Allemand perdu et Le Spectre aux balles d'or), il devient de plus en plus cynique, désabusé et âpre au gain. Il laisse transparaître aussi des sentiments inconnus jusqu'alors (comme sa haine envers Kelly dans La Dernière carte). Dans le cycle sur Tombstone (4 albums), il apparaît étrangement passif, presque indifférent aux drames qui se jouent autour de lui, si ce n'est sous forme de flashbacks pour raconter des événements vieux de 15 ans.
C'est un tireur d'élite, aussi bien au revolverPar exemple, voir : Un Yankee nommé Blueberry, , case 4 ; La Jeunesse de Blueberry, , case 5 ; Fort Navajo, , cases 8 à 11 ; Le Hors la loi, , cases 2-4. qu'au fusil ou à la carabineLe Spectre aux balles d'or, . L'action de cet album se déroule en 1869 selon la chronologie de la série : il s'agit probablement de la Winchester 1866.. Il parle couramment l'espagnol Chihuahua Pearl, , case 8 ; L'Homme qui valait , , case 3 ; et semble avoir gardé de son passage au collège des jésuites de La Nouvelle-Orléans quelques rudiments de françaisLieutenant blueberry : ballade pour un cercueil, Dargaud éditeur, 1974. Préface de J.M. Charlier page 9.. C'est un fumeur invétéréVoir par exemple : Mission Sherman, , cases 1-2 ; Le Cheval de fer, , case 8 ; Chihuahua Pearl, , case 10 ; L'Homme qui valait , , case 6., amateur de cigarillos qui ne sont pas sans rappeler ceux de Clint Eastwood dans ses westerns-spaghettis. Dans plusieurs albums, on le voit jouer du claironVoir : L'Aigle solitaire, , cases 5-6 ; L'Aigle solitaire, , case 4 ; Général “Tête Jaune”, , case 5. et à l'occasion gratter une guitareLe cheval de fer, Dargaud, 1970. Page 5, case ..
Le surnom "Nez cassé" que lui donnent les indiens lui est attribué pour la première fois par Cochise dans l'album La Piste des Navajos (1968, planche 4) et sera même réutilisé comme titre d'un album en 1980. L'origine du nez brisé de Blueberry est racontée dans la courte histoire Double jeu parue dans le Super Pocket Pilote No 9 daté du 29.10.1970Bédés oubliées, Pilote, 1970, reprise dans l'album Cavalier bleu (1979).
Biographie fictive
L'héritier de Red Wood Grove
Mike Steve Donovan est né le Lieutenant Blueberry : ballade pour un cercueil, Dargaud éditeur, 1974. Préface de J.M. Charlier, , à la plantation Red Wood, près d'Augusta, en Géorgie.
Sa mère, Cynthia Donovan, est une créole, descendante d'une ancienne famille française de Louisiane. On murmurait alors qu'elle était la fille naturelle du pirate Jean Laffitte, pour qui, naguère, sa mère aurait eu de coupables bontés… Toujours est-il qu'elle meurt cette année-là, en mettant au monde ce robuste bébé de huit livres.
Son père, Slim Phips Donovan, un grand diable roux d'Irlandais, est propriétaire d'une des plus belles plantations de coton de tout le Deep South. Amoureux fou de sa femme, de vingt ans sa cadette, il ne se remit jamais totalement de sa disparition. Il mourut les armes à la main en 1862, en tentant de défendre son domaine contre les troupes de l'Union pendant la guerre de SécessionLieutenant Blueberry : ballade pour un cercueil, Dargaud, 1974, préface de J.M. Charlier page 18 et Un Yankee nommé Blueberry, Dargaud, 1978, pages 12 et 13.
Le jeune Mike, confié aux soins d'une nourrice noire affectueuse, Mammie Deborah, vécut l'enfance et la jeunesse dorée d'un fils de planteur, destiné à devenir un véritable gentilhomme du Sud. Très tôt, il apprit à se tenir sur un cheval, à nager dans les eaux de la Savannah, à chasser et à manier les armes à feu. Son éducation intellectuelle, par contre, apparaît comme nettement plus négligée : à douze ans, l'héritier de la plantation Donovan était encore presque analphabète… Conscient de ces lacunes, son père finit par l'inscrire dans un collège jésuite de Bourbon Street, à La Nouvelle-Orléans. Il apprit à lire, à écrire et à compter, et finit même par acquérir de sérieux rudiments d'histoire, de géographie, de sciences, de français, d'espagnol, ainsi qu'un vernis de bonnes manières. Le latin et les mathématiques, par contre, ne firent jamais partie de ses spécialités… C'est aussi dans les nuits moites de La Nouvelle-Orléans, sur ses quais battus par les flots du vieux Mississippi et dans ses bouges mal fréquentés que Mike S. Donovan apprit à jouer de ses poings et à battre les cartes en aidant un peu la chance au besoin. L'année de ses seize ans, s'étant un peu trop attardé auprès d'une belle mulâtresse, il est chassé du collège, ce qui lui vaut une raclée mémorable de la part de son père. Durant les deux années suivantes, de retour à Red Wood, il s'initie aux travaux de la plantation et aux responsabilités qui seront un jour les siennes, tout en s'étourdissant dans le tourbillon de la vie mondaine qui est alors celle de la société privilégiée du vieux Sud.
Le destin va basculer pour Mike S. Donovan un jour d', quand il est accusé du meurtre sauvage de M. Tucker, le propriétaire d'une plantation voisine de Red Wood, avec qui il s'était disputé. Mike s'est toujours défendu de cette accusation, affirmant par la suite que le véritable coupable était le neveu de Tucker, un nommé Ronnie, qui aurait voulu ainsi s'approprier la plantation et gagner la main de la fille de Tucker, Harriet. Ronnie ayant perdu la vie dans les jours suivants, abattu selon plusieurs témoignages de la main même de Mike Donovan, la réalité des faits n'a jamais été complètement établie.
Les années de guerre civile
Recherché pour meurtre, pourchassé, il gagne alors le Nord où, profitant de la guerre civile qui vient d'éclater, il s'engage dans l'armée de l'Union au sein de la Compagnie de Volontaires de Pennsylvanie. Rapidement remarqué pour ses talents de cavalier, il passe très vite au Corps de cavalerie du général Sheridan. Pour dissimuler ses origines, lorsqu'un soldat nordiste l'invite à rejoindre son armée, il regarde rapidement autour de lui, voit des myrtilles, et choisit le nom d'emprunt sous lequel il deviendra célèbre : BlueberryTous les éléments biographiques précédents sont tirés de la préface écrite par J.M. Charlier dans l'album Lieutenant Blueberry : ballade pour un cercueil, Dargaud éditeur, 1974, pages 8 à 13. (c'est-à-dire myrtille en anglais).
Le parcours de Donovan-Blueberry est assez difficile à reconstituer pendant les 5 années de la guerre de Sécession (1861-1865). Il est certain qu'il combat durant tout le conflit dans les rangs de l'Union, ayant définitivement tourné le dos à son passé sudiste et esclavagiste. Il accomplit semble-t-il de nombreuses missions périlleuses, souvent au-delà des lignes ennemies et sans s'embarrasser de principes, n'hésitant pas à s'entourer de hors-la-loi et à endosser l'uniforme de l'adversaire, au mépris des lois de la guerre, lorsque l'efficacité l'exige. Mais les archives militaires de l'époque mentionnent aussi des accusations de trahison, et même une condamnation à mort, dont Blueberry est sorti blanchi à la fin de la guerre.
Il aurait joué un rôle dans la destruction du pont de Chattanooga, sur la Tennessee River, permettant ainsi l'offensive victorieuse des troupes de l'Union en Georgie, même si cet exploit a été par la suite contestéLa jeunesse de Blueberry, page 33, case 7.. Par contre, il semble acquis qu'il ait bien été à l'origine de l'évasion rocambolesque du général Dodge, fait prisonnier à la suite de la bataille de Chickamauga en , ce qui lui valut le grade de lieutenantCavalier bleu, page 34, case 5., ainsi que la protection et l'amitié du général pendant toute la guerre et au-delà. Il s'est un temps spécialisé dans les raids en territoire sudiste, détruisant sans état d'âme le ravitaillement et les infrastructures de l'armée confédérée, ce qui paraît surprenant compte tenu de son passé et de ses antécédents familiaux. Il a aussi accompli des missions de renseignement, servi d'éclaireur aux colonnes infernales du général Sherman et combattu les irréguliers sudistes de Quantrill au Kansas. Fait prisonnier à plusieurs reprises, il s'évade et parvient à chaque fois à regagner ses lignes.
Fort Navajo
Les activités de Blueberry dans les mois qui suivent l'armistice d' et la victoire de l'Union restent difficiles à reconstituer. Une première affectation à Fort MescaleroOmbres sur Tombstone. Dargaud, 1997, page 25, case 2., aux confins de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, se termine assez mal. C'est à cette occasion qu'il rencontre pour la première fois le chef apache Geronimo. C'est peut-être lui qui est ensuite signalé sur la frontière mexicaine, faisant le coup de feu contre les guerillas juaristes, ou encore en Alabama, où son nom est mêlé à l'une des premières affaires mentionnant le Ku Klux KlanLieutenant Blueberry : ballade pour un cercueil. Dargaud, 1974. Préface de J.M. Charlier, page 18.. Il semble alors avoir été démobilisé.