L'abbaye Notre-Dame de Boscodon est une abbaye du , devenue bénédictine au , et abritant au la communauté Saint-Dominique« La Communauté Saint-Dominique de Boscodon, rattachée à la Province de France de l'ordre des Prêcheurs, a succédé à la Communauté Notre-Dame, créée au sein de la Fédération Notre-Dame des Prêcheurs (Moniales de l'Ordre des prêcheurs). Elle anime l'ancienne Abbaye Notre-Dame de Boscodon. En 2002, elle réunissait trois Dominicaines, deux Dominicains et un Frère missionnaire des campagnes, au sein d'un foyer de vie de la famille dominicaine. La propriété foncière et immobilière appartient à l'Association des amis de l'Abbaye de Boscodon, fondée en 1972 », fiche BnF Data.. Située dans les Hautes-Alpes, à 1150 m d'altitude, elle est monument historique.

Historique Fondée en 1142, l'abbaye de Notre-Dame de Boscodon est bâtie par des moines cénobites de l'ordre monastique de Chalais grâce aux dons du seigneur local, Guillaume de Montmirail. Ces moines ont succédé à des ermites rassemblés autour d'un certain Guillaume de Lyonne. La donation initiale, datée de 1132, s'est déroulée en présence de Guillaume de Bénévent, futur archevêque d'Embrun. On trouve également dans les Hautes-Alpes l'abbaye de Clausonne, construite en 1185.

En 1303, alors que Chalais passe sous la dépendance de la ChartreuseL'Union des Amis des Sites Chalaisiens, qui a commencé son existence officielle en avril 2008 au monastère de Chalais, a établi en 2009 son siège à l'abbaye de Boscodon, Boscodon devient chef d'ordre ; puis, au début du , bénédictine.

Les moines vivent de l'exploitation de la forêt et du domaine, et de l'élevage de moutons.

L’abbaye de Boscodon possédait par ailleurs, aux Mées, le prieuré de Paillerols à partir du .

Au , au moment de la Commission des Réguliers, l'abbaye est rattachée à l'archevêché d'Embrun, et une partie de ses bâtiments est détruite.

Pendant la Révolution française, l'abbaye et ses domaines deviennent propriété nationale. Joseph Berthe acquiert les bâtiments. Un hameau se construit autour de l'abbatiale qui devient écurie, étable, logement.

Au , les habitants quittent progressivement le hameau.

Des travaux de restauration ont débuté en 1972 et sont pratiquement achevés après l'inauguration du cloître en 2012. Ils sont dirigés depuis 1980 pour les travaux de restauration par l'architecte en chef des monuments historiques et, pour les travaux de conservation, par l'architecte des bâtiments de France territorialement compétents.

En 1974, les parties des bâtiments acquises par l' « Association des amis de l'abbaye de Boscodon »Les deux entités de gestion et de vie de l'abbaye sont l'Association des Amis de l'Abbabye de Boscodon, association propriétaire, et la Communauté religieuse Saint-Dominique furent classées au titre de la loi du sur les monuments historiques, ce qui permit de commencer leur restauration. Les protections en vigueur au titre des monuments historiques concernent l'ancien cellier, classé par arrêté du , et les anciens bâtiments de l'abbaye, classés par arrêté du .

Enfin, l'achat de petits terrains proches de l'abbaye lui donne plus d'espace et ouvre des possibilités futures.

Période contemporaine Travaux de restauration L'initiative et l'inspiration, dès le départ, de la renaissance de l'abbaye (1972), ont été le fait de l'ordre des dominicains, rapidement rejoint par diverses congrégations religieuses et par des laïcs. L'abbaye est la propriété d'une association reconnue d'utilité publique qui en assure la restauration et en promeut les animations : « Association des amis de l'abbaye de Boscodon » (A.A.A.B.)Abbaye de Boscodon : Visite par l'image, Association des amis de Boscodon. Sœur Jeanne Marie, un des membres fondateurs de l'AAAB, a œuvré pendant plus de quarante ans afin qu'il redevienne un lieu de culte. Des sœurs et des frères dominicains s'installent alors dans les lieux et entament les travaux de restauration avec de nombreux bénévoles. Sœur Jeanne-Marie en guide la renaissance pour en faire un lieu d’accueil ouvert à tous. La communauté (qui compte des femmes et des hommes de plusieurs congrégations) et l'association propriétaire proposent des célébrations, des concerts, des conférences, moments de dialogue privilégié avec les touristes de passage. Sœur Jeanne-Marie est morte dans la nuit du 6 au à Embrun, tout près de Boscodon qu'elle n'avait plus quitté depuis 1972.

Les études préliminaires à la restaurationRené Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation - Doctrines - Techniques - Pratiques), Chapitre VI-3 La conservation intégrée, L’abbaye de Boscodon – Les Crots (Hautes-Alpes), à 191 Paris (éditions Les Encyclopédies du patrimoine), septembre 1997 ont été dirigées, au même titre que la maîtrise d'œuvre des travaux, par Francesco Flavigny, architecte en chef des monuments historiques, telles par exemple que celles relatives à l'aile des Officiers. Elles témoignent de la rigueur scientifique des choix des restaurations. Ces choix sont basés pour partie sur les rapports de fouilles archéologiques et confirmés le plus souvent possible par des documents d'archives. Pour la restauration de l'aile des Officiers, la découverte aux archives départementales, par la sœur Jeanne-Marie Hellouin de Ménibus (Yvonne, Marcelle, Marie), en religion sœur Jeanne-Marie, religieuse dominicaine, 35 ans de vie religieuse, qui a porté depuis l'origine l'ensemble du projet de résurrection de l'abbaye de Boscodon, tant sur le plan cultuel que culturel, a été promue dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, par décret du Président de la République en date du 21 mars 2008., d'un devis daté du pour des « travaux de reconstruction de l'aile des Officiers, partiellement détruite par les ennemis de l'État en l'an 1692 », a fourni de précieuses informations. Rien que pour cette partie du monument, l'étude préliminaire s'est échelonnée de 1985 à 1994 par le repérage des murs, le repérage du bâtiment, le début du déblaiement, le dégagement de la cave nord, le dégagement de la cave du milieu, les fouilles au sol et les fouilles cave et partie sud et l’aide à la construction par triage et transport des pierres.

En 1997, la toiture, effectuée dans de mauvaises conditions vingt années plus tôt, a été reprise. En 2004 la fin des travaux de la partie sud de l’aile des moines et de la chapelle Saint-Marcellin a été célébrée le .

En , des travaux de déblaiement, de tri, et de rangement ont été accomplis sur la bergerie jouxtant le chemin d'arrivée à l'abbaye, avec l'association « solidarités jeunesses ». En 1998-1999 a été réalisé le relevé du côté du cloître et la restauration et l’aménagement de l’aile des Convers. Fin 2000 et début 2001, le clocher du beffroi a été relevé et la cloche a été réinstallée.

La renaissance du cloître se termine grâce à une présentation dont le but est de montrer en place, intégrés à des ensembles maçonnés, les quelques éléments lapidaires des retrouvés sur le siteLettre aux Amis de l'Abbaye de Boscodon réalisée par l'Association des Amis de l'Abbaye de Boscodon, , février 2010, Imprimerie des Alpes, Gap.

En 2012, ce site exceptionnel aura bénéficié de quarante ans de restauration, grâce à la mobilisation de tous ses acteurs : associations, communauté religieuse, salariés de l'association, bénévoles, donateurs, collectivités territoriales (région Provence-Alpes-Côte d'Azur, département des Hautes-Alpes et commune) et les différents services de l'État : préfecture des Hautes-Alpes, Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC), Conservation régionale des monuments historiques, Architecte en chef des monuments historiques et Service territorial de l'architecture et du patrimoine, Conservateur des antiquités et objets d'art (CAOA), Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL).

Ouverture du monument au public

Ce monument majeur attire aujourd'hui environ quatre-vingt-dix mille visiteurs par an. L'abbaye a été primée en 1989 au palmarès du concours du « meilleur accueil musée et monument »L'Association des Amis de l'Abbaye de Boscodon anime un programme d'animation à visée culturelle alliant art contemporain, art sacré, art numérique, architecture, théâtre et musique.

L'aile des Officiers, inaugurée le , offre carrés de surface utilisable par l'association pour rendre aux visiteurs de nouveaux services comme l’accueil, la circulation, l’organisation d’un magasin, une salle de réunion, les installations sanitaires. Il fallait aussi disposer de bureaux adaptés, de lieux de stockage et de surfaces qui devraient permettre de nouvelles activités, notamment pour les rencontres, colloques, etc. Ces locaux servent à l'Association des amis de l'abbaye et à la communauté de permanents qui animent l'abbaye pour sa vie spirituelle, liturgique et culturelle. L’année 1996 a été une étape importante. La pleine utilisation de l'aile des Officiers reconstituée permet une entrée unique pour les visiteurs, la séparation des locaux de l'association de ceux de la communauté (chacun ayant des finalités particulières), une organisation des circuits de visite et des salles appropriées à des réunions relativement modestes.

L'église abbatiale est ouverte tous les jours entre et . Le cloître et les pièces qui le bordent sont aussi accessibles aux horaires d'ouverture de la librairie, et sur demande. L'été et durant les vacances scolaires des visites guidées, des ateliers sont proposés.

Relations avec la télévision L'épisode de la série télévisée française Alex Hugo intitulé La fille de l'hiver a été tourné en 2021 en partie dans l'abbaye.

La série télévisée sur les Alpes des TV de langue allemande (3 Sat), présentée par l'alpiniste Reinhold Messner, inclut une interview de frère Isidore, le maçon-tailleur de pierre qui a été la cheville ouvrière de la reconstruction et formidable guide pour expliquer les techniques du Moyen Âge.

Jean Mansir, dominicain, a été membre de la communauté de Boscodon, et aussi directeur des programmes de l'émission télévisée « Le jour du Seigneur » durant une quinzaine d'annéesPrésentation fr. Jean Mansir..

Architecture L'abbaye de Notre-Dame de Boscodon est d'architecture romane. On y retrouve l'art cistercien primitif au travers de la simplicité extrême des éléments architecturaux, l'harmonie des volumes, la qualité de la maçonnerie (notamment l'appareillage des pierres à joints vifs).

L'art roman utilise la géométrie. Toutefois, la symétrie n'est pas un élément fondamental de cette architecture, qui s'inspire aussi de la nature. Le tracé de l'abbatiale de Boscodon s'appuie sur des figures géométriques simples. Tracée à la règle et au compas, on y trouve les symboles de la croix, du carré, du cercle et du pentagone. Le système métrique n'existant pas à l'époque, les mesures de références sont la coudée royale, le pied roman.

Les moines bâtisseurs accordent une importance forte à la symbolique des éléments. L'abbaye a été implantée et orientée en fonction des rythmes du soleil, des cours d'eau alentour, de la présence d'une carrière de pierre (ni trop proche, pour respecter le silence sur le lieu de construction de l'abbaye, ni trop loin pour ne pas augmenter les contraintes d'approvisionnement), de la forêt, des hommes… L'importance des symboles se retrouve aussi dans la conception des bâtiments : répétition des éléments selon les chiffres clés (7 voûtes, comme les 7 jours de la semaine), rapports de proportions en harmonie avec le nombre d'or, etc.

Galerie

Liste des abbés

Sources :