Volvo Cars est un constructeur suédois d'automobiles. Fondé en 1927, le siège social de la marque se trouve à Göteborg, en Suède.
À l'origine détenues par le conglomérat suédois d'automobiles, de camions et d'engins de chantier AB Volvo, les activités automobiles grand public de AB Volvo, sous la dénomination Volvo Cars, ont appartenu au groupe Ford pendant onze ans avant d'être rachetées en 2010 par le groupe chinois Geely. En 2015, Volvo Cars a pour la première fois de son histoire dépassé le demi-million de voitures vendues..
Histoire Depuis ses débuts en 1927 et quelques années difficiles, la société Volvo connait une évolution dynamique, pour devenir la plus importante entreprise de Scandinavie.
Naissance et premiers modèles (origines-1939) alt=Assar Gabrielsson parlant à son bureau en 1960.|gauche|vignette|Assar Gabrielsson vers 1960. alt=Portrait de Gustaf Larson|gauche|vignette|Gustaf Larson, entre 1950 et 1955.
Deux amis passionnés d’automobiles sont à l’origine de Volvo : Assar Gabrielsson, économiste de formation entré à la Svenska KullagerFabriken (SKF) en 1916 dans les ventes et Gustaf Larson, ingénieur qui a collaboré un moment avec Gabrielsson à partir de 1917. Muté à Paris entre 1920 et 1922, Gabrielsson s’enthousiasme des possibilités de l’industrie automobile qu’il pense applicables à son pays. Larson est du même avis depuis son séjour en Angleterre pour White and Poppe. C’est au mois d’ que Larson et Gabrielsson se retrouvent par hasard dans un restaurant de fruits de mer de Stockholm et s’accordent pour mettre au point une voiture suédoise dans un marché essentiellement occupé par les Américains.
Pour Gabrielsson, un constructeur automobile suédois a toutes les chances de réussir : le pays a une industrie bien développée avec toutes les machines nécessaires, des ingénieurs qualifiés, de bas salaires, un acier et des produits de qualité réputée. Enfin, il y a une demande pour des véhicules construits pour les routes suédoises souvent en mauvais état. Le cahier des charges est de mettre au point une automobile simple, robuste et de qualité. Larson constitue une équipe et les bleus sont prêts en . Ce n’est pourtant que le qu’un accord écrit est signé.
Sollicitée, SKF n’est initialement pas favorable à soutenir ce projet et demande certains engagements de la part de Gabrielsson et Larson pour limiter les risques financiers. Une éventuelle collaboration sera décidée une fois les prototypes éprouvés. Leur construction débute donc en , pour la plupart chez les Larson même, à Stockholm et personnellement financés par Gabrielsson. Le premier est testé en . Dix sont réalisés jusqu’à l’automne, portant la marque Larson ou GL (Gustaf Larson).
alt=Volvo ÖV4 en construction à l’usine de Lundby|vignette|Volvo ÖV4 en construction à l’usine de Lundby (1927). Après des essais réussis, c’est finalement le que le conseil d'administration de SKF décide de la création d’une filiale nommée AB Volvo pour la production en série d’automobiles. Dans l’accord, SKF fournit les locaux, 200 000 couronnes et autres garanties pour la fabrication de mille unités. Assar Gabrielsson est le directeur général de Volvo et Gustaf Larson a la charge du développement technique. En , AB Volvo déménage de Stockholm à Göteborg. La production débute le 27 du même mois. Seuls la conception et l’assemblage sont faits en interne, toutes les pièces proviennent des quatre coins de la Suède y compris pour les prototypes. L’objectif est de limiter les coûts initiaux et de profiter du savoir-faire des fournisseurs.
Ce premier modèle a deux versions : l’ÖV4 « Jakob » (pour ÖppenVagn 4 cylindres) décapotable et la PV4 (PersonVagn 4 cylindres) avec un habitacle fermé. Le , la première auto sort de l’usine de Lundby : c’est la date de naissance officielle de Volvo.
Les ventes sont encouragées par une industrie en plein développement, la disponibilité d’un acier local de qualité et la réponse au réel besoin de véhicules adaptés aux routes et au climat suédois. Toutefois, SKF juge les résultats trop faibles et envisage un temps de revendre Volvo.
Pour Gabrielsson, proposer des autos à coût compétitif passe par des économies d’échelle. Or les ventes sont bien en dessous des prévisions. L’aspect rustique des modèles peine à convaincre d’éventuels distributeurs. Volvo crée alors son propre réseau, notamment en Finlande (1928) où vit une importante minorité suédoise. Le coût des pièces doit aussi être réduit. Pour avoir la meilleure qualité possible au meilleur prix, certaines d’entre elles proviennent de l’étranger à la différence des constructeurs d’autres pays qui en ces temps cherchent plutôt à favoriser leur économie nationale.
Le premier camion Volvo sort en janvier ou février 1928 avec le premier autobus la même année, toujours dans l’objectif d’offrir des véhicules qui conviennent à l’état des routes suédoises. C’est un succès inattendu.
Pour s’aligner avec la compétition et proposer des motorisations plus puissantes, la PV651 et ses variantes sont équipées d’un moteur 6 cylindres en 1929. Mais la Grande Dépression touche tout le secteur automobile et Volvo se maintient à flot seulement grâce au succès de ses camions. Outre la conjoncture économique, c’est aussi une conception sage et conservatrice qui se vend mal. Pour des questions de coûts et de capacités de production, les modèles ne sont pas renouvelés chaque année contrairement à la concurrence américaine.
En 1930, le constructeur rachète l’usine de Lundby à la maison-mère. Grâce à l’expérience des techniciens développée aux États-Unis, des modèles spécifiques sont proposés la même année : taxis, police, sociétés de location… Leur robustesse construit lentement la réputation de la marque dont la popularité et le réseau de distribution s’étendent. Pour améliorer sa compétitivité, Volvo se résout à produire ses propres pièces en acquérant Pentaverken en 1934, dont les installations sont modernisées.
alt=Une Volvo PV51 dans une cour|vignette|PV51.
Malgré tout, les plus luxueuses PV652 à PV659 lancées entre 1930 et 1935 se vendent pire encore dans un contexte économique toujours difficile. En 1933 est présenté le concept Venus Bilo pour explorer les possibilités d’une voiture plus à l’avant-garde technique et esthétique. En 1935, AB Volvo devient indépendant de SKF et est introduit à la bourse de Stockholm. La PV36 « Carioca » sort la même année. Elle reprend plusieurs aspects de la Venus Bilo dont le style streamline populaire en Amérique du Nord mais pas en Suède. Souvent jugée extravagante, c’est un échec commercial.
Face à des ventes qui restent faibles, Volvo décide de produire plus petit, plus simple et moins cher. La PV51 et la PV52 sortent respectivement en 1936 et 1937. Les chiffres repartent à la hausse. La même année, alors que le contexte international se tend toujours un peu plus, les ingénieurs débutent la conception d’un véhicule de transport militaire tout terrain.
En 1938, les PV53 à PV57 remplacent les deux modèles précédents en apportant de légères améliorations. Bien que les automobiles se cantonnent encore à la Suède, les ventes progressent. Une succession plus démarquée est planifiée pour 1940 mais la Seconde Guerre mondiale éclate et le projet est considérablement ralenti.
Premiers succès automobiles (1940-1969)
Le déclenchement du conflit arrête presque totalement les ventes. Le constructeur cherche de nouveaux débouchés en concevant des tracteurs qui ne sont toutefois fabriqués qu’après la fin de la guerre. La stratégie de partenariats et de rachat des fournisseurs continue néanmoins. En 1941, Volvo acquiert la majorité des parts de Svenska Flygmotor AB avec qui elle coopère déjà pour intégrer son savoir-faire en mécanique de précision tout en diversifiant ses activités. En 1943, Köpings Mekaniska Verkstads AB (transmissions) est absorbé, devenant Volvo Köping, de même que Svenska Stålpressnings AB d’Olofström (carrosserie) en 1969.
La neutralité de la Suède permet à Volvo de prendre de l’avance sur ses concurrents en réfléchissant déjà à l’après-guerre. Deux programmes sont menés. D’une part, la conception d’une petite voiture, taille populaire en Europe. D’autre part, la mise au point de trois moteurs : un pour la petite voiture, un pour un plus grand modèle et un Diesel pour poids lourds en remplacement des moteurs Hesselman. Les ventes de camions, gazogènes et véhicules militaires financent les recherches.
alt=Volvo PV445|gauche|vignette|PV445 (Duett), identique à l’avant à la PV444 (période 1953-1960).
Le premier programme aboutit à la série PV444 (1947-1958). Comme ses prédécesseurs, elle est largement inspirée des modèles américains, nombreux sur les routes suédoises. Les fournisseurs américains produisant pour des automobiles domestiques plus grosses et lourdes, la PV444 est inhabituellement robuste pour sa taille. Sa réputation de fiabilité et de durabilité devient une stratégie publicitaire à long terme. C’est le premier grand succès du constructeur. Toutefois, les pénuries de ressources persistent après la guerre, empêchent de répondre à la demande et retardent la production qui reste limitée pendant plusieurs années. La chute des devises partout dans le monde restreint temporairement les opportunités d’export. Les séries PV820 (1947-1948) et PV830 (1950-1958) renouvellent une dernière fois la ligne de taxis et véhicules spécifiques, liés à une baisse de la demande.
La PV445 sort en 1949, version châssis de la PV444. Volvo propose ses propres déclinaisons break de la PV445, rassemblées sous le nom de Duett (1953-1969). Elles mettent en avant autant leurs capacités de loisirs que de travail. Leur popularité est grande et elles deviennent une spécialité du constructeur.
Une incursion dans les sportives est tentée avec la P1900 (1956-1957) mais de nombreux problèmes écourtent la production. La seconde tentative est plus fructueuse avec la P1800 (1961-1972).
Le travail pour compléter les séries PV avec un modèle plus gros et haut de gamme commence dès le début des années 50, l’occasion d’ouvrir en 1950 un département de design dirigé par Jan Wilsgaard. Plusieurs concepts préparent le terrain, en cherchant à plaire aux hommes comme aux femmes (comme la PV444), peu courant à l’époque. La série P120 « Amazon » (1957-1967) est avant tout un rafraîchissement esthétique de la PV444. Elle est l’un des plus grands succès du constructeur et parmi ses modèles emblématiques.
alt=Une Amazon variante 122S de 1963 verte stationnée dans une rue.|vignette|Amazon variante 122S (période 1962-1967). La PV544 (1958-1965) est une évolution directe de la PV444 intégrant de multiples sécurités de conduite. Elle consolide l’implantation sur le marché américain amorcée timidement en 1955 avec la PV444 et connaît vite un certain succès pour une marque étrangère. Sa durabilité est telle qu’elle provoque la protestation de plusieurs concessionnaires américains. À cette période, Volvo s’implique dans le sport automobile pour améliorer sa visibilité et les PV444 et 544 connaissent une certaine réussite en rallye.
Dans le monde, la fin des pénuries et le fort développement économique des années 1950 profitent à Volvo. À partir de 1949, plus de voitures que de poids lourds sont produits mais le secteur automobile ne devient rentable que quelques années plus tard. Les ventes passent de véhicules en 1939 à en 1965. Gabrielsson trouve le capital initial nécessaire à l’expansion internationale dans le fonds de pension des employés, non sans causer des remous. En 1963, les États-Unis deviennent le premier marché d’exportation.
L’explosion de la demande annonce, un dépassement des capacités du site de Lundby dès les années 1950. Volvo étant l’un des principaux exportateurs du pays, le projet d’agrandissement est d’intérêt national et soutenu par l’État suédois. Volvo bâtit donc une immense usine à Torslanda inaugurée par le roi Gustave VI Adolphe le .