est un journal quotidien de 1711-1712 fondé en Grande-Bretagne par Joseph Addison et Richard Steele, qui avaient fait connaissance à Charterhouse School. Eustace Budgell, un cousin d'Addison, y contribua également.
Histoire Richard Steele crée en 1709 un premier journal appelé le Tatler, qui dure à peine deux ans et auquel collabore aussi Joseph Addison. En , ce premier journal s'arrête. Richard Steele et Joseph Addison décident de lancer un nouveau journal, The Spectator, moins ouvertement whig. Ce journal est diffusé en deux séries successives : la première du au , la seconde, du au de la même année.
Chaque numéro du comprend à peu près . La première série compte . Le journal recommence à paraître en 1714, sans Steele, au rythme de trois parutions par semaine durant six mois.
En dépit d'un modeste tirage d'environ , connaît un grand succès. Addison estime que chaque numéro est lu par , soit le dixième de la population de la capitale à cette époque. . Les recueils sous forme de volumes sont constamment réédités au cours des , et traduits en français. Les sept premiers volumes correspondent à la première série publiée, le huitième volume à la seconde série.
C'est dans qu'est créé un personnage de fiction populaire en Grande-Bretagne : sir , gentilhomme du temps de la reine Anne, « plus digne d'affection que d'estime » selon ses auteurs. Ce personnage fictif est un vieux gentleman de la campagne, décrit comme aimable mais quelque peu ridicule, une façon pour les auteurs de The Spectator de faire cataloguer des idées comme inoffensives mais idiotes. Son nom est aussi celui d'une danse traditionnelle.
Réception européenne Le Spectator est traduit en France, sous le titre Le Spectateur, ou le Socrate moderne, où l'on voit un portrait naïf des mœurs de ce siècle, dès 1716. La publication se fait alors directement par volumes, chez le libraire parisien Etienne Papillon. Le sous-titre de Socrate moderne accolé à la peinture des mœurs indique une lecture moraliste du journal. La préface du traducteur de 1716 l'explique par le "but que ces Messieurs [Addison et Steele] se proposent, de bannir le Vice & l'Ignorance de leur Patrie." La référence à Socrate est présente dans le texte même du Spectator, dans le dixième numéro, de mars 1711 : À la suite du succès du journal en France, Marivaux écrit et publie, aussi par feuilles, de 1721 à 1724, son Spectateur Français, premier de ses journaux. Suivront en 1727 L'Indigent philosophe, et en 1733-1734, Le Cabinet du philosophe.
De 1764 à 1766, les membres de l'"Accademia dei Pugni", penseurs importants des Lumières italiennes incluant Pietro Verri ou encore Cesare Beccaria, publient le périodique Il Caffè, lui aussi inspiré du Spectator. La plasticité de la forme du journal permet d'en faire un laboratoire de réflexions politiques et sociales.
Références
Bibliographie Sources primaires
Addison, Joseph, et Richard Steele, The Spectator, éd. Donald F. Bond, 5 vol. Oxford, Oxford University Press, 1965. Le Spectateur, ou le Socrate moderne, où l'on voit un portrait naïf des mœurs de ce siècle, Paris, chez Etienne Papillon, 1716. Marivaux, Journaux et œuvres diverses, éd. F. Deloffre et M. Gilot, Paris, Classiques Garnier, 2021.
Sources secondaires Brian McCrea, C. S. Lewis, « Addison » in , ed. James Clifford.
Voir aussi vignette|left|Premier volume d'une réédition de 1788.
Articles connexes Histoire de la presse écrite au Royaume-Uni François Huber Thomas Parnell
Liens externes
Textes de (transcription de la publication de 1891) Version en ligne de , tous les volumes Version intégrale de 1907 de The Spectator, disponible en scans sur l'Internet Archive : volume 1, volume 2, volume 3 et volume 4
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