Saint-Charles Lautour-Mézeray, dit « Charles Lautour-Mézeray », né le 9 floréal an IX () à Argentan où il est mort le , est un journaliste, éditeur et haut fonctionnaire français. Il était aussi un dandy-lion, roi de la mode parisienne.

Biographie Fils d'un notaire d'Argentan, élevé avec Émile de Girardin au collège de cette ville, il représentait le modèle de l'arriviste-type de la première moitié du .

. Lautour lança la mode du camélia blanc à la boutonnière qui devint une véritable marque de lionnerie pour les dandies-lion.

Dès 1831, Honoré de Balzac était en admiration devant lui et il se ruinait pour imiter son élégance. Il tentait aussi de faire bonne figure à l'Opéra où la loge de Lautour, une baignoire de l'avant-scène, était surnommée la loge infernale. Balzac y avait sa place, puis il cessa de payer son billet qui coûtait très cher. Lautour, qui le publiait déjà dans les journaux qu'il avait fondés avec de Girardin, lui réclama néanmoins son dû par lettre adressée à Monsieur de Balzac d'Entraigues de la Grenadière Suzanne Jean-Bérard, La Genèse d'un roman de Balzac : Illusions perdues, Armand Colin, 1961, 17..

Très lié à Delphine de Girardin, femme de son illustre associé, Lautour était un peu jaloux de Balzac sur lequel Delphine ne tarissait pas d'élogesAndré Maurois, 191..

Avec Émile de Girardin, il participa à des entreprises de presse telles que : 1828 : Le Voleur : La Silhouette

Puis en 1832, il créa de sa propre initiative Le Journal des enfants, qui allait connaître un vif succès jusqu'en 1897.

De nature ambitieuse, Lautour-Mézeray, qui avait partagé un temps les opinions politiques d'Émile de Girardin (d'ailleurs fluctuantes), ne tarda pas à se ranger dans le camp des modérés. Et comme son Journal des enfants lui valait une certaine estime, faisant oublier les frasques du dandy-lion, il fut nommé sans peine sous-préfet de ToulonAndré Maurois, 533., puis préfet d’Alger, lorsque la maladie le rappela auprès de sa famille. Il était officier de la Légion d'honneur, commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, commandeur de l classe de l’ordre de Frédéric de Wurtemberg, chevalier de l’ordre de Charles III d'Espagne, de l’ordre constantinien des Deux-Siciles, de l’ordre de la Couronne de chêne des Pays-Bas, et du Nichan Iftikhar de Tunis.

Il est cité comme le modèle possible d'un personnage de la Comédie humaine : Émile BlondetAnne-Marie Meininger et Pierre Citron, Index des personnages fictifs de la Comédie humaine, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1981, XII, 1186 ..

Distinctions

Notes et références

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