Alpine F1 Team (engagée en compétition depuis 2022 sous la dénomination commerciale BWT Alpine F1 Team), anciennement Renault F1 Team, est une écurie de Formule 1, appartenant au constructeur automobile français Renault, basée à Viry-Châtillon (Essonne) dans les locaux de l'usine Amédée Gordini et à Enstone dans l'Oxfordshire au Royaume-Uni. Enstone abrite le siège technique de l'équipe et est chargé du développement et de la conception du châssis des monoplaces tandis que le site de Viry-Châtillon se concentre sur le développement et la conception du moteur. Renault participe sous son nom au championnat du monde de Formule 1 en tant que constructeur de châssis et motoriste de 1977 à 1985, de 2002 à 2011 et de 2016 à 2020. À partir de 2021, l'écurie tricolore change de nom pour devenir Alpine F1 Team. Sur les périodes intermédiaires, Renault s'en est tenu au rôle de motoriste.
Depuis 2025, les pilotes de l'écurie sont l'Argentin Franco Colapinto et le Français Pierre Gasly. En 2024, Alpine obtient deux podiums, Ocon et Gasly à Interlagos.
En 2024, l'écurie annonce la fin de son activité de motoriste, affectant son usine historique de Viry-Châtillon à d'autres tâches. Alpine deviendra donc en 2026 une écurie « cliente », construisant ses châssis à Enstone pour des moteurs achetés à Mercedes. Le , Alpine poursuit sa réorganisation avec la nomination de Steve Nielsen en tant que directeur d'équipe.
Histoire de Renault en Grands Prix Débuts en compétition automobile (1899-1908) thumb|left|Ferenc Szisz, vainqueur du Grand Prix de l’ACF au volant de la Renault AK en 1906. thumb|left|alt=Photographie en noir et blanc d'une ancienne voiture de course, avec de nombreuses personnes à côté.|Lewis Strang sur « Agatha » Renault, au premier Grand Prix des États-Unis en 1908.
Renault est présent en compétition automobile depuis la fin du . Louis Renault, en 1899, sur une Renault, remporte la course Paris-Ostende. En 1900, il gagne personnellement Paris-Toulouse-Paris en catégorie voiturettes. En 1901, trois Renault terminent aux trois premières places de la course Paris-Bordeaux, toujours en catégorie voiturettes. Louis Renault arrête la compétition en 1903 après le décès de son frère Marcel Renault dans la course automobile Paris-Madrid, arrêtée à Bordeaux en raison de nombreux accidents mortels.
Renault, grâce à Ferenc Szisz, gagne le Grand Prix de l'ACF, premier Grand Prix automobile de l'histoire, qui a lieu sur le circuit de la Sarthe. En 1907, Szisz se classe deuxième, derrière la Fiat de Felice Nazzaro. Au Grand Prix de France 1908, Szisz abandonne sur bris de roue, Serguey Dimitriewich termine huitième et Gustave Caillois quinzième.
Après cet échec, Renault se retire de la compétition automobile mais la même année, grâce au Français Paul Lacroix vainqueur des 24 Heures de Morris Park en 1907 pour Renault avec Maurice Bernin et directeur de la société américaine « Renault Frères Selling Branch » qui engage une voiture, l'Américain Lewis Strang finit sixième et premier de son pays pour le premier Grand Prix automobile des États-Unis (sur une Renault 35CV).
Les débuts en Formule 1 (1977-1985)
thumb|Renault Sport, la branche sportive de la firme au losange, pilote le programme sportif de Renault en Formule 1 de 1977 à 2020.
Dès , les responsables de Renault et Elf demandent aux ingénieurs de Renault-Gordini de mettre au point un moteur pour la compétition afin de décrocher la victoire aux 24 Heures du Mans. La mise au point de ce prototype donne l'idée d'en concevoir un pour la Formule 1. Fort de ses succès en rallye et en endurance, Alpine développe alors avec Gordini pour Renault la toute première monoplace de Formule 1 du constructeur français en 1976.. Alignant les victoires en rallye durant les années 1970 grâce aux berlinettes Alpine de Jean Rédélé, la Régie est également présente sur les circuits depuis 1968 en Formule France à moteur R8 Gordini (devenue ensuite Formule Renault). Avant de faire son entrée en Formule 1, François Guiter, à la tête du service compétition de Elf, parvient à convaincre Pierre Dreyfus, alors PDG de Renault, d’engager le groupe français en tant que motoriste en Formule 2. En 1976, Jean-Pierre Jabouille devient champion d’Europe de F2 au volant de la Elf 2, conçue par André de Cortanze, François Castaing et Jean-Pierre Boudy, avec l’équipe suisse Elf-Switzerland.
Sous l’impulsion de Guiter, Renault décide alors de se lancer en F1 lors de la saison 1977 grâce à Bernard Vernier-Palliez. Il s’agit alors d’une première pour un grand constructeur depuis le retrait de Mercedes en 1955. Pour marquer les esprits, la Régie fait son entrée avec deux innovations technologiques majeures : le moteur turbo ainsi que les pneumatiques Michelin à carcasse radiale. La nouvelle division sportive du groupe, Renault Sport, issue de la fusion des marques Alpine et Gordini, porte le projet F1 sous la direction de Jean Sage.. La participation de Renault en F1 s’inscrit dans la volonté des dirigeants du groupe de démontrer le savoir-faire technologique de la marque au losange et de s’internationaliser afin de conquérir de nouveaux marchés. Son partenaire Elf, quant à lui, souhaite faire de même dans le secteur des carburants tandis que le fabricant de pneumatiques français Michelin veut introduire ses pneumatiques à carcasse radiale en Formule 1. Pour mener à bien ce projet Renault F1, les dirigeants optent pour l'expérience de Gérard Larrousse combinée à celle du jeune Jean-Pierre Jabouille.
Saison 1977
thumb|right|Jean-Pierre Jabouille sur la Renault RS01 sur le circuit de Silverstone en 1978. En 1977, Jabouille devient essayeur officiel pour la nouvelle écurie Renault-Elf après avoir passé deux ans à mettre au point la première monoplace destinée à lancer l'aventure de Renault en F1 et s'être rodé chez Elf-Tyrrell. Le , la Renault RS01 est présentée en grande pompe sur les Champs-Élysées. Jabouille déclare : « J’entre en F1 avec Renault pour devenir champion du monde ». De nombreux essais privés sont réalisés au circuit de Dijon-Prenois, au Castellet, au Nogaro ou encore sur la piste Michelin de Ladoux. Après une longue hésitation, Larrousse donne son accord pour une entrée dans la compétition pour le GP de Grande-Bretagne à Silverstone.. Les véhicules de la marque au losange qui font ainsi leur apparition à la mi-saison sont, à cette époque, révolutionnaires : ils sont équipés d'un turbo, en application d'une équivalence qui limite la cylindrée du moteur français à (contre à la concurrence). La mise au point du moteur turbo provoque inévitablement quelques déconvenues lors des premiers Grand Prix, avec nombre d'abandons qui suscitent les railleries de la concurrence. L'équipe Renault-Elf est contrainte de déclarer forfait pour le GP d'Allemagne et du Japon tandis qu'elle abandonne aux GP des Pays-Bas, de Monaco, des États-Unis ou encore du Canada en raison d'une panne de turbo. Développée par François Castaing et André de Cortanze, la Renault RS01 est ainsi affublée par les Britanniques du sobriquet peu flatteur de Yellow Tea Pot (la théière jaune) en référence à sa fâcheuse tendance à terminer ses courses dans un nuage de fumée.. Jean-Pierre Jabouille est alors le pilote de l'unique voiture jaune sur la grille en 1977 et 1978.
Saison 1978
thumb|Le pétrolier Elf et Renault nouent un partenariat très fort à partir de 1968.. Lors de cette deuxième saison, présentée comme une saison d'expérimentation, la fiabilité du moteur turbo reste précaire. Le modèle RS01 est à nouveau utilisé mais avec un nouveau châssis. Les nouveautés se situent au niveau du moteur et de l'aérodynamique : la monoplace dispose d'échangeurs mixtes air-eau. Au-dessus du moteur, le carénage est allongé et le capot avant est redessiné avec un nez profilé. Pour cette saison, Jabouille fait partie du « Club France » qui regroupe les sept pilotes français qui participent au championnat de Formule 1 (René Arnoux, Didier Pironi, Patrick Depailler, Jean-Pierre Jarier, Patrick Tambay et Jacques Laffite composent ce groupe). Du côté des constructeurs, Renault et Ligier sont rejoints par une troisième équipe française avec Automobiles Martini. Jabouille réalise de bons résultats lors des qualifications mais ne parvient pas à les transformer en course. Équipée de pneumatiques Michelin à carcasse radiale, l'écurie récolte ses premiers points à Watkins Glen grâce à la quatrième position décrochée par Jabouille. Sur les 16 Grands Prix, Jabouille ne franchit le drapeau à damier qu'à quatre reprises seulement.. L'écurie Renault-Elf termine à la douzième place du classement des constructeurs avec 3 points.
Saison 1979
thumb|La Renault RS10 lors du Grand Prix de Monaco en 1979. À partir de 1979, à l'image de Ligier, la marque francilienne aligne désormais deux voitures en Grand Prix : le pilote-ingénieur Jean-Pierre Jabouille est rejoint par René Arnoux qui arrive en provenance de Martini. Après la victoire de Renault Sport aux 24 Heures du Mans, les ingénieurs de Viry se focalisent désormais sur l’engagement du losange en Formule 1. Pour succéder à la RS01, caractérisée par un manque de fiabilité récurrent, les ingénieurs imaginent une voiture à effet de sol sur laquelle le fond des pontons latéraux a la forme d’une aile inversée. Le moteur est constitué de deux petits turbocompresseurs qui remplacent l’unique turbocompresseur présent sur la RS01. Ces deux turbos réduisent le temps de réponse à l’accélération et améliorent la résistance des pistons et des chemises, deux éléments très vulnérables. Autre particularité : les freins arrière sont positionnés à l’intérieur des roues motrices. Ceci permet d’affiner le volume des éléments arrimés au moteur et d’avoir un meilleur écoulement de l’air sous les pontons latéraux. Toutefois, la RS10 ne fait son apparition qu’à partir du GP d’Espagne.. Le à Kyalami en Afrique du Sud, Jabouille décroche la pole position au départ du GP d’Afrique du Sud. Cependant, les deux pilotes sont contraints d’abandonner durant la course. En , avant le début du GP de Belgique, Jabouille et Larrousse remportent le Prix Orange 1978, un prix décerné par l’International Racing Press Association (IRPA). Larrousse déclare ainsi : « C’est notre première victoire en F1 ».. Jabouille remporte le premier Grand Prix de France de l'histoire de l'équipe sur le circuit de Dijon-Prenois le après que les deux Renault ont monopolisé la première ligne de la grille de départ... Quant à Arnoux, il conclut sa course troisième après un duel épique avec Gilles Villeneuve. Le triomphe sur ses terres est total pour Renault qui a gagné son pari sur le turbo. Grâce à son moteur V6 de turbocompressé, la Renault RS10 domine les monoplaces équipées de moteurs V8 et V12 de . Cette victoire est suivie de dix-neuf autres jusqu'en 1986Renault Actu page 17. Progressivement, toutes les autres écuries du paddock s'équipent de moteurs turbocompressés jusqu'à leur interdiction à la fin de la saison 1988. À Silverstone, Arnoux termine second. Aux États-Unis, sur le circuit de Watkins Glen, il monte sur le podium et se classe à nouveau deuxième. Sur toute la saison, Jabouille réalise quatre pole positions et déclare à ce sujet : « La pole équivaut à un moment d’absolu. Une réussite à l’état pur ».. L'écurie Renault-Elf se classe sixième au championnat des constructeurs avec 26 points derrière Tyrrell Racing mais devant McLaren Racing.
Saison 1980