Les Cagiva T4 constituent une gamme de moto de moyenne cylindrée fabriquée par Cagiva entre 1987 et 1991. Exemple type du trail monocylindre, les T4 sont construites classiquement autour d'un cadre tubulaire en acier supportant les organes mécaniques et la partie cycle. Héritière de l'Aletta Rossa, les T4 apportent le moteur à quatre soupapes et de nombreuses optimisations, en faisant une moto rustique, mais moderne et techniquement aboutie. Les T4 ont été déclinées en et , chacune étant commercialisée en deux modèles : E et R. Les modèles T4E Enduro disposaient d'un démarreur électrique et une aptitude routière plus polyvalente, tandis que les T4R rallye étaient des modèles sans compromis, dépouillés du superflu et taillés pour la compétition.
Les Cagiva T4 prennent place dans un marché de niche, celle du trail enduro léger et efficace. En effet, ce segment avait tendance à disparaître en raison de la surenchère des cylindrées et de la technologie des Rallyes africains, produisant des véhicules bicylindres puissants mais lourds et chers. Cagiva a répondu à cette demande par la série Elefant, des bicylindres déclinées jusqu'en . Appréciée par la presse spécialisée et les testeurs, les T4 seront souvent qualifiés de faisant un retour aux sources salvateur. Point perfectible régulièrement souligné, la faiblesse du freinage et un tarif élevé.
Les T4 350 E, maniables et robuste, firent une carrière militaire dans l'Armée française et italienne pendant près de vingt années. Sur le plan commercial, Cagiva remplacera les T4 par la gamme W, très similaire, mais déclinée jusqu'en .
Déclinaisons de la gamme Conception commune
La conception des T4 est commune aux motos typées trail de la fin des années 1980, et se base autour d'un cadre à berceau dédoublé en acier. Celui-ci supporte le bloc moteur, alors que le réservoir à carburant repose sur sa poutre dorsale. Du côté gauche de la colonne de direction se trouve le klaxon et du côté droit le radiateur de refroidissement d'huile est placé en position verticale. Les flancs sont protégés derrière des écopes en plastique. La tête de fourche n'a pas de bulle et se trouve à une hauteur de Manuel d’atelier T4-350 / R-E T4-500 / E. Le bloc englobe le phare rectangulaire et intègre le tableau de bord. Celui-ci comporte un indicateur de vitesse incluant deux compteurs de kilomètre et un compte-tours. Le guidon de , renforcé, offre un prise large et permet l'accès aux commodos. Celui-ci est produit par Renthal.
La selle culmine à , ce qui est très important pour même pour un trail ; Une telle hauteur est à comparer aux de moyenne pour les trails commercialisés en 2007. La moto de type trail étant connue pour avoir des selles suffisamment haute pour exclure les motards de petits gabarits. Cela s'explique par une garde au sol importante (), mais aussi par la course importante des amortisseurs. Ces caractéristiques couplées à un empattement de permettent de bonnes capacités de franchissement. Quel que soit le modèle, les Cagiva ont une longueur de .
La puissance du moteur est transmise à la roue arrière via une transmission secondaire à chaîne située du côté gauche de la moto, en longeant le bras oscillant en aluminium. Comme la très grande majorité des motos typées tout-terrain, les T4 sont équipées de roues à rayon. Les rayons sont préférés aux bâtons pour leur souplesse et donc leur robustesse sur terrains difficiles.. Les jantes équipant ces motos sont produites par Akront.
La ligne d'échappement suit la latéralité opposée. Le collecteur d'échappement se compose deux tubes de sortie situés sur l'avant du monocylindre (une sortie par soupape d'échappement). Les deux conduits fusionnent peu avant le pot de détente, jouxtant le pot d'échappement.
Le moteur est un monocylindre à quatre temps, quatre soupapes et refroidi par air et huile, il a été dessiné par l’ingénieur italien Fabio Taglioni. Le bloc pèse . Ses soupapes d'aspiration ont un diamètre de et une inclinaison de 22,5°; celles de décharge un diamètre de pour 27,5°.
Le moteur a pour base lointaine celui de l'Aletta Rossa, mais outre les quatre soupapes, l'artchitecture lui est adaptée. Cette conception optimise les turbulences du mélange, sa propagation dans la chambre de combustion et donc le rendement du moteur. Les soupapes sont entraînées par deux Culbuteurs, dépendant d'un seul Arbre à cames, actionné par chaîne. Le vilebrequin a également été redessiné pour atténuer les vibrations, courantes sur les monocylindres. Le système de lubrification est actionné par une pompe trochoïdale. L'embrayage a été retravaillé pour être plus léger, le cylindre est en aluminium chromé et un amortisseur de vibration a été installé.
Modèles La 350 T4 est produite à partir de 1987 jusqu'à 1991.
Cette moto est disponible en deux versions : Rallye qui représente le modèle axé compétition enduro. Enduro pour la version trail à démarreur électrique (+ kick). Version R : Les deux modèles sont assez similaires, mais plusieurs différences demeurent. Concernant la partie cycle, la T4R est équipée d'un monoamortisseur arrière de marque Öhlins réglable en précharge, dureté et en amortissement (compression et rebond). Sur ce modèle, le bras oscillant est plus long de deux centimètres et la roue arrière passe en pour faciliter le montage de pneu FIM, c'est-à-dire adaptés aux compétitions officielles d'enduro. Elle était chaussée de série de pneus Michelin T61.
Allégée de la batterie, du démarreur électrique, possédant une horloge numérique en lieu et place du tableau de bord plus complet de la version E, la R est plus légère que la T4E. Dans la même logique de chasse au poids, le guidon de la T4R est en aluminium. Enfin, la démultiplication est passée de 16 × 43 à 14 × 48. Le gain de poids, le raccourcissement de la transmission secondaire et la partie cycle modifiée justifie selon la marque, l'étiquette compétition de la version R. La 350R a un cadre et des soufflets de fourche rouge vif, une selle bleu et des carénages majoritairement blanc, localement jaune, rouge ou bleu. Enfin, elle ne dispose pas de clignotantsTriptyque publicitaire Cagiva T4E/T4R 350 & T4E 500.
Version E : Sur la T4E le monoamortisseur n'est pas réglable. Le démarrage s'effectue au choix par un kick-starter avec décompression automatique, ou via un démarreur électrique.
De série, les carénages sont majoritairement bleu marine. La 350E est parfois déclinée aux couleurs du cigarettier Lucky StrikeFrance Moto , août 1988 .
La consommation mixte de la T4E est légèrement inférieure à aux cent kilomètres, ce qui lui confère une autonomie d'environ , tandis que celle de la T4R est précisément de au cent. À cet égard, le réservoir de peut sembler de faible contenance, mais reste calibré pour l'usage du véhicule : petits trajets sur route ou sur piste. Il est possible d'adapter des réservoirs de contenance plus importante, notamment de .
Modèles vignette|Cagiva T4 500 équipée d'un réservoir de . La version 500E a été produite de 1987 à 1990. La partie cycle est très semblable à celle de la . Le moteur est de , par augmentation de l'alésage (diamètre du piston) qui passe de 82 à . L'alimentation du moteur s'effectue via un carburateur Bing différent des modèles de . La boîte de vitesses possède des rapports de transmissions plus longs pour les deux dernières vitesses. Ainsi, le rapport en quatrième passe de 22/23 à 21/23 et sur la cinquième vitesse, de 20/25 à 19/26. Cette modification permet d'obtenir une vitesse de pointe plus élevée, et baisser le régime moteur moindre en vitesse de croisière. La 500 était ainsi plus apte à emprunter les grands axes de circulation. En revanche, seules les 350 disposent de l'embrayage renforcé.
Cette motorisation délivre une puissance maximale d'environ 40 chevaux (à ) pour un couple de (à ). plus lourde que la 350 T4R (), sa vitesse maximale est de pour une consommation en carburant supérieure de 10 %.
La est aussi déclinée en version R, mais sa diffusion est marginale ; Cagiva n'en fait mention qu'au travers d'une parenthèse précisant que Les différences entre les T4E et T4R sont identiques pour les deux cylindrées : poids, puissance, démarreur, clignotants, tableau de bordMotojournal , 2 juin 1988 ...
Comparatif + Comparatif des principales différences entre les modèles selon les données constructeur 150px 150px 150px 150px Modèle T4E 350 T4R 350 T4E 500 T4R 500 Cylindrée Puissance 33 ch 33.8 ch 40 ch 43 chMoto Crampon, , septembre 1988 Carburateur Bing Dell'Orto PHF Bing Mise en route kick + démarreur kick kick + démarreur kick Poids Pneumaniques Pirelli MT40 Michelin T61 Pirelli MT40 Michelin T61 Tableau de bord Compte-tours Horloge numérique Compte-tours Horloge numérique Garde au sol Passager Clignotants
Performances
350
Le journal Motociclismo procède en 1987 à une analyse complète du moteur et des performances de la moto dans leur centre à Nerviano au moyen d'un banc d'essai. Il en ressort que sur la T4E testée, la puissance à la sortie du moteur est mesurée à pour un couple de (à ). En revanche, au niveau de la roue arrière, la puissance effective est de pour un couple de . Ces mesures diffèrent donc des chiffres officiels du constructeur. Par ailleurs, en Allemagne, les ont une puissance limitée à , contre à l'étranger. La vitesse linéaire du piston aux valeurs de couple maximales est de . La température sous la bougie peut monter jusqu'à , qui peut subir des pressions de . Moto sprint évoque une puissance maximale de à et un couple de à . Lorsqu'ils essaient la T4R, les résultats sont marginalement supérieurs à ceux de la T4E : à et à .
Testant la moto en divers conditions, le journal constate une vitesse maximale de lorsque le pilote est en position couchée favorisant la pénétration dans l'air. La consommation d'essence de au cent en conduite urbaine, hors agglomération, à sur autoroute, au cent en tout terrain, pour une moyenne lors des tests à , chiffres également divergents de ceux communiqués par le constructeur. Fait courant également, le tachymètre sous-évalue la vitesse réelle du véhicule ; 50 au compteur pour une vitesse effective de , 100 pour et 150 pour . Moto sprint procède à des examens similaires, aux résultats comparables, notamment une vitesse maximale mesurée , quoique le compteur affiche à .
Le rayon de braquage est mesuré à à droite et à gauche. Une Yamaha YZF R1, moto hypersportive, a un rayon de braquage de , pour une BMW R1200GS ou pour une Renault Clio III
En termes d'émission sonore, sont mesurés à trois mètres du moteur lorsque celui-ci est aux deux-tiers de son régime maximum. Lors d'une franche accélération, ce chiffre monte à . Le klaxon émet à trois mètres, audible à vingt mètres à un niveau de .
+ Mesure des vibrations sur un T4E + Régime constant 50 % du régime max 75 % du régime max Régime maximum Cale-pied
Guidon
réservoir
moteur
+ Accélération à à
Cale-pied 10 → 42,5 → Guidon 10 → 22 → réservoir 10 → 35 → moteur 40 → 290 →
+ Consommation Contexte Mesure Sur piste
En montagne
En ville
Sur autoroute
Hors agglomération
Économie maximale
Vitesse constante
Vitesse constante
+ Freinage Modèle
T4E
T4R
+ Précision du tableau de bord Cadran de la vitesse Mesure Écart Cadrant du régime moteur Mesure Écart 85,5 % 109,4 91,2 % 102,1 % 93,5 % 101,5 % 95,0 % 99,7 % 95,6 % 97,3 % 96,4 % 97,4 % 97,5 %
+ Comparatif de monos et bicylindres équivalents Moto Cylindrée(alésage × course) Puissance max Couple max
Vitesse de sortie Vitesse max Consommation Poids à sec TarifPour l'ensemble de l'article, les conversions de la Lire italienne en euro se basent à défaut de date à l'année 1986, et ont été effectuées sur inflationhistory.com Disponibilité Aprilia Tuareg 350 () à à
() août 1986 Cagiva Ala Rossa 350 () à à
() Janvier 1984 Cagiva T4E () à à
() Mai 1987 Gilera Dakota 350 () à à
() Décembre 1986 Cagiva elefant 350 ()