Les méthodes d'intervention en autisme sont des stratégies ou méthodes visant à aider les personnes autistes à gérer ou compenser leur situation de handicap. Comme le précise l'OMS, il n'existe pas de traitement curatif de l'autisme.
Issues de diverses théorisations, ces approches sont principalement éducatives et comportementales, à vocation psychothérapeutiques, mais elles peuvent aussi concerner d'autres aspects. Il existe enfin une dimension médicameuteuse, voire alimentaire.
Histoire et société En France, les prises en charge subventionnées par l'État ont lieu en établissement d'accueil, dans les services médico-sociaux, et au sein de l'Éducation nationalePrise en charge de l'autisme : la France épinglée, paragraphe 52 mesures Article de sante.lefigaro.fr, publié le 9 octobre 2012.. Elles associent éducation et prise en charge spécifique à l'autisme. La prise en charge pédagogique est assurée par l'Éducation nationale, les actions spécifiques à l'autisme sont assurées dans l'institution médicale par des praticiens : professionnels médicaux ou para-médicaux. Dans le secteur social, les personnes autistes sont accompagnées par des éducateurs spécialisés, moniteurs-éducateurs, aides médico-psychologiques et psychologues.
Des débats subsistent en France entre partisans d'une prise en charge d'orientation psychanalytique et partisans d'une approche éducative ou comportementaleAutisme : la fin du règne de la psychanalyse ? contribution sur LePlus.nouvelobs.com, publié le 13 mars 2012..
Évolution dans le monde Évolution en Europe L'association Autisme France dépose en 2002 une plainte contre l'État français au Conseil de l'EuropePlainte contre la France dans la prise en charge de l'autisme., pour défaut de soin, mauvais dépistage et maltraitance des enfants autistes. En 2004, l'État français est condamné par le Conseil de l'Europehttps://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=127905&Site=COE Résolution ResChS(2004)1 ; Réclamation collective /2002 par Autisme-Europe contre la France. pour non-respect de ses obligations d'accès à l'éducation à l'égard des enfants autistes. Ceci oblige l'État français à mettre en place partout en France des centres de dépistage de l'autisme. À la suite de cette action est mis en place dans chaque région un Centre Ressources Autisme (CRA).
Le rapport émis en 2007 par le Comité consultatif national d'éthiquehttp://www.ccne-ethique.fr/docs/CCNE-AVISN102_AUTISME.pdf Avis du CCNE. dénonce la situation dramatique de la France en matière de prise en charge des personnes autistes.
La Haute Autorité de santé met à disposition en un guide de bonnes pratiquesAutisme et autres troubles envahissants du développement : programmes et interventions chez l'adolescent. pour les professionnels de l'autisme. Sa rédaction a été confiée à un comité dont les travaux sont conduits par Charles Aussiloux, qui dirige la Fédération Française de Psychiatrie, et Catherine Barthélémy, qui travaille depuis de nombreuses années sur l'autisme à l'unité INSERM jumelée au CHRU de Tours.
La secrétaire d'État à la solidarité Valérie Létard remet le au gouvernement un rapportRapport mission autisme Valérie Létard. évaluant l'impact du plan autisme 2008-2010.
Évolution dans les autres pays d'Europe Plusieurs pays européens ont publié des guides de bonnes pratiques comme l'Espagne ou l’Écosse : Guide de bonnes pratiques dans le traitement des Troubles du Spectre Autistique, Fuentes-Biggi J (Ministère de la santé et de la consommation, Espagne, 2006)Recommandations du Groupe d'Études sur les Troubles du Spectre Autistique, Revista de neurologia 2006 ; 43(7) : 425-438 traduit par Karina Alt, Institut de Santé Carlos III, document sur http://www.autisme.ch. ; Scottish Intercollegiate Guidelines Network (SIGN), Écosse Assesment, diagnosis and clinical interventions for children and young people with autism spectrum disorders sur http://www.sign.ac.uk..
Évolution aux États-Unis
Un certain nombre de méthodes de prise en charge ont été créées aux États-Unis. Le programme TEACCH est le programme d'État de la Caroline du Nord. L'État de New York a publié un guide de bonnes pratiques : Clinical Practice Guideline, Report of the Recommendations, Department of Health, État de New York Guide de l'État de New York Clinical Practice Guideline, Report of the Recommendation..
Évolution dans les autres pays
Approches comportementales Interventions centrées sur les moyens de communication Outil de communication PECS vignette|Exemple d'images utilisées dans le programme PECS.
PECS est un sigle anglais pour (« outil de communication par échange d'images ») qui désigne une méthode pédagogique et éducative destinée aux enfants sujets à des troubles de la communication qui entravent l'acquisition du langage verbal. L'outil PECSWhat Is Nonverbal Autism? Article de autism.about.com, mis à jour le . propose des techniques alternatives et augmentatives de la communication, tous les aspects de la communication étant impactés dans l'autisme. Le but principal est que la personne puisse exprimer spontanément ses besoins et désirs. Selon le niveau de handicap, les trois principales approches concernent : L'amélioration du langage verbal ; L'utilisation d'images pour communiquer (la personne donne une image représentant ce qu'elle veut) ; L'enseignement de la langue des signes.
Interventions comportementales et cognitives Selon ses partisans, l'approche et l'intervention comportementale (dont « intervention comportementale intensive précoce » ou EIBI) est efficace pour faire acquérir aux personnes autistes des apprentissages qu'elles n'auraient pas acquis de manière naturelle et traiter les troubles du comportement présents dans l'autisme.
Cette approche vise à remplacer un comportement inadéquat, éventuellement dangereux (automutilation)Rivière V (2015) Gestion des troubles d’automutilations chez la personne avec autisme. Prise en charge comportementale et cognitive du trouble du spectre autistique, 145 (PDF, 14 pages) |url=https://aba-illeetvilaine.org/wp-content/uploads/2019/01/8-Gestion-des-troubles-d-automutilations-chez-la-personne-avec-autisme.pdf, consulté le 22 septembe 2026. par un autre plus adéquat. On intervient sur le comportement lui-même et/ou sur les causes du comportement. . En 2009, une dizaine d'études relatives à ces approches appliquées aux personnes « Asperger », et portant notamment sur les scénarios sociaux, concluaient qu'elles pour réduire les comportements inappropriés, et que . Une étude menée en 2009 conclut que 79 % des patients suivant une TCC ont ressenti une diminution de leur anxiété.J. Andanson, F. Pourre, T. Maffre et J.-P. Raynaud, « Mise au point : Les groupes d’entraînement aux habiletés sociales pour enfants et adolescents avec syndrome d’Asperger : revue de la littérature », Archives de pédiatrie, vol. 5, no 18, 2011, p. 589-596 .. Mais on manque encore de données précises sur les effets à long terme de ces interventions sur la sévérité de l'autisme, la santé mentale, sur l'autonomie à long terme des personnes autistes qui en ont bénéficié, et sur leur médication, ou leur parcours soclaire/universitaire/professionnel, et leur intégration à long terme dans la société (par exemple, en 2023, une thèse sur l'intervention comportementale intensive précoce (EIBI) a exploré santé mentale, sévérité de l'autisme, usage de médicaments et parcours scolaire chez des jeunes adultes, mais avec un échantillon très réduit (32 parents) et sans groupe de contrôle, ce qui limite la possibilité de comparaison causale entre ceux qui ont ou non « bénéficié » d'une « intervention structurée »)Magnacca, Carly (2023) Mental Health and Autism Symptom Severity of Autistic Youth who Received Early Intensive Behavioural Intervention (Thèse de psychologie, Université de York, Toronto, Ontario, soutenue en aout 2023 ; PDF, 105 pages) |url=https://yorkspace.library.yorku.ca/server/api/core/bitstreams/709b6294-0dd9-4a44-be5e-e17973bc4052/content, consulté le 21 septembre 2026.. Les études disponibles manquent de groupe contrôle et de données pré‑intervention, contienennt des informations très partielles sur la qualité, la durée et l’intensité de l’EIBI, avec incertitude sur la fidélité du traitement, des problèmes d'attrition entre les deux temps de mesure pouvant introduire un biais, et des recours souvent exclusif aux déclarations parentales sans mesures objectives ou auto‑évaluations des jeunes ou adultes concernés. Ces éléments réduisent la portée des conclusions et soulignent la nécessité d’études plus rigoureuses pour évaluer les effets à long terme de l’EIBI sur la santé mentale et la sévérité de l’autisme.
Approche ABA
L'ABA (Applied Behavioral Analysis, ou analyse appliquée du comportement) est une approche éducative inspirée du béhaviorisme créée par Ole Ivar Lovaas aux États-Unis dans les . Elle consiste en une analyse du comportement, associée à une intervention intensive sur la personne en vue d'obtenir la meilleure intégration possible dans la société, par l'augmentation de comportements jugés adaptés, et la diminution de comportements jugés inadaptés (voir conditionnement opérant).
L'ABA se fonde sur des lois du comportement humain mises en évidence par l'étude des comportements : un comportement humain est conditionné principalement par les conséquences qui surviennent juste après que celui-ci s'est manifesté. Ce sont les conséquences de ce comportement qui encourageront ou décourageront la personne à le reproduire ultérieurement dans des conditions similaires. L'analyse des conséquences d'un comportement permet de comprendre quel était le but de ce comportement, les intervenants peuvent alors encourager ou décourager à le reproduire en mettant l'accent sur ses conséquences.
Les résultats obtenus initialement par Lovaas, et confirmés dans un premier temps par d'autres étudesABA Treatment. montrent que 50 % des enfants (qui avaient moins de trois ans au départ) ayant suivi le programme durant deux à trois ans, ont pu ensuite poursuivre leur cursus scolaire sans aide, sans être distingués dans leur fonctionnement des enfants non-autistes. Les études suivantes ont confirmé une certaine efficacité de l'ABA.
Pourtant l’enthousiasme initial a dû être modéré: « si l’on examine les études de Lovaas, affirment en 2008 d’autres praticiens de l’ABA, il est clair que beaucoup d’enfants n’ont pas « guéri ». la majorité de ceux qui ont participé au YAP (Young Autism Project) en bénéfician d'une intervention dans des circonstances optimales, n’ont pas atteint les « meilleurs » résultats tels que définis par Lovaas. Même s’ils ont commencé le traitement avant l’âge de 4 ans, reçu un traitement intensif aussi longtemps que nécessaire, réalisé dans tous les environnements par un personnel bien formé (moins de la moitié de ces enfants furent capables ensuite de terminer seuls une scolarité classique »), de sorte qu’ils prônent des « attentes mesurées ».. De nombreuses études postérieures à celle initiale de Lovaas, ont mis en doute la validité de son résultat sur l’insertion scolaire. Une recherche poussée, en 2004, aux Etats-Unis, par V. Shea) conclut : « Il est temps pour les partisans de la méthode et les professionnels d’arrêter de citer le chiffre de 47%, ainsi que les concepts tels que « développement normal », enfants « impossibles à distinguer des enfants de leur âge au développement normal, et le fait d’avoir été « guéris » de l’autisme. Les résultats rapportés de la recherche initiale ne sont pas en accord avec de telles interprétations : de plus, d’autres études, faites lors des trois décennies écoulées après le début de cette recherche, mettent systématiquement en évidence des taux de réussite (selon les critères de l’étude d’origine) significativement mopindres que 47% ».. Une recherche plus récente (Cruveiller, 2012), confirme les réserves émises par V. Shea (2004) ; ..