thumb|150px|Le badge commémoratif : 85 ans INO de la Vé-Tché-Ka-Pé-Gué-Ou du KGB-SVR. Le service de l’espionnage extérieur politique soviétique et russe existe administrativement depuis le printemps 1920 jusqu’à nos jours. Il se différencie de l’espionnage extérieur militaire qui est considéré comme service rival. L’espionnage extérieur politique soviétique et russe est profondément idéologique et extrêmement corporatiste, dont l’idéologie fondatrice est le tchéquisme bolchevik. Il rend un hommage particulier à Félix Dzerjinski – son père créateur et idéologue initial.

Historique des noms et d’affiliations de l’espionnage politique soviétique et russe Au cours de son existence le service de l’espionnage politique extérieur soviétique et russe a changé son nom et allégeance à plusieurs reprises...

Du printemps 1920 à février 1922 Selon le mythe des tchékistes, le a été créé le Département étranger (INO) de la Vé-Tché-Ka (du russe "Commission Panrusse Extraordinaire" celle-ci ayant été fondée en pour lutter contre la résistance "bourgeoise" à la Révolution d’Octobre) près le Soviet des commissaires du peuple (SNK) – gouvernement de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR).

Les opérations à caractère d'espionnage ont déjà été pratiquées par la Tchéka, mais la création officielle de l’INO a donné à l’espionnage politique au sein de la Vé-Tché-Ka de Félix Dzerjinski une existence administrative.

En vérité l’INO a été créé non pas le , mais dès le printemps 1920., d’abord au sein du Département spécial de la Vé-Tché-Ka. En été 1920 il fonctionnait déjà, mais son travail était jugé insuffisant par le Politburo (décision du ). Une réorganisation a commencé dès septembre. Une commission a été créée pour cela. Le , Dzerjinski signe le premier ordre de réorganisation. C’est la date de son deuxième ordre du que les mythologues tchékistes ont retenu comme le jour de naissance de l’espionnage politique soviétique.

En , Iyakov Davtian est reconduit dans ses fonctions du chef de l’INO. En même temps, sous le nom de Davydov, il occupe le poste du chef du Département des pays baltes au Commissariat du peuple des affaires étrangères de la RSFSR (en 1938 il sera fusillé comme ennemi du peuple)..

En dirigeant l’INO encore quelques semaines, Davtian va réorganiser les structures administratives et opérationnelles de l’INO, réassigner les personnels et faire adopter les nouveaux documents secrets normatifs donnant une nouvelle base juridique bolchevique aux activités dites « d’espionnage politique » en RFSFR.

Après le départ de Davtian du poste du chef de l’INO, encore deux personnes vont se succéder restant quelques mois chacune.

Les tâches de l’INO ne sont pas celles d’un service d’espionnage. Le Département étranger (INO) de la Tchéka a pour mission le renforcement de l’activité de renseignement hors des frontières du pays, principalement visant l’émigration russe qui comploterait de l'étranger contre le nouveau pouvoir bolchevik et voudrait la restauration monarchique, ainsi que contre « l’impérialisme mondial » qui voudrait asphyxier la Russie communiste. L’INO commence alors à mettre en place dans certains pays étrangers les premiers réseaux de renseignement organisés professionnellement. Il joue également le rôle de la police secrète politique contre ses propres membres.

Assez longtemps l’INO reste une petite structure sans importance, plutôt technique. En 1920 il compte une trentaine de personnes parmi ses personnels. L’année suivante ses effectifs sont doublés, principalement pour renforcer la présence opérationnelle dans les premières antennes à l’étranger. Mais à l’époque où les effectifs de l’administration centrale de la Vé-Tché-Ka (Gué-Pé-Ou) excèdent les personnes, ce sont quelque 70 officiers qui font leur service à l’INO.

De février 1922 à novembre 1923 Le , le Département étranger (INO) est placé sous l’autorité de la Direction politique d’État (Gué-Pé-Ou) - une nouvelle structure administrative qui remplace la Tcheka au sein du NKVD de la RSFSR.

Celui qui va diriger l’INO assez longtemps - de à - est Mikhaïl Trillisser (en 1938, lui aussi, sera fusillé comme ennemi du peuple)..

De novembre 1923 à juin 1934 Le , le Département étranger (INO) est placé sous l’autorité de la Direction générale politique d’État (O-Gué-Pé-Ou) près le Soviet des commissaires du peuple (SNK) – gouvernement de l’URSS.

À partir de 1926 le chef de l’INO est le Directeur général adjoint de l’O-Gué-Pé-Ou.

De juin 1934 à décembre 1936 Le , le Département étranger (INO) est placé sous l’autorité de la Direction générale de la sécurité d’État (GUGB) du NKVD de l’URSS.

Le chef de l’INO pendant cette période Arthur Frautchi (dit Artousov) remplit également les responsabilités du chef adjoint de la Direction des renseignements de l’Armée rouge - de l’espionnage soviétique militaire)..

En 1936-1939, à l’époque des grandes purges, 7 personnes vont se succéder à la tête de l’espionnage politique extérieur soviétique. Seulement deux parmi elles vont mourir d’une mort naturelle, les 5 autres seront fusillées ou empoisonnées, immédiatement ou après une détention plus ou moins longue..

De décembre 1936 à juillet 1938 Le , le Département étranger (INO) est baptisé le Département de la Direction générale de la sécurité d’État (GUGB) du NKVD de l’URSS.

De juin à septembre 1938 Le , la Direction générale de la sécurité d’État (GUGB) est rebaptisée la Première direction et son ancien Département devient le Département de la Première direction du NKVD de l’URSS.

De septembre 1938 à février 1941 Le , la Première direction redevient la Direction générale de la sécurité d’État (GUGB) mais le Département ne change plus de numéro en devenant le Département de la Direction générale de la sécurité d’État (GUGB) du NKVD de l’URSS.

En 1939 pratiquement tout le personnel opérationnel et/ou dirigeant du Département de la GUGB du NKVD de l’URSS est fusillé, sinon arrêté. Pour remplacer d’urgence le personnel manquant, on va créer l’École à destination spéciale (en qui par la suite deviendra l’École , puis l’Institut du KGB décoré du Drapeau rouge et enfin l’Académie des renseignements extérieurs du SVR actuel).

Une seule personne ne va jamais être arrêtée à cette époque trouble c’est Pavel Fitine qui dirigera l’espionnage politique soviétique de 1939 à 1946 et qui, à son tour, sera seulement limogé, mais réussira à rester en vie et à devenir après 1951 un petit fonctionnaire civil sans histoires..

De février à juillet 1941 Le , la Direction générale de la sécurité d’État (GUGB) du NKVD de l’URSS donne naissance au nouveau Commissariat du peuple de la sécurité d’État (NKGB) de l’URSS et son ancien Département devient la Première direction chargée de l’espionnage politique extérieur.

De juillet 1941 à avril 1943 Le , les unités tchékistes du Commissariat du peuple de la sécurité d’État (NKGB) réintègrent le NKVD de l’URSS. L’ancienne Première direction du NKGB prend sa place au sein du NKVD comme première direction chargée de l’espionnage politique extérieur.

D’avril 1943 à mai 1946 Le , les directions de sécurité d’État du NKVD de l’URSS retrouvent leur autonomie administrative et redeviennent un organisme à part - le Commissariat du peuple de la sécurité d’État (NKGB) de l’URSS avec la Première direction chargée de l’espionnage politique extérieur.

De mars (ou mai) 1946 à mai 1947 Le (ou mars) 1946 sur la base de l’ancien Commissariat du peuple de la sécurité d’État (NKGB) de l’URSS est créé le nouveau Ministère de la sécurité d’État (MGB) de l’URSS et l’espionnage politique passe à sa première direction générale (Pé-Gué-Ou) (ou à sa première direction tout court, selon d’autres sources).

De mai 1947 à février 1949 Le , l’espionnage extérieur politique (Pé-Gué-Ou du MGB de l’URSS) et l’espionnage extérieur militaire (direction générale des renseignements, ou GRU, de l’État-major des Forces armées de l’URSS) sont réunis au sein du Comité (comité d’information ou KI) auprès du Conseil des ministres de l’URSS.

En l’espionnage extérieur militaire est séparé du Comité d’information près le Conseil des ministres de l’URSS et réintègre l’État-major des forces armées de l’URSS. Vers la même époque, les fonctions de contre-espionnage extérieur (conseillers auprès des services de sécurité des « démocraties populaires », espionnage des Soviétiques émigrés, sécurité des citoyens soviétiques en poste à l'étranger) sont restituées au MGB.

De février 1949 à novembre 1951 En le Comité d’information quitte la tutelle du Conseil des ministres de l’URSS et se voit placé sous la tutelle du Ministère des affaires étrangères (MID) de l’URSS.

De novembre 1951 à mars 1953 Le , les unités de l’espionnage politique extérieur quittent administrativement le Comité d’information près le Ministère des affaires étrangères de l’URSS et redeviennent la première direction générale (Pé-Gué-Ou) du ministère de la Sécurité d’État (MGB) de l’URSS.

Par la même occasion, le Comité d’information (KI) du MID de l’URSS cesse d’être un service d’espionnage. Parfois surnommé « petit » KI () par les historiens, sa principale fonction est l'analyse du renseignement et il conserve un petit service de désinformation. Par la suite, en 1958, est rebaptisé la Direction de l’information politique extérieure du MID de l’URSS, et l'année suivante ses fonctions de désinformation sont passées à la première direction générale du KGB pour être centralisées dans son département D.

De mars 1953 à mars 1954 Lors de la courte période transitoire après la mort de Staline à partir du , l’espionnage politique tchékiste provisoirement devient la deuxième direction générale (Vé-Gué-Ou) du nouveau super ministère de l’intérieur de l’URSS agrandi par la fusion des MVD et MGB anciens.

De mars 1954 à juillet 1978 Le , sur la base de toutes les unités opérationnelles et techniques tchékistes du MVD a été créé un organisme administratif à part - le Comité de sécurité d’État (le fameux KGB) auprès du Conseil des ministres de l’URSS.

L’ancien premier adjoint du ministre de l’intérieur (MVD) de l’URSS, le général-colonel Ivan Sérov devient le premier président de la corporation professionnelle tchékiste placée sous le strict contrôle idéologique du Comité central du PCUS dirigé par son nouveau premier secrétaire Nikita Khrouchtchev.

Par l'ordre du du président du KGB nouvellement créé, l’espionnage extérieur politique devient la Première direction générale (Pé-Gué-Ou) du KGB près le Conseil des ministres de l’URSS au sein de laquelle il va rester pendant 37,5 ans jusqu’en ..

Le premier chef de la Pé-Gué-Ou est Alexandre Panuchkine - un des hauts dirigeants de la Vé-Gué-Ou du MVD.. qui s’est fait remarquer par la plus haute hiérarchie du Kremlin encore dans la période des grands nettoyages de 1938-1939 où il avait dirigé le troisième département spécial de la Direction générale de la sécurité d’État (GUGB) du NKVD de l’URSS chargé des opérations secrètes, dont les filatures et arrestations des « ennemis du peuple ». Ensuite il a été le Rézidiente et ambassadeur en Chine et aux États-Unis à l’époque où la diplomatie et l’espionnage soviétiques ne faisaient qu’un. Après la Seconde Guerre mondiale Panuchkine était déjà un des grands patrons de l’espionnage extérieur soviétique qui s’appelait le Comité d’information (près le Conseil des ministres et ensuite près le Ministère des affaires étrangères de l’URSS).

Alexandre Panuchkine n’est resté à la tête de la Pé-Gué-Ou qu’une année. Lorsqu'il est devenu haut fonctionnaire dans l’appareil du Comité central du Parti communiste, c’était son premier adjoint, un autre espion professionnel, le général Alexandre Sakharovskiy qui a été d’abord pendant un an chef par intérim puis, en 1956, prend définitivement la direction de l’espionnage politique. Sakharovsky va rester 16 ans en tout à la tête de la Pé-Gué-Ou du KGB...

De juillet 1978 à octobre 1991