En syntaxe de la phrase simple, une copule est un mot qui, dans la phrase, relie le sujet à son attribut. Dans des langues comme les langues indo-européennes, la copule est un verbe et l’attribut est un mot de nature nominale (nom, pronom, adjectif, numéral) ou employé avec une valeur nominale (verbe au participe ou à l’infinitif, adverbe). Avec celui-ci, le verbe copulatif à un mode personnel forme le prédicat de la phrase.....
À une forme nominale (un mode impersonnel), comme l’infinitif et le participe, le verbe copulatif forme avec l’attribut une construction nominale, article verb., ex. : Si je pouvais être riche !., N’étant pas intelligent, il a raté son examen..
En syntaxe de la phrase complexe, l’attribut, tel que présenté plus haut est remplacé par une proposition subordonnée complétive attributAppelée par , conjonctive à fonction d'attribut du sujet, faisant partie des complétives. : L’essentiel est que le client soit satisfait, ..
Certains auteurs étendent la notion de copule au verbe être lorsqu’il relie le sujet à un terme de la phrase considéré par d’autres comme un complément circonstanciel. Pour Dubois 2002, par exemple, dans Pierre était à la maison, être est une copule au même titre que dans Pierre est heureux ou dans Pierre sera un ingénieur. Eastwood 1994 a la même opinion du verbe anglais be « être » : The conference is every year « La conférence a lieu tous les ans ».. Pour les grammairiens qui ne partagent pas cette vision, être est copulatif quand il n’a pas de sens lexical, et ne l’est pas mais constitue seul le prédicat lorsqu’il est utilisé avec un sens lexical, étant, par exemple, l’équivalent de se trouver (Il est à la campagne) ou d’avoir lieu., The conference is every year.
Dans la suite de cet article, le verbe copulatif est traité dans le sens de verbe suivi par l’attribut du sujet.
Dans certaines langues, comme les langues romanes, on peut omettre facultativement le verbe copulatif « être » dans certaines situations. Dans d’autres, il est obligatoirement absent dans des situations données, comme en hongrois. Dans certaines de ces langues, entre autres l’arabe, il peut être remplacé par un autre mot, par exemple un pronom. Dans certaines langues, tel que le japonais, il n’y a pas de verbe copulatif, mais des particules copulatives. Dans d’autres, comme le turc, il existe des suffixes copulatifs.
Caractéristiques générales et emplois du verbe copulatif
Du point de vue morphologique, c’est le verbe copulatif qui exprime les traits grammaticaux que le prédicat peut avoir dans une langue donnée : personne, nombre, temps, mode, genre, aspect.
Du point de vue syntaxique, un tel verbe s’oppose par son contexte à ceux qui constituent seuls le prédicat, demandant obligatoirement la présence d’un mot qui peut exprimer l’attribut et, en même temps, la présence du sujet exprimé par un mot, un groupe nominal, ou seulement par la désinence du verbe copulatif..
Du point de vue sémantique, le sens lexical du verbe copulatif est nul (celui du verbe être) ou faible (celui d’autres verbes), étant tout d’abord un mot-outil. L’information sémantique est portée surtout par l’attribut. La copule contribue à établir plusieurs types de relations entre sujet et attribut : équivalence : Partir, c’est mourir un peu. ; Munca înseamnă satisfacție « Travail veut dire satisfaction » ; (BCMS)Bosnien, croate, monténégrin et serbe. Rat je danas nauka « La guerre est de nos jours une science » (grammaire croate). ; identité : Ce chien est Médor. ; Jo is the leader « C’est Jo le chef ». ; El este directorul « C’est lui le directeur » ; Az lesz a te ajándékod, ami a kis dobozban van « Ton cadeau sera ce qui est dans la petite boîte », page F. Az összetett mondat (F. La phrase complexe). ; qualification (par un adjectif ou un nom) : Cette fille est charmante, Jean est professeur ; He has become very handsome « Il est devenu très beau », She is a dancer « Elle est danseuse » ; El este inteligent « Il est intelligent », Inelul ei este de aur « Sa bague est en or ». ; A villamos sárga lehet « Le tramway peut être jaune », Péter tanár volt « Péter était professeur ». ; (BCMS) Takav je bio « Il était comme ça », Ja jesam vještac « Je suis vraiment un sorcier » ; possession : Ce livre est à Jean. ; This book is John's « Ce livre est à John » ; Cartea este a ei « Le livre est à elle ». ; (BCMS) On je naš « Il est à nous ».
Du point de vue de l’aspect, il y a des verbes copulatifs statiques (être et ses synonymes) et progressifs (ou dynamiques) : devenir et ses synonymes.
Du point de vue stylistique, le verbe copulatif participe à la formation d’un type de métaphore explicite, selon la formule « A est B »., ex. Cet homme est un renardDictionnaire de l’Académie française, édition, article renard..
Verbes considérés comme copulatifs
En français, le verbe copulatif par excellence est être. Certains grammairiens n’appellent copulatif que ce verbe, qu’ils opposent aux autres verbes introduisant un attribut du sujet, nommés verbes attributifs, sans nommer des auteurs.. D’autres appellent ces derniers verbes semi-copulatifs, pseudo-copulatifs ou copules lexico-grammaticales, puisqu’à la différence d’être, qui n’a pas de sens lexical, ils gardent intégralement ou partiellement le leur, en participant à la sémantique globale du prédicat.. (grammaire monténégrine)..
Selon Grevisse et Goosse 2007, le verbe constituer a une valeur de copule proche d’être dans les contextes où il ne peut pas subir la transformation passive : ex. : Détourner un seul centime constitue un vol (Guy de Maupassant). D’autres verbes qui unissent l’attribut au sujet sont (en gras dans les exemples). : Je suis devenu un grand avocat d’assises (François Mauriac) ; Les bonnes occasions se font rares ; Mme Éléonore tomba malade dangereusement (Gustave Flaubert) ; Rodolphe était resté muet (Flaubert) ; Cette surface demeure impénétrable à la vue (Paul Claudel) ; Au milieu de tant de morts, ces deux exécutions passèrent inaperçues (Albert Camus) ; Sa voix affaiblie / semble le râle épais d’un blessé qu’on oublie (Charles Baudelaire) ; Tout ce qui est triste me paraît suspect (Julien Green) ; Ces propositions ont l’air sérieuses ; Vue d’en haut, la place [du village] faisait encore plus étriquée (Hervé Bazin) ; Les documents s’annoncèrent plus nombreux que ne l’avait d’abord fait espérer son maître (André Gide) ; La fille passait pour coquette (Alphonse Daudet) ; Les faits qu’elle cite m’apparaissent insignifiants (Mauriac) ; La médecine s’était montrée impuissante ; Les rues se trouvèrent trop étroites pour les éléphants (Flaubert) ; Le marché s’avéra fructueux (Romain Rolland) ; Il s’affirme grand comédien ; Le règlement de ces importations se révèle difficile ou impossible ; Il a été nommé président ; L’accusé est présumé innocent ; Elle est considérée comme incapable d’une telle action ; Il fut choisi pour chef ; Il fut pris pour juge ; Bossuet fut surnommé l’Aigle de Meaux ; Celui qui est trouvé avec les coupables est censé complice ; Cette rivière s’appelle le Loir ; Ce pays jadis prospère s’est changé en désert.
Dans d’autres grammaires que celles du français, on trouve en général, en tant que copulatifs, certains verbes équivalents aux français et d’autres qui, à côté d’un sens en contexte sans attribut, ont aussi un sens attributif. Exemples : She feels angry « Elle se sent en colère » ;
Învățătura înseamnă muncă « Apprendre, c’est travailler » (littéralement « L’apprentissage signifie travail »). ; Numai să dea Dumnezeu să iasă cum cred eu « Dieu fasse que ce soit finalement comme je pense » (litt. « … que sorte… ») (Liviu Rebreanu), article ieși. ; Elmúltam húszéves « J’ai plus de 20 ans » (litt. « J’ai passé (l’âge) de 20 ans ».. (BCMS) : Ośeća se prevarenim « Il se sent trompé » ; Ne pravi se lud « Ne fais pas semblant d’être fou ».
Particularités de la copule dans quelques langues
Dans des langues romanes
En français
En français, la copule est souvent omise dans une phrase dite averbale. Il peut s’agir d’une phrase simple énonciative (ex. : À vous la parole) ou exclamative : Délicieux, vos gâteaux !, Drôle de type !, Magnifique !, Imbécile !..
En phrase complexe, on trouve des attributs sans copule : complétés par une proposition relative, ex. : Heureux qui frissonne aux miracles de cette poésie (Anatole France). ; suivis d’une proposition sujet : Inutile que vous en parliez là-bas ! (Flaubert). ; en proposition de concession : Quoique malade, Lucie a voulu nous accompagner..
En roumain
En roumain, on peut omettre la copule pour éviter sa répétition dans un dialogue : – Era trist? – Trist (litt. « – Il était triste ? – Triste »). Pour la même raison, on peut l’omettre dans une phrase coordonnée : El era vesel, iar ea tristă « Il était gai et elle, triste ».
L’omission est fréquente également dans des phrases appelées « nominales qualificatives ». : Vorba lungă sărăcia omului (litt. « Parole longue, pauvreté de l’homme ») (proverbe) ; El savant? « Lui, savant ? » ; Bine că ai venit « Il est bon que tu sois venu(e) » (litt. « Bien que… ») ; Bucuroși de oaspeți? (litt. « Joyeux des hôtes ? ») – formule de salut de locuteurs qui arrivent chez d’autres personnes.
Comme en français, des phrases exclamatives peuvent aussi être dépourvues de copule (ex. : Năprasnic ger! « Terrible gel ! »)., ainsi que la proposition de concession : Deși sărac, e optimist « Quoique pauvre, il est optimiste »..
En espagnol
L’une des particularités de l’espagnol est qu’il possède deux verbes correspondant à « être ». Les deux sont utilisés également en tant que copulesSection d’après ..
L’un de ces verbes est ser. En général, il est utilisé quand l’identité ou la qualité sont vues comme permanentes : avec un nom : Soy arquitecto « Je suis architecte » ; avec un infinitif : Eso es sufrir « Cela est souffrir » ; avec une proposition subordonnée : La dificultad es que no tenemos dinero « La difficulté est que nous n’avons pas d’argent » ; avec un adjectif considéré comme exprimant une propriété inhérente au sujet : Este libro es triste « Ce livre est triste ».
Le verbe estar est employé surtout avec des adjectifs, lorsqu’ils expriment : une propriété provisoire ou vue comme telle par le locuteur : La sopa está caliente « La soupe est chaude », Está muy optimista « Il/Elle est très optimiste » ; une propriété énoncée par le locuteur comme impliquant son impression subjective : Elena está muy guapa « Elena est très belle (à mon avis) ».
Dans d’autres langues
En russe
Le russe est une langue où, à la différence d’autres langues slaves, le verbe быть (byt') correspondant à « être » n’a plus, au présent de l’indicatif; que la forme de personne du singulier, et celle-ci n’est pas non plus utilisée en tant que copule, ex. : Она сегодня нарядная (Ona sevodnia nariadnaïa) « Elle est élégante aujourd’hui ». Toutefois, aux autres modes et temps verbaux, ce verbe est utilisé à toutes les personnes : Он был начальником (On byl natchal'n'ikom) « Il était (le) chef », Маша будет нарядная (Macha boud'et nariadnaïa) « Macha sera élégante », Будь весёлой! (Boud' vesioloï!) « Sois gaie ! », будучи больным (boudoutchi bol'nym) « étant malade ». Ces diverses situations demandent deux cas différents pour l’attribut. Sans copule et avec la copule au futur, il est au cas nominatif, mais avec la copule au passé, à l’impératif et au participe, il est à l’instrumental..
En hongrois