Abderrahmane Taleb (en ), aussi connu sous son pseudonyme de guerre Mohand Akli ., né le dans la Casbah d'Alger, était l’artificier de la Zone autonome d'Alger durant la bataille d'Alger. Il est guillotiné le à la prison de Barberousse (actuelle prison de Serkadji) à Alger.
Biographie Né à Sidi Ramdane dans la casbah d'Alger dont les parents sont originaires de l'actuelle commune de Mizrana dans la région de Tigzirt, wilaya de Tizi-Ouzou en Kabylie, Taleb Abderrahmane a fréquenté l'école Fateh, puis l'école Sarrouy à Soustara où il a entre autres comme maître Mohand Lechani avant de rejoindre le collège Guillemin, actuellement lycée Okba, à Bab El Oued où la discrimination raciale ambiante l'oblige à quitter l'établissement et à continuer ses études dans des institutions privées.
Il se présente en candidat libre à l'université d'Alger. Reçu, il s'inscrit à la faculté des sciences afin de poursuivre des études en chimie.
À l'appel du FLN, il quitte les bancs de la faculté pour se consacrer à la cause nationale et rejoint le maquis en 1956, dans la wilaya III.
Puis, à la suite de l'attentat de la rue de Thèbes perpétré le par l'ORAF (groupe terroriste anti-indépendantiste) contre les populations civiles algériennes de la casbah, l’étudiant en chimie est affecté à la Zone autonome d'Alger pour fabriquer des explosifs dans des laboratoires de fortune.
En compagnie de Rachid Kouache, il va monter un atelier clandestin à l'impasse de la grenade dans la Casbah puis un autre à la villa des Roses à El Biar. Mais le , une étincelle va provoquer une explosion qui tue accidentellement son ami et attire l'attention des militaires français sur ses activités. Il trouve alors refuge auprès de ses frères de combat dans les montagnes de Chréa.
Arrestation, condamnations à mort et exécution Activement recherché, il est appréhendé en la Dépêche quotidienne d’Algérie, 28 avril 1957 au sud de Blida par le . Considéré comme l'artificier du « réseau bombes » de Yacef Saâdi, il est condamné à la peine de mort par le tribunal permanent des forces armées d'Alger à trois reprises : le (en même temps que Djamila Bouhired, Djamila Bouazza et Abdelghani Marsali), le et le (en même temps qu'Abdelkader et Jacqueline Guerroudj). En dépit de la mobilisation de nombreuses personnalités (Jean-Paul Sartre, François Mauriac, Henri Lévy-Bruhl, Francisque Gay, Maurice Duverger, Henri Laugier, Pierre Emmanuel etc.) en sa faveur, le président René Coty refuse de le gracier et il est guillotiné le , avant le lever de l'aube, dans la cour de la prison de Barberousse. À l'imam désigné par l'administration coloniale pour lui lire la Fatiha en ce jour fatidique, il dit : ou, selon une autre version, .
Suites Représailles Le , dans l'après-midi, le FLN fait publier à Tunis le communiqué suivant : . Le Monde voit dans ces exécutions de soldats français datées du lendemain de celle d'Abderrahmane Taleb tandis que Sylvie Thénault notent le entre les deux évènements : . Raphaëlle Branche, qu'elle cite, émet pour sa part l'hypothèse que les soldats français seraient peut-être morts auparavant, d'une autre façon et que le communiqué reveterait donc un caractère purement opportun. Quoi qu'il en soit, une cérémonie funèbre en leur honneur est organisée le devant le monument aux morts d'Alger. Une fois la cérémonie terminée, la foule, arranguée par le leader étudiant Pierre Lagaillarde et Robert Martel, se dirige jusqu'au gouvernement général (abandonné depuis trois jours par le ministre résident, Robert Lacoste) et le prend d'assaut. Ce coup d'État, rapidement récupéré par les gaullistes et les militaires, précipite la chute de la république française et l'établissement de la .
Lunettes d'Abderrahmane Taleb Ses lunettes, si caractéristiques, confisquées peu de temps avant son exécution par l'adjoint et fils du bourreau Maurice Meyssonnier, Fernand Meyssonnier, sont conservées par ce dernier jusqu'à sa mort en 2008. Avant cette date, le neveu d'Abderrahmane Taleb s'est toujours refusé à les récupérer pour ne pas avoir à serrer la main qui avait tenu la tête tranchée de son oncle quelques décennies auparavant.
Le , à l'occasion d'une cérémonie organisée par le journal El Moudjahid et l'association Machaâl Echahid pour le de l'exécution d'Abderrahmane Taleb, l'avocate Fatma-Zohra Benbraham demande que ses lunettes soient restituées à l'Algérie afin qu'elles puissent y être exposées dans un musée.
Références
Voir aussi Bibliographie
Jean-Louis Gérard, Dictionnaire historique et biographique de la guerre d'Algérie, Éditions Jean Curtuchet, 2001
Articles connexes Zone autonome d'Alger Bataille d'Alger
Liens externes
alger-republicain.com Commémoration de Taleb Abderrahmane guillotiné le , à la prison de Serkadji
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