Les îles des Saintes ou les Saintes (aussi appelées en créole guadeloupéen, ou encore Enez Ar Sent en breton) est un archipel d'îlots volcaniques des Antilles françaises, dans la mer des Caraïbes. Divisées entre les communes de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, les Saintes sont rattachées administrativement à la Guadeloupe. Leurs habitants s'appellent les Saintois(es).

Géographie L'archipel des îles des Saintes se situe au sud de la Guadeloupe, à l'ouest de Marie-Galante et au nord de la Dominique, au cœur de l'arc interne des Petites Antilles dans les Caraïbes. Elles sont baignées par le canal des Saintes au nord et par le canal de la Dominique au sud.

Terre-de-Haut et Terre-de-Bas sont les seules îles habitées, tandis que le reste du territoire de l'archipel compte également les îlets suivants : l'îlet à Cabrit ; le Grand-Îlet ; La Coche ; Les Augustins ; La Redonde ; Le Pâté ; Les Roches percées.

Localisation Situées entre le tropique du Cancer et l'équateur, ces îles sont localisées par 15°51 Nord, la même latitude que la Thaïlande ou le Honduras et par 61°36 Ouest, la même longitude que le Labrador et les îles Malouines. Cette localisation place l'archipel au cœur de l'arc des Petites Antilles, à () de la France métropolitaine ; à () du sud-est de la Floride, et à () des côtes de l'Amérique du Sud. Les Saintes se trouvent immédiatement au nord de l'île de la Dominique, au sud de l'île de la Guadeloupe continentale et à l'ouest de Marie-Galante. Elles sont séparées de la Guadeloupe continentale par le canal des Saintes, un des nombreux détroits que compte l'archipel des Antilles.

Géologie et topographie Chapelet d'îles volcaniques entièrement encerclées par des récifs peu profonds, l'archipel est issu de la ceinture volcanique récente datant du Pliocène que forme l'arc interne des Petites Antilles. Il est composé de roches apparues à l'époque Tertiaire (entre 4,7 et 2 millions d'années)http://www.ipgp.fr/pictures_lib/589.jpg.

Une île unique à l'origine fut divisée par des tremblements de terre d'origine tectonique et volcanique pour créer un archipel notamment en raison de la subduction des plaques sud-américaine, nord-américaine et Caraïbes. thumb|Orgues basaltiques du Pain de Sucre, les Saintes, Antilles françaisesLa superficie totale de l'archipel est de et compte environ de côtes. Son point culminant est le morne du Chameau, sur l'île de Terre-de Haut qui atteint ..

Climat Le climat de ces îles est de type tropical, tempéré par les alizés. Terre-de-Bas, l'île occidentale de l'archipel, est plus arrosée que Terre-de-Haut, l'île orientale qui demeure très ventilée. L'archipel bénéficie de plus de 300 jours de soleil par an, la pluviométrie peut atteindre annuels mais varie fortement. La saison des pluies ou hivernage s'étale de mai à novembre qui est aussi la saison chaude. La saison sèche, de décembre à avril, est appelée le carême. L'humidité, cependant, n'est pas très élevée à cause des vents.

La température moyenne est de () avec des températures de jour montant à (). La température moyenne en janvier est () tandis qu'en juillet elle est de (). La température la plus basse de nuit peut être de (). Les eaux de la mer des Caraïbes maintiennent généralement une température d'environ ().

L'archipel est fréquemment sous la menace de cyclones tropicaux comme l'ensemble des îles antillaises.

Environnement vignette|Les îles des Saintes vues depuis la « Guadeloupe continentale ».

Les îles des Saintes ne s’étendent que sur mais elles sont caractérisées par un grand littoral, enrichi de ceux de quatre petites îles inhabitées. Les côtes de ces îles sont dépourvues de vrais récifs mais leurs fonds rocheux sont tapissés de coraux. Les fonds sableux sont eux plus ou moins colonisés par des herbiers de phanérogames marines. L'inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a permis de répertorier en 2008 des zones couvrant .

Faunes terrestre et marine Faune terrestre La faune terrestre est caractérisée par la présence de nombreux iguanes terrestres. Sur ce petit territoire cohabitent l'espèce endémique des Antilles, l'Iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima) — symbole héraldique de la commune de Terre-de-Haut) — et l'Iguane vert (Iguana iguana) en provenance d'Amérique du Sud, dont la première est menacée par l'apparition d'un hybride issu de la reproduction entre les deux espèces. D'autres reptiles cohabitent avec ces sauriens préhistoriques, les couleuvres endémiques de Guadeloupe (Alsophis antillensis), les couresses des Saintes (Alsophis sanctonum) et de nombreuses variétés endémiques d'anolis. À travers les mornes, on peut découvrir des agoutis (Dasyprocta noblei), rongeurs d'Amérique du Sud et du bassin caribéen, des cabris qui peuplent les bois et bords de plage et, bien dissimulés, quelques espèces de phasmes (mantes religieuses ou cheval de bois).

Les oiseaux sont les espèces les plus récurrentes des Antilles en matière de : Passereaux ; Sucriers (Coereba flaveola) ; Colibris ; Pèrenoirs ; Manniques (mannik en créole).

Des échassiers paressant dans les étangs salés (Aigrette neigeuse (Egretta thula, Héron vert Butorides virescens, Héron garde-bœufs (Ardea ibis), Bihoreau violacé (Nycticorax violaceus)) et cohabitant avec les tortues d'eaux douces, les poules d'eaux (Gallinula galeata), les crabes de terre (Cardisoma guanhumi), les crabes touloulous (Gecarcinus lateralis), les Crabes violonistes et bien d'autres espèces de crabes. Le Crécerelle d'Amérique (Falco sparverius) est facilement visible et audible lors des randonnées dans la forêt sèche, tout comme la Tourterelle à queue carrée (Zenaida aurita), espèce endémique protégée de ce chapelet d'île. Parmi les oiseaux marins, on peut citer : la Frégate superbe (Fregata magnificens), les Fous bruns (Sula leucogaster) ou masqués (Sula dactylatra ), les sternes, le Pélican brun « grands gosiers » (Pelecanus occidentalis), qui nichent aisément dans la quiétude des falaises et sur les îlets inhabités des Saintes, particulièrement le Grand Îlet, réserve naturelle de l'archipel qui connait la fréquentation d'espèces de fou uniquement observables aux Saintes, parmi les îles du département, les Fous à pieds rouge (Sula sula)..

L'archipel accueille différentes espèces de batraciens telles que : Eleutherodactylus barlegnei, Eleutherodactylus pinchoni, Hylole de Johnstone, Eleutherodactylus jonhsonei. Et on y rencontre aussi des chauves-souris à l'image du guimbos (Ardops nichollsi).

Faune marine L'archipel abrite une grande diversité de poissons coralliens (poissons perroquets, tanches, trompettes, Epinephelus guttatus ou grands gueules, mérous oualiouas) ; de poissons pélagiques (carangues, mayolles, barracudas ou bécunes, dorades coryphènes, thons, thazars) ; langoustes blanches (Panulirus argus) ou brésiliennes (Panulirus guttatus) ; ou de crustacés (crabes araignées, crabes monteuses, cigales de mer).

Parmi les mammifères marins, il n'est pas rare d'apercevoir dans le canal des Saintes des cétacés. comme les Baleines à bosse. Qui, pendant leur migration, se reproduisent dans les mers chaudes des Antilles. Protection des tortues marines Les îles des Saintes sont fréquentées par sept variétés de tortues marines. : la Tortue verte (Chelonia mydas) ; la Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) ; la Tortue luth (Dermochelys coriacea) ; la Tortue à dos plat (Natator depressus) ; la Tortue caouanne (Caretta caretta) ; la Tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) ; la Tortue de Kemp (Lepidochelys kempii).

Flore terrestre La flore est, quant à elle, typique des forêts xérophiles des îles volcaniques des Antilles. Bois savonnettes (Sapindus saponaria), Poirier pays (Tabebuia heterophylla), Cerisier du brésil (Eugenia brasiliensis) abusivement appelé "Merisier" localement. (Une espèce de myrtacées dont les fruits permettent la fabrication de la liqueur de merise, apéritif local et typique des Saintes)., Gommier rouge (Bursera simaruba), Frangipanier (Plumeria alba), Mancenillier (Hippomane mancinella) : arbre toxique marqués d'un trait rouge sur leur tronc par le conservatoire du littoral, Jujubier de Maurice (Zizyphus mauriciana), Flamboyant rouge ou jaune (Delonix regia), Courbaril (Hymenea courbaril), Tamarinier (Tamarindus indica), Bois d'inde (Pimenta racemosa) beaucoup plus présents sur les collines de Terre-de-Bas où les locaux s'en servent pour fabriquer le bay rum.

L'aridité a permis le développements de colonies de cactées très diversifiées dont les plus remarquables sont : les cactus cierges (Cereus) ; les raquettes à piquants ou sans piquants ou figuier de Barbarie (Opuntia ficus) ; les aloès ; les têtes à l'anglais (Melocactus intortus).

Les bords de mer connaissent eux une végétation composée de : Cocotiers géants orange jaunes ou verts ; Raisiniers bord de mer (Coccoloba uvifera) ; Catalpa (Thespesia populnea) ; Icaquiers (Chrysobalanus icaco) ; Muricife (terme créole) sorte d'olive antillaise comestible quasi disparue des plages.

Trois espèces rares d'orchidée poussent naturellement dans l'archipel et font l'objet d'une sévère protection : l'Epidendrum ciliare, la plus courante ; la Tolumnia urophylla (ou Oncidium urophyllum), similaire à l'abeille d'or mais de plus petite taille ; et encore plus rare, la Brassavola cucullata, menacée de disparition aux Saintes.

Politique environnementale et énergétique Au cours des années 1990 la plupart des plages et mornes de l'archipel font l'objet d'arrêtés de protection de biotope (plage de Grande Anse, Îlet à Cabrit, Morne Morel, Morne Rodrigue et versant sud du Morne à Craie). Le 14 mai 1991 les sites de Pompierre et Pain de sucre sont classés loi du 2 mai 1930 à la demande de la municipalité et du conseil général.

Le Conservatoire du littoral et des rivages lacustres créé dans le cadre du programme national de protection des espaces naturels, fait l'acquisition de plusieurs terrains notamment le Grand-Îlet et le morne du Chameau. Et de nombreuses actions pour la protection de ces fragiles écosystèmes sont décidées au niveau international, national, départemental et municipal. L'Union internationale pour la conservation de la nature (sigle UICN, ou IUCN en anglais) a répertorié plusieurs sites de l'archipel et a catégorisé leur degré de protection selon la classification en vigueur. Ainsi plusieurs sites sont inscrits en catégorie IV définie par l'organisation non gouvernementale. En outre, Terre-de-Haut élabore son agenda 21 local.Petite histoire de Terre-de-Haut, terre française d'Amérique aut. Patrick Peron A.S.P.PBon baiser de la Colonie, la Guadeloupe en 1900 aut. Jean-Michel Renault éd. le Pélicanencyclopédie Historial antillais.

Depuis le 31 décembre 2010, les décharges à ciel ouvert, longtemps demeurées un problème environnemental pour l'archipel, ont été fermées et remplacées par la mise en place du tri sélectif des différents déchets, puis compactage avant transport maritime sur la Guadeloupe continentale afin d'être retraités. De plus les sacs jetables en plastique ont disparu des caisses des épiceries et commerces de l'archipel. Les deux collectivités municipales ont incité les habitants à changer leurs habitudes en distribuant activement des cabas réutilisables. Par ces nouvelles mesures politiques, les Saintes s'engagent davantage dans la sauvegarde de l'environnement et du patrimoineLa Guadeloupe entre terre et mer ed. Dacota conservatoire du littoralétudes AEVA (Association pour l'Étude et la protection des Vertébrés et végétaux des petites Antilles)Sept trésors des Antilles tome 1 aut. Richard Sylvestre éd. Association génération découverte avec la participation du Parc national et la Région Guadeloupe...

En mai 2011, des dizaines de bouées de mouillage ont été installées dans la baie de Terre-de-Haut afin de réguler la plaisance et diminuer le mouillage forain qui abîme les fonds marins.