vignette|Le Lingotto, site industriel historique de Fiat. Le siège social et les bureaux du constructeur étaient dans ce bâtiment jusqu'en 2019. vignette|Logo du groupe Stellantis. vignette|Gianni Agnelli, petit-fils de Giovanni Agnelli le cofondateur de Fiat. Fiat Automobiles S.p.A., à l'origine F.I.A.T. (acronyme de , ou en français Anniversaire 1899, fiat.fr, consulté le 13 janvier 2023) est un constructeur automobile italien, dont le siège social est situé dans l'usine de Mirafiori à Turin.
Depuis 2021, le constructeur fait partie du groupe multinational Stellantis à la suite de la fusion de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) avec le groupe PSA Peugeot-CitroënGroupe PSA et FCA s'accordent pour fusionner, media.stellantis.com(PSA). Le directeur de Fiat est l'homme d'affaires français Olivier François..
Fiat S.p.A. est créée le au Palazzo Bricherasio par trente actionnaires, dont Giovanni Agnelli. Le constructeur multiplie sa production par huit en cinq ans lors des années magiques de l'automobile italienne, devenant à lui seul le symbole du « miracle économique italien ».
Histoire Constitution de la société vignette|gauche|Première affiche vantant la maison FIAT (1899) par Giovanni Battista Carpanetto. vignette|gauche|La Fiat 3½ HP, produite en 1899 L'acte de création de la F.I.A.T. « Società Anonima Fabbrica Italiana Automobili Torino » est signé le au Palazzo Bricherasio, à Turin, en Italie. On dénombre trente actionnaires, parmi les noms desquels figurent notamment Giovanni Battista Ceirano, Aristide Faccioli, Felice Nazzaro et Vincenzo Lancia pour un capital social de . Parmi ces trente fondateurs se trouvent Lodovico Scarfiotti, qui sera le premier Président du conseil d'administration, et Giovanni Agnelli, l'homme qui les a réunis. Giovanni Agnelli n'est ni un technicien, ni un financier, ni un spéculateur, mais un visionnaire qui, grâce à son dynamisme et son esprit d'entrepreneur, prendra la direction de la société dès 1902.
Le sénateur Giovanni Agnelli veut très vite constituer une entreprise d'importance nationale, pour que la jeune Italie à peine réunifiée (1860) puisse refaire son retard industriel sur ses voisins français et allemands. L'idée de Giovanni Agnelli est de produire rapidement des automobiles « populaires », utilisables par le plus grand nombre. Il réussit à persuader un groupe de financiers turinois des perspectives intéressantes de la production automobile.
Au début, il renonce à l'élaboration d'un modèle original qui lui aurait fait perdre temps et argent, et se tourne par conséquent vers un modèle existant, conçu par ses associés Giovanni Battista Ceirano et Aristide Faccioli, qui en avaient déjà vendu quelques exemplaires. Les événements qui suivent montrent bien la détermination et l'empressement de Giovanni Agnelli. La société Ceirano, déclarée le , se définit clairement comme une « société pour la fabrication de prototypes automobiles » et dès le , l'ingénieur Faccioli dépose le brevet de sa voiture. À peine sa constitution entérinée, la nouvelle société F.I.A.T. rachète les actions et les brevets de la société Ceirano. Elle dispose alors d'un modèle viable, la Fiat 3½ HP, et de capitaux à peine entamés. De plus, elle sous-traite la fabrication des pièces à des entreprises expérimentées.
Épopée industrielle vignette|Rarissime Fiat moteur Isotta-Fraschini, de 1905. vignette|Vincenzo Lancia à bord d'une en 1908. La nouvelle société F.I.A.T. S.p.A. inaugure sa première grande usine en 1900, au 35 du Corso Dante à Turin. Sur une surface de , produiront vingt-quatre automobiles durant cette année.
En 1902, la société commence à acquérir ses premières lettres de noblesse dans le sport automobile. Les neuf voitures Fiat engagées sur le Tour d'Italie automobile franchissent toutes la ligne d'arrivée. Vincenzo Lancia remporte la course de côte Sassi-Superga au volant de la Fiat 24 HP Corsa, première voiture de compétition réalisée et présentée peu de temps avant par le constructeur, tandis que Felice Nazzaro établit un nouveau record sur la Fiat 8 HP lors du second Tour d'Italie.
En 1903, après avoir présenté ses premiers autobus en 1901, F.I.A.T. S.p.A. commence à produire des camions, des autobus, des trams, des moteurs marins et aéronautiques et les exportations d'automobiles atteignent la France, la Grande-Bretagne, l'Autriche, l'Amérique et l'Australie. vignette|gauche|F.I.A.T. 702, un des premiers tracteurs Fiat
En 1906, les effectifs de F.I.A.T. s'élèvent à qui ont produit et 52 camions, et l'entreprise entreprend ses premières acquisitions en rachetant la société Ansaldi.
Sur le plan sportif, Felice Nazzaro et Vincenzo Lancia s'illustrent dès 1900 pour la marque F.I.A.T.. Nazzaro gagne entre autres le Grand Prix de l'ACF 1907, le Kaiserpreis 1907, la Targa Florio 1907 et la Coppa Florio 1908, et Lancia remporte la Coppa Brescia 1904, la Coppa d'Oro à Milan en 1906, tandis que Mathis s'adjuge en 1906 la Targa d'Oro lors de la Coppa Herkomer au volant d'une F.I.A.T. 40 HP Corsa. Le français Louis Wagner apporte sa pierre à l'édifice, avec le Grand Prix des États-Unis en 1908.
C'est aussi à ce moment que les exportations commencent à décoller, jusqu'à représenter les deux tiers de la production. F.I.A.T. S.p.A. adopte une stratégie de croissance axée sur la mondialisation et conquiert des parts importantes sur des marchés porteurs. En 1907, Le constructeur italien crée une filiale à Vienne, alors capitale de l'Autriche-Hongrie, « FIAT-Werke AG Wien », plus connue sous le nom de Austro-FIAT, le premier site de fabrication hors d'Italie. La production dans l'usine, implantée au numéro 72 de la Brünnerstrasse, commence en par l'assemblage de la Fiat 14/16 HP, clone de la FIAT Tipo 1, à partir d'éléments importés d'Italie puis, progressivement avec des composants locaux. En 1915, après la déclaration de guerre de l'Italie à l'Autriche, la gestion de la société passe sous l'Administration autrichienne qui la renomme « ÖFW - Österreichische Fiat-Werke AG » et la filiale hongroise de Budapest « Hungarian Fiat Werke AG ». Malgré le conflit armé entre les deux pays, à l'occasion d'une forte augmentation du capital pour agrandir l'usine pour augmenter la fabrication des camions et des moteurs d'avions, FIAT lance une opération de rachat de la totalité de la société, qui aboutira en 1919. La même année, la société ÖFW rachète la carrosserie « A. Weiser & Sohn ».
En 1908, FIAT se renforce aux États-Unis où ses modèles de luxe importés d'Italie par Hollander & Tangeman connaissent un beau succès malgré les droits de douane très élevés (jusqu'à 45 %). Excédé par ces taxes excessives qui rendent les voitures importées hors de prix, le patron de FIAT, le sénateur Giovanni Agnelli décide de construire une usine. FIAT crée une filiale, la société Fiat Motor Corporation et construit l'usine de Poughkeepsie, achevée en 1910 où 300 employés ont fabriqué localement la première FIAT aux États-Unis. Le programme de production comprend la FIAT Tipo 3, commercialisée sous le nom de « FIAT 30 ou Light Thirty », la Tipo 4 (« FIAT 35 CV monobloc ») et la grande et luxueuse Tipo 5 (« Fiat 53 », renommée plus tard « FIAT 54, 55, 56 » et « Riviera »). (NDR : À l’époque, FIAT fabriquait des voitures haut de gamme concurrentes des Rolls-Royce, et la clientèle américaine en était friande. La FIAT 56, dotée d’un 6 cylindres en ligne de 8,6 litres et 45 chevaux (les FIAT 54 et 55 étaient des 4 cylindres) était vendue entre 4 000 et 9 000 US$, suivant les options et finitions, à comparer aux 1 000 $ d’une Ford T).
En Italie, le constructeur commence à produire des modèles destinés à un usage spécifique, comme la FIAT Tipo 1 dont la version Tipo 1 Fiacre, aussi appelée "Taxi mod. 1T", produite à plus de , est destinée spécialement aux taxis. Le modèle est vendu non seulement en Italie mais est aussi adoptée par les compagnies des villes de New York, Londres, Paris et bien d'autres capitales étrangères. F.I.A.T. fabrique aussi des véhicules commerciaux FIAT V.C., des moteurs industriels et pour la marine AIFO, des camions FIAT V.I. SPA, du matériel ferroviaire et des trams FIAT Ferroviaria, des avions FIAT Aviazione, etc.
Participation à l'avènement du fascisme Daniel Guérin dans son ouvrage Le Fascisme : Promesses et réalité. (p.26) souligne la participation financière de Fiat dans le développement et dans le renforcement des "faisceaux" de Mussolini et par conséquent, dans son ascension au pouvoir.
La Grande Guerre thumb|gauche|L'usine du Lingotto avec sa piste d'essais sur le toit - Chef-d'œuvre dans l'application du fordisme. En 1910, six nouveaux modèles font leur apparition (Tipo 1 à la Tipo 6), la production augmente, se diversifie, et l'entreprise a besoin de nouveaux espaces : c’est en 1915 que la décision est prise de construire l’usine du « Lingotto », la plus grande d'Europe pour l'époque, qui entrera en fonction le .
Les victoires sportives se multiplient par ailleurs : après le record de vitesse établi par la "S 76" en 1913, avec une vitesse de pointe de plus de 210 km/h, les automobiles Fiat triomphent dans le Grand Prix d'Amérique (1912) et dans les 500 Miles d'Indianapolis (1911).
La guerre oblige ensuite l'entreprise à adapter sa production aux besoins de la guerre.
En 1916 débute donc la construction de l'usine du Lingotto, « Lingot » de de long, à Turin, sous la direction de l'architecte Giacomo Mattè Trucco. Lorsque sa construction s'achève en 1922, c'est la plus grande et la plus moderne usine d'Europe et dès lors l'emblème de l'industrie automobile italienne. Le bâtiment, qui occupe cinq étages est absolument révolutionnaire et abrite sur son toit une piste d'essai futuriste. Ce bâtiment est un chef-d'œuvre dans l'application du fordisme : les pièces détachées arrivent au rez-de-chaussée et les voitures sont assemblées au fil des cinq étages, transportées par des ascenseurs, pour enfin être testées sur la piste ovale et inclinée qui occupe le toit.
À ce moment de son histoire, la firme turinoise est déjà le moteur de l'industrie italienne et sa production commence à se diversifier très largement (chemins de fer, aciéries, électricité, transports publics), au point que durant la Première Guerre mondiale, elle produit camions et blindés, avions et moteurs (avec la création des firmes S.I.A. SpA puis Fiat Aviazione), mais aussi armes et munitions, et même uniformes, bottes et sacs pour les soldats. Fiat met son industrie entière au service de l'effort de guerre et sort grandie de ce conflit, l'économie de guerre stimulant son activité.
La société qui comptait en 1914 en compte en 1918. La société adopte une nouvelle identité visuelle de son nom en supprimant les points entre les lettres F.I.A.T. et en acceptant d'écrire Fiat avec des minuscules.
Pendant toute cette décennie, Fiat travaille également sur les autres secteurs et, après la fourgonnette 1014, sort la camionnette Fiat 505F et le biplan Fiat AL, le premier avion civil Fiat qui fait son baptême de l'air en 1922.
Les nouveautés sont également importantes du côté de la société, avec la création de l’IFI (Institut Financier Industriel) et, en 1926, l’acquisition du quotidien La Stampa. De l'assistance sanitaire aux colonies de vacances pour les enfants des employés, les premières initiatives sociales en faveur des salariés sont mises en place.
Empire industriel