Siófok ( ; ; au Moyen Âge : Fuk, puis Fok) est une localité hongroise située dans le comitat de Somogy, dont elle constitue, après Kaposvár, la deuxième localité la plus peuplée. Chef-lieu du district de Siófok, elle compte environ et s'étend sur sur la rive méridionale du lac Balaton, à la rencontre du bassin du Balaton, du Mezőföld et du Külső-Somogy.

Ville portuaire et importante station balnéaire, Siófok est la localité la plus peuplée et la plus étendue des rives du Balaton. Elle constitue également l'un des principaux centres économiques, commerciaux, culturels, médiatiques et touristiques de la rive méridionale du lac, ce qui lui vaut, avec Keszthely, le surnom de « capitale du Balaton ». Elle est également couramment désignée comme la « capitale de l'été » ou la « capitale de la rive sud ». Son territoire comprend de rivage.

La ville occupe en outre une position importante dans les échanges entre le Balaton et le Danube, notamment par l'intermédiaire du Sió, émissaire du lac. Depuis 2024, elle accueille le seul campus de l'université de Debrecen situé en Transdanubie.

Jusqu'à la réorganisation administrative de 1950, le territoire de l'actuelle Siófok était partagé entre deux comitats : les secteurs situés à l'ouest du Sió relevaient du comitat de Somogy, tandis que ceux situés à l'est appartenaient au comitat de Veszprém. L'ensemble de son territoire est depuis rattaché au Somogy.

Siófok est l'une des principales destinations touristiques de Hongrie. En 2019, elle occupait le sixième rang national pour le nombre de nuitées enregistrées dans les hébergements commerciaux. Ses plages, son port, ses hôtels et la concentration de bars, restaurants et établissements nocturnes le long du Balaton en font également l'une des principales destinations du tourisme intérieur hongrois.

Nom et attributs Toponymie Le nom de la localité est attesté dès 1055 dans l'acte de fondation de l'abbaye de Tihany, qui mentionne le cours d'eau sous la forme latine : « Rivulus namque, qui dicitur Fuk fluens », en référence au petit cours d'eau, appelé Fuk, s'écoulant du Balaton à l'emplacement de l'actuel Sió.

Le nom Fuk apparaît comme nom de village en 1137 parmi les localités soumises à l'impôt. La Tabula Hungariae, réalisée avant 1528, mentionne pour sa part la localité sous le nom de Fok. La forme composée Siófok apparaît à la fin du , en 1795 selon certaines sources. Le préfixe Sió- fait référence au cours d'eau traversant autrefois la localité, à l'emplacement duquel fut ultérieurement aménagé le canal Sió.

En allemand, la ville est connue sous le nom de Fock.

Héraldique

Les armoiries de Siófok se composent d'un écu azur à la base pointue, dans lequel se dresse verticalement une lance d'argent plantée dans le sommet central d'un mont de trois coupeaux de sinople. Sous la pointe de la lance flotte vers la droite une bannière d'argent ; au-dessous est suspendue une roue d'or à huit rayons. Des deux sommets latéraux du mont s'élèvent deux branches de laurier d'or ornées de fruits d'argent, formant une couronne autour de la lance et de la roue.

L'origine de ces armoiries remonte à 1705, lorsque le prince François II Rákóczi accorda un sceau au village de Fok à la demande des soldats et habitants ayant participé à la défense de sa fortification. La lance portant une bannière symbolise la population combattante, tandis que la roue rappelle le péage autrefois perçu au pont de Fok, le passage sur la rivière étant déjà un lieu de perception de droits au .

L'usage du sceau fut interrompu durant la période Bach. La localité retrouva son ancien symbole en 1933 et l'utilisa jusqu'en 1949.

Adaptées en 1974 par le régime communiste, les armoiries historiques sont rétablies en 1991, date à laquelle leur forme actuelle fut définitivement fixée.

Site et localisation Topographie et hydrographie vignette|Exutoire du Balaton, en amont du Sió.Siófok se situe sur la rive méridionale du bassin oriental du lac Balaton, à l'endroit où le Sió quitte le lac. Elle est bordée au nord par le Balaton, à l'est par la dorsale d'Enying, qui constitue la bordure du Mezőföld, et au sud et à l'ouest par les collines aux pentes douces du Külső-Somogy oriental.

Le Sió, principal émissaire du lac Balaton, prend naissance à Siófok avant de rejoindre le Danube. L'aménagement et la régulation de ce cours d'eau ont joué un rôle majeur dans l'histoire de la localité et dans le contrôle du niveau du Balaton.

Jusqu'à la réorganisation territoriale de 1950, le Sió constituait la limite entre les comitats de Veszprém et de Somogy. Les limites administratives de Siófok furent agrandies à plusieurs reprises au cours du . La commune possède aujourd'hui environ des quelque de la rive méridionale du Balaton.

vignette|L'Aranypart. Le littoral municipal se divise traditionnellement en deux ensembles séparés par l'embouchure du Sió. À l'ouest s'étend lEzüstpart, ou « rive d'Argent », tandis que lAranypart, ou « rive d'Or », occupe le secteur oriental.

L'Aranypart concentre notamment de grands hôtels et immeubles résidentiels ainsi que la promenade Petőfi, principal secteur de divertissement de la ville. Le Nagystrand, plage payante située le long de cette promenade, porte depuis 2016 le nom de Plázs Siófok. Plus à l'est, en direction de Balatonvilágos, une plage en accès libre s'étend sur environ quatre kilomètres jusqu'à Szabadifürdő.

L'Ezüstpart présente un tissu davantage constitué de petites résidences de villégiature et de pensions d'un ou deux étages. Une plage libre d'environ trois kilomètres longe le rivage jusqu'à Balatonszéplak.

Géologie et géomorphologie Le secteur de Töreki, au sud de Balatonszéplak, s'inscrit dans un paysage de collines de lœss formées au début du Pléistocène, après le retrait de la mer de Pannonie. Ces reliefs encadrent une vallée orientée perpendiculairement au Balaton. Climat Le climat de Siófok est caractérisé par des amplitudes thermiques relativement modérées et par des précipitations réparties tout au long de l'année. D'après les moyennes climatiques de longue durée reprises par l'article hongrois, janvier constitue le mois le plus froid et juillet le mois le plus chaud.

Aires faunistiques et floristiques Le littoral compris entre Siófok et Balatonvilágos se distingue par une bande d'environ dix kilomètres de quartiers de villas dont les jardins sont marqués par la présence de plantations de pin noir, paysage inhabituel sur les rives du Balaton. Ces pinèdes n'existaient pas encore dans la seconde moitié du . Leur développement accompagne l'essor de la villégiature qui suit la construction, entre 1858 et 1861, de la Société des chemins de fer du sud. La rive méridionale, jusque-là relativement dénudée, fit alors l'objet d'opérations de plantation et d'aménagement paysager.

Le secteur compris entre Siófok et Balatonvilágos appartenait au chapitre de Veszprém, qui commença à y planter des pins dans les années 1890. Le pin noir, non indigène en Hongrie et naturellement répandu notamment dans les Balkans et en Anatolie, fut retenu pour sa résistance à la sécheresse et aux sols pauvres. Les plantations avaient pour fonction de fixer les sols sableux des environs de Siófok et de protéger le secteur contre les vents puissants de nord et de nord-ouest venant du lac. Des pins sylvestres furent également plantés.

Au début du , les propriétés du chapitre furent progressivement loties et des parcelles destinées aux villas furent créées dans les futurs quartiers de Sóstó et Szabadifürdő. Entre 1915 et 1919, le chapitre procéda à de nouveaux lotissements, acquis principalement par des médecins, des artistes et des fonctionnaires. La Première Guerre mondiale ralentit fortement les constructions. L'Association balnéaire de Balatonszabadi encouragea alors les propriétaires à céder une partie de leurs parcelles afin de financer les constructions. Dans les années 1930, les terrains boisés devinrent très recherchés et la Caisse d'épargne des fonctionnaires hongrois vendit plusieurs centaines de parcelles à la classe moyenne.

Les pinèdes, établies sur une bande pouvant atteindre une centaine de mètres de largeur, constituent depuis un élément caractéristique du paysage littoral. Depuis 2003, les pins et les platanes concernés bénéficient d'une protection locale. Leur abattage, aussi bien dans l'espace public que sur les propriétés privées, est soumis à autorisation et à une obligation de remplacement. Les peuplements sont néanmoins affectés par des tempêtes plus intenses et par la progression de parasites venant du sud.

Le secteur de Töreki présente pour sa part une mosaïque de milieux naturels sur près de 300 hectares. Le ruisseau Cinege constitue son principal élément hydrographique ; il est présenté comme le seul cours d'eau vivant des environs de Siófok se jetant dans le Balaton. Sa zone de sources est également protégée. Le secteur rassemble des lacs, pelouses sèches, prairies fraîches, marais et forêts, offrant des habitats à une faune et une flore diversifiées.

Histoire La proximité de Ságvár, site anciennement occupé, inscrit Siófok dans l'un des secteurs les plus anciennement peuplés des environs du Balaton.

La région de l'actuelle Siófok était déjà habitée à l'époque romaine. La conquête romaine atteignit la région au . Une voie reliant Sopianae (Pécs) à Arrabona (Győr) par Tricciana (Ságvár) traversait le secteur. Selon les écrits d'Aurelius Victor au , l'empereur Galère aurait fait construire en 292 une écluse et défricher des forêts afin d'assécher des zones marécageuses du Lacus Pelso, nom latin du Balaton. Après l'installation des Magyars, le lieu apparaît dans l'acte de fondation de l'abbaye de Tihany de 1055. Le document mentionne le petit cours d'eau appelé Fuk, issu du lac et franchi à cet endroit par un ancien pont ou par un gué. Le village de Fuk est explicitement mentionné en 1137 parmi les localités imposables. Après l'invasion mongole, Fok fut repeuplée.

En 1552, les Ottomans s'emparèrent de Fok et de ses environs. Siófok devint un port militaire et une forteresse fut édifiée sur la colline du Granárium, à proximité de l'actuel hôpital. La région fut libérée de l'occupation ottomane en 1688. Fok passa alors sous la propriété du chapitre de Veszprém, qui y installa des colons et fit construire en 1693 une église en bois.

Pendant la guerre d'indépendance de Rákóczi, la ligne défensive du Sió organisée par Vak Bottyán avait pour extrémité la fortification de Siófok. En 1705, François II Rákóczi accorda au village de Fok le sceau à l'origine de ses armoiries actuelles.

Une église paroissiale baroque consacrée à l'Immaculée Conception de la Vierge Marie fut construite en 1736. Le développement de la localité s'accéléra au . À partir de 1810, la liaison rapide en diligence entre la Transylvanie et l'Adriatique passa par Siófok ; un bureau de poste indépendant n'y fut toutefois établi qu'en 1867.

Les travaux de régulation des eaux commencèrent également en 1810. Suivant notamment les conceptions de l'ingénieur hydraulicien József Beszédes, le lit du Sió fut nettoyé et des moulins remis en service. Le niveau du Balaton baissa d'environ un mètre ; furent ainsi libérés des eaux et la régulation du Sió permit de dégager de terrains.

La création en 1846 de la Société par actions de navigation à vapeur du Balaton constitua une autre étape importante. Lajos Kossuth participa à sa fondation en rédigeant lui-même son acte constitutif, tandis que le comte István Széchenyi en devint le président perpétuel. Le 21 septembre 1846 fut lancé le bateau à roues à aubes Kisfaludy.

La ligne ferroviaire entre Buda et Nagykanizsa fut ouverte en 1861. La gare de Siófok fut construite en 1863, même si les trains s'y arrêtaient dès 1861. L'année suivante fut construit le premier port protégé par des jetées ainsi qu'une nouvelle écluse du Sió destinée à réguler le niveau du Balaton. L'écluse en bois fut remplacée par une construction en béton en 1891.