vignette|Tombes musulmanes du cimetière militaire de Navenne, à Vesoul. Un carré musulman est la partie d'un cimetière destinée à accueillir des défunts musulmans.

Ils existent uniquement dans les pays non musulmans car dans l'islam les âmes des croyants doivent reposer ensemble dans un même cimetière. Les tombes suivent la qibla, c'est-à-dire qu'elles sont orientées vers la ville de La Mecque en Arabie saoudite, lieu saint des musulmans.

Le carré musulman diffère d'une maqbara, qui est un cimetière entièrement musulman.

Belgique

Le premier carré musulman de Belgique date de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la nécropole française de Chastre. Puis à partir de quelques carrés musulmans sont destinés aux populations immigrées. À partir de avec l'affaire Loubna Benaïssa la situation engendre des débats politiques : la loi interdit en théorie les séparations confessionnelles dans les cimetières. La loi n'est pas changée mais à partir de une circulaire fédérale autorise les autorités communales à réserver une parcelle du cimetière pour les tombes , dont les tombes musulmanes. Il n'y a cependant aucune obligation pour la commune de répondre positivement à une demande..

Avant la réglementation relève de la loi fédérale, à partir de elle dépend des régions.

La Wallonie et la Communauté germanophone autorisent les carrés musulmans mais précisent qu'ils ne doivent pas être séparés physiquement du reste du cimetière.

France

France métropolitaine La création du premier carré musulman est décidée par le Conseil municipal de Paris le et il ouvre effectivement le comme du cimetière du Père-Lachaise.. Après , les civils se voient affecter la du cimetière parisien de Pantin.

Depuis , les maires ont la possibilité de rassembler au sein du cimetière interconfessionnel les morts de même confession, d'où l'existence des « carrés ».

Par exception, il existe plusieurs cimetières exclusivement musulmans en France métropolitaine : le cimetière musulman de Bobigny, basé sur un décret présidentiel de , inauguré en ; le cimetière musulman de Strasbourg, inauguré en ., de par le Concordat de resté en vigueur en Alsace-Moselle. ; le cimetière musulman de Largentière en Ardèche, créé en , en lien avec la cité Neuilly-Nemours du quartier Volpillaire, qui accueille des harkis réfugiés en métropole à la fin de la guerre d'Algérie..

Après la saturation du cimetière musulman de Bobigny, il est décidé sous l'impulsion du préfet de la Seine Paul Haag d'ouvrir un carré musulman au cimetière parisien de Thiais. Dès , sans que cela ne donne lieu à un acte administratif de l'État, des divisions dédiées à des sépultures musulmanes sont créées à la demande de la Grande Mosquée de Paris, répondant à une demande annuelle d'environ à la fin des années 1990. D'abord onze, le nombre de divisions confessionnelles musulmanes passe à quinze, faisant de Thiais le principal regroupement de sépultures musulmanes de France.

Les carrés musulmans sont décrits par les circulaires du ministère de l'Intérieur des et , relatives à l'inhumation des défunts de confession islamique, puis par la circulaire du sur la police des lieux de sépulture. Elles consacrent l'option des regroupements, retenue dans les cimetières extra muros de la Ville de Paris en faveur des israélites à Bagneux et Pantin dès et des Musulmans à Thiais à partir de .

En , environ musulmans sont inclus dans les cimetières communaux dont 23 en Île-de-France..

Lors la pandémie de Covid-19 qui a provoqué une hausse des décès ainsi que la fermeture des frontières à compter de , les musulmans qui avaient l'habitude pour une grande majorité de rapatrier les défunts dans leur pays d'origine, se sont heurtés au manque de carrés musulmans en France. Ainsi, sur , Mohammed Moussaoui du CFCM a évalué à environ 600 le nombre de cimetières proposant un carré confessionnel respectant le rite religieux musulman.. En , la plateforme L.E.S. Musulmans en a recensé 205..

En , le nombre de carrés musulmans en France demeure insuffisant..

Carrés musulmans de cimetières militaires

Les instances militaires exigent des espaces dans les cimetières parisiens durant la Première Guerre mondiale. Sur les inhumés dans les cimetières parisiens, 307 sont musulmans :

+État des inhumations militaires au Cimetières parisiens Soldats musulmans alliés inhumés Pantin 176 Ivry 101 Bagneux 47 Vaugirard 23 Total 307

Outre la partie militaire du cimetière musulman de Bobigny, ouverte en , quelques nécropoles possédant des carrés musulmans regroupant les soldats tués au cours des deux guerres mondiales. :

+ Nécropoles Guerre Nombre de tombes Stèles musulmanes Douaumont (Meuse) Première Guerre mondiale 592 Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais) Première Guerre mondiale 576 La Ferme de Suippes (Marne). Première Guerre mondiale Condé-Folie (Somme) Seconde Guerre mondiale 829 Rougemont (Doubs) Seconde Guerre mondiale Sigolsheim (Haut-Rhin) Seconde Guerre mondiale 792 Rétaud (Charente-Maritime) Seconde Guerre mondiale330129 Nécropole nationale de la Doua (Rhône) Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale 6359 320 Besançon (Doubs). Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale ? ~20 Cimetière de Vichy (Allier). Première Guerre mondiale5003

Profanations Depuis , plusieurs carrés musulmans ont fait l'objet de profanations, donnant lieu à des poursuites et des condamnations. Celles commises en en Alsace sont attribuées à un groupe néonazi s'en étant également pris à des sépultures juives.

: Environ soixante tombes sont profanées à coups de batte de baseball par un déséquilibré dans le carré musulman du cimetière de Thiais (Val-de-Marne). ;

: Quatre tombes musulmanes sont profanées par des inscriptions néonazies au cimetière militaire de Cronenbourg, près de Strasbourg ; : Plus de cinquante tombes musulmanes sont profanées par des inscriptions néonazies à Strasbourg. ; : Une cinquantaine de sépultures musulmanes d'un cimetière militaire sont recouvertes d'inscriptions néonazies à Haguenau (Bas-Rhin). ; : Quinze tombes musulmanes sont profanées par des inscriptions néonazies dans le cimetière militaire de Cronenbourg..

: huit tombes de soldats marocains appartenant à la blindée, morts pour la France au cours des combats qui ont suivi le débarquement de Normandie en , ont été profanées et recouvertes d'inscriptions néonazies au cimetière de Montjoie-Saint-Martin, un village situé en Basse-Normandie..

: sept stèles de soldats de confession musulmane, morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale, ont été profanées dans le carré militaire du cimetière de Tarascon (Bouches-du-Rhône)..

Le carré musulman du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire (Nord-Pas-de-Calais), qui abrite les tombes de musulmans de l'Armée française morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, a été profané par des inscriptions néonazies à trois reprises, le (), le (, une tête de porc a été pendue à l'une d'elles) et le (la presque totalité des )..

Carrés musulmans de cimetières militaires français à l'étranger

Deux cimetières militaires français en Italie possédant des carrés musulmans regroupant les soldats du corps expéditionnaire français tués au cours de la campagne d'Italie en , principalement lors de la bataille de Monte Cassino.

Nécropoles Guerre Nombre de tombes Stèles musulmanes Venafro Seconde Guerre mondiale Monte Mario (Rome) Seconde Guerre mondiale

Références

* Catégorie:Cimetière en France Catégorie:Rite funéraire Catégorie:Droit funéraire en France Catégorie:Pratique de l'islam Catégorie:Droit musulman